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Ligue du réveil civique fondée à Hawkesbury

Le journal Le Carillon, dans son édition du 10 juin 1965, rapporte des « payeurs de taxes » décident de former une association, parce que le Conseil municipal de Hawkesbury avait refusé de changer plusieurs noms de rues. C’est la Société Saint-Jean-Baptiste locale qui en avait fait la demande en octobre de l’année précédente.

La nouvelle Ligue est présidée provisoirement par André Paquette, l’éditeur-propriétaire du journal Le Carillon, et le secrétaire en était Bernard Danis, le directeur de ce même journal. Le journal exerçait une énorme influence sur la vie communautaire de Hawkesbury et le propriétaire-éditeur ne se gênait pas à y recourir au besoin.

L’organisation provisoire de contribuables regroupait de grands noms du milieu d’affaires et professionnel de l’époque : Yvon Bertrand, Louis Turpin, le dentiste Henri Larocque (dentiste), Gaston Charette, Germain Charbonneau, Gérard Paquette (le frère d’André), Jean-Paul Chartrand, Bernard Greffe, Charlemagne Larivière, Georges Chartrand, George Bender, Armand Levac, Roch Greffe et Kenneth Gray. Le mot d’ordre de la Ligue ne pouvait être plus clair : « Il est temps d’arrêter de critiquer notre Conseil et de ne rien faire… Nous avons le Conseil que nous méritons… Réveillons-nous et élisons des hommes compétents pour nous représenter. » (En caractères gras dans le texte.)

Dans l’édition de la semaine suivante, le journal confirme la formation de cette Ligue et l’élection d’Yvon Bertrand comme président. Une centaine d’électeurs s’étaient déplacés. Outre les noms ci-dessus, d’autres se sont ajoutés : Bob Farrell, Me Paul Bernier, Gérard Chénier, Lyle Carkner, Douglas Allen.

Par ailleurs, le refus de la Commission scolaire (comme on la nommait en 1965) de laisser quelques membres de la Ligue voir le procès-verbal d’une réunion à laquelle on avait discuté du terrain pour une nouvelle école de 32 classes (la future école Paul VI) avait convaincu les contribuables du bien-fondé de leur initiative. Paraît que tout ce secret était nécessaire à cause des procédures d’expropriation qui avaient été jugées nécessaires pour acquérir les terrains souhaités. Le président de la Commission scolaire, Noël Berthiaume (le père de l’actuel maire de Hawkesbury, René Berthiaume), en avait fourni l’explication lors d’une réunion publique de la Commission scolaire.

Lors de l’élection municipale suivante, la Ligue devait faire élire plusieurs de ses candidats au Conseil municipal, à la Commission scolaire et à la Commission de l’Hydro de Hawkesbury.

* * *

Un court article fait état de la démolition de l’ancien chemin de fer entre les rues Sinclair et Principale. La semaine précédente, on avait commencé la démolition de l’énorme pilier de béton qui soutenait le viaduc du chemin de fer au-dessus de la rue Sinclair. Ça, c’était dans mon coin. Je me souviens que nous utilisions l’énorme remblai sur lequel reposaient les rails pour glisser l’hiver. C’était assez élevé. Bien sûr, quand le train approchait, nous déguerpissions. Au niveau de la rue, les énormes piliers de béton étaient parfaits pour des parties de balle au mur; un « sport » qui se pratiquait à mains nues ou avec des gants si on était un peu « mémère »!

* * *

Dans cette même édition, un article mentionne que Lomer Carrière est élu président du premier Club Optimiste fondé à Hawkesbury. Le slogan du club… «L’ami du p’tit gars». Au cours des années subséquentes, ce Club a joué un rôle communautaire très important à Hawkesbury et ses membres ont parrainé la formation d’autres clubs dans les communautés voisines.

Contexte de l’époque

Le magasin Continental local annonce une vente de chemises pour hommes pour la Fête des pères. Les prix varient entre $1.49 et $4.98 pour la meilleure « chemise blanche ». – Le concessionnaire Perley Automobile annonce des voitures usagées « à prix exceptionnels »… « Quelques automobiles (« minounes ») de différentes marques en bonne condition. » C’est écrit comme ça, juré craché!

