L’OMU de Prescott-Russell bien organisée

Le titre provient du journal Le Carillon du 3 juin 1965. Le sous-titre précisait : « Les exercices de dimanche le prouvent ».

C’était l’époque de la Guerre froide et des organisations avaient été mises en place pour que la population soit prête à toute éventualité. Dans les comtés unis, il y avait l’Organisation des mesures d’urgence ou l’OMU. On retrouvait des OMU dans presque toutes les régions du pays. Les plus anciens se souviendront que le gouvernement canadien avait installé des tocsins un peu partout. Il y en avait un à Hawkesbury et ailleurs dans les comtés. Si jamais on devait sonner ces tocsins c’est que le pays ou la région était sous attaque ennemie. Je n’ai pas vu ces tocsins depuis longtemps; je tiens pour acquis qu’ils ont été démantelés au fil du temps.

L’OMU tenait annuellement des exercices régionaux afin de valider la capacité de réaction des divers intervenants (policiers, pompiers, communicateurs, ambulanciers, hôpitaux, etc.). Ces exercices duraient une pleine journée ou presque. À un certain moment, j’ai personnellement participé à un tel exercice à titre de journaliste… comme je l’aurais fait en cas de véritable situation de crise. Je me souviens vaguement de cette expérience. Elle avait été basée dans le sous-sol du coordonnateur de la Défense civile, Jean-Maurice Demers, qui était responsable de ces exercices. Ce monsieur était tellement convaincu de l’éminence d’une attaque russe à l’époque, qu’il avait même aménagé un abri atomique dans son sous-sol. Lui, il était prêt.

L’équipe de communication était sous la direction de Réginald Filion, officier des communications pour Prescott-Russell. C’était mon frère aîné, ancien membre de l’aviation royale, radioamateur et versé dans le code Morse. Typographe de profession. Il est décédé il y a quelques années.

* * *

Dans la même édition du 3 juin 1965, un autre titre a attiré mon attention : « La construction du quai, sur l’île du Chenail, débute »

Le député libéral de Glengarry-Prescott-Russell à l’époque, Viateur Ethier, annonce que la construction du quai fédéral sur l’île du Chenail commencerait cette semaine-là. Les premières embarcations pourraient y accoster en juillet. En marge de ce projet, le député annonçait également que la courbe en bas du pont Perley serait modifiée et qu’on y aménagerait un chemin le long du rivage et sous le pont pour s’arrêter au quai. Le député Ethier expliquait que le quai n’aurait qu’une vocation touristique mais qu’il serait construit de façon à accommoder la navigation commerciale si le besoin le justifiait.

Ce pont Perley n’existe plus, ayant été remplacé par un autre plus moderne et démoli par la suite; la route de contournement s’y trouve toujours de même que le quai. Pourquoi j’en parle? C’est qu’à l’époque, les députés « obtenaient » des quais fédéraux dans presque toutes les municipalités riveraines de la circonscription. Il n’y a pas eu développement de navigation commerciale, mais les propriétaires d’embarcations locaux les appréciaient bien.

Alors que les quais servaient à « acheter » des votes dans les communautés riveraines, il ne fallait pas laisser les petits villages à l’intérieur des terres sans « présence fédérale ». Cela a donné naissance à la construction de petits bureaux de poste partout. Postes Canada est toujours prise avec ce gros problème coûteux aujourd’hui d’ailleurs. Elle a bien essayé de s’en sortir, mais les députés ne veulent pas « perdre » de votes!

* * *

Contexte de l’époque

Dans cette même édition, le magasin Woodhouse de Hawkesbury annonce une vente spéciale de matelas et de sommiers. Les prix varient entre « Les deux pour $39.50 » et « Les deux pour $89.50 » selon la qualité des ressorts spiraux. La publicité précise que les « commandes postales » sont acceptées. – L’Hydro de Hawkesbury vend des chauffe-eau électriques de 40 gallons au prix de $81.37, taxe provinciale comprise. – La Boulangerie Georges Lanthier & Fils, d’Alexandria, offre une boîte de 12 « petits gâteaux mélangés » pour 38 cents au lieu du prix régulier de 42 cents. On pouvait se les procurer auprès du livreur à domicile.