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Mon hirondelle

Celui-ci évoque des souvenirs réels. Je me souviens des « cabanes à oiseaux » que mon père installait et chaque printemps, « ses » hirondelles s’y logeaient. Il les nourrissait. S’assurait que la « cabane » était en bon état. La nettoyait à l’automne. Quand les hirondelles revenaient, mon père s’amusait à les nourrir… et ma bonne vérité, il leur parlait et obtenait des réponses. J’en avais l’impression en tout cas. Dans son esprit, j’en suis sûr, il conversait avec les hirondelles. Il n’y a pas de date à ce poème de ma mère.

Chaque printemps, belle hirondelle,
Près de chez moi, tu fais ton nid,
Avec une ardeur toute nouvelle,
Tu choisis ton petit logis.
Il te faudra donc plusieurs heures
Pour terminer ce nid d’amour
Qui abritera ton bonheur,
Dont tu te souviendras toujours.

               Petite hirondelle, dis-moi, est-ce que
               les parents ne sont pas ainsi
               pour accueillir une nouvelle vie?

Puis les petits sont arrivés,
Plusieurs becs de plus à nourrir,
C’est un travail long, acharné
Et tu le fais avec plaisir.
Puis tu es bien récompensée
Car les petits grandissent très vite
Ils sont déjà prêts à voler
Dans le beau ciel qui les invite.

               Petite hirondelle, dis-moi,
               ne faut-il pas guider ses petits
               jusqu’à ce qu’ils puissent
               voler de leurs propres ailes?

Puis un beau jour durant l’été
Les petits oisillons s’envolent,
Ils sont forts et pleins de gaieté
Vers d’autres cieux, ensemble ils volent.
Nous regardons bien tristement
Ton nid entouré de silence,
Et attendons jusqu’au printemps,
Ton retour avec impatience.

               Petite hirondelle, dis-moi,
               à quoi songes-tu
               quand le nid est vide?

En bas de page de ce poème, il y a un quart-de-siècle, ma mère avait consigné ce commentaire, toujours d’actualité :

L’expérience des vieux est faite de mille instants de peines, d’erreurs, de joies et d’espoirs accumulés. L’expérience des vieux met de la poésie en une époque où les ordinateurs ont fait fuir les conteurs. Les deux bouts de la vie passent par le chemin du cœur. La courtoisie, la politesse et les bonnes manières sont un rempart contre les conflits et la violence.

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Le système métrique : allez y voir

par Alain Guilbert

Les gens de ma génération sont nés et ont été élevés en utilisant les poids et mesures du système impérial (système britannique). Les gens de 40 ans et moins sont plutôt habitués au système métrique que le Canada a adopté par législation au début des années 70 et qu’on a progressivement implanté à partir de 1975.

On aurait toutes les raisons de croire qu’après toutes ces années, le système métrique, qui est utilisé à peu près partout dans le monde, sauf aux États-Unis et dans les pays du Commonwealth britannique, aurait complètement remplacé son ancêtre. Mais si on va y voir de plus près, on s’aperçoit que nous vivons encore dans les deux mondes, et qu’au lieu de nous simplifier la tâche, ce qui était l’objectif premier, nous nous la compliquons bien plus souvent que nous pourrions le croire, et que même, certaines entreprises, se font un plaisir d’entretenir la confusion.

La première étape du système métrique au Canada en 1975 aura été celle de la température désormais affichée en degrés Celsius plutôt que Fahrenheit. En degrés Celsius, l’eau bout à 100 et gèle à 0. Bien plus simple et logique qu’en Fahrenheit où l’eau bout à 212 et gèle à 32. Mais chose curieuse, au Canada, quand on parle de la Floride, on mentionne la température en Fahrenheit, sans doute parce que 70 ou 80 degrés donnent l’impression qu’il fait plus chaud que si on dit 20 ou 25 degrés.

Deuxième étape, toujours en 1975, on a commencé à calculer les précipitations (eau ou neige) en millimètres (mm) et en centimètres (cm). Si l’annonceur de la radio dit qu’il est tombé 30 cm de neige, avez-vous remarqué que dans la conversation courante on continue à dire qu’il est tombé « un pied » de neige. Même chose avec notre poids et notre taille. La plupart des gens connaissent leur taille en pieds et pouces et l’ignorent en kilos et centimètres. On dira qu’on mesure 6 pieds plutôt que 1 m 83. Pourtant notre taille et notre poids sont bien indiqués en cm et en kilos sur notre permis de conduire. Mais c’est plus fort que nous qui préférons utiliser le « vieux » système. Autre exemple, quand un bébé naît, l’hôpital donne toujours son poids et sa taille selon le système métrique, mais les nouveaux parents trouvent toujours moyen de convertir ces chiffres pour dire fièrement que le nouveau-né pèse 7 livres 4 onces et qu’il mesure 22 pouces!!!

Troisième étape en 1977: les panneaux de signalisation routière indiquent les distances en kilomètres au lieu d’en milles et la vitesse en kilomètres/heure. Aujourd’hui, la plupart des gens utilisent ces mesures, sauf pour les courtes distances. On dira plus facilement que tel voisin est situé à environ 300 pieds plutôt qu’à 100 mètres.

Quatrième étape en 1979, les stations-services commencent à vendre l’essence et le diésel en litres plutôt qu’en gallons. Comme un gallon impérial contient 4,54 litres, l’essence semble beaucoup moins chère au litre qu’au gallon. Dans ce cas-ci, la confusion existe dans les comparaisons avec le prix de l’essence aux États-Unis, où elle est encore mesurée en gallons, sauf que le gallon américain ne contient que 3,8 litres. Mais cela est un autre sujet.