L’épicerie Dominion offre son « steak ou rôti de paleron, de choix, épais… 58 cents le livre ». – Laniel Autos vous offre une « 1964 Volkswagen 1200. Deluxe. Radio. » pour $201.00. « Liste: $1675. » – Le duo Ti-Gus et Ti-Mousse est en spectacle au Pavillon Lefebvre de St-Eugène le 26 juin. Ce pavillon est la propriété de mon oncle Léon, le frère de ma mère. Tous les jeunes du coin (et souvent les moins jeunes) s’y retrouvaient les fins de semaine. Une véritable institution.

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Ensemble

Composé par ma mère le 7 septembre 1985.

Ensemble on aime, ensemble on vit
Ensemble on chante, ensemble on pleure
À cause de tous les soucis
Qui viennent détruire notre bonheur.

Le chagrin est un gros nuage
Qui peut cacher toute la beauté
De notre monde rempli d’images
Qui nous parlent de l’éternité.

Ensemble on souffre, on est rêveur
Ensemble on prie, tout devient triste,
On ne pense plus qu’à nos douleurs
Mais près de nous la vie existe.

On s’émerveille devant l’enfant,
Ensemble on va vers l’avenir,
En le voyant on est confiant,
Qu’il gardera notre souvenir.

Pourquoi faut-il que notre vie,
Soit éphémère, soit passagère?
Les êtres chers nous sont ravis,
Sans tenir compte de nos prières.

Ensemble on pleure, ensemble on aime
Après la pluie revient le soleil
Mais dans la vie on sait quand même
Que ce sera toujours pareil.

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L’OMU de Prescott-Russell bien organisée

Le titre provient du journal Le Carillon du 3 juin 1965. Le sous-titre précisait : « Les exercices de dimanche le prouvent ».

C’était l’époque de la Guerre froide et des organisations avaient été mises en place pour que la population soit prête à toute éventualité. Dans les comtés unis, il y avait l’Organisation des mesures d’urgence ou l’OMU. On retrouvait des OMU dans presque toutes les régions du pays. Les plus anciens se souviendront que le gouvernement canadien avait installé des tocsins un peu partout. Il y en avait un à Hawkesbury et ailleurs dans les comtés. Si jamais on devait sonner ces tocsins c’est que le pays ou la région était sous attaque ennemie. Je n’ai pas vu ces tocsins depuis longtemps; je tiens pour acquis qu’ils ont été démantelés au fil du temps.

L’OMU tenait annuellement des exercices régionaux afin de valider la capacité de réaction des divers intervenants (policiers, pompiers, communicateurs, ambulanciers, hôpitaux, etc.). Ces exercices duraient une pleine journée ou presque. À un certain moment, j’ai personnellement participé à un tel exercice à titre de journaliste… comme je l’aurais fait en cas de véritable situation de crise. Je me souviens vaguement de cette expérience. Elle avait été basée dans le sous-sol du coordonnateur de la Défense civile, Jean-Maurice Demers, qui était responsable de ces exercices. Ce monsieur était tellement convaincu de l’éminence d’une attaque russe à l’époque, qu’il avait même aménagé un abri atomique dans son sous-sol. Lui, il était prêt.

L’équipe de communication était sous la direction de Réginald Filion, officier des communications pour Prescott-Russell. C’était mon frère aîné, ancien membre de l’aviation royale, radioamateur et versé dans le code Morse. Typographe de profession. Il est décédé il y a quelques années.

* * *

Dans la même édition du 3 juin 1965, un autre titre a attiré mon attention : « La construction du quai, sur l’île du Chenail, débute »

Le député libéral de Glengarry-Prescott-Russell à l’époque, Viateur Ethier, annonce que la construction du quai fédéral sur l’île du Chenail commencerait cette semaine-là. Les premières embarcations pourraient y accoster en juillet. En marge de ce projet, le député annonçait également que la courbe en bas du pont Perley serait modifiée et qu’on y aménagerait un chemin le long du rivage et sous le pont pour s’arrêter au quai. Le député Ethier expliquait que le quai n’aurait qu’une vocation touristique mais qu’il serait construit de façon à accommoder la navigation commerciale si le besoin le justifiait.

Ce pont Perley n’existe plus, ayant été remplacé par un autre plus moderne et démoli par la suite; la route de contournement s’y trouve toujours de même que le quai. Pourquoi j’en parle? C’est qu’à l’époque, les députés « obtenaient » des quais fédéraux dans presque toutes les municipalités riveraines de la circonscription. Il n’y a pas eu développement de navigation commerciale, mais les propriétaires d’embarcations locaux les appréciaient bien.

