Carnets de voyage : Séjour aux Îles-de-la-Madeleine

Du 5 au 11 septembre 2004, nous nous installons à l’Auberge Havre-sur-Mer, sur le chemin du Bassin à l’île-du- Havre-Aubert. Thérèse Bergeron en est la très fière aubergiste. L’auberge est réputée pour la qualité de son petit-déjeuner gastronomique quotidien. Le petit-déjeuner est toujours accompagné d’un choix de musique romantique.

De la salle à petit-déjeuner, nous avions un vue exceptionnelle de la mer et des bateaux de pêcheurs qui vont et viennent. Voici la description de chaque petit-déjeuner que nous avons eu l’occasion de savourer :

Jour 1 : Flan de yogourt avec fruits; brique aux œufs (phyllo, œufs, brie); gâteau aux canneberges.
Jour 2 : Granitée de pamplemousse avec fruits; mousse de crabe avec galettes chaudes; crêpe aux pommes.
Jour 3 : Poire pochée avec chocolatine et bleuets; œuf bénédictine sur prosciutto; pouding au pain.
Jour 4 : Coupe de fruits frais; omelette à la salsa de légumes; gâteau aux pommes et aux noix.
Jour 5 : Fromage cottage et fruits, muffin; œuf à la florentine dans un ramequin, bacon; demi-croissant doré.

Restaurants essayés et tous recommandés par notre charmante aubergiste :

Café de la Côte à l’Étang-du-Nord. Lieu des plus beaux couchers de soleil, sur l’île Havre-aux-Maisons.
Au Vieux Couvent. Réputé pour ses moules (caramel aux oignons et crème, par exemple). Ce resto produit des vinaigrettes et autres produits vendus dans les épiceries fines de Québec ou de Montréal.
Le Délice des Îles situé à l’extrémité nord de l’île Grande-Entrée. Réputé pour ses fruits de mer.
– L’Auberge de la Petite Baie à l’entrée de l’île Havre-aux-Maisons. Réputé pour son pot-au-feu que nous avons savouré. Louise prend la raclette au Pied-de-Vent (fromage produit à proximité) et je prends le feuilleté de couteaux.
La Factrie. Cafétéria à même l’usine de transformation. Excellente salade de homard et savoureuse brochette de pétoncles.
Le Café de la Grave. Atmosphère unique. Pianiste, clients qui chantent. Un incontournable.
– L’Auberge chez Denis et Françoise. Succulents pétoncles. J’ai failli essayer le loup-marin!

Les Îles-de-la-Madeleine ne prennent pas des semaines à visiter, et rien de plus facile que de visiter à partir des conseils d’une aubergiste qui a passé sa vie dans cet endroit enchanteur. Voici un survol des lieux que nous avons visités pendant notre court séjour, mais nous avons à peu près tout vu ce qu’il fallait voir.

  • De nombreuses plages, dont celle de la Dune du Sud avec ses falaises de sable rouge et ses innombrables grottes. Des gens y ont gravé des graffitis permanents.
  • La plage de l’Échouerie… quatorze kilomètres de plage interminable.
  • Des quais et leurs bateaux pleins les yeux et partout. À l’Étang-du-Nord, une jasette avec un pêcheur qui prépare ses maquereaux et qui nourrit les goélands avec les restes.
  • Plusieurs boutiques et galeries d’art (Tendance, La Baraque, La Maison du Potier, entre autres, d’où nous rapporterons des œuvres). De La Baraque, une sculpture d’albâtre de Sébastien Renaud, 14 ans, le fils du sculpteur Daniel Renaud. Vues au même endroit, une série d’œuvres (phoque gris, son blanchon, la banquise). L’acheter nous aurait coûté 4 000 $. Nous nous contentons d’admirer… et de rêver!
  • Visite de l’Aquarium des îles et ses deux phoques. Visite du site La Grave et Les Artisans du sable.
  • À Cap-aux-Meules, visite du poste d’observation. Je grimpe et redescend les 182 marches, mais Louise opte pour le Tim Hortons tout près.
  • Attaque en règle de maringouins à la plage Martinique. Toute une expérience.
  • « Excursion » à la recherche de pierres d’albâtre près de notre auberge. Une falaise pleine…
  • Lu au pub de la microbrasserie « À l’abri de la tempête » :
              Il y a deux raisons de boire.
              La première parce que l’on a soif;
              La deuxième, pour la prévenir.
    Nous n’avons pas pris de chance et nous avons dégusté… une blonde baptisée « Écume » et une rousse nommée « Le pas perdu », servie avec un jus de canneberges.

Le jeudi, j’achète le Journal de Montréal du mercredi. Les quotidiens du matin n’arrivent aux îles qu’en fin d’après-midi. Premier contact de la semaine avec les nouvelles du pays et de la planète parce qu’il n’y avait pas de télé (c’était voulu par l’aubergiste) à l’Auberge Havre-sur-Mer.

Les Îles-de-la-Madeleine sont loin d’Embrun. Nous avons franchi 3 730 kilomètres, incluant un détour dans la ville de Québec au retour pour un court séjour.

Ne lâchez pas

Un message d’espoir que ma mère lançait à quelqu’un, avec un peu de licence poétique. Il n’y a pas de date à ce poème, mais, comme les autres, il a été écrit entre 1984 et 1986.

À certains moments de la vie,
Tout nous paraît plus ou moins gris.
Y comprenez-vous quelque chose?
On ne voit plus la vie en rose.

Vient le temps de chercher secours
Le courage manque et puis un jour
Arrive un bon Samaritain
Qui heureusement vous rend la main.