À partir de 1980, les commerces de meubles et de tissus doivent annoncer et vendre leurs produits au mètre et au centimètre seulement, et de plus cette année-là marque la date limite d’utilisation des unités de longueur impériales. Mais la confusion la plus totale continue de régner dans les marchés d’alimentation qui continuent aujourd’hui à annoncer leurs prix à la livre plutôt qu’au kilogramme (ils inscrivent habituellement le prix au kilogramme en toutes petites lettres sous le prix à la livre). Bien sûr, c’est une bonne façon de laisser croire aux consommateurs que les prix sont moins élevés. Par exemple, un steak à 6,99 $ semblera moins cher que le même steak à 15,41 $. Et pourtant, on annoncera d’autres produits par tranche de 100 grammes. Par exemple, on vendra un fromage ou une charcuterie à 1,99 $ par 100 grammes, ce qui effraie moins que le consommateur que si on lui indiquait clairement que le même produit coûte 19,90 $ par kilo. Autre problème, il n’existe pas de formats obligatoires. Par exemple, pour ne pas augmenter les prix de certains aliments, on en réduit tout simplement le format, ce qui échappe facilement à l’œil d’un consommateur non averti. Certains jus vendus en formats de 1,89 litre le sont maintenant en format de 1,75 litre, mais toujours au même prix. Cela aussi est un autre sujet sur lequel je reviendrai plus tard.

D’autres produits sont vendus selon le système impérial « déguisé » en système métrique. Ainsi le beurre se vend en paquets de 454 grammes. Ce serait pourtant beaucoup plus simple en formats de 250 ou 500 grammes, mais comme la plupart s’en souviendront, 454 grammes équivalent à une livre (16 onces). Même chose pour la bière qui est vendue en formats (réguliers) de 341 ml, ce qui équivaut à l’ancienne mesure de 12 onces, alors qu’en France la bière se vend en format de 330 ml. À la SAQ, on vend le vin au litre ou en centilitres, format régulier de 750 cl, alors qu’on vend les spiritueux (gin, vodka, scotch) en formats de 26 et 40 onces. D’autres exemples: les épreuves olympiques sont disputées sur des distances métriques: 100 m, 500 m, 1000 m, 1500 m, etc. Seul le football canadien (comme son homologue américain) utilise les verges. Les piscines sont mesurées en mètres (25, 50), mais les patinoires des arénas le sont en pieds. Le mont Everest semble beaucoup plus haut à 29 000 pieds qu’à 8 850 mètres!

Comme nous le constatons, le Canada a adopté le système métrique il y a bien longtemps. Mais après toutes ces années, nombreux sont ceux qui ne l’ont adopté que partiellement.

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Carnets de voyage : Italie – 28 août au 12 septembre 2003

Troisième partie : 3 et 4 septembre.

3 septembre — Collision à l’intersection de l’hôtel hier soir. Les deux conducteurs se sont criés à tue-tête puis ont continué. Nous avons remarqué des centaines d’autos accidentées, égratignées, etc., et non réparées. – Dîner à l’Osteria Da Salvatore. Prix fixe mais à éviter. La serveuse s’est presque changée dans la porte. – Observation : Wonder Bra ne ferait pas fortune à Rome! – Près de l’hôtel (tout près), un « Cine Sexy » « solo adult » et une « Disco Sexy », photos suggestives à l’entrée. – Courriels ce matin. 1 euro la demi-heure. – Le mot est d’origine italienne et c’est facile à comprendre. Il y a toujours des graffiti à portée de vue. Dans le journal La Stampa, un quart de page de publicité sur un produit pour les enlever (+Remuovo Graffiti). Même les monuments ne peuvent y résister. – Observation : Dans notre salle de bain, serviettes et débarbouillettes ressemblent à des nappes et des serviettes de table. – Aujourd’hui, tournée organisée (donc limitée) de sites reliés à l’histoire chrétienne : (1) La basilique Ste-Marie-Majeure. Une des quatre grandes basiliques de Rome. Ostentation de richesses incroyables. (Avant d’y entrer, il se met à pleuvoir [avec éclairs et tonnerre]. Démonstration éclatante du concept de la demande et de l’offre. Il y a des vendeurs de parapluie partout à 5 euros chacun. Puisque la pluie n’avait pas été annoncée, nos imperméables étaient à l’hôtel. Nous rapportons deux parapluies en souvenir.) Sous l’autel principal (l’un des quatre où seul le pape peut célébrer la messe, les autres étant St-Pierre, St-Paul-hors-les-murs et St-Jean-du-Latran), une relique non validée contenant le bois du berceau de la crèche de Jésus. (Le scepticisme commence à faire surface!) (2) Ensuite, visite de la basilique-cathédrale St-Jean-du-Latran, siège épiscopal de l’évêque de Rome qui est aussi le pape. L’une des plus vieilles basiliques de Rome. Comme les autres, spectaculaire. Au-dessus du grand autel, dans une section entourée de barres, deux statues de Pierre et Paul veillant sur leurs reliques : les crânes des saints Pierre et Paul. Reliques validées par l’Église. (Le scepticisme monte d’une coche.) (3) Juste à côté, un autre énorme bâtiment, construit pour y loger l’escalier du palais de Ponce Pilate où le Christ aurait monté pour se rendre chez Pilate. Une certaine Hélène, richissime chrétienne, aurait fait démanteler l’escalier de marbre, la déménager et la reconstruire à Rome. L’escalier est recouvert de bois pour protéger le marbre. Les visiteurs y montent à genoux. (Le scepticisme est à son comble.) (4) Par la suite, nous empruntons la Via Appia… plus vieille rue de Rome (312 avant J.-C.) qui nous amène aux Catacombes de Domitilla. Interdit de photographier. De toute façon, une photo ne rendrait pas justice. Nous visitons une centaine de pieds du deuxième étage de cinq souterrains où 17 km de couloirs s’entrecroisent. Dix-sept siècles d’histoire. Pas loin de là, les ruines gigantesques des thermes de Caracalla. – Observation : l’essence diésel se vend 0,88 euros; l’essence pour autos, 1,1 euros. (Et on se plaint au Canada!) – Observation : Nous revenons à l’heure de pointe dans l’autobus. Nous comprenons pourquoi les autos sont si abîmées. – Excellent souper au Ristorante Steak House. Ossobuco qui devient la norme de comparaison. Lasagna il forno pour Louise. Le Chianti Classico se boit tout seul. – Observation : Autre sens au mot « piano » = étage. Par ex. hôtel Auriga, 3e piano; hôtel Republica, 2e piano, dans un même édifice.