Alors que les quais servaient à « acheter » des votes dans les communautés riveraines, il ne fallait pas laisser les petits villages à l’intérieur des terres sans « présence fédérale ». Cela a donné naissance à la construction de petits bureaux de poste partout. Postes Canada est toujours prise avec ce gros problème coûteux aujourd’hui d’ailleurs. Elle a bien essayé de s’en sortir, mais les députés ne veulent pas « perdre » de votes!

* * *

Contexte de l’époque

Dans cette même édition, le magasin Woodhouse de Hawkesbury annonce une vente spéciale de matelas et de sommiers. Les prix varient entre « Les deux pour $39.50 » et « Les deux pour $89.50 » selon la qualité des ressorts spiraux. La publicité précise que les « commandes postales » sont acceptées. – L’Hydro de Hawkesbury vend des chauffe-eau électriques de 40 gallons au prix de $81.37, taxe provinciale comprise. – La Boulangerie Georges Lanthier & Fils, d’Alexandria, offre une boîte de 12 « petits gâteaux mélangés » pour 38 cents au lieu du prix régulier de 42 cents. On pouvait se les procurer auprès du livreur à domicile.

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Bien difficile d’être prophète en son pays

par Alain Guilbert

Comme le dit l’adage populaire, il est bien difficile d’être prophète en son pays.
Et l’ex-ministre responsable de la région de l’Outaouais dans le gouvernement du Québec, Benoît Pelletier, s’en est sans doute rendu compte lui aussi cette semaine.

L’homme qui a représenté le comté de Chapleau pendant 10 ans à l’Assemblée nationale s’est vu décerner un immense honneur. En effet, pour sa contribution au renforcement des relations entre la Belgique et le Canada, Sa Majesté le Roi des Belges, Albert II, a nommé le constitutionaliste canadien Commandeur de l’Ordre de la Couronne. Il s’agit d’un club extrêmement sélect dans lequel très peu de Canadiens ont été admis. Il s’y trouvera en compagnie de personnes comme Paul Desmarais, père (Power Corporation du Canada) et Hugo Powell (Labatt Interbrew).

C’est d’abord son travail comme professeur qui a valu cet honneur à l’ex-ministre. En effet, depuis les 1980, le professeur Pelletier (Université d’Ottawa – Faculté de Droit) avait développé des relations privilégiées avec les universités belges et permis à de nombreux universitaires belges de bénéficier de sa vaste connaissance des mécanismes constitutionnels et institutionnels. Ses études comparatives entre les institutions belges et canadiennes constituent aussi une contribution importante à l’acquis que partagent nos deux pays, la Belgique et le Canada. Tout au long de sa carrière politique, il a maintenu ces contacts privilégiés, non seulement dans le cadre des relations entre la Belgique, le Canada et leurs entités fédérées (communautés, régions, provinces et territoires), mais également dans les cadres de la construction européenne et de la Francophonie.

Et voilà en résumé, la « bonne nouvelle » qui a été annoncée plus tôt cette semaine. Et compte tenu de la réputation et du travail réalisé par Benoît Pelletier, autant pour l’ensemble des Québécois que pour les citoyens de l’Outaouais, je m’attendais vraiment à ce que cette information tienne une bonne place dans les médias du lendemain. Mais c’était sans doute rêver en couleurs. Le lendemain matin, j’ai dû feuilleter Le Droit à deux reprises avant d’y découvrir une nouvelle brève de deux paragraphes enfouie tout au bas de la page 12 – et ce n’était guère mieux dans La Presse alors que la nouvelle, également de format bref, était dissimulée tout au bas de la page A-14.

Ce traitement accordée à une « bonne nouvelle » m’a rappelé que quelques jours plus tôt à peine, la Caisse de dépôt et de placement du Québec avait fait connaître ses résultats de l’année 2010, des résultats tout à fait exceptionnels, bien au-dessus des indices de référence. Une nouvelle sûrement extrêmement positive dans un contexte économique difficile, et après les terribles pertes encourues par le «bas de laine» des Québécois à peine deux ans plus tôt. Croyez-vous que les médias en auraient félicité le nouveau président de l’institution, Michael Sabia? Mais non! Le titre de La Presse, pour un, se lisait comme suit : Résultats de la Caisse : un ennui splendide… Et la journaliste Sophie Cousineau commençait son texte en avouant candidement que « par une déformation professionnelle qui les incite à faire preuve d’esprit critique, les journalistes cherchent toujours la petite bête noire ».

