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Les journalistes… et le statut professionnel

par Alain Guilbert

L’ex-juge John Gomery, celui-là même qui s’est rendu célèbre en présidant la « désormais célèbre » Commission d’enquête sur les commandites, est maintenant président du Conseil de presse du Québec.

Le Conseil de presse est un tribunal d’honneur (c’est-à-dire qu’il n’a aucun pouvoir direct) auquel la plupart des médias et des journalistes acceptent de se soumettre. Ce tribunal d’honneur peut adresser des reproches ou des blâmes à des médias, ou à des journalistes, à la suite de manques à leurs obligations professionnelles, et ceux-ci acceptent volontairement de les publier ou de les diffuser selon le cas, et par voie de conséquence d’apporter des changements par la suite à leur conduite. La famille Quebecor (le Journal de Montréal, le Journal de Québec, entre autres) ne reconnaît pas le Conseil de presse et ne donne jamais suite à ses décisions.

Dans une récente opinion publiée par La Presse (et probablement ailleurs également), le juge Gomery affirmait que « le milieu journalistique, tout comme la société québécoise, doit s’engager activement dans un débat public autour de la qualité de l’information et de la pratique du journalisme ».

Citant le rapport d’un groupe de travail présidé par la journaliste Dominique Payette, le juge Gomery fait de la déontologie le pivot central en information. Ce rapport propose d’ailleurs trois mesures: le renforcement du journalisme professionnel par le biais de la création d’un titre protégé pour les journalistes, le renforcement du Conseil de presse du Québec, et l’aide de l’État à la production d’une information de qualité.

Dans mon propos d’aujourd’hui, je vais m’en tenir à la première de ces trois mesures. La discussion au sujet d’un statut professionnel de journaliste a cours depuis au moins 50 ans, soit depuis mes tout premiers débuts dans ce « métier » (ou, devrais-je dire
« profession »). À cette époque, l’Union canadienne des journalistes de langue française (UCJLF) en débattait avec beaucoup d’émotion à presque tous ses congrès annuels. Par la suite, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (qui a succédé à
l’ex-UCJLF) a mis le sujet à son agenda tous les trois ou quatre ans. Les journalistes n’auraient aucun problème, pour la plupart, à accepter un statut professionnel comme les médecins, les avocats, les ingénieurs, les comptables et autres groupes. Mais un tel statut entraînerait aussi des devoirs et des obligations, un encadrement de la profession, des examens de qualification et des règles à suivre. C’est là que le bât blesse le plus, et qui fait que les journalistes ne s’entendent jamais sur ce fameux statut professionnel.

Les journalistes sont très agressifs pour défendre la liberté de presse ainsi que le droit du public à l’information. Nombreux sont ceux et celles qui se réfugient derrière ces deux notions lorsque des reproches leur sont adressés. Les journalistes n’acceptent à peu près jamais la critique. Ils affirment toujours agir dans l’intérêt public. Ils veulent bien la
« LIBERTÉ » la plus large possible, mais pas nécessairement les obligations qui en découlent. L’un des problèmes majeurs que nous rencontrons au Québec, c’est que n’importe qui peut se donner le titre de journaliste, des grands reporters comme Pierre Nadeau aux « potineux » comme Michel Girouard. Entre les deux, vous en conviendrez, la marge est grande. Même chose du côté des médias: les grands quotidiens comme
La Presse, Le Devoir, The Gazette ainsi que les grands réseaux comme Radio-Canada, TVA, Télémédia sont des MÉDIAS au même titre que Nouvelles et Potins ou des stations radiophoniques qu’on appelle communément « radio poubelle ». Chez les premiers, on se soumet à des règles d’éthique et professionnelles qui sont habituellement définies dans les conventions collectives de travail. C’est un bon début. Chez les seconds, tout est permis. La « sensation » constitue l’objectif à atteindre. Seules les condamnations par les tribunaux peuvent parfois leur imposer certains freins.

