Une grande athlète… et une grande personne

par Alain Guilbert

Jennifer Heil, la plus grande skieuse acrobatique de tous les temps, vient de prendre sa retraite; un geste qui me ramène plus de 10 ans en arrière au moment où elle a fait ses débuts au sein de l’équipe nationale. C’est aussi à ce moment que Postes Canada a noué une très forte association avec l’Association canadienne de ski acrobatique, une association qui dure encore.

Cette association avait commencé timidement au début de l’année 1999, quand mon collègue Daniel Sawaya, vice-président, Marketing, avait accepté de commanditer une épreuve de la Coupe du monde qui se déroulait à Mont Tremblant. Et comme il avait apprécié cette expérience, Postes Canada avait renouvelé sa commandite pour deux épreuves de la Coupe du monde l’hiver suivant, la première à Whistler-Blackcomb, en décembre 1999, et la seconde à Mont Tremblant, en janvier 2000. Et comme Daniel ne pouvait se rendre à Whistler, c’est moi, à titre de vice-président, Communications, et responsable des commandites, qui y avait été délégué pour représenter Postes Canada. Je dois avouer que ce n’était pas un grand sacrifice pour moi qui adorait le ski et qui dévalait les pentes depuis bien longtemps à raison d’une cinquantaine de sorties par année.

Lors de mon séjour à Whistler, j’ai eu un véritable coup de foudre pour le ski acrobatique, ses dirigeants et ses athlètes, dont entre autres le fort sympathique Nicolas Fontaine, alors le roi de l’épreuve des sauts. À mon retour à Ottawa, j’ai présenté un bref compte-rendu de mon expérience à mon patron de l’époque, André Ouellet, le président et chef de la direction de Postes Canada. Je lui ai souligné l’excellence de ces athlètes qui descendaient les bosses à une vitesse vertigineuse ou, selon le cas, qui s’envolaient dans les airs à partir des tremplins de sauts comme s’ils étaient des oiseaux. Je lui ai également fait part des difficultés financières auxquelles faisait face l’Association canadienne de ski acrobatique, qui avait perdu ses principaux commanditaires après les Jeux olympiques de Nagano. Ces difficultés étaient suffisamment sérieuses qu’elles empêcheraient possiblement plusieurs athlètes de participer aux épreuves suivantes de la Coupe du monde. Je lui ai suggéré que Postes Canada devienne un commanditaire majeur de cette équipe, ce qu’il a aussitôt accepté. Ce fut là le début d’une longue et fructueuse relation entre les deux groupes.

J’ai aussitôt entrepris des négociations avec l’Association canadienne de ski acrobatique, négociations qui ont rapidement mené à une entente que nous avons pu rendre publique avant le début de l’épreuve de la Coupe du monde qui avait lieu à Mont Tremblant en janvier 2000, à peine trois semaines après celle de Whistler-Blackcomb. En vertu de l’entente, Postes Canada s’engageait à supporter concrètement l’équipe canadienne jusqu’aux Jeux olympiques de 2002 à Salt Lake City et aussi à accorder son appui financier aux deux épreuves de la Coupe du monde présentées chaque année au Canada, l’une dans l’Ouest et l’autre dans l’Est. Notre entente contenait aussi une clause qui nous permettait de commanditer des athlètes à titre individuel. C’est à partir de ce moment que mon association avec le ski acrobatique est devenue une histoire d’amour. Ma présence autour de l’équipe lors des épreuves de la Coupe du monde au Canada et aux championnats canadiens à la fin de chaque saison m’a permis de côtoyer les athlètes de près et plusieurs d’entre eux sont devenus des amis personnels.

C’est d’ailleurs en 2000 que j’ai connu Jennifer Heil, un tout petit bout de femme de 17 ans, née en Alberta, qui faisait ses débuts comme « bosseuse » avec l’équipe canadienne. En mars 2010, elle remportait sa première médaille d’or à titre de championne canadienne des bosses à Mont Gabriel. C’était le début d’une grande aventure qui s’est poursuivie sur 11 années et qui lui a permis de monter sur le podium à 58 reprises, lors des championnats canadiens, des épreuves de la Coupe du monde, des championnats du monde et des Jeux olympiques, un bilan tout à fait exceptionnel, sinon incroyable! En 2001, lors des championnats du monde à Whistler, à peine âgée de 18 ans, elle se faisait remarquer sur la scène internationale avec une 7e place. Mais c’est vraiment à Salt Lake City, lors des Jeux olympiques de 2002, qu’elle est partie pour la gloire. Alors que personne ne l’attendait parmi les toutes premières, elle a terminé 4e, à quelques « poussières » du podium». J’ai eu le plaisir de la voir en personne lors de cette épreuve. Sa performance avait été tout simplement éblouissante. Si elle avait été mieux connue des juges, elle se serait fort probablement retrouvée sur le podium. J’étais certain ce jour-là qu’elle décrocherait éventuellement une médaille d’or aux Jeux olympiques.