Comme on dit souvent dans les salles de rédaction des journaux et des médias électroniques, « une bonne nouvelle n’est pas une nouvelle ». En anglais, on dit : « Good news is no news ». Les moindres accrochages entre un maire et ses conseillers ou avec ses concitoyens, entre un premier ministre et les partis d’opposition ou des groupes de pression, entre des chefs d’entreprise et leurs syndicats, entre un instructeur de hockey et l’un de ses joueurs, etc. font facilement les manchettes dans les médias. Nos journaux en sont remplis à tous les jours, tout autant que les bulletins d’information de nos réseaux de télévision.

Mais les bonnes nouvelles font rarement les manchettes. On les relègue plus souvent qu’autrement en bas des pages 12 ou 14A. Et à la fin de la journée, les lecteurs ou les auditeurs ont l’impression que tout va mal autour d’eux… ce qui est parfois bien loin de la réalité.

Quand viendra-t-il le jour où une bonne nouvelle fera la manchette au même titre qu’un conflit ou un scandale? Quand ce jour sera venu, nous nous en porterons probablement tous mieux!

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Fidélité

Ma mère écrit à la toute fin de son poème qu’il est « trop sentimental pour 1984… ». Dans mon esprit, ce n’est pas pour l’époque que je pourrais le trouver trop sentimental, mais plutôt parce qu’il sortait de la tête de ma mère que je ne pouvais imaginer sentimentale, à son âge de 80 ans. Je doute qu’elle l’ait montré à mon père et je tiens pour acquis (pour ma santé mentale) qu’elle se référait à lui! À moins bien sûr que ce soit ce qu’elle aurait imaginé et souhaité.

Te souviens-tu quand j’avais seize ans,
De notre tout premier rendez-vous?
Pour moi, tu étais le prince charmant,
Partout, il n’existait plus que nous.
C’est comme si, en l’espace d’un jour,
Tout, autour de moi était nouveau
Et j’imaginais que pour toujours,
Ton doux regard serait le plus beau.

Te souviens-tu quand j’ai eu vingt ans?
En m’apportant un bouquet de roses
Tu m’as fait des aveux en tremblant,
Moi, trop émue pour dire quelque chose,
Je compris tout de même que l’amour
C’est un sentiment bien merveilleux
Et qui unit deux êtres pour toujours
Puis qui toute la vie les rend heureux.

Maintenant, j’ai plus de soixante ans,
Tu es pour nous tous, plein de tendresse
Je te vois toujours en prince charmant,
Car tu as tenu toutes tes promesses.
Je retrouve en nos petits-enfants,
Ce doux regard qui m’a captivée,
J’espère que nous vivrons très longtemps,
Pour continuer à nous aimer.

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Les Frères des écoles chrétiennes quittent Hawkesbury

C’était la manchette du journal Le Carillon du 20 mai 1965, la première édition du journal qui venait de m’embaucher et chez qui je me venais de commencer ce qui s’avérerait une longue carrière de 45 ans dans le monde des communications.

Le journal rapporte que les religieux seraient à leur dernière année à Hawkesbury. Ils y étaient arrivés en 1934 en remplacement des Frères de l’instruction chrétienne. Le manque de personnel et les difficultés de recrutement expliqueraient cette décision. La communauté religieuse avait apparemment jugé que ses membres étaient trop qualifiés pour le niveau primaire et que leur formation convenait plutôt à de l’enseignement supérieur. Il ne restait que cinq religieux à Hawkesbury de toute façon. Depuis l’année précédente, les Frères avaient commencé à donner des classes spéciales « pour les enfants retardés » puisque c’est comme ça qu’on les nommait à l’époque.

Dans l’édition de la semaine suivante, Le Carillon annonce que les Frères ont changé d’idée et qu’ils resteront à Hawkesbury. La nouvelle de la semaine précédente avait semé la consternation et la Commission scolaire avait fortement réagi. Une délégation s’était aussitôt rendue à Ottawa pour convaincre les autorités religieuses de garder leur présence à Hawkesbury une autre année au moins. L’article note toutefois qu’il ne s’agit que d’un sursis et que la communauté quittera éventuellement. Ce qui est arrivé quelques années plus tard.