S’il est relativement facile pour les grandes entreprises et organisations de s’adresser aux tribunaux lorsqu’elles s’estiment lésées par les médias ou les journalistes, les simples citoyens sont totalement démunis lorsqu’ils se retrouvent dans de telles situations. Mais même quand les tribunaux donnent raison aux plaignants, les dommages qu’ils ont subis demeurent la plupart du temps irréparables. Avez-vous remarqué ce qui se passe quand les médias commettent des erreurs. Même si ces « erreurs » ont fait les manchettes, souvent en première page, les corrections, elles, sont traitées en quelques lignes seulement dans un coin de page à gauche. (Pourquoi à gauche? Parce que ces pages sont moins visibles que celles de droite.) Est-ce vraiment équitable pour les victimes de ces erreurs?

Personnellement, je serais en faveur d’un statut professionnel pour les journalistes… un statut en vertu duquel tous ceux et celles qui l’auraient obtenu seraient tenus de se soumettre à des règles bien précises et d’adopter une conduite qui respecte à la fois le bon sens et l’intelligence de leurs lecteurs et de leurs auditeurs. Un tel statut entraînerait nécessairement un grand ménage au sein de la profession. Ne pourrait plus se prétendre journaliste qui le veut, tout comme ne peut se prétendre médecin, avocat ou ingénieur qui le veut. On risque d’avoir des débats qui se poursuivront durant bien des années encore avant d’en arriver là!

P.S. Quand je vois le « journaliste » Claude Poirier aux nouvelles de fin d’après-midi au réseau TVA et qu’il y présente un message publicitaire déguisé en reportage judiciaire, je me dis que journaliste, média, statut professionnel et éthique sont des mots qui seront extrêmement difficiles à accoler!

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La vie, une aventure

Je sais que ma mère a dû avoir en tête un petit-fils ou arrière-petit-fils lorsqu’elle a pondu ce poème le 23 mars 1985. Son message est toujours d’une grande actualité.

Mon ami, tu as entrepris
Le grand voyage de la vie.
Si parfois le long de la route
Tu es envahi par le doute,
N’arrête pas, regarde en haut
Car plus loin c’est toujours plus beau;
Un pas à la fois en souriant
Ça vaut le peine, c’est épatant.

Pour ce voyage, tu peux rêver
À tout ce qui peut t’arriver.
Mais tu ne dois pas être déçu
Si tu n’avais pas tout prévu.
Dans la vie tu dois laisser dire
Et apprendre qu’il faut aussi rire,
Car c’est la musique de l’esprit
Qui nous fait aimer tout c’qui vit.

Tu as le goût de l’aventure
Regarde bien dans la nature
Et avec un peu de courage
Tu comprendras vite son message.
Prends le temps de bien travailler,
Il faut aussi te reposer,
Si tu veux être vraiment heureux,
Aime les autres du mieux qu’tu peux.

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Une fin de décembre plutôt calme

Dans les journaux communautaires, encore aujourd’hui, les éditions de fin décembre comportent rarement de grandes manchettes qui déclencheraient de longues discussions. Les éditions du journal Le Carillon de cette fin de 1965 ne dérogeaient pas à la règle bien qu’elles permettent plusieurs anecdotes sur le contexte de l’époque de mon « Retour sur hier » sur mon blogue.

En voici un pot-pourri…

Dans l’édition du 9 décembre, un article fait état du 20e anniversaire des louveteaux de Hawkesbury. Dans la liste des cheftaines, le nom de Louise Martel qui ne me connaissait pas, et vice versa, mais qui deviendrait mon épouse moins de trois ans plus tard. En fait, c’est presque une page entière qui est consacrée à cet anniversaire des louveteaux. Il faut préciser que le scoutisme (gars et filles) était très populaire à l’époque. J’ai moi-même été scout dans la troupe du Petit séminaire, mais une année seulement.

