Mon hirondelle

Celui-ci évoque des souvenirs réels. Je me souviens des « cabanes à oiseaux » que mon père installait et chaque printemps, « ses » hirondelles s’y logeaient. Il les nourrissait. S’assurait que la « cabane » était en bon état. La nettoyait à l’automne. Quand les hirondelles revenaient, mon père s’amusait à les nourrir… et ma bonne vérité, il leur parlait et obtenait des réponses. J’en avais l’impression en tout cas. Dans son esprit, j’en suis sûr, il conversait avec les hirondelles. Il n’y a pas de date à ce poème de ma mère.

Chaque printemps, belle hirondelle,
Près de chez moi, tu fais ton nid,
Avec une ardeur toute nouvelle,
Tu choisis ton petit logis.
Il te faudra donc plusieurs heures
Pour terminer ce nid d’amour
Qui abritera ton bonheur,
Dont tu te souviendras toujours.

               Petite hirondelle, dis-moi, est-ce que
               les parents ne sont pas ainsi
               pour accueillir une nouvelle vie?

Puis les petits sont arrivés,
Plusieurs becs de plus à nourrir,
C’est un travail long, acharné
Et tu le fais avec plaisir.
Puis tu es bien récompensée
Car les petits grandissent très vite
Ils sont déjà prêts à voler
Dans le beau ciel qui les invite.

               Petite hirondelle, dis-moi,
               ne faut-il pas guider ses petits
               jusqu’à ce qu’ils puissent
               voler de leurs propres ailes?

Puis un beau jour durant l’été
Les petits oisillons s’envolent,
Ils sont forts et pleins de gaieté
Vers d’autres cieux, ensemble ils volent.
Nous regardons bien tristement
Ton nid entouré de silence,
Et attendons jusqu’au printemps,
Ton retour avec impatience.

               Petite hirondelle, dis-moi,
               à quoi songes-tu
               quand le nid est vide?

En bas de page de ce poème, il y a un quart-de-siècle, ma mère avait consigné ce commentaire, toujours d’actualité :

L’expérience des vieux est faite de mille instants de peines, d’erreurs, de joies et d’espoirs accumulés. L’expérience des vieux met de la poésie en une époque où les ordinateurs ont fait fuir les conteurs. Les deux bouts de la vie passent par le chemin du cœur. La courtoisie, la politesse et les bonnes manières sont un rempart contre les conflits et la violence.