En revenant des Jeux de Salt Lake, mon patron André Ouellet, qui lui s’était enthousiasmé pour les performances des « sauteurs » canadiens, m’avait confirmé que Postes Canada poursuivrait sa commandite de l’équipe canadienne de ski acrobatique pour quatre années supplémentaires, soit jusqu’aux Jeux de Turin, en Italie. Et si nous avions commandité deux athlètes à titre individuel jusqu’alors, soit Nicolas Fontaine, dans les sauts, et
Tami Bradley, dans les bosses, cette fois, je disposais des budgets pour en commanditer quatre nouveaux, tout en maintenant nos liens avec Nicolas. J’avais choisi deux « sauteurs », Deidra Dionne, qui avait remporté une médaille de bronze à Salt Lake, et Jeff Bean, qui avait terminé 4e. Dans les « bosses », et oui, vous l’avez deviné, j’avais sélectionné, en plus de Stéphanie St-Pierre, Jennifer Heil! Pendant ces quatre années où elle a survolé les parcours de bosses à travers le monde et où elle montée sur la plus haute marche du podium à de nombreuses reprises, elle a fièrement porté les couleurs de Postes Canada et sur son uniforme (commandite d’équipe) et sur sa tête (commandite individuelle). Inutile de dire combien nous étions fiers d’elle. Pendant ces quatre années où elle a porté nos couleurs, Jennifer avait les yeux fixés sur un seul objectif : Turin. Et dès le premier jour des Jeux, elle semait l’enthousiasme dans tout le Canada en accrochant autour de son cou, à la suite d’une éblouissante performance, cette médaille d’or olympique dont elle rêvait depuis longtemps.

En 2006, au moment des Jeux de Turin, j’étais déjà à la retraite depuis quelques mois. J’ai donc dû me contenter de regarder l’épreuve à la télévision plutôt qu’en personne comme à Salt Lake. Mais je n’en étais pas moins fier. Sur une photo (prise quelques semaines plus tard) où je me trouve avec Jennifer qui tient sa médaille d’or dans les mains, elle a écrit :
« Alain, You deserve a large part of this medal! Tks for everything! » (Tu mérites une bonne part de cette médaille. Merci pour tout!). J’ai quelques souvenirs auxquels je tiens beaucoup… cette photo en fait partie. Après Turin, Jennifer a pris une année sabbatique, loin de la compétition, avant de revenir à l’action et de fixer son nouvel objectif sur les Jeux de Vancouver. La pression était grande sur elle. Le Canada s’attendait vraiment à une médaille d’or de sa part. Mais elle a raté la première marche du podium par des
« poussières », remportant la médaille d’argent malgré une pluie diluvienne qui a quelque peu terni la compétition. Pour moi, sa 4e place à Salt Lake ainsi que sa 2e place à Vancouver équivalent à des médailles d’or, presque autant que celle de Turin. Combien d’athlètes ont autant dominé leur sport qu’elle ne l’a fait depuis sa 4e place de Salt Lake City en 2002?

Jennifer Heil n’est pas qu’une grande athlète… c’est aussi une très grande personne. Comme Clara Hugues, notre super patineuse de vitesse, Jennifer s’est engagée dans l’œuvre « Right to Play » qui vient en aide aux enfants des pays pauvres et qui les encourage à faire du sport. Elle s’est aussi engagée dans une autre œuvre qui s’appelle « parce que je suis une fille » (Because I am a girl) qui vient en aide aux jeunes filles dont les droits sont souvent bafoués, question de leur aider à réaliser leurs rêves, même les plus ambitieux.. Elle a personnellement donné 25 000 $ à cette œuvre et a demandé à tous ses commanditaires (elle en a plusieurs depuis sa médaille d’or de Turin) de contribuer aussi à cette œuvre, ce qui lui a permis de recueillir jusqu’à maintenant presque 500 000 $.
Et maintenant qu’elle est retraitée et qu’elle dispose plus de temps libre, elle vise à atteindre un million de dollars pour cette cause qui lui tient vraiment à cœur. Lors d’une récente chronique dans La Presse, Philippe Cantin l’a appelée « la championne humaniste », un titre qui lui va très bien.

Depuis deux ou trois ans, elle invite des enfants défavorisés à une fin de semaine en montagne pour les initier au ski acrobatique. Sait-on jamais, peut-être y trouvera-t-elle quelqu’un capable d’assurer sa relève? Et en plus de terminer ses études en administration à l’Université McGill, Jennifer a aussi l’intention de venir en aide aux athlètes d’élite canadiens. Voilà une personne extraordinaire que je me sens privilégié d’avoir côtoyée durant plusieurs années. Bonne chance Jenn dans ta nouvelle vie!

Des écoles secondaires catholiques françaises… on en veut

Dans l’édition du journal Le Carillon du 24 mars, un court article anodin en page 18 intitulé « L’ACFEO désire des écoles secondaires bilingues catholiques », en Ontario bien sûr. L’agent de liaison de l’organisme, Jean-Maurice Berthiaume (un ancien maître de poste de Hawkesbury en passant), invite « les professeurs à supporter ce projet en obtenant eux-mêmes les plus hautes qualifications possible ».