* * *

« La petite statue de la Sainte Vierge qui ornait déjà l’entrée de l’Hôpital Notre-Dame n’a pas été retrouvée », souligne un encadré à la une du 23 décembre 1965. Un jeune homme l’aurait volée à la fin d’octobre. La petite statue sans valeur mesurait 12 pouces. – Un autre article à la une parlait du « Vif succès de la soirée pour les enfants infirmes ». Imaginez un tel titre dans un journal de 2011. – Le chanoine J. Roméo Guindon annonce qu’il prendra sa retraite après 35 années comme curé et 50 ans de prêtrise. Le chanoine était une véritable institution à Hawkesbury et le centre scout porte toujours son nom. C’est aussi lui qui, la veille des congés des séminaristes de la ville, avertissait les filles de se tenir loin d’eux! (J’étais un de ces séminaristes!)

* * *

The Workmen’s Compensation Board of Ontario rappelle dans une publicité dans l’édition du 30 décembre 1965 qu’à compter du 1er janvier 1966, « tous les ouvriers agricoles se joindront aux 2,000,000 d’autres travailleurs de l’Ontario et jouiront de la protection complète aux termes de la Workmen’s Compensation Act (Loi des Accidents du Travail) ». – Une publicité rappelle en très gros caractères que « les cotisations au Régime de pensions du Canada commencent le 1er janvier 1966 ». Ce qui veut dire que ce régime, tenu pour acquis de nos jours, a maintenant 45 ans.

* * *

Toujours dans cette édition du 30 décembre, on apprend que la caravane du centenaire de la Confédération, soit huit énormes remorques, s’arrêtera à Rockland, Alfred, Hawkesbury, Alexandria, Casselman, Cornwall, Morrisburg et Winchester au début de mai 1967. On voulait se préparer, de toute évidence.

À Casselman, la nouvelle école primaire St-Paul est officiellement inaugurée et bénie. – En vedette à l’hôtel York de Calumet la veille du jour de l’An, les danseurs-acrobates américains Chiquita et Johnson, de même que la danseuse exotique Mado. Les bars et hôtels de la région, tous du côté québécois de la rivière, annonçaient beaucoup dans
Le Carillon de cette époque. La concurrence était nombreuse et active. – L’éditeur André Paquette formule des vœux dans sa chronique de fin d’année. Entre autres, celui-ci : « À MARCEL GELINEAU, Albert Larocque, Philibert Proulx et Claude Drouin, les anciens du Conseil de Hawkesbury… faire bon ménage avec les nouveaux dans les meilleurs intérêts des payeurs de taxes ». Ils avaient résisté à la vague de la Ligue du réveil civique (blogue du 20 mars). – Le ministère du Bien-être social de la province d’Ontario, dont le titulaire est Louis-Pierre Cécile, de Hawkesbury et député de Prescott-Russell, publie une annonce afin de préciser que « Grâce aux gens de l’Ontario » il y a eu « 6,000 adoptions en 1965 ». J’imagine que c’était important que le public le sache! En comparaison, au Canada en 2008, il y a eu un total général de 1 907 enfants adoptés en provenance d’autres pays. En Ontario, en 2009, un total global de 1 330 enfants ont été adoptés, dont 310 provenaient d’autres pays (69 de la Chine et 54 de la Russie, par exemple).

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La violence au hockey… encore!

par Alain Guilbert

Dans son intéressante et surtout intelligente chronique publiée dans La Presse il y a une couple de jours, le journaliste Philippe Cantin revient sur le sujet de la violence au hockey. Dans la foulée de l’incident Zdeno Chara c. Max Pacioretty, le chroniqueur montréalais passe en revue certains événements reliés plus ou moins directement et leur attribue des notes (sur 100… et il faut 60 pour obtenir la note de passage). Il qualifie sa démarche de
« bulletin des décideurs ».