Deux petits mots, deux simples mots :
« Lâchez pas »… (C’est déjà beau)
Ont suffi à vous remonter
« Lâchez pas », il faut continuer.

Dans la vie, c’est toujours ainsi
Et il vaut mieux que l’on en rit.
Il y a des hauts et des bas,
Continuez et « Lâchez pas ».

Et en note marginale, cette phrase qu’elle avait lue ou entendue.

Il faut si peu de choses pour remplir un grand cœur.

Je m’attendais au pire

par Alain Guilbert

Dans un tout récent texte, j’ai raconté l’incident survenu lors de ma première campagne électorale comme journaliste. Je devais écrire trois feuillets de 25 lignes chacun sur l’assemblée du candidat libéral de Stanstead, Georges Vaillancourt… alors que celui-ci, qui en était au premier discours public de sa vie, s’était contenté de parler 30 secondes. Comme je le disais, ce texte aura été une véritable « œuvre de création » du début à la fin. Mais au cours de cette même campagne électorale de 1960, il m’est arrivé une autre aventure qui aurait pu facilement mettre fin à ma carrière journalistique.

J’avais fait mes débuts à La Tribune, le quotidien de Sherbrooke, à la fin d’août 1959, quelques jours seulement avant d’entreprendre ma première année de droit à l’Université de Sherbrooke. Ma première campagne électorale comme journaliste a eu lieu moins d’une année plus tard, le scrutin s’étant déroulé le 22 juin 1960.

Comme je l’ai expliqué dans le texte précédent, le journal s’était engagé à « couvrir » trois assemblées publiques de chacun des candidats, le choix de ces assemblées étant laissé au choix des candidats.

J’avais été affecté à deux de ces assemblées le même jour, dans le comté de Wolfe, où le candidat de l’Union nationale, René Lavoie, faisait face au candidat libéral, le Dr Gérard Lemieux. L’assemblée de René Lavoie avait lieu à Disraeli, le dimanche après-midi, et celle du Dr Lemieux, le dimanche soir à Ham Sud.

Je n’avais physiquement pas le temps de revenir à Sherbrooke après la première assemblée pour écrire mon texte puis de retourner à temps à Ham Sud pour l’assemblée de la soirée. À l’époque, il n’était pas encore question d’ordinateurs. Il fallait écrire sur une bonne vieille machine à écrire. Pas question non plus de transmettre un texte à distance à partir d’un village en région « éloignée ».

Il fallait avoir recours au système « D » (D pour Débrouillardise). Ainsi, à la fin de l’assemblée de Disraeli, j’ai demandé à un organisateur du candidat Lavoie s’il pouvait m’accueillir dans un local quelconque et mettre une machine à écrire à ma disposition pour que je puisse écrire mon texte avant de m’arrêter à Ham Sud, puis de rentrer à Sherbrooke.

L’organisation politique s’est fait un plaisir de me venir en aide. On m’a accueilli presque chaleureusement au local de campagne électorale, et on m’a installé dans un coin isolé devant une machine à écrire. L’organisateur principal de René Lavoie était un avocat de Thetford Mines, Gabriel Loubier, qui devait quelques années plus tard devenir le chef de l’Union nationale après le décès de Daniel Johnson (le père) et le départ de
Jean-Jacques Bertrand, son successeur. J’avais eu le plaisir de rencontrer Me Loubier précédemment lors d’un reportage à Thetford Mines. Celui-ci m’a reconnu et été fort gentil avec moi. Il s’est même fait un devoir de me faire parvenir quelques verres de « coca cola » pendant que je peinais à écrire mes trois feuillets. Je n’ai pas vraiment réalisé que le brun liquide était bien arrosé de rhum, et quand je suis parti à 19 heures avec mon texte sous le bras pour me diriger vers Ham Sud, j’avais la tête qui tournait un peu… pas mal.

Inutile de dire que l’assemblée m’a paru super longue et que j’avais bien hâte de rentrer à Sherbrooke pour écrire mon second texte et aller prendre un repos bien mérité. Je suis finalement revenu vers les 23 heures et j’ai complété mon second texte vers minuit. Le lendemain matin, disons que j’avais « oublié des bouts de ma soirée de la veille » et que je n’étais pas très fier de moi quand j’ai relu mon texte dans le journal.

L’équipe du Dr Lemieux n’était pas plus satisfaite que moi de ce texte qui était, je l’avoue, « plutôt flou ». L’organisation libérale n’a d’ailleurs pas hésité à s’en plaindre dès le lundi matin au directeur général de La Tribune, Wilfrid Stebenne, celui-là même qui m’avait embauché l’année précédente. J’ai été aussitôt convoqué à son bureau. C’était la première fois depuis mon entrée à La Tribune que j’étais convoqué au bureau du directeur général. Je me doutais bien de la raison pour laquelle je l’étais et je m’attendais au pire.

Bien sûr, j’ai eu droit à un sermon en règle… et j’étais certain que je quitterais son bureau sans mon emploi. Mais sur ma promesse solennelle de ne plus recommencer, il m’a donné une chance… mais en me jurant que « la prochaine fois, ce sera la porte ». Ce qui m’a sans doute sauvé, c’est que lui-même agissait comme annonceur officiel lors des spectacles de lutte professionnelle le samedi soir à l’aréna de Sherbrooke et qu’un soir récent où il avait pris un verre de trop, il s’est mêlé toute la soirée dans les noms des lutteurs. Sur promesse de ne plus recommencer (lui aussi), il avait pu conserver cet emploi à temps partiel.