Un autre paragraphe aborde les problèmes d’accommodements : « Il a également rappelé les difficultés et griefs qui règnent entre les Canadiens-français catholiques et les Irlandais catholiques, précisant qu’il fallait que les parties en cause en viennent à une entente ». À ce moment-là, le gouvernement ontarien permettait l’enseignement en français de trois matières au secondaire; Berthiaume précise « que très peu d’écoles en profitaient ».

La question revient dans l’édition du 7 avril 1966, cette fois à la une. « Il nous faut des écoles adaptées à notre milieu » selon le titre. M. Berthiaume, dans une conférence cette fois devant public, rappelle que la « population actuelle semblait se leurrer de la situation croyant qu’il n’existe aucun problème ». Si c’était le cas à Hawkesbury, selon lui, ce ne l’était pas ailleurs dans la province, et que l’on se devait « de protéger tous les Franco-Ontariens ». « Il est malheureux, disait Berthiaume, de constater combien de gens ne font preuve d’aucune fierté vis-à-vis leur race. Au lieu de nous dénigrer l’un et l’autre, l’on devrait se supporter. »

Mon collègue Jean-Guy Bruneau appuie en éditorial toute cette question. Avec les années, les Franco-Ontariens ont obtenu les écoles à tous les niveaux dont ils avaient besoin.
La Cité collégiale étant sans doute le plus grand aboutissement de toutes ces luttes incessantes qui s’étaient accentuées à l’époque.

Encore des élections… Pourquoi?

par Alain Guilbert

Donc, nous aurons des élections fédérales… les quatrièmes en sept ans. C’est beaucoup d’élections en peu de temps, surtout si on considère qu’il se passait habituellement quatre années entre deux élections.

Sauf que cette donne a changé depuis l’apparition des tiers partis. En effet, lorsque le pays ne comptait que deux plus partis importants, les « libéraux » et les « conservateurs », les choses se déroulaient bien plus simplement; l’un des partis (la plupart du temps, le parti libéral) formait le gouvernement, et l’autre constituait l’opposition. Mais on a tendance à oublier que le Canada a eu 13 gouvernements minoritaires depuis l’adoption de sa constitution en 1867.

Les plus vieux se souviendront sans doute qu’au cours des 54 dernières années, les gouvernements ont été minoritaires à neuf reprises. En 1957 et 1962, John Diefenbaker aurait eu besoin de 22 et 17 sièges pour obtenir une majorité; en 1963 et 1965,
Lester B. Pearson avait raté la majorité par cinq et deux sièges; en 1972, il avait manqué 23 sièges à Pierre Elliott Trudeau pour atteindre cette majorité; il en avait manqué six à Joe Clark en 1979; puis 20 à Paul Martin en 2004; et enfin 30 et 12 à Stephen Harper en 2006 et en 2008. Certains de ces gouvernements minoritaires ont réussi de bonnes performances en s’alliant avec l’un des partis de l’opposition. Malheureusement, cela n’a pas toujours été le cas.

Que se passera-t-il cette fois? Harper réussira-t-il enfin à former un gouvernement majoritaire? Même si plusieurs analystes prétendent que «non», je serais prêt à parier un « vieux 2 $ » que la réponse sera « oui ».

Il y a plusieurs éléments déjà connus dans cette élection. Entre autres, que les conservateurs domineront complètement les provinces de l’Ouest, où ils détiennent présentement 69 des 92 sièges, que le Bloc québécois remportera encore une fois la majorité des sièges au Québec. Il en détient présentement 47 sur 75. Dans les provinces maritimes, les sièges sont plus partagés avec 11 aux conservateurs, 17 aux libéraux et quatre aux néo-démocrates. La vraie bataille se déroulera en Ontario où les conservateurs comptent 51 sièges, les libéraux 37 et les néo-démocrates 17. Le parti de Stephen Harper n’a besoin que de 12 sièges de plus qu’il ne détient présentement pour former un gouvernement majoritaire. Je ne crois pas que ce sera un objectif difficile à réaliser.

Incidemment, plusieurs personnes croient que la dernière élection générale n’avait rien changé puisque Stephen Harper s’était retrouvé à la tête d’un gouvernement minoritaire une autre fois. Pourtant, il y avait une différence importante avec la fois précédente. Après l’élection de 2006, il ne fallait que deux des trois partis de l’opposition pour renverser le gouvernement, tandis qu’à partir de 2008, il fallait absolument que les trois partis d’opposition se mettent ensemble pour atteindre le même résultat. Ce qui a permis aux conservateurs de se maintenir au pouvoir pendant près de trois ans avant qu’une autre élection ne soit nécessaire.

Bien sûr, les conservateurs risquent de perdre quelques sièges dans la région de Québec à cause du projet d’un « nouveau colisée », mais ces sièges qu’ils perdront risquent de passer au Bloc plutôt qu’aux libéraux. Les récentes élections provinciales dans les Maritimes ont tourné à l’avantage des conservateurs, ce qui laisse présumer qu’ils feront également des gains sur la scène fédérale. Et en Ontario, tout va de pis en mal pour les libéraux provinciaux, ce qui pourrait aussi se traduire par des gains conservateurs importants, particulièrement dans la région de Toronto.

