Quoi? Quarante-cinq ans déjà!

par Alain Guilbert

Le temps passe… vite, trop vite!

Hier (dimanche), c’était le Super Bowl XLV (le 45e, pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec les chiffres romains). Un match superbement remporté par les Packers de Green Bay qui réussissaient l’exploit pour une quatrième fois.

Ce qui m’a permis de me souvenir du Super Bowl I (oui, oui, UN) comme si c’était hier. Cela ne s’appelait pas encore le Super Bowl. Les deux ligues majeures de football, la plus ancienne (la Nationale), et la presque nouvelle (l’Américaine), avaient convenu de se fusionner l’année suivante. Et avant de compléter cette fusion longtemps impensable, les deux futurs partenaires avaient aussi convenu de jouer le « premier match de championnat du monde NFL-AFL » ou ce que d’autres avaient appelé « LE Super Match ».

Les deux premières équipes à s’affronter dans ce nouveau défi (plus précisément le 15 janvier 1967) auront été les Packers de Green Bay, champions de la Nationale avec 14 victoires et deux défaites, et les Chiefs de Kansas City, champions de l’Américaine, avec 12 victoires, deux défaites et une nulle. Il s’agissait véritablement des deux meilleures équipes de l’époque, d’autant plus que les Packers sous la direction du légendaire Vince Lombardi (qui a donné son nom au trophée remis au vainqueur du Super Bowl) avaient remporté cinq championnats entre 1961 et 1967. Quant aux Chiefs, ils étaient vraiment la meilleure équipe de l’Américaine cette année-là.

La rivalité était grande entre les deux ligues. À noter que les deux ligues se disputaient les meilleurs espoirs en procédant chacune à son repêchage des joueurs universitaires. La plupart des experts prétendaient que la plus « ancienne » Nationale était beaucoup plus forte que la « nouvelle Américaine », mais ils s’en trouvaient pour croire que celle-ci pouvait remporter la victoire. Les deux voulaient prouver que leur ligue respective était la meilleure.

Les vedettes des Packers étaient le quart Bart Starr, les arrières Jim Taylor et Paul Hornung, le receveur Boyd Dowler, sans oublier une défensive supérieure à la moyenne. Chez les Chiefs de l’instructeur Hank Stram, on comptait sur le quart Len Dawson, le demi Mike Garrett et le receveur Otis Taylor. Leur défensive était aussi excellente.

À la mi-temps, le match était encore serré, les Packers menant 14 à 10, mais la seconde demie aura été complètement dominée par ces derniers qui l’ont emporté 35-10.

Bart Starr avait été choisi le joueur du match, mais à mon avis le titre aurait pu aller aussi bien au receveur Max McGee, un joueur drôle qui devait prendre sa retraite la saison suivante et qui n’aurait même pas joué, sans une blessure survenue au premier quart à Boyd Dowler. Durant toute la saison, McGee n’avait capté que quatre passes pour 91 verges et un touché. Dans ce seul match, il a capté sept passes pour 138 verges et deux touchés. Quand l’instructeur lui avait signifié de se rendre sur le terrain pour prendre la place de son coéquipier blessé, il croyait qu’on voulait lui imposer une amende parce qu’il ne suivait pas le match! Le triomphe avait valu à chaque joueur de l’équipe gagnante la fabuleuse somme de 15 000 $. Ce qui avait fait dire à l’ailier défensif étoile Willie Davis, des Packers, ce que signifiait pour lui le fait de gagner 15 000 $ dans un seul match, soit l’équivalent de son salaire annuel : « C’est comme ajouter du sucre sur un cornet de crème glacée », avait-il répondu avec un grand sourire. Les billets pour assister au match se vendaient 12 $ US chacun, un prix exorbitant selon les journaux de l’époque… et le premier Super Bowl demeure le seul dont tous les billets n’avaient pas été vendus.

Les Packers de Green Bay, qui étaient mon équipe préférée depuis bien des années, avaient également remporté le Super Bowl II, celui-là aux dépens des Raiders d’Oakland, et les partisans de la « vieille » Ligue nationale, comme moi, étions bien convaincus de sa supériorité face à la Ligue américaine. Mais toutes nos croyances allaient être ébranlées au Super Bowl III, quand Joe Namath et ses Jets de New York ont triomphé des Colts de Baltimore et Johnny Unitas par 16-7. Ce jour-là, la Ligue américaine a non seulement gagné le match, mais aussi ses lettres de noblesse. Aujourd’hui, on discute encore de la supériorité d’une division par rapport à l’autre, mais la parité a été établie il y a bien longtemps. Après tout, ne sont-ce pas les Steelers de Pittsburgh qui ont remporté le plus grand nombre de Super Bowls de toute l’histoire?

C’était il y a plus de 40 ans… Mon fils, aujourd’hui « l’expert en football de la famille », n’était même pas né. Le temps passe vraiment trop vite, mais la rivalité entre les deux divisions du football américain demeure aussi vivante!

La vie et ses saisons

L’analogie des saisons de la vie a été reprise par de nombreux auteurs.
Voici la version de ma mère en mai 1986.

Où est allé le joyeux temps
De mon enfance où j’ai vécu
Dans une maison pleine d’enfants
Mais bien loin des bruits de la rue?
Notre jeunesse, c’est le printemps,
Et pour admirer tout le nouveau
Il faut ouvrir les yeux tout grand
Car c’est si court, mais c’est si beau.

Puis, c’est l’été et ses orages,
La vie nous file entre les doigts,
On tourne alors une autre page
Vers l’avenir on va tout droit.
Les enfants nous tiennent occupés
C’est le travail, c’est la moisson,
On ne voit plus le temps passer,
Des grands bonheurs c’est la saison.

Déjà l’automne, les feuilles se dorent
Et vers le sud vont les oiseaux.
On fait partie de l’âge d’or
C’est pour mieux oublier nos maux.
On regarde nos petits-enfants
Comme des fruits fraîchement cueillis
Et l’on croit voir pour un instant
Un petit coin du Paradis.

Un beau matin on s’aperçoit
Que c’est l’hiver et ses frimas,
Le ciel est gris, le vent est froid
C’est le temps de prier tout bas.
Faut que cette dernière saison
Soit remplir de moments joyeux
Pour que partout avec raison
On y voit que des gens heureux.