Mais il reste que la leçon a servi… En effet, à la suite de cet événement, je n’ai plus jamais pris un verre (ou deux!!!) avant que mes textes ne soient rédigés et remis à mon chef des nouvelles. Et ainsi, une carrière qui avait démarré moins d’une année avant cet incident a pu se poursuivre pendant encore de nombreuses années.

Carnets de voyage : Italie – 28 août au 12 septembre 2003

Sixième et dernière partie : du 9 au 12 septembre.

9 septembre — Nous voulions visiter le David ce matin. En arrivant, il y avait une lignée de gens et nous n’avions pas la patience d’attendre plus d’une heure.
– Nous optons pour le Ponte Vecchio. Un pont qui traverse l’Arno et qui est plein de boutiques d’orfèvres. Louise y trouve son cadeau de fête. Comme me faire remarquer une touriste anglaise : « Women and their gold… It’s beautiful! ». À faire rêver les hommes aussi.
– Cette fois, nous avions nos imperméables et nos parapluies. Nous en avons eu besoin de la matinée jusqu’en après-midi.
– Après le lunch dans un resto avec vue sur le pont, nous nous rendons au Palazzo del Pitti et ses Giardini de Boboli (Jardins de Boboli). Nous visitons le Musei degli argenti (le Musée de l’argent). Je m’imagine le nombre d’éléphants qu’il a fallu abattre à la Renaissance pour faire tous les chefs-d’œuvre en ivoire qui y sont exposés. Promenade dans les jardins… Nous nous rappelons Versailles dix ans plus tôt. Regrettable que le ciel était si gris.
– Nous n’avons pas eu le courage de grimper la colline pour nous rendre au Musée de la porcelaine.
– Observation : À Florence, comme à Rome, des distributrices de condoms à plusieurs coins de rue, habituellement près des farmacia.
– Rappel : Sienne est construit sur sept collines, comme Rome. Le symbole de la louve y est partout. Les rivalités entre Sienne et Florence étaient violentes et sanglantes au Moyen-Âge.
– Remarque de Louise : Nous avons peu dépensé à Rome, nous nous sommes repris à Florence!
– Observation : Le changement d’horaire de repas déséquilibre mon taux de glycémie. Il faudra reprendre la discipline au retour de vacances.
– Souper à l’Antica taverna del Boticelli. Nous partageons un steak florentin d’un kilo (25 euros). Un tartufo pour dessert (crème glacée à la vanille enrobée de crème glacée au chocolat, le tout enrobé de poudre de chocolat. Écœurant!) (Note du blogueur : Nous n’avons jamais retrouvé dans les restaurants d’ici, de Montréal ou de Québec, un tartufo équivalent. Nous avions demandé à notre serveur polyglotte de nous proposer son dessert favori. C’était aussi notre troisième repas à ce restaurant.)

10 septembre — Au point Internet hier, il en coûtait 2,30 euros la demi-heure et fallait montrer une preuve d’identité. – Dernière journée complète à Florence. Le ciel est encore couvert. Le soleil sort, mais les nuages menaçants restent. Pas besoin d’ouvrir nos parapluies.
– Nous nous rendons voir le célèbre David. Attente d’à peine 15 minutes. Il faut voir pour croire. Nous comprenons pourquoi cette sculpture a une telle réputation.
– Lunch à Le Botteghe di Donatello. Dégustation d’une soupe toscane aux légumes. Extraordinaire. Il faudra dénicher la recette sur Internet.
– En après-midi, nous nous rendons à la Piazza Signoria où était le David avant 1873. Il y a une réplique à la place. Nous traversons la colonnade de la Piazza Le D. Uffizi… une ruche d’activités. On ne sait plus où tourner la tête.
– Chemin de retour à l’hôtel, arrête pour acheter les quatre bouteilles de vin que nous pouvons rapporter.
– Vus visitant le David : dix groupes de vendeuses étoiles Mary Kay, accompagnées de leurs conjoints, et toutes maquillées sûrement avec les produits de ce nom. De petits rubans précisent si c’est leur « First trip » ou leur « 7th trip ». Conclusion : Mary Kay a nolisé un avion et prend sûrement deux hôtels au complet. Nous pensons à Marie-Claude…
– Souper au Libero di Giampelligrini. Bon, mais ordinaire. Vers la fin, un trio de musiciens ambulants (guitariste, saxophoniste et accordéoniste) vient jouer. Un client du restaurant s’improvise et emprunte la guitare et se joint à l’accordéoniste. Il était tout fier après les applaudissements des clients.