Dans cette même édition, j’écris une lettre à l’éditeur sous le pseudonyme de « Un qui a apprécié la formation reçue par les Frères ». À mes débuts au journal, c’était une partie de mon travail de rédiger des lettres à l’éditeur sous un pseudonyme, question de soulever l’intérêt des lecteurs à en écrire eux aussi. J’en avais écrit trois pour cette édition du 27 mai 1965. Je n’ai pas fait ça longtemps. J’ai toujours soupçonné qu’on voulait m’habituer aux rouages de l’écriture pour un journal et des contraintes de la production. Des lettres du « lecteur » que je personnifiais avaient soulevé quelques polémiques. Je commençais et comme tout journaliste, je voulais changer le monde!

N’empêche que c’est toute une époque que celle de l’enseignement fourni par les Frères des écoles chrétiennes aux garçons de chez nous et par les Sœurs grises de la croix, aux filles. À Hawkesbury, la première école primaire mixte était l’école Assomption, que j’ai fréquentée une seule année, la deuxième. Je me souviens qu’une jeune fille blonde prénommée Monique me « sauvait la vie » auprès des « bullies » de l’école. Je me souviens aussi d’avoir pris des cours de diction, sur insistance de ma mère.

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Si tu savais

En voici un de mars 1986. Ma bru nous faisait remarquer dimanche soir, autour de la table familiale, jusqu’à quel point les poèmes de ma mère étaient toujours d’actualité. En ce dimanche soir pour souligner mes 65 ans, les quatre petits-enfants aux quatre coins de la table grandissent en sagesse. Ils sont beaux et sont aimés! Lisez ceci…

Si tu savais ce qu’est la vieillesse
Avec les ennuis de tous les jours,
Tout ce beau temps de ta jeunesse,
Tu voudrais qu’il puisse durer toujours;
Mais de la vie, ce n’est pas ainsi
On n’est pas longtemps dans le berceau,
On rit, on pleure, on joue, on grandit,
Autour de nous, tout est nouveau.

Si tu savais, le bonheur qu’ont les vieux
À regarder un tout nouveau-né
Tu comprendrais que pour être heureux
Ces petits sont là pour être aimés.
Si tu savais quand on vieillit
Comme on aimerait que le temps s’arrête
Pour pouvoir garder nos enfants petits,
Mais tout continue, rien ne s’arrête.

Si tu savais comme la solitude,
Est difficile quand on est vieux,
Il faudrait qu’on prenne l’habitude
De se penser toujours très heureux
De ne plus faire de durs travaux
De ne plus avoir peur du chômage,
Dans la vie, il y a encore du beau
C’est en vieillissant qu’on devient sage.

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Retour sur hier

Le « hier » ce sont les 22 années (1965-1987) que j’ai passées au journal Le Carillon de Hawkesbury, l’un des plus importants hebdos communautaires de langue française du Canada à cette époque.

Ce « Retour sur hier » jettera un regard sur des articles qui ont fait la manchette et qui ont été publiés dans les pages du Carillon pendant que j’y travaillais. Vous aurez compris qu’il est tout à fait impossible de tout rapporter. Je m’en tiendrai donc à rappeler des éléments de la « petite histoire » de notre coin de pays. Les manchettes se référaient plutôt à Hawkesbury, mais avec le temps, la dimension régionale du journal a pris toute son ampleur et ce sont Prescott, Russell et Glengarry qui ont retenu l’attention; sans oublier la rive québécoise de la région que desservait Le Carillon.

Cette semaine, je me suis rendu aux bureaux de la Compagnie d’édition André-Paquette, la société qui produisait Le Carillon et qui le produit encore. Aujourd’hui, il y a plus que Le Carillon; il y aussi la Tribune-Express, L’Argenteuil, Le Progrès/Watchman, Vision, Le Journal de Cornwall, Le Reflet et The News. La Cie possède deux autres entreprises : l’Imprimerie Prescott-Russell et le service de distribution Séguin-Wathier. C’est loin du petit journal pris en mains par son fondateur André Paquette en 1947. Quand j’ai quitté le journal à sa 40e année, j’étais alors vice-président de cette organisation.

J’ai donc fouillé dans les archives, en commençant par le printemps de 1965… mon point de départ. Je remercie d’ailleurs Bertrand Castonguay, le propriétaire de la Cie d’édition, et éditeur de toutes ces publications, de m’accueillir dans ses locaux. Comme je leur disais, « je ne veux déranger personne ». Heureusement, la salle des archives est spacieuse.