4 septembre — Dernière journée complète à Rome. Drôle hier : J’avais envoyé d’Ottawa un courriel en Suisse à un ami. Il m’a répondu alors qu’il était à Montréal. Je lui ai répondu à mon tour de Rome. Mondialisation! – Ce matin, autre collision devant l’hôtel. – Première visite de la matinée au Panthéon, temple des dieux romains d’avant J.-C. transformé en église plusieurs siècles après J.-C. Plus vieille structure antique encore presque intacte à Rome. Fait intéressant, il y a un trou dans la coupole; quand il pleut, 22 trous dans le plancher de marbre drainent l’eau. – Y sont enterrés Vittorio Emmanuel « padre de Italia », la reine Marguerite de Savoie, le roi Umberto I et… Raphaël. (Note du blogueur : Si vous avez vu le film « Anges et démons », le Panthéon y figure lorsque le personnage joué par Tom Hanks cherche la tombe de Raphaël.) – Le quartier autour est plein de ruelles, de boutiques, de ristorante. Dans un, Louise prend une « salade aux fruits de mer »… plusieurs ingrédients inhabituels et inconnus, mollusques, pieuvre, etc. C’est bon! Je prends une « caprese » (tomates et fromage). – Nous trouvons une petite boutique où nous obtenons des jouets pour les petits-enfants et une autre où nous trouvons de superbes foulards de soie pour une amie de Louise et notre voisine (qui s’occupe de la maison). – Un peu plus loin, par hasard, nous entrons dans une autre énorme basilique; nette impression qu’il y en a une à tous les deux coins de rue de la Rome ancienne. Cette fois, nous y voyons la tombe de sainte Catherine de Sienne, la tombe d’Urbain VII (pape douze jours) et la tombe d’un pape Benoît (?). L’église est elle aussi un cimetière de papes et de notables de l’époque. – Dans ce coin, dizaines de boutiques de produits et vêtements pour prêtres et religieux et religieuses. Dans une vitrine, une trousse calice et ciboire, sertis de pierres, au prix alléchant de 2100 euros!!! Des ostensoirs modernes. Des vestes de laine pour sœurs. Des collets romains. Du jamais vu! – Finalement, visite de la Piazza Navona. C’est l’ancien cirque de Dioclétien (dernier empereur persécuteur) converti en place entourée de terrasses, Personnages de toutes espèces! Au milieu de la place, les trois fontaines chefs-d’œuvre de Bernini. Les pigeons préfèrent la fontaine du milieu! (Note du blogueur : La Piazza Navona est également mise en évidence dans « Anges et démons ». C’est justement dans la fontaine du milieu que le personnage de Hanks sauve le quatrième cardinal.)

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En tricotant

Ma mère aimait tricoter, comme toutes les femmes de sa génération. Je note que ma femme a montré à tricoter à nos quatre petits-enfants. Aucune garantie qu’ils en feront un passe-temps. Il n’y a pas de date sur ce poème, mais elle l’a évidemment composé pendant sa période de poésie.

En tricotant, quand on a l’temps,
On peut faire de jolis vêtements,
          Prenez la peine
          Sortez aiguilles et laine
          Et tricotez.

De temps en temps, il faut compter
Toutes les mailles, pour s’assurer
          Que le tricot
          Sera tout à fait beau
          Lorsqu’achevé.

En tricotant, on peut rêver
Et voyager par la pensée
          Faire des projets
          Qui ne seront jamais
          Réalisés!

Le cliquetis de nos aiguilles
Vite nous rappelle que le temps file.
          Avec amour
          Nous faisons un retour
          Vers le passé.

Dans la vie, ce serait si beau
Si on pouvait, comme un tricot
          Défaire un bout,
          Et puis, à notre goût,
          Recommencer!

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Un journal centenaire… plus un

par Alain Guilbert

En février de chaque année, La Tribune, le journal quotidien de Sherbrooke, où j’ai fait mes débuts professionnels, célèbre son anniversaire de naissance. Ce mois-ci marque ses 101 ans. L’an passé, à l’occasion du centenaire de la publication, j’ai écrit un texte qui rappelait les célébrations du 50e anniversaire en 1960, anniversaire auquel j’avais eu le plaisir de participer. Voici ce texte :

Peu de personnes s’en souviennent, mais c’est vers le milieu de 1959 que la guerre a été déclarée à Sherbrooke. Pas la guerre avec des fusils et des chars d’assaut. Mais plutôt la guerre entre les médias, une guerre qui n’a pas coûté de vies humaines, mais qui n’en pas été moins féroce pour autant.

Les hostilités ont commencé quand La « grosse » Presse de Montréal a décidé de conquérir les grands marchés régionaux, soit Québec, où régnait Le Soleil, Trois-Rivières, royaume du Nouvelliste, Chicoutimi et tout le Saguenay, fort bien servis par le Progrès Dimanche… et bien sûr Sherbrooke où La Tribune régnait sur le milieu francophone alors que The Record servait la clientèle anglophone.

Pour s’établir dans ces marchés, le quotidien montréalais avait pris la décision d’y mettre en place des bureaux avec plusieurs journalistes, autant que possible des journalistes qui connaissaient déjà chacune de ces régions. Or ces journalistes existaient déjà, mais ils étaient au service des journaux locaux, tels que La Tribune à Sherbrooke.