Par exemple, il accorde 85 % à Geoff Molson, le président et propriétaire des Canadiens, pour avoir dénoncé la Ligue nationale qui avait refusé de punir Chara pour son geste. Il est plutôt rare de voir un dirigeant s’en prendre à la ligue à laquelle il appartient. Il faut certainement une certaine dose de courage pour le faire. Il attribue la même note à Mario Lemieux, l’ex-joueur vedette et proprio des Penguins de Pittsburgh, qui a menacé de quitter le hockey si la Ligue ne réglait pas le problème de la violence.

Par ailleurs, il n’accorde que 50 % à Gary Bettman, le commissaire de la LNH, qui après trois jours de rencontres avec tous les directeurs généraux de l’organisation, a raté une excellente occasion de s’attaquer sérieusement au problème de la violence. La Ligue a bien adopté quelques mesures, dont une qui oblige un joueur potentiellement victime d’une commotion cérébrale à se rendre au vestiaire et à y être examiné par un médecin. Il me semble que c’est là la moindre des choses. Auparavant, on laissait souvent le soigneur de l’équipe déterminer lui-même la gravité d’une blessure. Tout à fait ridicule. Par ailleurs, la Ligue a refusé au cours de cette même réunion d’interdire les coups à la tête et de les punir très sévèrement. On attend peut-être qu’un joueur meure sur la glace… ce qui risque vraiment d’arriver un de ces jours avec tous les coups vicieux que l’on tolère et que la Ligue refuse de punir suffisamment pour y mettre fin.

Au même moment, la Ligue nationale de football, elle, adoptait de nouvelles règles pour réduire le nombre de retours de bottés, une source de nombreuses blessures. Pour la NFL, la sécurité des joueurs passe avant le conflit qui oppose présentement joueurs et dirigeants et qui pourrait éventuellement compromettre la prochaine saison. Le football, avec une note de 90 %, est bien en avant du hockey avec son pitoyable 50 %. L’an dernier, en pleine saison, la Ligue avait aussi adopté de nouvelles règles pour bannir les coups à la tête, qu’ils soient intentionnels ou accidentels. Ces nouvelles règles ont eu un impact immédiat et positif sur le nombre de blessures.

Le journaliste de La Presse n’a pas décerné de note au commentateur du réseau anglais de Radio-Canada, le coloré Don Cherry, pour qui la blessure de Pacioretty est attribuable à la baie vitrée du Centre Bell, comme si cette baie vitrée s’était carrément projetée vers le joueur de hockey (!!!), et qui a aussi critiqué vivement Air Canada, pour avoir menacé de retirer sa commandite à la LNH et aux six équipes canadiennes parce que « la violence ne correspond pas à ses valeurs ». Moi, je lui aurais attribué un gros ZÉRO à Cherry.

Dans un billet que je signais au lendemain de l’incident Chara-Pacioretty (relire l’entrée de blogue du 13 mars), je disais que le hockey, tel que pratiqué dans la Ligue nationale et dans certaines autres ligues, était « malade ». Je le répète; notre hockey, qui peut être tellement excitant lorsqu’on laisse les joueurs talentueux s’exprimer à leur aise sur la glace, est un sport « MALADE ». Mais il se produit parfois des événements qui nous réconcilient avec la vie et qui nous redonnent espoir pour l’avenir. Plus tôt cette semaine, dans une ligue junior du Manitoba, un joueur dont l’équipe perdait 4 à 1 à trois secondes de la fin du match qui l’éliminait des séries, a traversé toute la patinoire pour aller frapper un adversaire dans le dos. Heureusement, celui-ci n’a pas été blessé gravement et a pu quitter la patinoire sur ses patins. Après le son de la sirène qui annonçait la fin du match, les deux instructeurs se sont engueulés et ont même échangé des coups. La Ligue n’a pas mis de temps à réagir en infligeant une suspension de 40 matchs au joueur coupable de violence gratuite et des suspensions de 22 matchs à chacun des deux instructeurs. Toutes ces suspensions seront purgées la saison prochaine. Et les partisans comme les journalistes ont applaudi à cette prise de position contre la violence. C’est tout un message qu’on envoie à la Ligue nationale et autres ligues qui s’inspirent de son modèle, particulièrement si une équipe de la Ligue nationale revenait à Winnipeg, au Manitoba.