Mes premières recherches m’ont fait sourire. Que c’est loin 1965! Une tout autre époque. Une tout autre génération. J’espère donc que vous apprécierez ce « Retour sur hier ». Pour certains, ce sera le rappel d’événements, de noms, qu’ils auront connus; pour d’autres, ce sera un récit d’histoire et un coup d’œil parfois étonnant. Ce ne sont pas la reprise intégrale des articles, mais ma perspective. Je ne changerai pas les faits pour « protéger les innocents »!

Vous pourrez consulter les entrées de blogue dans la colonne de droite sous le volet « Les grands thèmes ». J’en aurai pour plusieurs années!

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Carnets de voyage : Portugal – 3 au 17 septembre 2005

Cinquième et dernière partie : du 13 au 17 septembre.

13 septembre — Observation : Nous avons vu plusieurs enfants de 4 ou 5 ans avec la suce à Lisbonne comme à Estoril. Bizarre!
– Journée paisible et chaude. En après-midi, nous avions l’impression qu’il faisait presque 40°C. En avant-midi, nous étions au petit parc avec notre lecture à regarder les enfants courir après les pigeons et les pigeons se percher sur la tête ou la carapace des tortues qui prenaient un bain de soleil dans le petit étang au milieu du parc.
– En après-midi, nous nous installons à un café-terrasse de la promenade pour lire, admirer les surfeurs, regarder les nombreux paquebots et, bien sûr, savourer un pichet de sangria. La chaleur devenant insupportable, nous sommes revenus à l’hôtel. Il fait même trop chaud pour aller à la piscine.
– Observation : Il faut faire attention aux crottes des chiens un peu partout sur les trottoirs.
– Depuis notre arrivée, la femme de chambre n’a toujours pas passé l’aspirateur.
– La proprio de notre petit resto préféré nous expliquait, hier soir, que l’Otan tenait des rencontres quatre fois par année à l’Eden. Elle fait le commentaire que les Portugais sont des gens tristes. Nous n’osons pas demander pourquoi. Sans doute parce qu’avant la Révolution des œillets de 1974, ils avaient été longtemps sous la dictature de Salazar. Le pays, toujours en reconstruction économique, s’en remet heureusement.
– Ce soir au restaurant, nous goûtons à un rosé portugais à la suggestion du serveur. Il nous fait aussi goûter à un Mateus rosé couleur cognac, sans gaz. Très bon. Il nous propose aussi une glace au citron arrosé de vodka. Heureusement, nous ne conduisons pas!

14 septembre — Si j’étais au travail, je devrais partir vers Toronto pour le Forum des leaders de demain. Mais je suis heureusement en vacances.
– Journée plutôt sans événement. Ce midi, nous allons à Cascais Villa, un centre commercial à une quinzaine de minutes à pied. Au retour, en mi après-midi, le thermomètre indique 32°C. À l’hôtel, nous essayons le tourbillon (fonctionne plutôt mal) et nous nous installons dans un rare coin ombragé près de la piscine extérieure.
– Au restaurant, ce soir, une petite plutôt tannante dérange tout le monde.
– Le Café Internet de l’Eden est en panne. Nous essaierons encore une fois demain… pour la dernière fois avant samedi matin. Ce départ est trop près à notre goût. Nous avons commencé à penser que nous devrons nous lever à 5 heures pour ne pas manquer la navette de l’aéroport qui passe à la porte de l’Eden à 7 h 05.

15 septembre — Avant de partir pour Lisbonne, nous consultons une dernière fois nos courriels.
– Prononciations : Estoril = Eshtoril; Lisboa = Lishboa.
– Constatation encore une fois comment Lisbonne est sale et délabrée. Par contre, il y a des travaux de rénovation partout. Les trottoirs sont en gros cailloux et plusieurs manquent; il faut donc marcher avec prudence, à Estoril comme à Lisbonne.
– À Lisbonne, nous entrons dans une église par curiosité. Nous en avons vues très peu pendant le voyage (contrairement à Paris, Rome et Florence, où elles sont à chaque coin de rue ou presque). À Lisbonne, plusieurs personnes se recueillent dans l’église. Une dame âgée par la génuflexion à deux genoux, ce que je n’avais pas vu depuis 50 ans.
– Ce soir, à TV5, un film québécois (ignore le titre, mais c’est avec Peter Miller) avec des sous-titres français!
– Il est 22 h 15. Nous revenons d’une agréable soirée à notre autre restaurant préféré, le Restaurante com Sentido’s… un peu paf!!! On nous a fait goûter à une liqueur à l’amande portugaise… l’Amarginha… meilleure que l’Amaretto italienne. En fin de repas, après un excellent rosé portugais, nous goûtons à un porto de « mains portugaises » (par opposition aux produits « anglais » Taylor Fladgate populaires au Canada)… un Burmeister. Nous discutons longuement du pays avec nos hôtes… que les conducteurs sont des monstres (leurs paroles); que nous sommes en fin de saison touristique; que la température n’est jamais sous zéro à Estoril; que la morue « servie de 1001 façons est pêchée par le Portugais sur les côtes proches du Canada et séchée en Suède »; que l’alcool s’achète à la station d’essence; qu’à la mi-mars il fait à peu près 22°C à Estoril le jour et plus froid la nuit; et que nos hôtes souhaitent nous revoir dans l’avenir.
– Louise fait la remarque qu’il ne nous reste qu’un soir. Il y a quelques minutes, elle dit qu’elle n’hésiterait pas à acheter un condo (un « appart » traduisait les sous-titres de TV5) à Estoril.