En quelques semaines, La Presse a « volé » coup sur coup plusieurs ressources de La Tribune, dont son tout nouveau directeur de la rédaction, Marcel Dupré, qui devint alors le nouveau chef du bureau de La Presse à Sherbrooke. Et Marcel, qui était très respecté du milieu journalistique, n’a eu aucune difficulté, en offrant aussi des salaires passablement intéressants pour l’époque, à convaincre quatre ou cinq journalistes d’expérience à le suivre dans cette nouvelle aventure.

Le coup avait frappé dur. Le président et copropriétaire de La Tribune, Me Paul Desruisseaux, qui devint sénateur quelques années plus tard, perdit même connaissance dans son bureau quand il a appris le départ de Marcel Dupré et il même dû être hospitalisé pendant quelques jours.

À tout malheur, quelque chose est bon. Ce départ « en masse » des journalistes de La Tribune vers d’autres cieux a créé des opportunités pour d’autres personnes. C’est ainsi que je me suis présenté à La Tribune en août 1959 pour trouver un emploi qui me permettrait de poursuivre mes études à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke. Bien sûr, il y avait des postes à combler… et on m’a embauché sur-le-champ en me posant une seule question : « Est-ce que tu parles anglais? ». Le pire, c’est que j’avais osé répondre « oui ». J’étais tellement content d’avoir obtenu ce travail que je n’ai même pas demandé quel était le salaire du poste que j’occuperais. Je ne l’ai su qu’au moment où j’ai reçu mon premier chèque de paye quelques semaines plus tard… soit 35 $ par semaine… avant impôts!!!

Et c’est ainsi qu’a commencé ma vie sherbrookoise. La Faculté de droit était alors située dans le Palais de justice à deux pas de l’édifice de La Tribune. Les cours avaient lieu dans les salles des différents tribunaux entre 8 et 10 heures le matin et entre 4 et 6 heures l’après-midi, c’est-à-dire les heures où les tribunaux ne siégeaient pas. À la fin de mes cours, je traversais la rue pour aller faire mon quart de travail de 6 heures l’après-midi à 1 heure du matin. Après quelques mois, on m’a confié la couverture des tribunaux qui siégeaient entre mes cours du matin et de fin d’après-midi… et j’allais écrire mes textes au journal en début de soirée.

Mais mon travail n’est pas l’objet de mon propos. Je dirai seulement que la guerre des médias était féroce, très féroce. Certains coups étaient parfois portés en bas de la ceinture. Tout le monde livrait une chasse sans merci aux primeurs. Chaque jour, les responsables vérifiaient quelles nouvelles étaient dans l’autre journal et s’il fallait que certaines de ces nouvelles ne soient pas dans « notre » journal, on recevait un savon en règle. Mais au contraire, si nous avions des nouvelles que « l’autre » n’avait pas, nous avions un statut de héros! Ou presque! Et même The Record, qui était alors la propriété de John Bassett, aussi et surtout propriétaire du Toronto Telegram, livrait une chaude lutte à La Presse (section Sherbrooke) et à La Tribune pour l’information locale. Les journalistes avaient intérêt à briller de tous leurs feux puisque The Record servait d’école au Telegram et que les meilleurs se retrouvaient rapidement à Toronto.

Au début de 1960, moins d’une année après mon entrée à La Tribune, le journal célébrait donc ses 50 années d’existence. Une grande fête fut organisée. On se rappellera sans doute qu’à cette époque, Me Paul Desruisseaux et son partenaire M. J.-Alphée Gauthier étaient également propriétaires des stations de radio CHLT et CKTS ainsi que du poste de télévision CHLT-TV qu’on appelait plus familièrement le canal 7, première station de télé privée au Québec. Et tout ce « beau monde » était logé dans le même édifice au 221 rue Dufferin.

La célébration a débuté, comme il se doit, par des discours alors que tous les employés avaient été convoqués dans le grand hall d’entrée de l’édifice où se trouvait également une estrade qui accueillait les copropriétaires de l’entreprise, de même que les autorités religieuses (Mgr Georges Cabana), et civiles (le député ministre Johnny S. Bourque,
le maire Armand Nadeau et plusieurs autres), sans oublier les personnalités de l’époque.

La fête a même été télévisée, du moins en partie, puisque les caméras avaient reçu la directive de quitter les ondes après 30 minutes… ce qui fut fait puisqu’après ces 30 premières minutes, les projecteurs ont été éteints et les techniciens ont quitté leur poste.

Me Desruisseaux qui n’avait encore pas digéré « l’agression » de La Presse contre « son journal » a alors décidé de se vider le cœur, accusant son concurrent de se livrer à des tactiques déloyales, affirmant même que La Presse « était venue VOLER nos meilleurs journalistes ».

Je me souviendrai toujours de cette déclaration de Me Desruisseaux. J’étais debout aux côtés du directeur de la rédaction, celui qui avait remplacé Marcel Dupré, soit Yvon Dubé, qui en plus d’avoir été mon patron et aussi mon ami, a plus tard agi comme président de La Tribune pendant de nombreuses années, soit jusqu’à sa retraite.

Nous étions tout simplement estomaqués. Notre réaction en a été une de stupeur. En effet, si La Presse avait « volé les meilleurs journalistes de La Tribune », qu’étions-nous, ceux qui n’avaient pas déserté ou qui (comme moi) avaient été embauchés après la razzia de La Presse?

Mais le pire était à venir. En effet, si la télévision avait cessé de transmettre le discours de Me Desruisseaux après 30 minutes, il n’en a pas été ainsi pour la radio (CHLT) qui n’avait reçu aucune directive de quitter les ondes après la première demi-heure. Et ce qui devait arriver arriva, les journalistes de La Presse écoutaient le discours de Me Desruisseaux à la radio, et ils se sont bien bidonnés en apprenant de la bouche même du propriétaire de La Tribune que les journalistes de La Presse étaient « les meilleurs » à Sherbrooke.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, La Presse avait publié une très visible manchette le lendemain à l’effet que « ses journalistes étaient les meilleurs », selon le président de La Tribune.