Le hockey redeviendra un sport SAIN uniquement le jour où ses dirigeants s’attaqueront au problème des coups à la tête avec suffisamment d’énergie et de volonté pour y mettre fin définitivement. Je le répète : le hockey est le seul sport d’équipe au monde qui tolère ce genre d’incidents.

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Mon premier voyage en France

Éric est mon petit-neveu, donc l’arrière-petit-fils de ma mère. Il habitait alors à Rouyn-Noranda. Du 20 juin au 4 juillet 1985, il a effectué un voyage en France. Le 19 juillet, sans doute après qu’il lui eut raconté son aventure, ma mère a composé ce poème… comme si c’était lui qui écrivait.

Il y a plus de trois cents ans
Mes ancêtres fiers et vaillants
Venaient de France dans mon pays
Pour y fonder une colonie.
Ils arrivaient par le bateau
Pleins de courage mais le cœur gros,
Car pour beaucoup de ces colons
On oublierait jusqu’à leurs noms.

En cette année de la Jeunesse
J’ai pris l’avion volé vers l’Est
Vers cette France qu’on n’oublie pas
Puisque nos racines sont là.
Nos chers cousins nous ont reçus
À bras ouverts bien entendu
Le « fleur de lys » était partout
Et c’est ce qui m’a plus beaucoup.

J’ai vu Paris et la tour Eiffel,
L’église Notre-Dame qui est si belle,
J’ai vu Place Concorde et Fontainebleau
Et aussi quelques vieux châteaux,
J’ai visité les caves à vin
J’ai vu de magnifiques jardins,
J’ai même parlé à la radio,
Et j’ai trouvé tout cela bien beau.

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Les élections sont la conversation

En novembre 1965, les différentes éditions du journal Le Carillon traitaient beaucoup à la fois des élections fédérales et des élections municipales, qui étaient très rapprochées l’une de l’autre. Les partis politiques ne tenaient pas compte de telles considérations. Aujourd’hui, les citoyens détesteraient être convoqués aux urnes à deux ou trois semaines d’intervalle.

Ainsi, dans Le Carillon du 4 novembre 1965, une pleine page de publicité électorale du député libéral sortant Viateur Ethier. Ce dernier rappelait aux électeurs qu’il avait obtenu la construction de bureaux de poste à Apple Hill, Martintown et Lancaster, dans Glengarry, au coût total de 51 000 $. Il précisait aussi que deux autres sont en construction à St_Eugène et L’Orignal, dans Prescott, cette fois pour une dépense totale de 32 000 $. Comme je le mentionnais dans un billet précédent, « acheter » des votes par la construction de bureaux de poste (et de quais fédéraux) était un exercice courant. Les électeurs mordaient apparemment à l’hameçon; il y a des bureaux de poste partout. Il faut ajouter que Postes Canada était un ministère et non pas une société d’État. Il faut dire qu’à l’époque, on ne parlait pas d’économie difficile et de la nécessité de réduire les dépenses gouvernementales. Autre temps!

Dans l’édition de la semaine suivante, celle du 11 novembre, le journal rapporte que Viateur Ethier (maître boulanger, comme le bulletin de vote le précisait à l’époque) a été réélu député de Glengarry-Prescott. Le comté de Russell était alors une circonscription distincte. Ethier remporte 10 244 votes, en comparaison à 6 510 pour le candidat Progressiste-Conservateur Albert Cadieux. Raymond Berthiaume, du Ralliement créditiste, récolte 1 203 votes et Wilfrid Latreille, du NPD, 1 165 votes. Le député libéral sortant de Russell, Paul Tardif, est lui aussi réélu avec une forte majorité. Fait intéressant, le Ralliement créditiste est identifié dans Wikipédia comme un parti qui défendait les intérêts du Québec; un peu comme un candidat du Bloc québécois qui se présenterait dans Glengarry-Prescott-Russell en 2011.