16 septembre — Dernière journée complète au Portugal en cette année 2005 de l’an du Seigneur! (J’écris cette ligne en fin de soirée la veille, encore sous l’effet de l’Amarginha, du rosé et du porto!!!)
Dernière promenade le long des berges de l’Atlantique. Il faut chaud!
– À la tabagie de l’hôtel, le proprio nous demande pourquoi nous nous parlons en français entre nous et en anglais à lui. Il avait fait la remarque à sa femme. Nous apprenons, à notre dernière journée, que le français s’apprend tôt à l’école (vers 6 ans), mais que la tendance, pour les enfants d’aujourd’hui, est de leur montrer l’anglais. Nous comprenons maintenant pourquoi on s’est fait tellement parler en français au cours des deux dernières semaines.
– Parlant d’enfants, nous avons rarement vu tant d’enfants se faire ramener une taloche derrière la tête.
– Nous réservons notre taxi pour 7 h 30 demain matin. Nous préférons le taxi à l’autobus.
– Cet après-midi, comme hier au resto, nous apprenons comment se fait la récolte du liège (aux dix ans) afin d’assurer que l’arbre continuera à en produire pendant encore très longtemps. Il y a même une designer portugaise qui produit des robes en liège.
– Dernier souper au Portugal. Nous voyons quelque chose de nouveau, des filets de dorade flambés. Une merveille de voir le proprio dépecer le poisson. Nous faisons nos adieux à nos hôtes.

17 septembre — Notre taxi est là à l’heure prévue. Nous arrivons donc beaucoup trop tôt à l’aéroport de Lisbonne. En fait, l’équipe d’Air France ne se présente que deux heures avant le départ prévu.
– À Paris, la correspondance est beaucoup plus courte qu’à l’arrivée, mais le vol part avec une heure et vingt minutes de retard. Nous arriverons donc à Dorval et à Ottawa avec le même retard. Nous revenons finalement à la maison à 23 h 30… 4 h 30 heure du Portugal.

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Savoir mesurer ses forces

par Alain Guilbert

L’un des plus longs conflits de travail au Québec vient de prendre fin après plus de deux longues années. Je veux bien sûr parler du conflit au Journal de Montréal. Après 764 jours de lock-out, les journalistes et employés de bureau du plus important quotidien français de l’empire Quebecor ont accepté, dans une proportion de 64,1 %, de rentrer au travail. Le problème dans ce règlement, c’est que seulement 62 des 227 employés qui avaient un emploi au début du conflit retrouveront cet emploi, et cela avec des conditions de travail beaucoup moins avantageuses.

Les journalistes dont on a pu entendre ou lire les commentaires à la suite de leur vote de samedi (le 26 février) étaient amèrement déçus de la tournure des événements. On aura beau regarder la situation sous tous ses angles, il s’agit d’une cinglante défaite pour le syndicat. Mais comment cela a-t-il pu se produire?