Pendant cette guerre qui a duré quelques années, je ne peux m’empêcher de raconter un incident relié à cette bataille. Certaines personnes avaient fait le choix de prendre parti pour l’un ou l’autre des combattants en présence. À un moment donné, souvent malmené par La Tribune, le maire Nadeau avait donné son appui à La Presse, se limitant à utiliser l’expression « le journal local » lorsqu’il se référait à La Tribune.

Inutile de dire que nous l’avions plutôt mal pris. Alors, en réplique, nous nous sommes mis à nous référer au maire Nadeau dans le journal en parlant du « maire actuel » et en ne mentionnant jamais son nom. Une riposte de notre part plutôt difficile à avaler pour un politicien en mal de visibilité. Après quelques semaines, le maire a levé le drapeau blanc et décidé de faire la paix avec La Tribune… ce qui a mis fin aux expressions « le journal local » et « le maire actuel ».

Je ne sais pas si les journalistes de La Presse étaient meilleurs que nous… du moins je ne le crois… puisqu’après quelques années, de guerre lasse, j’imagine, et parce qu’elle n’obtenait sûrement pas les résultats espérés, La Presse a fermé son bureau de Sherbrooke, tout comme ceux de Québec, Trois-Rivières et Chicoutimi.

Même si les « meilleurs » étaient partis en 1959, nous avions gagné la guerre. Je ne pouvais pas rater l’occasion du 100e anniversaire de La Tribune pour rappeler ces souvenirs du 50e anniversaire. Il me semble que c’était hier. Est-ce moi qui perds la notion du temps… ou le temps qui passe trop vite?

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Carnets de voyage : Italie – 28 août au 12 septembre 2003

Deuxième partie : le 31 août, 1er et 2 septembre

31 août — C’est dimanche. Presque tout est fermé à Rome. Quelques boutiques, cafés et restaurants ouverts dans les secteurs très touristiques. – Nous allons donc à la messe à la basilique Sainte-Marie-des-Anges-et-des-Martyrs de la Place de la République. Une des 523 églises de Rome. Église énorme encore une fois. Les peintures montrent certains martyrs… leurs supplices. Assez macabres pour une église. – Après, nous nous rendons à la Place de l’Espagne. Énorme colonne devant l’ambassade espagnole. À Rome, il y a des colonnes partout. Tout près, des milliers de touristes et les fameuses marches. Nous n’avons pas le courage de les monter. – Devant les places majeures, il y a toujours des vendeurs ambulants de « bébelles » qui font des bulles de savon. Un peu à la manière des vendeurs de colliers lumineux le 1er juillet sur la Colline à Ottawa. – Louise remarque que les hommes italiens descendent sûrement de joueurs de baseball. Ils passent leur temps à se placer ce que l’on sait!!! – Après les marches, passage à côté du parlement italien, en route vers la célèbre Fontaine de Trevi. Gigantesque et foule insoutenable. Nous n’y restons pas longtemps. – Le temps d’une « bierre grande » et d’une « lemon-soda » avant de nous rendre au monument de Victor-Emmanuel, premier roi de l’Italie unifiée, et aussi tombe du soldat inconnu. Monument à couper le souffle. Tout est géant. – En revenant à l’hôtel, nous contournons le palais du Quirinal, résidence du président de la République. Sécurité partout. Pas loin de là, l’intersection des quatre fontaines (photos prises de chacune). En tout près, une école militaire et à côté, un monastère cistercien. – Quiconque a une fascination pour les statues fini par en mourir en Italie et à Rome manifestement. Nous en voyons partout. – Nous entrons dans un Disney Store. Mickey, Goofy, Minnie, Pluto, en bustes romaines. Le magasin est décoré à la mode antique. – Souper au restaurant Rossi Vincenzo. À la table, nous nous sommes rappelés la femme qui allaitait son bébé de deux ans, au sol, à l’entrée de l’église ce matin. Une femme du Moyen-Orient. Elles sont plusieurs à quêter comme ça. Au restaurant, un accordéoniste puis un guitariste chantant à qui nous avons remis une contribution. Quand un deuxième accordéoniste s’est présenté, nous avons compris le jeu. Leçon apprise. – Service téléphonique affreux. Les opératrices ne comprennent rien. Le signal manque à tout bout de champ. – À la télé ce soir, nous avons regardé la version française d’Un gars! Une fille!

1er septembre — Déjà 88 photos de prises et nous n’avons même pas encore visité le Vatican. Prévu pour aujourd’hui. – Ça y est! Nous prenons un taxi jusqu’au Vatican (10 euros) pour y passer l’avant-midi et l’après-midi. Le clou du séjour à Rome. Chaque regard coupe le souffle. Les 82 photos le démontreront. Sécurité omniprésente. Beaucoup de prêtres, de moines et de religieuses. – Richesses inouïes. Une contradiction du sens chrétien. Mais c’est d’une autre époque. Les salles des Borgias nous le rappellent. C’est aussi un mausolée, un cimetière de papes. Ils y sont tous ensevelis. Nous voyons le corps conservé de Jean XXIII et d’un autre pape dont j’oublie le nom. – Pas un seul endroit pour y faire brûler un lampion. – Nous visitons le petit musée de la basilique Saint-Pierre. Après, nous nous rendons à la Chapelle Sixtine, en passant par l’incroyable Musée du Vatican. Collections égyptiennes et étrusques, plus galeries de Raphaël. Murales incroyables. Enfin, Chapelle Sixtine où les papes sont élus en conclave. Interdit de photographier, mais je fais attention et je capte deux photos non cadrées, à l’aveuglette. – La splendeur de tout çà en ferait perdre la foi à un chrétien convaincu s’il oubliait que ça remonte à une époque révolue. La société moderne n’accepterait pas une telle richesse dans une église. Quelqu’un pourrait passer plusieurs semaines dans la basilique Saint-Pierre pour être en mesure de tout admirer. – Fait intéressant, les lettres entourées de mosaïques d’or autour de l’intérieur, mesurent chacune deux mètres de haut. – Souper au Ristorante Da Nazzareno. Nourriture acceptable. Service inférieur. Nos voisins sont des Australiens. Lui est un avocat adepte de la rame, nous explique-t-il en bégayant légèrement. Ils sont du Queensland. Leur fille a vécu à Edmonton où elle a pratiqué la rame. Ils connaissaient plus le Canada que nous l’Australie. Nous avons parlé du Shiraz après leurs questions sur le Chianti Classico Rocca della Marcie que nous buvions. Ils sont arrivés hier après 21 heures d’avion, en passant par le Japon. – Nous jasons toujours avec des gens intéressants lors de nos voyages. – Nouveaux mots utilisés aujourd’hui : Il conto per favore : la facture s.v.p.; buona notte : bonne nuit. Nous utilisons à profusion les buon giorno, les grazie et les buona sera, plus la bierre grande et l’acqua minerale. – Nous avons eu moins chaud aujourd’hui.