* * *

Pendant ce temps, du côté municipal…

Dans l’édition du 25 novembre 1965, un encadré souligne que le local 28 du syndicat des employés de l’usine CIP (Canadian International Paper) de Hawkesbury appuie son ancien président, Rhéal Rouleau, lors des prochaines élections municipales. Celui-ci est l’un des candidats sous la bannière de la Ligue de réveil civique (relire billet du 8 mars). C’est la première fois que le local syndical intervient dans une campagne municipale. Fait à noter, l’ancien conseiller démissionnaire Denis Guilbault (l’affaire Giroux du billet du 14 mars) porte la même bannière. Les autres candidats de la Ligue au Conseil sont Lomer Carrière, Yvon Bertrand, Germain Tessier et Rhéal Rouleau; à la commission scolaire, Maurice Laurin, Edward Mullin et Henri Larocque. Le journal appuie abondamment la Ligue dans ses articles et ses chroniques, en plus de sa page éditoriale.

Donc, il ne faut pas se surprendre que la grande manchette de l’édition du 9 décembre 1965 crie littéralement, en grosses majuscules rouges, que « Ca vraiment changé » (sic), en référence au slogan « Faut que ça change » de la Ligue du réveil civique. La Ligue avait fait élire tous ses candidats, sauf Guilbault. Rhéal Rouleau, l’ex-président syndical, récolte le plus grand nombre d’appuis. (À l’époque, c’est le bassin d’employés de la CIP qui contrôlait littéralement les résultats politiques.) Le conseiller défait Albert Giroux, au dernier rang, déclare que quelqu’un « payera cher ces accusations », allusion bien sûr à l’affaire de ses terrains et des matériaux qui y avaient été déposés par la firme qui réalisait les travaux de reconstruction de rues.

* * *

Imaginez ceci aujourd’hui…

Dans l’édition du 2 décembre, l’ingénieur municipal Ghislain Séguin publie une grande annonce publicitaire dans laquelle il reproche au conseiller municipal Philibert Proulx de l’avoir attaqué injustement le soir des mises en candidatures officielles. M. Séguin rétorque avec ses propres attaques, notamment avec le fait que M. Proulx « a déjà payé ses taxes aux écoles publiques au lieu de toujours supporter les écoles séparées de notre ville ». (Cette question d’appui aux écoles séparées était importante parce que les conseils scolaires des écoles catholiques séparées n’obtenaient leur financement que par la portion des taxes scolaires que les citoyens versaient.) Dans son annonce, M. Séguin signale également que le conseiller Proulx avait lui aussi voté avec ses collègues une résolution unanime félicitant l’ingénieur Séguin « pour le beau travail accompli pour la construction des rues durant 1965 ». Il posait brutalement la question : « Est-ce que Philibert Proulx est un ‘mange-canayen français’…? ». Proulx a sûrement été le politicien municipal le plus controversé de Hawkesbury. Je reviendrai souvent sur ses « exploits ».

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Printemps

Il n’y a pas de date sur ce poème de ma mère, mais il est clair que le printemps était là et qu’il l’inspirait.

Salut! printemps tant attendu!
La nature semble se réveiller,
Le soleil brille de plus en plus,
Et commence à nous réchauffer.

La belle neige de notre hiver,
A tout perdu de sa beauté,
Tout est si gris que l’on espère
Qu’autour de nous ça va changer.

C’est le printemps, tout ressuscite,
On se prépare pour les semences,
Les ruisseaux, les rivières s’agitent,
Et la vie reprend en cadence.

Le paysage change de couleur
C’est le retour de nos oiseaux,
Nous voyons les lilas en fleurs
Même le ciel paraît plus beau.