11 septembre — La télé ce matin fait référence au deuxième anniversaire de l’attaque du World Trade Center.
– Nous quittons Florence à l’heure prévue. Il faut moins de quinze minutes entre l’arrivée du train et son départ.
– Note : Lors de notre voyage à Sienne et aujourd’hui, nous voyons souvent sur le bord de la route ou de la voie ferrée des « cabanes » (« shacks » diraient nos compatriotes) qui sont habitées. Chacune semble avoir son jardin! Serait-ce les gitans dont les serveurs et vendeurs de magasins de Rome et de Florence nous parlent et de qui ils nous préviennent?
– Encore quelqu’un avec deux cellulaires.
– Les vignes et le « blé d’Inde » côte à côte… ça fait drôle! En magasin, le maïs est laid. Les pêches sont le double de grosseur de chez nous.
– Arrêt du train à Pise; très court. Nous apercevons la tour… le temps de ne pas clignoter les yeux!
– À Sazana, sur le bord de la voie ferrée, une usine de préparation du marbre qui provient sûrement des montagnes sans arbres que nous voyons au loin. Il y en a plein.
– Long arrêt de cinq heures à Gênes (Genova) que nous n’avions pas prévu si long. Nous prenons le temps de visiter le Palazzo di Principe Andrea Doria. Ce prince commandait déjà une importante flotte de l’Armada espagnole. Visite intéressante sur la « petite histoire génoise » du temps de Christoforo Colombo.
– Avant de reprendre le train pour Nice, nous découvrons un élément important que notre « ex-agent de voyage » avait oublié de préciser. Le train arrête à la frontière de Monaco et nous ne savons pas si c’est un autre train ou un autobus qui nous amènera à Nice. Quelle autre surprise notre « ex-agent » nous a-t-il réservée d’ici demain après-midi?
– Gênes est très grosse : deux gares, un métro. La ville est érigée en étages. Malheureusement, nous n’avons pu apprécier à sa juste valeur.
– Nous avons vu maintenant d’où sont partis Colomb (Gênes) et Cartier (St-Malo).
– Il nous faut plus d’onze heures pour atteindre Nice où nous arrivons à 20 h 15. En fait, c’est douze heures après avoir quitté l’hôtel San Giorgio.
– En route, paysages spectaculaires. Villages et villes sur flancs de montagnes. Plages sur plages.
– À Nice, le chauffeur de taxi doit laisser son coffre arrière ouvert. Ne peut figurer comment placer deux grosses valises dans sa Mercedes Benz.
– L’hôtel West End (Best Western quatre étoiles) est superbe d’apparence. Féérique. La chambre est petite, deux lits simples jumeaux, pas de débarbouillettes.
– Par contre, restaurant digne des grands. Louise prend une niçoise Riviera et moi, un millefeuille aux légumes au fromage petit chèvre aux herbes. Les deux nous prenons un superbe magret de canard. Le tout arrosé d’un Bandol Domaine de Frégate 1998. Jamais goûté auparavant, mais faut maintenant acheter.
– À la table voisine, trois couples ont un plaisir fou. Deux couples de Toronto s’étaient installés pour souper quand un troisième couple passe sur le trottoir… Tout ce beau monde s’installe à la même table. Je prends une photo des six pour eux. Ces six s’en vont ensuite en Italie. Un à Rome; les deux autres à Sanremo et à un endroit dont j’oublie le nom sur la Riviera italienne.
– Dernier repas mémorable en Europe. Mais nous sommes totalement épuisés de la longue journée.
– Une coupe de champagne Veuve Amiot gracieuseté de l’hôtel, au restaurant.

12 septembre — Anniversaire de Louise. Je n’ai pas de carte! Elle a déjà son cadeau heureusement.
– Marche le long de la Promenade des Anglais en allant prendre le petit-déjeuner.
– Direction aéroport de Nice et retour à la maison!

Les journalistes dans les médias régionaux

Dans La Presse du 12 février, en page A12, la chroniqueuse des médias Nathalie Collard a publié un article intéressant sur le métier de journaliste dans les médias régionaux. Sa description de la réalité de ces journalistes me rappelle de vieux souvenirs. Bien que la mienne était plutôt exceptionnelle dans le contexte de l’époque.

Mme Collard se réfère à une récente visite du maire de Mascouche aux locaux de la télévision communautaire de Terrebonne. Le maire n’avait pas du tout aimé les questions d’un journaliste et a voulu sûrement les intimider. La station a plié. De telles « histoires d’horreur » se répètent dans toutes les petites communautés. J’oserais affirmer qu’il n’y a pas d’exception entre médias francophones et anglophones au Canada.

Contrairement à un grand quotidien, le média communautaire local touche les gens de près. Souvent, les politiciens locaux sont aussi les marchands locaux. Quand on sait que les médias vivent de leur publicité, la menace de couper cette publicité fait oublier bien des principes journalistiques dans les petites communautés. Et il y a la concurrence des autres médias locaux.

Le journal communautaire où j’ai passé 22 années de ma vie n’avait pas de réelle concurrence. Son propriétaire croyait sincèrement qu’un bon journal attirerait les lecteurs et, par conséquent, les annonceurs qui souhaitaient les rejoindre. Et c’est ce que mes collègues de la salle des nouvelles et moi tentions de faire chaque semaine. Cela ne veut pas dire qu’il n’y avait pas de menace. En fait, nous avons reçu des menaces de poursuite huit ou neuf fois. Elles n’ont jamais progressé bien loin. Nous étions d’une grande prudence dans la virulence de nos critiques et tentions d’user de la plus grande objectivité possible dans la rédaction de nos articles. Nous étions lus religieusement par notre communauté; les annonceurs et les politiciens le savaient. Quand un d’eux venait se plaindre ou nous menacer, ma réponse était la même : nous écrirons un article sur votre intervention. Je n’ai pas eu à le faire!

Une autre fois, c’est un petit criminel de deuxième ordre qui était venu me rencontrer au journal. Il n’avait pas aimé qu’un article traitant de son « boss » avait été placé dans le journal près d’un article qui faisait référence à un autre petit criminel local. Cet individu me dépassait de plusieurs pouces et me parlait vers le bas. Ses menaces étaient claires… mais il y avait beaucoup trop de témoins autour pour qu’il ose faire quoi que ce soit. Je l’ai laissé parler… pardon, crier… sans dire mot. Je lui ai demandé s’il avait fini; il m’a répondu « oui » et je l’ai invité à entrer dans mon bureau. Je lui ai expliqué mon point de vue et il est parti. Faut dire que pendant ce temps, son « boss » était au comptoir d’accueil du journal et parlait avec quelqu’un d’autre d’un autre sujet.