2 septembre — Aujourd’hui, journée de relaxation et de magasinage. Il fait plus de 31 degrés Celsius. – Le temps des observations : (a) Les hommes semblent apprécier le nettoyage nasal digital… en pleine rue. (b) Remarque sur notre visite au Vatican. Impossible d’y entrer en shorts ou les épaules nues. Par contre, les décolletés plongeants et les gilets transparents une fois humides sont parfaitement acceptables. (c) Dans la rue, une jeune fille qui semblait avoir marché sur une mine antipersonnel, quête. Pas trop loin, un homme fait de même. Il « plume » la peau de ses blessures. La foule les ignore. (d) Les Italiens ont de drôles d’habitudes. L’autre soir, un homme verse de l’eau minérale dans son vin. Ce midi, une femme met de la glace dans son vin. À la table voisine, un homme en habit d’affaires englouti son lunch. Plus la bouche est pleine, meilleur le repas… j’imagine. L’autre soir, un voisin de table avait une technique semblable. J’ai noté un maximum de quatre fourchetées pour engloutir des pâtes… les siennes et celles que sa femme n’avait pas mangées. (e) Deux hôtels de luxe remarqués : le St-Regis Grand et l’Exedra. – Nous avons passé à côté des thermes de Dioclétien (300 ans avant J.-C.). C’est fermé. – Sur le chemin de retour, Louise trébuche dans un trou derrière un poteau et s’allonge au sol. Blessures à la main droite. Nous arrêtons à la Farmacia Alba où trois personnes s’empressent de la conseiller (en italien, mais ça se comprenait bien… drôle de constatation). On nous vend un ensemble de produits de premiers soins. Souvenir qu’on aurait préféré ne pas vivre. Louise a mal, mais préfère le cacher. Une cannette de Coke sert de froid pour son genou. – Autre observation. Il y a toutes sortes de policiers et de carabiniers, partout, avec fusils et mitraillettes Uzi en vue. Devant la banque, gardes avec fusil à la ceinture. – Sur la table à midi, nous avons chassé un pigeon visiteur. – Nouveau mot : piano = gentiment. Du genre : nettoyer gentiment la plaie. – À la boutique Pre-Natal de la via Nationale, nous trouvons des cadeaux pour les quatre petits-enfants. – Grosse fête ce soir à l’ambassade de Turquie. Militaires et autres dignitaires. Plaques « CD » partout sur les Mercédès et la Alfa Roméo de luxe. Mitraillettes en bandoulières devant et au coin. Nous sommes dans une rue pleine d’ambassades. – Devant l’ambassade, un « gatto » d’un gris pâle jamais vu. Jules aurait aimé. (Note du blogueur : Jules est le nom de notre chat, euthanasié le 31 janvier 2010.) – Souper au Ristorante Mamma Angela. Même famille que le Ristorante Bistro du premier soir. Le garçon fait le remarque que j’ai rougi au soleil de Rome. Il trouve que Louise et moi semblons aimer notre séjour. Bon repas. Terrasse remplie. Un Cabernet du Frioul essayé. Excellent vin. Service très exceptionnel. Nous avons droit à un Sambuca « extra » à la fin. Deux jeunes filles à côté de nous se contentent d’une bouteille d’eau, d’un morceau de lasagne et d’un spaghetti ordinaire. (Louise et moi nous nous rappelons notre semaine à Atlantic City avec 150 $ en poches il y a 35 ans. Il nous restait assez d’argent pour en prêter à un couple d’amis qui nous accompagnait.)

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Le savait-elle?

Un ami a qualifié ma mère d’authentique poète et m’a demandé si elle le savait. Une sacrée bonne question pour laquelle je n’ai pas de véritable réponse!

Comme je l’ai raconté dans mes premières entrées de blogue, ma mère ne s’était jamais sentie « vieille » avant d’atteindre ses 80 ans. Le choc brutal s’est produit une nuit, à la salle d’urgence de l’hôpital Saint-Cœur-de-Marie de Hawkesbury. Je l’accompagnais, comme je l’avais fait de nombreuses fois au fil des années, parce qu’elle avait éprouvé des malaises. À l’hôpital, le médecin de service l’examine. Il me convoque dans le corridor et me déclare brutalement : « Ta mère fait une overdose! »

Ma mère a 80 ans. Elle ne s’est jamais droguée; j’en ai la certitude. Le médecin m’explique que les médicaments qu’elle prend ont interagi. Ma mère est de la génération qui écoute religieusement ses médecins et quand un lui prescrit un médicament, elle le prend; même si un autre, lors d’un de ses nombreux passages à la salle d’urgence, lui en a aussi prescrit. J’en parlerai à son médecin, qui est aussi mon médecin personnel.