Dans une élection à l’échelle nationale, la personnalité des chefs joue un rôle important pour les électeurs. Les citoyens votent plus souvent pour un parti et son chef plutôt que pour un candidat et son parti. Et c’est ici que le bât blesse pour les chefs des partis d’opposition. De Gilles Duceppe, il y a peu à dire. Son parti ne sera jamais au pouvoir… il présente des candidats au Québec seulement. Il y jouit d’une cote de popularité bien au-dessus de la moyenne et fait élire une majorité de députés au Québec depuis quasiment une « éternité ». À force d’élire des députés bloquistes, les Québécois ne se rendent pas compte qu’ils se retrouvent dans une situation d’isolement et qu’ils ont peu de chances de jouer un rôle important dans le gouvernement comme à l’époque des Trudeau, Mulroney, Pearson et autres. Jack Layton est un chef fort sympathique. C’est son parti qui n’est pas très attirant pour les Canadiens. Avec 36 sièges sur 308 à la grandeur du pays, le NPD risque seulement d’en perdre quelques-uns. Et le chef Layton, qui ne semble pas dans une très grande forme physique après une fracture de la hanche et des traitements pour un cancer pourrait bien en être à sa dernière campagne à vie. Michael Ignatieff demeure une énigme.

Au départ de Paul Martin et de son fiasco comme premier ministre après Jean Chrétien, les libéraux ont tenu un congrès au leadership. Mais après l’histoire des commandites, ils ne se faisaient pas d’illusion. Ils savaient pertinemment bien qu’ils se retrouveraient dans l’opposition pour plusieurs années, une dizaine probablement. Les candidats « vedettes » ne se sont présentés. Les John Manley, Frank McKenna, Allan Rock, Brian Tobin et autres ont préféré rester sur la touche, pendant que les « seconds » comme Gerald Kennedy, Bob Rae, Michael Ignatieff et Stéphane Dion menaient le peloton d’une dizaine de candidats. Gerald Kennedy aurait dû être choisi, mais à la surprise générale, il a terminé quatrième aux deux premiers tours… et a décidé de transférer ses votes à Stéphane Dion. Ce dernier est devenu chef du parti. Autant il était un excellent ministre de l’Environnement, autant il n’était pas un chef… et il n’avait surtout pas le charisme que les électeurs recherchent. Bien sûr, il n’a pas tenu le coup bien longtemps. À son départ, les libéraux, qui étaient en difficultés financières et qui ne souhaitaient pas s’engager dans une autre course à la chefferie dispendieuse, ont tout simplement choisi celui qui avait terminé second à la convention précédente, Michael Ignatieff, un intellectuel qui ferait sans doute un excellent ministre des Affaires étrangères, n’a pas, à mon avis, les qualités nécessaires pour faire un chef attrayant. Je ne vois pas comment il pourra soulever de l’enthousiasme auprès des électeurs. Sa cote de popularité actuelle est plus basse que celle de Stéphane Dion, la plus basse d’un chef dans toute l’histoire du parti libéral.

Reste Stephen Harper, qui n’est pas charismatique, qui n’est pas « populaire », mais qui répond quand même aux attentes de nombreux Canadiens… qui ont maintenant tendance à se situer davantage à droite, même si pendant plusieurs années ils se situaient plus près de la gauche. Harper s’est bien sorti de la crise économique des dernières années, même si la performance canadienne est plus attribuable à la solidité de son système bancaire (comparativement aux États-Unis) qu’à celle de son gouvernement. N’empêche que certaines positions des conservateurs qui veulent des lois plus sévères, des peines plus lourdes pour les criminels, un déficit moins élevé, une réduction de la taxe sur les produits et services et autres sont susceptibles de plaire à de nombreux électeurs.

On sait bien que si Stephen Harper réussit à former un gouvernement majoritaire, il n’en fera qu’à sa tête pour plusieurs années à venir… mais si par hasard il formait à nouveau un gouvernement minoritaire, il en ferait quand même à sa tête jusqu’à l’élection suivante, qui, elle, surviendrait, après une année ou deux, plutôt qu’après quatre ou cinq années. Quant à Michael Ignatieff et Jack Layton, que le prochain gouvernement conservateur soit minoritaire ou majoritaire, ce sera la fin de leur carrière. Et quant à Gilles Duceppe, il se dira encore une fois « fier » de sa performance et n’admettra jamais qu’une forte présence du Bloc à Ottawa nuit au Québec plutôt que de l’aider.

À moins d’un changement de « vent » tout à fait imprévisible pour le moment, nous nous dirigeons lentement, mais sûrement, vers un gouvernement conservateur majoritaire.

Rien qu’un rêve

Composé par ma mère le 28 mars 1985. On rêve à tout âge.

J’ai rêvé d’une grande maison
Remplie de rires et de chansons,
Beaucoup d’enfants, beaucoup de jeux,
Des chambres roses, des chambres bleues,
Des livres sur les étagères
Où l’on découvre tant de mystères.
Tout ça pour ne pas qu’on oublier
La maison où l’on a grandi.