Quand on voit ainsi la nature
Revivre, changer, se transformer,
On pense alors à nous bien sûr,
Et pourquoi pas l’accompagner?

L’amour partout semble renaître,
Il va et vient discrètement,
Les bras ouverts à tous les êtres,
Pour saluer le beau printemps.

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L’être humain deviendra immortel… en 2045

Je suis très loin du premier ordinateur personnel qui est entré chez moi, à la fin des années 70; c’était un TI-99 de la société Texas Instruments. Il fallait taper les codes à la main pour créer une application utilisable par le petit ordi; il fallait conserver ces données sur une audiocassette avec un magnétophone standard, le même que pour enregistrer ou écouter de la musique. Le TI-99 convertissait ensuite ces données en jeu électronique. C’était bien avant les MacBook Air, les iPad et les iPod. Aujourd’hui, il est facile de comprendre l’évolution de l’ordinateur personnel et encore plus des grands ordinateurs. La récente expérience de Watson à l’émission américaine Jeopardy est éloquente.

Dans son édition du 21 février 2011 (cette date où j’ai atteint l’étape des 65 ans), le magazine américain Time publie un article fascinant sur le phénomène de la « singularité ». Ce phénomène est défini comme « le moment où le changement technologique devient si rapide et si profond qu’il représente une rupture dans la structure de l’histoire de l’humanité ». L’article fait référence à 2045 comme étant l’année où la capacité de traitement informatique « dépassera une intelligence équivalente à celle de tous les cerveaux humains réunis » et utilise souvent les termes « probablement » et « peut-être ». Heureusement!

Ce phénomène ou mouvement de la « singularité » n’est pas récent. Il existe même une Université de la singularité et un Institut de la singularité pour l’intelligence artificielle. Les « croyants » expliquent que la révolution agricole a précédé la révolution industrielle de 8000 ans, alors qu’il y a eu 90 ans entre l’invention de l’ampoule électrique et l’alunissage du premier homme. Le World Wide Web est arrivé 22 années après la grande aventure de Neil Armstrong. Le progrès des inventions modernes se calcule en mois.

Les adeptes de la singularité affirment que les ordinateurs deviennent tellement plus rapides plus rapidement qu’il est concevable d’imaginer le jour où ils seront dotés d’une intelligence comparable à celle des humains. Le promoteur de ce mouvement ose même affirmer que la transition se ferait en 2045. Cette année-là, la quantité d’intelligence artificielle créée sera d’environ un million de fois supérieure à la somme de toute intelligence humaine existant aujourd’hui.

Pour les personnes âgées, toujours selon l’article du journaliste Lev Grossman, elles pourraient transférer leurs cerveaux dans des « vaisseaux » plus solides, tels des ordinateurs ou des robots. Ne vous inquiétez pas; je ne me rendrai pas jusque-là. Mais les critiques sont évidemment nombreux et doutent d’une telle capacité.

Ces « croyants » affirment que les manifestations d’une telle transformation se manifestent quotidiennement. Il y a cinq ans, 600 millions d’êtres humains n’avaient pas une vie sociale sur un seul et unique réseau. Nous avons Facebook. Il y a cinq ans, les gens ne pensaient pas que leurs moindres paroles et gestes pourraient être épiés et photographiés par les petits ordinateurs puissants que leurs voisins glissent dans leurs poches. Mon collaborateur Alain Guilbert y fait référence dans un article précédent.

Selon l’article, il y a présentement 30 000 patients atteints de la maladie de Parkinson qui profitent d’implants neuraux pour contrôleur leurs malaises; Google met à l’essai des ordinateurs qui pourraient conduire une automobile; en Afghanistan, 2 000 robots combattent aux côtés de soldats humains. Watson a gagné à Jeopardy!