Ma tâche est de lui expliquer qu’elle doit cesser immédiatement de prendre ses médicaments, de retourner voir son médecin personnel et de reprendre un dosage plus contrôlé. Elle me dit : « Jean-Maurice, je crois que je deviens vieille. » Je m’en souviens toujours. Et je lui réponds : « Non, Man, tu es vieille; reviens-en! » J’imagine que ma déclaration a fait tout un effet.

Quoi qu’il en soit, quelques semaines plus tard, je m’aperçois qu’elle a commencé à écrire de la poésie. Je ne savais pas que ma mère pouvait en écrire. Je savais qu’elle aimait écrire, de tout, partout, dans les marges blanches de ses livres de recettes ou de ses « scrapbooks » (avant la mode courante du « scrapbooking »). À ce moment-là, je suis rédacteur en chef du journal local et je lui propose d’en publier, soit dans le journal, dans la chronique hebdomadaire que je rédigeais. Il n’en était pas question. J’ai longtemps insisté sans succès et j’ai arrêté. Elle en a pondus pendant un peu plus de deux ans.

Elle écrivait de toute évidence pour son seul plaisir. Elle ne se considérait assurément pas comme une poète. Après sa mort, à l’âge de 90 ans, nous avons découvert qu’elle avait composé des dizaines et des dizaines de poèmes entre 1984 et 1986. Ce sont ceux-là que je reproduis dans mon blogue depuis quelques semaines et que je continuerai à faire au cours des prochains mois. Je sais que vous appréciez ses talents et les images qu’elle rend par les mots.

Vous aurez remarqué les thèmes dont elle traite : le vieillissement, la nature, son quotidien, ses souvenirs, son regard sur la vie qui l’entourait à cette époque ou qu’elle avait vécue avant de traverser les deux Grandes Guerres et les grandes inventions du monde moderne. J’avoue que j’en découvre de nouveaux et que je redécouvre les autres.

Ma mère la poète? Si elle ne le savait pas, nous, aujourd’hui, savons autrement.

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Souvenirs

Pas de date précise à celui-ci. Le thème me fait comprendre pourquoi je consigne des carnets de voyage.

Étant l’aînée de la famille
Je deviens tôt gardienne d’enfants,
Et comme beaucoup de petites filles,
J’aimais jouer à la maman.

Dans mes souvenirs les plus chers,
Je vois un bosquet d’épinettes,
Où j’emmenais mes petits frères
Gambader et faire la dînette.

Chaque fois tout était nouveau
Nous ramassions des fleurs très belles
Puis, nous comptions les nids d’oiseaux
Qui, pour nous, étaient des merveilles.

Des écureuils vifs, enjoués
Venaient près de nous lentement,
Nous aurions voulu les toucher,
Mais ils se sauvaient prestement.

Le chien venait nous retrouver,
Ça voulait dire comme de raison,
Qu’il fallait vite s’en retourner
Bien sagement à la maison.

Cet heureux temps de la jeunesse
On voudrait le voir dans un livre
Car lorsqu’on atteint la vieillesse
On aimerait bien ça le relire.

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Carnets de voyage : Italie – 28 août au 12 septembre 2003

Il s’agissait d’un voyage pour souligner notre 35e anniversaire de mariage. Fallait bien marquer ça comme il se devait. Première partie : du 27 au 30 août.

28 août — L’agent de voyage est venu nous porter nos billets de train de Florence à Nice, corrigés, à l’aéroport de Mirabel. Tout est bien qui commence bien. – Impossible de dormir dans l’avion. Nous passerons donc 32 heures sans sommeil.

29 août — L’aéroport de Rome est le premier où nous devons passer nos sacs aux rayons X en débarquant de l’avion. Le passage à la douane est rapide. 50 euros pour la navette de l’aéroport à l’hôtel Montecarlo (chambre 102). – En soirée, souper au Ristorante Bistro. Accueil super. Les serveurs flirtent avec toutes celles qui passent. Nous apprenons qu’il faut commander séparément tous les éléments du repas. – Notre hôtel est à côté de l’ambassade britannique et près d’autres ambassades. Les carabinieri sont toujours pas trop loin à surveiller.

30 août — En avant-midi, nous explorons quelques rues dans un rayon d’une heure de marche. Nous sommes en sueurs. La bière se vend 6 euros (10 $) le verre ordinaire; le Coke, 3,5 euros. Tous les restaurants coûtent chers. Par contre, les beaux vêtements sont raisonnables et souvent à prix abordables. – En après-midi, nous prenons un tour de la Rome antique offert par Appian Line. Nous passons devant le Capitole (conçu par Michel-Ange) et la Place Victor-Emmanuel, en plus de certains vieux sites archéologiques, dont la seule pyramide en sol européen : la pyramide de Caïus Cestius. Nous passons cinq fois devant, en autobus, sans pouvoir prendre de photos. – Nous nous arrêtons pour trois grandes visites : (1) La basilique St-Paul-hors-les-murs, deuxième plus grosse église de Rome après Saint-Pierre (Vatican). C’est là qu’est la tombe de saint Paul, qui aurait été décapité ailleurs dans Rome, pas loin du Forum. Basilique à couper le souffle. Un cloître (actif) y est attaché. Fait à noter, toutes les œuvres d’art sont des mosaïques, donc ont résisté à l’épreuve du temps et des intempéries. Le pape y célèbre la messe de temps en temps. Autre fait intéressant, il y a une mosaïque de chaque pape depuis saint Pierre jusqu’à Jean-Paul II. Il reste treize cercles pour recevoir une mosaïque des prochains papes. Paraît que lorsque chaque cercle sera rempli par l’effigie d’un page, ce sera la fin des temps… Il reste donc quelques siècles! – (2) Par la suite, nous arrêtons au Forum, en passant devant le Circus Maximus (qui pouvait accueillir 250 000 spectateurs). Le Forum est là où César tenant ses audiences, où les premiers rassemblements civils ont eu lieu, d’où Rome contrôlait son empire. – (3) Devant le Forum, et voisin de l’Arc de triomphe de Constantin, le fameux Colisée de Rome. À couper le souffle. – En retournant à l’autobus, deux rappels de la « rom-antique ». Un couple de nouveaux mariés arrive en Rolls-Royce blanche pour des photos au Forum. Devant le Colisée, un autre couple de jeunes mariés se fait photographier avec le Colisée en arrière-plan. (Je prends une photo d’eux.) – Notre guide s’adresse aux touristes de l’autobus en cinq langues. Nous lui rendons service en lui disant que nous comprenons bien l’anglais. Il nous remercie et nous parle français quand il s’adresse à nous directement. – Souper au Trattoria I Leoni d’Abruzzo. Spaghetti bacon et tomates. Tortellini variés avec champignons et pois verts. Expérience d’une bouteille de Corvo 2001 sicilien. Bon vin rouge. Tiramisu nouveau genre délicieux.