J’ai rêvé d’un très beau jardin,
Où fleurissent la rose, le jasmin,
Des arbres qui nous donnent de l’ombre,
Avec des oiseaux en très grand nombre
Des légumes de toutes les couleurs
Pour la santé rien de meilleur.
Dans ce jardin un coin fleuri
Pour s’amuser grands et petits.

J’ai rêvé de faire un voyage,
Dans des îles avec d’immenses plages,
Où l’on vit des fruits de la terre,
Où nul ne connaît la misère,
Où les enfants sourient toujours,
Où tout est beau, tout plein d’amour,
Si je n’ai jamais voyager,
Au moins, j’ai pu souvent rêver.

Un homme d’affaires a vu une soucoupe volante

À la une de l’édition du 24 mars 1966, un encadré pour raconter qu’un « citoyen de Hawkesbury aurait aperçu une soucoupe volante » en revenant d’Ottawa. En sortant de Rockland (il n’y avait pas de route de contournement en 1966), l’homme d’affaires
Albert Lacroix était avec son fils Gilles. « Il aperçut une boule d’un bleu éclatant sillonner le ciel. L’objet quel qu’il soit filait du nord au sud à très grande vitesse. » Selon l’article, des gens de Dexter, au Manitoba, auraient aperçu des objets identiques. De plus, le journal
La Presse, de Montréal, publie un article sur cette « vision » d’un OVNI. La Presse avait même reproduit un dessin de ce qu’aurait eu l’air cette soucoupe volante. J’en parle parce qu’un peu plus tard, je reviendrai avec une autre histoire qui pourrait rappeler cette aventure. J’en ris encore chaque fois que j’y pense.

Dans l’édition du 17 mars, on écrit que le Père Émile Legault sera conférencier le 20 mars à l’école du Christ-Roi. La veille, le 19, c’était le Père Ambroise qui était conférencier à la salle de la Légion canadienne. Les deux salles avaient été remplies. Ces deux religieux étaient bien connus à la radio et à la télévision de l’époque, et écrivaient dans la presse écrite. C’était avant 1968!

Dans Le Carillon du 24 mars, un article sur la première messe dans la nouvelle église
St-Dominique de Hawkesbury. Elle devenait la troisième église catholique de langue française dans cette ville. C’est en première page, tout à côté du texte sur la soucoupe volante. Les nouvelles religieuses prennent beaucoup de place dans Le Carillon de l’époque. Autre signe du temps.

Contexte de l’époque

La grande vedette Jacques Bélanger, artiste du disque « Maman tu es la plus belle du monde », sera en spectacle à l’hôtel Windsor de Lachute les 25 et 26 mars. – Au magasin de disques local, le Gascon Record Bar, cette semaine-là, les artistes en demande sont Jenny Rock, Pierre Lalonde, Guy Boucher, Ginette Sage, Les Classels, César et les Romains, Sheila, Renée Martel, Marc Gélinas, Les Gendarmes, Michèle Richard, Christophe et Dominic. Les artistes anglophones populaires étaient The Rolling Stones, Elvis Presley, Nancy Sinatra, Herman’s Hermits, The 4 Seasons, Gary Lewis, The Fortunes, Bobby Vinton et Liverpool Set. Nous sommes encore très loin des Madonna et Lady Gaga! Vous aurez remarqué que les disques des Beatles, un groupe qui avait déjà connu sa gloire en 1966, n’étaient pas parmi les disques les plus demandés.

Au magasin Gaëtan Desforges, de Grenville, vous pouviez meubler trois pièces « avec qualité et bon goût » pour 899 $ : chambre à coucher (lit, matelas, deux meubles), salon (sofa, chaise et deux tables) et cuisine (table à quatre, incluant cuisinière et frigo).

Un grand moment d’émotion… et de fierté

par Alain Guilbert

La date du 23 mars 2011 restera gravée dans ma mémoire bien longtemps. Pourquoi? Parce que ce jour-là, notre belle-fille (la conjointe de notre fils Alain), Catherine Larouche, procédait à la soutenance de sa thèse de doctorat en administration scolaire devant un jury formé de cinq brillants universitaires de carrière et aussi en présence de sa famille immédiate, son conjoint, ses trois enfants, Mireille, Sophie et Jean-Simon, ses parents, ses beaux-parents, quelques ex-professeurs et collègues aux études doctorales. L’événement se déroulait à l’Université Laval (Québec) où elle a fait ses études menant au doctorat et où se trouvaient son directeur de recherche, Denis Savard, et sa codirectrice de recherche, Lucie Héon, tous deux attachés au département des fondements et pratiques en éducation. Tous deux faisaient partie du jury, tout comme Jean-Joseph Moisset, qui a agi comme prélecteur, et Claude Trottier, comme examinateur, aussi attachés au même département. Et le cinquième membre du jury, à titre d’examinateur externe, était Pierre Michaud, professeur en administration scolaire à l’Université d’Ottawa.