Cela dit, je crois que notre journal était privilégié. Ce qui ne veut pas dire que tout le monde nous aimait, au contraire; à quelques reprises, des gens d’affaires locaux ont tenté de lancer un autre journal en approchant, bien entendu, le personnel du nôtre, dont moi-même. Un de ceux-là est d’ailleurs devenu juge en cours de route. Vers la fin de ma carrière au journal, des concurrents commençaient à se pointer un peu partout dans les comtés. Fait intéressant, éventuellement, la plupart de ces mêmes concurrents allaient fusionner leurs opérations avec l’organisation pour laquelle j’œuvrais.

Je suis convaincu que dans chaque communauté, des politiciens et gens d’affaires, et autres individus, tentent d’influencer le contenu de ces médias.

Grand-mère

Toutes celles qui sont grands-mères se reconnaîtront dans ce poème de ma mère (sept enfants), une grand-mère une trentaine de fois (dont mon fils la dernière) et arrière-grand-mère de nombreuses fois.

Le jour même où on devient grand-mère
Aux yeux des autres tout est différent,
On adore ce petit être cher,
Qui est la cause de ce changement.
Grand-mère, c’est bousculer d’un seul coup
Dans une sorte de club aux cheveux blancs,
Maintenant, on comptera sur vous,
Pour garder bébé de temps en temps.

Ces petits au beau sourire confiant
Nous apportent des roses comme le rosier,
Et tout nous paraît si amusant
Même leurs petits doigts dans le beurrier.
Comme grand-mère on a le plus beau rôle,
C’est de les aimer sans corriger,
Leur vivacité est souvent drôle
Avec eux, on ne peut s’ennuyer.

Grand-mère et les petits s’entendent bien,
Comme tous les enfants font des bêtises,
Inutile de s’en faire pour un rien
Ça se termine toujours par une bise.
Les jeunes se confient à leur grand-mère
Qui pour eux est toujours tout oreilles,
Une grand-mère est rarement en colère,
Sans elle nous ne serait pas pareil.

Carnets de voyage : Italie – 28 août au 12 septembre 2003

Cinquième partie : du 6 au 8 septembre

6 septembre (suite) — Les fruits du marché sont délicieux!
– En après-midi, nous nous rendons à la Place de la Cathédrale afin de visiter le baptistère et le « Duomo ». Si le premier est aussi riche en mosaïques d’or que les basiliques romaines, le deuxième est d’une sobriété déroutante. L’extérieur est décoré à chaque pouce carré, alors que l’intérieur est dénudé. C’était voulu ainsi. Lors de notre visite, il n’était pas possible de se rendre sous le dôme, il fallait demeurer à l’arrière.
– Par la suite, nous nous promenons dans d’autres ruelles qui nous rappellent que Florence remonte à l’occupation romaine et au Moyen-Âge. Architecture baroque partout. Un rappel que Florence est aussi le berceau de la Renaissance.
– « Salve » nous dit un serveur quand nous passons devant son restaurant.
– Observation : Ça pue la cigarette de plus en plus. Les Italiens fument sûrement cinq fois plus que les Québécois. Une tabagie à presque chaque coin de rue. Le « vino » doit sûrement neutraliser l’effet nocif de la cigarette.
– Soirée calme. Marche jusqu’à la Piazza del Castelli Vecchio (vieux château médiéval à l’influence maure). Souper dans un restaurant bien ordinaire et peu dispendieux. Premier spaghetti « italien » pour moi. (Celui de Louise reste toujours la norme. Elle ferait fortune en Italie.)

7 septembre — Messe en italien à l’église Santa Maria Novella. Vieille église en rénovation-restauration; aucune idée de son histoire. Le vieux prêtre a fait durer son sermon pendant quinze minutes. Nous n’avons rien compris. Par contre, nous avons pu suivre en italien dans le feuillet paroissial-missel. Nous sommes « expulsés » du chœur dès la messe terminée.
– Petite marche ensuite jusqu’au Palazzo Mostre / la Fortezza da Basso… énorme forteresse d’une autre époque qui ne sert plus qu’à des expositions occasionnelles ou deux défilés de mode de calibre international.
– Hier, à la porte du baptistère San Giovanni, rencontre d’un couple de Québec qui passe un mois en Italie. Ils doivent être riches ou ils restent dans des une-étoile et mangeant au Macdonald.
– Vues dans les rues de Florence : une Honda HRV (mini-CRV) et une Honda Jazz!
– Les dimanches en Italie sont plus ennuyants.
– Observation : Les fresques des grandes églises sont de vraies « bandes dessinées » de l’histoire et des légendes religieuses du Moyen-Âge et de la Renaissance.
– Souper plus tôt qu’à l’habitude. Nous nous réfugions à l’intérieur de la trattoria Cellini pour éviter l’orage qui se prépare à s’abattre sur Florence. Nos imperméables sont à l’hôtel AVEC les parapluies que nous avions achetés à Rome lors du dernier orage. Deux brefs orages en dix jours… nous ne nous plaignons pas. Leçon : à compter de maintenant, nos imperméables nous suivent s’il y a des nuages menaçants.