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Quoi? Quarante-cinq ans déjà!

par Alain Guilbert

Le temps passe… vite, trop vite!

Hier (dimanche), c’était le Super Bowl XLV (le 45e, pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec les chiffres romains). Un match superbement remporté par les Packers de Green Bay qui réussissaient l’exploit pour une quatrième fois.

Ce qui m’a permis de me souvenir du Super Bowl I (oui, oui, UN) comme si c’était hier. Cela ne s’appelait pas encore le Super Bowl. Les deux ligues majeures de football, la plus ancienne (la Nationale), et la presque nouvelle (l’Américaine), avaient convenu de se fusionner l’année suivante. Et avant de compléter cette fusion longtemps impensable, les deux futurs partenaires avaient aussi convenu de jouer le « premier match de championnat du monde NFL-AFL » ou ce que d’autres avaient appelé « LE Super Match ».

Les deux premières équipes à s’affronter dans ce nouveau défi (plus précisément le 15 janvier 1967) auront été les Packers de Green Bay, champions de la Nationale avec 14 victoires et deux défaites, et les Chiefs de Kansas City, champions de l’Américaine, avec 12 victoires, deux défaites et une nulle. Il s’agissait véritablement des deux meilleures équipes de l’époque, d’autant plus que les Packers sous la direction du légendaire Vince Lombardi (qui a donné son nom au trophée remis au vainqueur du Super Bowl) avaient remporté cinq championnats entre 1961 et 1967. Quant aux Chiefs, ils étaient vraiment la meilleure équipe de l’Américaine cette année-là.

La rivalité était grande entre les deux ligues. À noter que les deux ligues se disputaient les meilleurs espoirs en procédant chacune à son repêchage des joueurs universitaires. La plupart des experts prétendaient que la plus « ancienne » Nationale était beaucoup plus forte que la « nouvelle Américaine », mais ils s’en trouvaient pour croire que celle-ci pouvait remporter la victoire. Les deux voulaient prouver que leur ligue respective était la meilleure.

Les vedettes des Packers étaient le quart Bart Starr, les arrières Jim Taylor et Paul Hornung, le receveur Boyd Dowler, sans oublier une défensive supérieure à la moyenne. Chez les Chiefs de l’instructeur Hank Stram, on comptait sur le quart Len Dawson, le demi Mike Garrett et le receveur Otis Taylor. Leur défensive était aussi excellente.

À la mi-temps, le match était encore serré, les Packers menant 14 à 10, mais la seconde demie aura été complètement dominée par ces derniers qui l’ont emporté 35-10.

Bart Starr avait été choisi le joueur du match, mais à mon avis le titre aurait pu aller aussi bien au receveur Max McGee, un joueur drôle qui devait prendre sa retraite la saison suivante et qui n’aurait même pas joué, sans une blessure survenue au premier quart à Boyd Dowler. Durant toute la saison, McGee n’avait capté que quatre passes pour 91 verges et un touché. Dans ce seul match, il a capté sept passes pour 138 verges et deux touchés. Quand l’instructeur lui avait signifié de se rendre sur le terrain pour prendre la place de son coéquipier blessé, il croyait qu’on voulait lui imposer une amende parce qu’il ne suivait pas le match! Le triomphe avait valu à chaque joueur de l’équipe gagnante la fabuleuse somme de 15 000 $. Ce qui avait fait dire à l’ailier défensif étoile Willie Davis, des Packers, ce que signifiait pour lui le fait de gagner 15 000 $ dans un seul match, soit l’équivalent de son salaire annuel : « C’est comme ajouter du sucre sur un cornet de crème glacée », avait-il répondu avec un grand sourire. Les billets pour assister au match se vendaient 12 $ US chacun, un prix exorbitant selon les journaux de l’époque… et le premier Super Bowl demeure le seul dont tous les billets n’avaient pas été vendus.

Les Packers de Green Bay, qui étaient mon équipe préférée depuis bien des années, avaient également remporté le Super Bowl II, celui-là aux dépens des Raiders d’Oakland, et les partisans de la « vieille » Ligue nationale, comme moi, étions bien convaincus de sa supériorité face à la Ligue américaine. Mais toutes nos croyances allaient être ébranlées au Super Bowl III, quand Joe Namath et ses Jets de New York ont triomphé des Colts de Baltimore et Johnny Unitas par 16-7. Ce jour-là, la Ligue américaine a non seulement gagné le match, mais aussi ses lettres de noblesse. Aujourd’hui, on discute encore de la supériorité d’une division par rapport à l’autre, mais la parité a été établie il y a bien longtemps. Après tout, ne sont-ce pas les Steelers de Pittsburgh qui ont remporté le plus grand nombre de Super Bowls de toute l’histoire?

C’était il y a plus de 40 ans… Mon fils, aujourd’hui « l’expert en football de la famille », n’était même pas né. Le temps passe vraiment trop vite, mais la rivalité entre les deux divisions du football américain demeure aussi vivante!