Le sujet de la thèse de doctorat : « La validation d’une typologie des conceptions des universités en vue d’évaluer leur performance ». L’évaluation de la performance est aujourd’hui un sujet à la mode. On évalue la performance des employés à leur travail, la performance de nos politiciens, la performance des entreprises, la performance des organisations, etc. Mais évaluer la performance des universités… voilà pour le moins un sujet délicat et difficile à traiter. Bien sûr, le magazine Maclean présente annuellement son classement des universités. Toutes celles qui obtiennent une bonne note se disent évidemment satisfaites de cette évaluation, mais la plupart ont quand même l’impression que cette méthode ne les reconnaît pas à leur juste valeur. La thèse de doctorat de notre belle-fille s’attaquait donc à un sujet fort difficile, dont je n’ai pas compris tous les éléments, mais qui a semblé impressionner les cinq membres du jury qui à l’unanimité ont confirmé la validité de son travail.

Mon objectif en écrivant ce texte aujourd’hui n’est pas de discuter la valeur du travail de Catherine, sa valeur ayant été reconnue par le jury beaucoup mieux que je n’aurais pu le faire, mais plutôt de reconnaître le chemin extrêmement difficile qu’elle a parcouru au cours des années. Pour ce faire, je dois revenir quelque peu en arrière.

Mon fils Alain, qui est ingénieur chimiste chez Alcan (aujourd’hui Rio Tinto Alcan), a rencontré Catherine, une jeune avocate, au début de son séjour (qui dure depuis près de
20 ans) au Saguenay. En 1997, Alcan a proposé à mon fils un stage de deux années dans une usine de transformation de la bauxite (l’élément de base de l’aluminium) en Jamaïque. Catherine, qui pratiquait le droit au sein d’un cabinet d’avocats reconnu de la région, et qui était déjà la maman de deux jeunes enfants et enceinte d’un troisième, a accepté de relever le défi avec Alain en l’accompagnant dans son aventure jamaïcaine et en prenant la décision de se consacrer totalement à sa famille pendant cette période.

À son retour au Canada, après deux années d’absence, Catherine a jugé qu’elle en avait assez du droit et qu’elle voulait faire autre chose. Son rêve : devenir professeure d’université en administration, ce qui signifiait qu’elle devait reprendre des études, qui la mèneraient d’abord à une maîtrise, et par la suite au doctorat. C’est une exigence à laquelle doivent se soumettre à peu près tous les professeurs d’université. Vous le comprendrez comme moi, c’était un défi extrêmement difficile à relever qui, dans mon esprit, pouvait être assimilé à celui que relève l’alpiniste qui décide de s’attaquer au sommet le plus élevé du monde, l’Everest. Les obstacles qui se trouvaient devant elle étaient nombreux. C’est le moins que je puisse dire. Comme vous l’avez sans doute deviné, Catherine habitait Chicoutimi, là où les cours de maîtrise en administration n’existaient pas. Pendant deux années complètes, la jeune maman de trois enfants prenait l’autobus chaque semaine pour se rendre à l’école des Hautes études commerciales (HEC) à Montréal pour y suivre ses cours. Son conjoint (Alain) et ses parents (qui habitaient aussi Chicoutimi) se sont donné la main pour prendre soin des enfants lors de ses voyages dans la métropole. Ses efforts ont été récompensés puisqu’elle a réussi la première étape de son difficile parcours, soit sa maîtrise, ou, si je poursuis l’analogie de l’Everest, l’atteinte du camp de base.

Mais le plus difficile restait à venir. Cette nouvelle étape qui a mené Catherine au doctorat s’est allongée sur 10 ans… eh oui, dix longues années. Il lui a fallu énormément de travail, de courage, de persévérance, d’enthousiasme, de passion et quoi encore pour y parvenir. Heureusement, des démarches menées auprès de l’Université Laval, à Québec, lui ont permis de se rapprocher un peu de sa résidence pendant la période de sa scolarité de doctorat de même que pendant les années où elle a effectué les recherches nécessaires pour la rédaction de sa thèse de doctorat. Comme elle l’expliquait dans ses mots de remerciements qui ont suivi la décision unanime du jury à l’endroit de son travail, elle a traversé aller-retour des dizaines et des dizaines de fois le parc des Laurentides, entre Québec et Chicoutimi, bien avant que la route sinueuse et si dangereuse de ce parc ne devienne tout récemment une superbe autoroute à quatre voies. Elle a vu de ses propres yeux la construction de toutes les étapes de cette voie aujourd’hui sécuritaire qu’elle a connue dans la neige, le verglas, la pluie, la brume et quoi encore. Elle y a vu des animaux sauvages, des dizaines d’accidents, mais elle a tenu le coup… et malgré tous les obstacles sur son parcours, elle est demeurée une maman exemplaire pour Mireille, Sophie et
Jean-Simon (qui ont respectivement à quelques mois près 18, 16 et 14 ans. Ils n’en avaient que 8, 6 et 4 lorsque la grande aventure du doctorat a été entreprise).

Depuis, les cinq dernières années, en plus des enfants et du conjoint, elle avait obtenu le poste dont elle rêvait depuis longtemps, celui de professeure à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), mais à la condition qu’elle poursuive avec succès les travaux qui la mèneraient à son doctorat, ce qui aurait pour résultat d’assurer sa permanence comme professeure. Vous aurez compris qu’il s’agissait de tâches qui équivalaient tout compte fait à trois emplois à plein temps: mère de trois enfants, professeure d’université et étudiante au doctorat en administration scolaire. Quand je parlais d’atteindre l’Everest, cela y ressemblait sous plusieurs aspects.