8 septembre — À l’horaire du jour, visites de Sienne et de San Gimignano… les deux plus belles villes de Toscane à ce qu’ils disent.
– Notre guide Maximiliano et le chauffeur Frederico nous amènent à une vielle médiévale typique de la province de Province : Sienne. Une heure de route.
– Dans la petite église San Dominico, nous voyons une chapelle qui contient la tête de sainte Catherine. Nous avions vu le reste de son corps dans une église de Rome, pas loin du Vatican. Le guide nous raconte toute une histoire sur la ville et ses traditions.
– Longue marche dans les rues en pente de Sienne afin de nous rendre à la cathédrale (Duomo). Chefs-d’œuvre nombreux. Œuvres de Michel-Ange, Bernini, Donatello, etc. Le plancher est recouvert de mosaïques à couper le souffle.
– Lunch rapide sur la Piazza del Campo et sa tour énorme. Deux fois l’an (juin et août), les quartiers de la ville y tiennent une course de chevaux dans la place en forme de coquille St-Jacques. (Note du blogueur : Cette place et cette course figurent dans le plus récent film de James Bond.) À côté de nous au ristorante, deux jeunes mariés prennent leur repas de noces avec leur famille et amis.
– Jasette avec des compagnons de tour : des Français d’un petit village de la Loire du nom de LaFlèche, près de Nantes. Ce village a donné naissance au Chevalier de Maisonneuve (fondateur de Montréal) et avait un collège de Jésuites, dont plusieurs sont venus au Canada (peut-être parmi les saints martyrs canadiens). Couple aussi de Belgique.
– Ensuite, on se rend à San Gimignano, petite ville aux onze tours médiévales. On s’y promène un peu pour admirer l’endroit. Son caractère médiéval fait sa réputation.
– Nous revenons à l’hôtel épuisés.
– En route, nous avions vu la forteresse de Monterigionni. Paraît que l’endroit a influencé Dante pour un chapitre de sa Divine Comédie. Il y a décrit la bouche de l’enfer où Lucifer est entouré de quatorze géants. (Le fort compte 14 tourelles.) Nous passons aussi devant le village où est né Bocaccio, auteur du Décaméron.
– Sienne et San Gimignano sont dans le Chianti, les vignes et les oliviers sont donc partout. Les vignes regorgent de superbes raisins bleus ou rouges.
– J’ai été obligé de remplacer ma carte d’appareil photo, la capacité étant au maximum. Je vais manquer de cartes!
– Souper à la trattoria Za-Za du marché San Lorenzo. Meilleur souper à Florence à ce jour. Le guide avait recommandé tous les restaurants de cet endroit; nous le savions déjà, ayant mangé à trois endroits auparavant, dont deux fois au même.

Les campagnes électorales à la mode d’antan

par Alain Guilbert

Au moment où des rumeurs d’élections fédérales prochaines se mettent à circuler (encore une fois!), je ne peux m’empêcher de penser aux campagnes électorales d’antan et de leur aspect souvent folklorique. De nos jours, une campagne électorale n’est qu’une vaste opération média. Des dizaines de journalistes s’entassent dans des avions (scène fédérale) ou des autobus (scène provinciale) et suivent les chefs pas à pas. Chaque chef a ses « lignes » quotidiennes, telles que préparées par ses nombreux conseillers politiques et tente de les passer à quelques reprises au cours des différents arrêts du jour. Si le chef politique a bien accompli son travail, ce sont ses « lignes » que nous entendrons lors des bulletins d’information des stations de radio et de télévision le même jour et que nous verrons dans les journaux du lendemain à la grandeur de la province ou du pays, selon le cas.

Mais en 1960, à mes débuts journalistiques à La Tribune de Sherbrooke, les choses se passaient bien différemment. Bien sûr, il y avait des journalistes affectés à la couverture des chefs, mais la télévision, qui en était à ses balbutiements, était loin d’avoir l’importance et l’impact qu’elle a maintenant. Les campagnes électorales se déroulaient principalement dans chacun des comtés, où les candidats tenaient de nombreuses assemblées publiques et autant d’assemblées de « cuisine ». Qu’était une assemblée de « cuisine »? Un candidat qui visitait une famille dans sa propre maison et cette famille y invitait quelques voisins et amis. Les sondages politiques n’existaient à peu près pas. Les journalistes des régions se promenaient à travers les comtés pour tenter de mesurer le pouls des électeurs. Chacun avait ses endroits préférés pour rencontrer des gens qui n’avaient pas trop peur d’exprimer leurs opinions: les salons de barbier, les magasins généraux (en milieu rural), les sorties des usines (en milieu urbain), les restaurants populaires étaient autant d’endroits où s’arrêter. La méthode n’avait aucune valeur scientifique, mais les journalistes qui y mettaient le temps et qui se montraient capables de bien décoder ce qu’on leur disait pouvaient bien souvent, et de façon assez précise, prédire le résultat du scrutin dans les comtés visités.

Dans la région de Sherbrooke (Cantons de l’Est), il y avait une douzaine de comtés à « couvrir », peut-être une quinzaine si on incluait les comtés de périphérie comme Beauce, Nicolet et Yamaska. Nous nous partagions la tâche de les visiter en profondeur à deux ou trois journalistes. La tournée d’un comté pouvait s’étendre sur deux ou trois jours, et il était toujours intéressant d’entendre ce que les gens avaient à dire sur les candidats et sur les chefs. Il faut dire que notre tâche était facilitée par le fait qu’il n’y avait que deux partis à ce moment sur la scène québécoise, soit l’Union nationale et le Parti libéral. On était pour l’un ou pour l’autre. Par exception, deux ou trois comtés au Québec comptaient aussi un candidat indépendant.