Je trouve ces discussions fascinantes, mais elles ne m’empêcheront pas de bien dormir en attendant 2045! Si les futuristes ont raison, je pourrais m’y rendre. Tant qu’à bien dormir, aussi bien rêver.

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Garde-malade

Le 7 avril 1985, ma mère était hospitalisée. Les infirmières autour d’elle lui ont forcément inspiré ce poème de gratitude… qu’elles n’ont sûrement jamais vu. Ou bien elle pensait à ma nièce Sharon, qui était déjà infirmière à ce moment-là.

Presque toutes les petites filles
Rêvent d’un prince charmant,
Mais quelques-unes très gentilles
Rêvent tout différemment.

Elles voudraient se voir vêtues
De bleu, de rose ou de blanc,
Et aller dans un coin perdu
Soigner les petits enfants.

Puis la petite fille grandit
Le rêve devient réalité,
Mademoiselle étudie
Pour soulager l’humanité.

Garde-malade ou infirmière
Elle rencontre la souffrance,
Elle est toujours la première
À nous apporter l’espérance.

L’infirmière apprend ensuite,
Le nom des médicaments
Qui soulagent et guérissent vite,
Pour le bonheur des patients.

Écoutons ses bons conseils,
Sans elle, partout dans la vie
Tout ne serait pas pareil,
Pour ça, on la remercie!

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Le Palais de justice de L’Orignal reconnu comme monument historique

Dans l’édition du 30 septembre 1965 du journal Le Carillon, les lecteurs apprennent que le Palais de justice de L’Orignal a été déclaré « le plus vieux palais de justice de l’Ontario ». La construction du palais a débuté en 1824 et s’est terminée l’année suivante. En 1862, on a érigé une annexe pour abriter la prison au coût de 10 870 $. Cent ans plus tard, soit en 1962, on a aménagé une autre annexe moderne à l’ancien palais de justice et cette fois le coût en était de 300 000 $.

En page 13 de cette même édition, le député libéral sortant et candidat au scrutin fédéral du 8 novembre, Viateur Ethier, fait l’objet d’une pleine page pour rappeler qu’il avait obtenu des quais de plaisance à Hawkesbury, L’Orignal, Wendover et Chute-à-Blondeau pour des dépenses totales de plus de 34 500 $. C’est René Cousineau, « entrepreneur en construction de quais, ponts, viaducs et barrages », qui fait publier l’annonce avec des photos des quais de Hawkesbury et de L’Orignal. Quelle gratitude de la part d’un entrepreneur privé!

* * *

Autoroute de $40 millions

Le journal rapporte, dans son édition du 7 octobre 1965, que le ministère de la Voirie de l’Ontario aurait prévu la construction d’une autoroute à quatre voies entre Ottawa et Pointe-Fortune, qui se rattacherait au tronçon québécois de la Transcanadienne (la 40). On prévoit la faire passer au sud de Vankleek Hill. Il s’agissait bien sûr du projet de construction de la future autoroute 417.

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Contexte de l’époque

Au Canadian Tire local, on peut acheter un « aspirateur Hoover Constellation » pour 49,95 $ et une « polisseuse Hoover de luxe » pour 28,88 $. – Chez Nick T.V. Radio, « une télévision Philips automatique modèle C-45 garantie de deux ans sur le tube-image et avec stabilisateur Monotronic » se vend 319,00 $. La télé couleurs n’existait pas encore. – Chez Inter-Cité, la boîte de cartouches « numéros 2-4-5-6 Imperial Special Long Range » se vend 2,99 $ la boîte. (Je n’ai pas vu d’annonces pour des cartouches dans un journal communautaire depuis belle lurette.) – « Tania la fameuse danseuse noire » est en vedette du Sportsman Inn de Pointe-au-Chêne. (À l’époque, tous les hôtels-bars du coin présentaient des spectacles de variété et de danseuses exotiques. Nous n’en étions pas encore aux danseuses nues, mais c’est au Sportsman Inn justement que le premier nu intégral a été présenté.)