Inutile de vous dire que pendant ses remerciements à ses professeurs, à ses collègues, aux membres du jury, à ses parents, à ses enfants et à son conjoint, à qui elle a dit que « ce doctorat était aussi le sien », l’émotion était à son comble. Catherine a dû s’arrêter à quelques reprises pour refouler ses larmes, sans doute des larmes de joie… qui étaient pourtant parfaitement justifiées dans les circonstances en revenant sur ce qu’avaient été les 10 (même les 12) dernières années pour elle. Mais en même temps, elle avait toutes les raisons du monde d’être FIÈRE de ce qu’elle avait accompli… d’avoir atteint cet objectif qui, pour moi, était aussi élevé que l’Everest… d’avoir finalement réalisé ce qui avait été son rêve durant tellement d’années… de n’avoir jamais quitté des yeux son objectif final.

Et pour Céline et moi, ses beaux-parents, c’était aussi un grand moment d’émotion… et surtout de fierté. Nous sommes extrêmement FIERS de toi, Catherine Larouche, Ph. D., trois lettres qui t’ont tellement demandé, mais qui valent tellement à tes yeux comme à nos yeux. C’est la première fois que nous accueillons une DOCTEURE dans notre famille! BRAVO! Catherine!!!

Tell me!

J’ai oublié de vous dire que ma mère s’était aventurée dans la poésie en anglais. Elle a d’ailleurs noté que celui-ci est « mon premier poème en anglais » et elle l’a écrit le 9 mars 1985. Elle l’a dédié à deux de ses petites-filles, Lucie et Carol Ann. Qui prend mari prend pays! Mes deux nièces se sont mariées et ont déménagé en Colombie-Britannique; Lucie, en banlieue de Vancouver; Carol Ann, à Victoria (son mari était dans la marine canadienne et était basé là). Lucie y est toujours; Carol Ann habite en banlieue d’Halifax.

Sometimes I think of the past,
It makes me lonesome so fast,
If I could see where you are
But I know B.C. is far.

No doubt, my dear granddaughter,
You’ve grown up like the others.
You decided to follow
The man you love, this I know.

The future belongs to you
Life has always something new,
As long as you have a somebody
To share your joy; be happy!

We are all very lucky
To live in a large country.
You travelled from east to west,
Tell me, where is it the best?

La circonscription provinciale est remaniée

Le Carillon du 3 mars 1966 écrit que le gouvernement ontarien a apporté des changements majeurs à la composition territoriale des circonscriptions électorales de Prescott-Russell et de Glengarry. Ainsi, le comté de Russell disparaît et est intégré à une partie de Prescott. Une autre partie de Prescott, soit le canton de Hawkesbury-Est, fera désormais partie de Glengarry, comme Vankleek Hill et une partie de Hawkesbury-Ouest. Tout ça en préparation du prochain scrutin provincial. Les « langues », méchantes ou bonnes, laissent entendre que cette décision avait été prise afin de favoriser la réélection du député et ministre Louis-P. Cécile. La circonscription allait subir d’autres transformations au fil des années.

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Dans cette même édition, un long article sur le fait que le Séminaire du Sacré-Cœur de Pointe-au-Chêne « produit » finalement ses premiers prêtres. Claude Bédard et Pierre Berkers seront ordonnés prêtres de la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur le samedi 19 mars par l’évêque de St-Jérôme. Ce séminaire, qui est toujours là d’ailleurs mais comme institution privée, avait justement ouvert ses portes le 19 mars 1953. En septembre de cette année-là, les 15 premiers élèves sont arrivés et trois ans plus tard, le nombre passait à 48. En 1966, il y en a une centaine et environ 14 pourraient accéder à la prêtrise, selon une déclaration citée dans l’article. C’était avant la révolution tranquille de 1968, bien sûr. Aujourd’hui, le Séminaire du Sacré-Cœur de Pointe-au-Chêne est un établissement privé d’enseignement secondaire qui accueille environ 475 élèves externes, garçons et filles.

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Dans l’édition du 10 mars du journal Le Carillon, une publicité annonce la construction d’un petit centre commercial de huit magasins sur le terrain des magasins Woolworth et Dominion. Il en coûtait 275 $ par mois pour un espace de 25 x 60 pieds. Le tout serait prêt le 1er mai de cette année-là. La Caisse populaire de Hawkesbury, qui était toujours dans sa période d’enfance, s’y installe. Au fil des ans, on y retrouvait un restaurant de type « supper club » et autres boutiques variées. C’est là que se situe aujourd’hui le magasin de la LCBO. Woolworth et Dominion (« C’est surtout à cause de la viande ») ont été remplacés éventuellement par la pharmacie Jean Coutu.

En t’attendant

Je dois avouer que je n’ai aucune idée de l’histoire de ce poème d’octobre 1984. À qui ma mère faisait-elle référence? Je n’en ai pas souvenir. Sans doute quelqu’un qu’elle connaissait et qui venait de se séparer.