Les médias dits « nationaux » comme La Presse, Radio-Canada, le Montreal Star (et quelques autres) ne pouvaient évidemment pas faire la tournée de tous les comtés du Québec. Ils en visitaient quelques-uns dans la grande région métropolitaine et faisaient souvent appel aux services des journalistes œuvrant dans les régions (à La Tribune de Sherbrooke, au Nouvelliste de Trois-Rivières, au Soleil de Québec, etc.) pour compléter leur bilan « provincial » ou « national ». Certains réussissaient à prédire de façon relativement précise les résultats globaux et ils passaient pour des héros au sein de la profession journalistique. Aujourd’hui, il y a tellement de sondages (chaque grand média a sa propre firme) qu’il ne subsiste, la plupart du temps, aucun suspense quelques jours seulement à partir du moment où les élections sont déclenchées. Cela enlève évidemment beaucoup du plaisir que nous avions à cette époque à suivre les campagnes électorales.

L’autre aspect des campagnes électorales de l’époque consistait à « couvrir » les assemblées publiques des candidats. À La Tribune, notre politique établissait que des journalistes assisteraient à trois assemblées publiques de chacun des candidats (ce sont les candidats qui choisissaient les assemblées auxquelles ils souhaitaient la présence d’un journaliste) et que nous consacrerions à chaque assemblée l’espace d’une colonne de texte dans les pages du journal. Traitement égal pour tous… sans parti pris.

Je me souviendrai toujours de l’une de mes premières assemblées publiques en 1960. Georges Vaillancourt était le tout nouveau candidat libéral dans le comté de Stanstead (comté voisin de Sherbrooke qui comptait Magog et Coaticook dans ses limites). Il avait choisi de tenir sa première assemblée publique à Ste-Catherine de Katevale, un village à proximité de Magog. Georges n’avait jamais encore parlé en public de toute sa vie, ce que j’ignorais totalement. Deux ou trois orateurs ont d’abord pris la parole pour « réchauffer » la salle. Puisqu’il s’agissait d’orateurs secondaires, des organisateurs politiques, je n’ai pris aucune note, préférant garder tout l’espace auquel j’avais droit au candidat lui-même. Mais devinez quoi? Après les discours, Georges s’est avancé au micro et a simplement déclaré : « Je ne suis pas habitué à parler en public. Je suis d’accord avec tout ce que les autres ont dit avant moi. J’espère que vous allez voter pour moi. Merci beaucoup. » Point final!

Imaginez mon désarroi. Comment allais-je écrire trois feuillets de 25 lignes dactylographiées à partir d’un discours d’une ligne? Jamais de toute ma vie, je n’ai autant « patiné », « brodé », « inventé ». J’en ai tiré une bonne leçon : en effet, par la suite, je prenais toujours des notes lors des discours préliminaires, même si je ne prévoyais pas m’en servir. Je ne voulais plus jamais revivre une situation semblable. Et heureusement, mon texte « vaseux » n’a causé aucun tort à Georges Vaillancourt puisqu’il a été élu en même que l’équipe du tonnerre de Jean Lesage, ce qui a marqué le début de la Révolution tranquille au Québec. Georges a connu une longue carrière politique qui s’est étalée sur presque 30 ans, de 1960 à 1989. Il est décédé en mars 2010 à l’âge de 86 ans. J’ai eu l’occasion de le rencontrer à plusieurs reprises au cours de sa carrière, et je lui ai raconté ce qui s’était produit lors de sa toute première sortie publique. Mais il ne m’en a jamais voulu… Que Dieu ait son âme!

La télévision

Ma mère, au cours de sa longue vie, a été témoin de grands bouleversements de notre société (sans oublier nos deux Grandes Guerres et la Grande Dépression). L’invention de la télévision a forcément été une transformation qu’elle n’aurait jamais imaginée dans sa petite école de Duhamel. Ce poème, elle l’a écrit en septembre 1984.

Qui aurait pu dire il y a cent ans,
          Que nous aurions
          Dans nos maisons,
Cette fameuse boîte à écran,
Que nous appelons « Télévision »?

Invention moderne qui a tout changé,
          Pour les parents
          Et les enfants,
Impossible de converser
Quand on regarde la « Télévision ».

Les enfants ont Bobino, Passe-Partout,
          L’adolescent
          Les films bruyants,
Violents, souvent un peu fous,
Que nous apporte la « Télévision ».

Les femmes regardent tous les romans savons!
          Elles adorent ça
          Ces histoires-là!
Elles trouvent le temps bien moins long,
En rêvant près d’la « Télévision ».

Les hommes ont la balle et leur cher « hockey »
          Avec sa bière.
          Eh! oui, ma chère,
N’allez pas les déranger
Lorsqu’ils regardent la « Télévision ».

Cette boîte à images cause beaucoup de maux,
          En nous montrant
          N’importe comment
Des personnages pas très beaux,
Inventés pour la « Télévision ».

La télévision a un bon côté,
          De l’Amérique
          Jusqu’en Afrique,
Nous permet de voyager.
C’est fantastique la « Télévision ».

En note marginale, elle avait consigné ce qui suit. Je ne sais pas si c’est de son cru, ou si elle l’avait entendu justement à la télévision! En 1984, en passant, c’était l’introduction d’un ordinateur ultra convivial par une entreprise du nom d’Apple!

Dans les bureaux de l’avenir, il n’y aura plus qu’un homme, un ordinateur et un chien; l’homme pour nourrir le chien et le chien pour empêcher l’homme de s’approcher trop près de l’ordinateur.