Pour bien comprendre ce qui s’est passé, il faut sans doute revenir loin en arrière, soit à la fondation même du Journal de Montréal. Cette publication est née en 1964 pendant une grève à La Presse. Le nouveau journal qui misait sur les sports et les faits divers a connu un succès instantané. Lorsque la grève à La Presse a pris fin et que le quotidien de la rue St-Jacques a repris ses activités, le Journal de Montréal a quand même poursuivi sa route et a conservé un tirage de plus de 50 000 exemplaires. Quelques années plus tard, La Presse a été impliquée dans une autre longue grève de ses employés, et à leur retour au travail, le Journal de Montréal avait pu conserver un tirage de plus de 100 000 exemplaires. Et finalement, à la fin de 1976 et au début de 1977, La Presse a été impliquée dans un troisième conflit de longue durée avec ses employés, conflit qui a failli lui être fatal puisque le Journal de Montréal avait maintenant atteint un tirage de 300 000 exemplaires et les a conservées durant de très nombreuses années.

Le Journal de Montréal est donc né et s’est bâti sur les conflits de travail à La Presse. On pourrait établir un cheminement tout à fait identique pour le Journal de Québec, « le petit frère », qui s’est bâti sur deux conflits de travail au Soleil, qui lui aussi a failli y laisser sa peau à la fin des années 1970.

Le fondateur de l’empire Quebecor, Pierre Péladeau, était bien fier de ses publications, les journaux dits de vedettes tout autant que le Journal de Montréal et celui de Québec, même si ces actifs ne représentaient qu’une fraction de son empire. Monsieur Péladeau s’identifiait bien davantage à ses journaux qu’à ses imprimeries, même si avec les années il était devenu le plus important imprimeur au monde (pas seulement au Canada, ou aux États-Unis, mais bel et bien au monde!!!). Les règlements des conventions collectives avec les journalistes se réglaient toujours dans son bureau. Les journalistes de La Presse et des autres quotidiens de Montréal faisaient la guerre des principes avec leurs employeurs (la liberté de presse, l’éthique professionnelle, les matières à griefs, les comités mixtes et autres) et ont finalement signé des contrats de travail épais comme des livres et comportant de nombreux  chapitres consacrés aux clauses professionnelles. Pendant ce temps, Monsieur Péladeau achetait la paix avec les salaires les plus élevés de l’industrie et aussi les conditions les plus avantageuses: semaine de quatre jours, vacances à temps double, etc.

Mais au début des années 2000, le contexte dans lequel les journaux avaient évolué a subi des changements radicaux. Jusqu’à la fin des années 1990, les journalistes avaient le gros bout du bâton parce qu’il était impossible de publier un journal sans journalistes. Mais au cours des récentes années, la technologie a fait tellement de progrès qu’il était désormais possible de tout produire à distance: textes, photos, reportages, commentaires, tout pouvait être produit sur ordinateurs portables ou sur appareils photo numériques et être transmis n’importe où à partir de n’importe quel coin du globe. Et dans le cas particulier de Quebecor, un autre changement majeur était intervenu, soit le décès du fondateur Pierre Péladeau, « l’ami » des journalistes, à qui son fils Pierre-Karl, un homme d’affaires intraitable, avait succédé.

Il y a quelques années, les journalistes du Journal de Québec ont bien tenté de l’ébranler, mais sans succès. Ils ont été les premiers à subir la défaite face à lui. Après un lock-out de plusieurs mois, ils sont rentrés au travail presque à genoux, forcés d’accepter d’importants reculs. Forts d’un fonds de grève qu’ils croyaient inépuisables, les journalistes du Journal de Montréal ont cru qu’ils pourraient l’emporter là où leurs collègues de la Vieille capitale avaient échoué. C’était bien mal évaluer leurs forces.

Pierre-Karl s’était bien préparé. Sans journalistes, le Journal de Montréal a continué à publier comme si de rien n’était. Son tirage s’est maintenu. Ses annonceurs ont continué à y diffuser leurs messages publicitaires à pleines pages. Les conciliateurs se sont succédé sans succès. Les dollars rentraient à pleines portes. Pendant plus de deux longues années, Pierre-Karl est demeuré intraitable. Et finalement, ce qui devait arriver est arrivé: les journalistes ont plié… et seulement un quart d’entre eux ont pu réintégrer leur emploi, et cela avec des conditions bien moins avantageuses qu’autrefois.

Entre temps, La Presse et Le Soleil avaient renégocié des conditions de travail à la baisse avec leurs journalistes, et cela sans grève… ce qui leur permet aujourd’hui de poursuivre leur route malgré les difficultés que connaissent maintenant les journaux du monde entier par rapport à l’invasion des nouvelles technologies et des médias sociaux. Il sera intéressant de bien observer l’évolution et la performance de nos journaux au cours des prochaines années. Parions qu’il n’y aura pas de longs conflits de travail avant bien longtemps.