Petit papa, où que tu sois,
Maman et moi, on pense à toi.
Même si on dit que je grandis
Je suis encore bien trop petit
Pour protéger et consoler
Celle que tu as sans doute aimée,
Mais lorsque je serai plus grand
Je prendrai bien soin de maman.

Quand on regarde mes cheveux blonds,
On se dit : « Comme il est mignon. »
On aime surtout mes beaux yeux bleus,
Quand je souris, je suis heureux.
Je voudrais bien pouvoir parler
Mais je ne peux que gazouiller,
Pour dire à tous : « Je suis content
Même si mon papa est absent. »

Petit papa, où que tu sois,
Est-ce que des fois, tu penses à moi?
La vie ne devrait pas quand même
Séparer ainsi ceux qui s’aiment.
Allons, ne sois pas malheureux,
Ma chère maman je l’aime pour deux.
Ton petit gars sera, j’espère,
Quelqu’un dont elle sera très fière.

Hawkesbury veut être désignée « défavorisée »

Le Conseil municipal de Hawkesbury, au lendemain de la victoire de la Ligue du réveil civique, souhaite maintenant que la ville connaisse un essor économique industriel. Pour y arriver, il semble y avoir consensus, et le député Viateur Ethier semble d’accord et prêt à aider : Hawkesbury doit être désignée « région défavorisée ». Ethier prononce un long discours aux Communes en ce sens le vendredi 28 janvier. Par exemple, le Bureau de placement de Hawkesbury traiterait avec 1 084 chômeurs. Ainsi, en désignant la ville et la région comme « défavorisée », les industriels profiteraient d’une exemption de taxe d’entreprise et de plusieurs autres avantages s’ils décidaient de s’y installer. C’était d’ailleurs l’exercice qui allait intéresser de nombreuses nouvelles industries à Hawkesbury, dont les deux plus importantes ont depuis fermé leurs portes. Il n’y avait que la CIP comme employeur majeur, ainsi que l’ICR (International Cellulose Research), son centre de recherches. Tout ça dans l’édition du 3 février 1966.

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Dans l’édition du 20 janvier 1966, un article sur le fait que la commission scolaire a tranché la question de la nouvelle école de 32 classes et qui coûtera 700 000 $. La nouvelle école (la future Paul VI) sera construite sur le terrain de quatre acres et demie occupé par le Couvent du Sacré-Cœur (filles) et l’Académie St-Joseph (garçons). L’ancien président de la commission, Noël Berthiaume, s’y opposait, affirmant que le terrain était trop petit. Lors des premières discussions, on voulait exproprier des maisons du côté nord de la rue Principale, vis-à-vis l’emplacement finalement choisi. L’école est toujours là et le terrain qui l’entoure est plus grand que celui de beaucoup d’autres écoles.

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Pour revenir à l’édition du 3 février, il y est question de la municipalité de Cumberland qui en aurait assez de verser des impôts aux Comtés unis sans obtenir des services équivalents. Cumberland voudrait joindre les rangs du comté voisin de Carleton. Leur souhait allait se réaliser quelques années plus tard lors de la création de la Municipalité régionale d’Ottawa-Carleton. Fait intéressant, cette municipalité a été amalgamée à la nouvelle cité d’Ottawa, mais son ancien territoire fait toujours partie de la circonscription électorale de Glengarry-Prescott-Russell.

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Dans l’édition du 17 février 1966, un court article annonce que Me René Marin, un avocat de Hawkesbury, sera le conférencier de l’Association des enfants retardés de Hawkesbury (c’était son nom). Me Marin fait partie de la direction de cette association et parlera de l’arriération mentale. Me Marin a été très actif dans la création de programmes d’intégration des personnes déficientes dans la société. Il est de ceux qui ont obtenu la participation de certaines industries locales, éventuellement, pour offrir des occasions d’emploi. J’avais une grande admiration pour cet avocat.

Fait intéressant, André Marin a présidé une commission qui portait son nom en 1974-1976, la Commission d’enquête sur les plaintes du public, la discipline interne et le règlement des griefs au sein de la Gendarmerie royale du Canada. Beaucoup plus tard, en 1981, Me Marin, qui avait quitté Hawkesbury depuis belle lurette était devenu le premier président du conseil d’administration d’une toute nouvelle société d’État… la Société canadienne des postes ou Postes Canada pour les intimes. Autre fait intéressant, le fils de René Marin, André (né à Hawkesbury le 12 janvier 1965), a passé une grande partie de sa vie à traiter justement des « plaintes et des griefs ». Il a été ombudsman des Forces armées canadienne de juin 1998 jusqu’à sa nomination comme ombudsman de l’Ontario en avril 2005.

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Dans l’édition du 24 février, un long article sur la campagne lancée par le juge Omer Chartrand pour la construction d’un nouvel hôpital. L’intention est alors d’acheter le petit hôpital de la rue McGill… l’hôpital St-Cœur-de-Marie… pour 600 000 $ et d’y ajouter une aile de 70 lits au coût de 750 000 $. L’objectif était d’en faire un hôpital régional. C’est ce qui est arrivé.