Carnets de voyage : Italie – 28 août au 12 septembre 2003

Quatrième partie : 4, 5 et 6 septembre

4 septembre (suite) — Retour à l’hôtel. C’est à peu près le maximum que nous avions le temps et l’énergie de visiter pendant notre séjour à Rome. (Note du blogueur : à Rome comme à Paris, on marche!) – Lu dans le journal Il Giornale avant-hier : en 2002, à Rome, 989 piétons ont été tués; 18 878 ont été blessés. Facile à comprendre. Louise et moi avons passé près à deux ou trois reprises. – Ce matin, avant les visites, déjeuner dans un ristorante au lieu des céréales et des brioches de l’hôtel. Nous prenons chacun une bonne « omeletta completa » (jambon, fromage, champignons) avec deux bons capuccinos. – J’allais oublier : confirmation que ça se prononce « brousketta »! – À la table voisine ce matin, un jeune Canadien convaincu : t-shirt avec feuille d’érable rouge. Il est de Kitchener. Il fait un voyage en Europe avant son premier emploi dans deux semaines et demie. Ses parents, qui habitent un petit village vers le milieu triangle Kitchener-Owen Sound-London à « une heure et demie du premier Burger King »! Bons parents que nous sommes, Louise lui dit d’être prudent pendant le reste de son séjour. Il se promène en train : Amsterdam, passant par Paris, Milan, vers Rome. Nous n’avons pas retenu son nom. – Dernière soirée fort agréable. Nous retournons au Ristorante Bistro. Accueillis comme la royauté. Louise prend des raviolis; je prends un filet mignon et des frites maison très excellentes. Nous optons pour un « vino rosso » de qualité supérieure pour notre dernier soir. Suggestion de l’hôte : un Vino Nobile de Montepulciano, un rouge de Toscane plutôt rare. Vin très bon… et plus. – À côté de nous, un couple new-yorkais marié le 30 août et à sa première journée de lune de miel. Ça commence mal pour eux… Lufthansa a perdu leurs bagages et ils avaient manqué leur avion au départ. Je leur fais remarquer qu’ils n’ont peut-être pas besoin de leurs bagages en voyage de noces. Ils ont un bon sens de l’humour! Nous échangeons longtemps. Lui capte sur caméra-vidéo notre recette de 35 ans de bonheur. Je prends sur vidéo leur conversation. Ils vont aussi à Florence après Rome. Lui souhaite qu’on s’y retrouve. – Observation : Louise et moi ne sommes assurément pas racistes. Le jeune couple est noir ébène et de toute évidence file le parfait bonheur. Ils ne peuvent résister à nous raconter leur coup de foudre. L’hôte leur raconte que tout est gratuit pour nous demain soir si nous revenons. (Il sait déjà que c’est notre dernier soir!)

5 septembre — Départ de l’hôtel à 11 heures. À la gare Termini, nouvelle leçon sur comment faire qui coûte 5 euros. Une femme nous aide à monter nos bagages et à faire estamper nos billets, que nous aurions pu faire nous-mêmes. – Sur le train, rencontre d’un couple de Philadelphie, originaire de la Louisiane. Ils sont arrivés en avion et prennent aussitôt le train pour Florence afin de visiter la Toscane et de revenir à Rome. Lui doit participer à une conférence; elle l’accompagne parce que c’est leur 20e anniversaire. – Voyage en train confortable. De beaux paysages, mais pas réellement extraordinaires. Arrivée à Florence à 14 h 10. Notre hôtel San Giorgio est à cinq minutes de marche (ch. 232). – Bon accueil. Choc à la chambre. Propre mais plus petite qu’à Rome… deux lits simples! Un seul poste de télé en français. Décision prise : le prochain voyage en Europe se fait dans des hôtels plus grands et budget plus élevé ou durée raccourcie de quelques jours. – Une première marche autour de notre arrondissement. Contrairement à Rome, nous sommes en plein coin touristique, deux minutes du marché central où nous trouvons cadeaux pour Dominique et Manon. Du cuir à perte de vue et « pas cher ». Dans les rues voisines, boutiques après boutiques de toutes sortes de belles et bonnes choses. – Souper à la Trattoria Da Garibardi. En français. Ossobuco a la florentina et taglienneri a cream truffo. Chianti Brolio pour accompagner le tout. Dessert bon, mais aucune idée de quoi il s’agissait, autre les noix. Une sorte de cigare à la crème! – Les rues, le soir, inquiétantes plus qu’à Rome. Certains jettent un coup d’œil à la sacoche de Louise pour voir comment elle la tient.

6 septembre — La clef de notre chambre est telle grosse et pesante qu’il faut la laisser à la réception. Chambre de bain tellement étroite qu’il faut sortir pour laisser l’autre entrer. – Florence = tentation!!! – Matinée d’achats. Si les restaurants sont chers, les boutiques sont le contraire. Arrêt au « Mercato centrale » et conclusion que Jean-Talon et Atwater ne sont rien. Et nous n’avons pas fini de magasiner; après tout, ce n’est que notre première journée complète à Florence. – Florence est aussi meilleure pour observer le quotidien des Italiens. Par exemple, pendant que j’attendais Louise devant une boutique : Une « mamma » italienne est avec sa famille et devant une trattoria, elle reconnaît quelqu’un qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. Devant la porte, ce sont les retrouvailles. Elle fait les présentations à sa famille. Après une dizaine de minutes de rires et de jasette, la « mamma » poursuit sa route manifestement heureuse et émue. Ses deux filles lui caressent l’épaule et la serrent dans leurs bras. Presque assez pour mouiller les yeux!!! – Entendu à la télé : « Le visage est la partie la plus intime du corps humain puisqu’il trahit chaque sentiment, chaque émotion, chaque pensée; c’est aussi notre image personnelle et individuelle. »