Le Canada atteindra-t-il son objectif?

par Alain Guilbert

Nous en sommes un peu plus qu’à la moitié des Jeux olympiques de 2014. L’objectif du Canada était (et est encore) de surpasser sa performance de 2010 à Vancouver, alors que « nos athlètes » avaient obtenu 26 médailles, dont 14 d’or – ce qui avait procuré la première place au Canada si l’on ne tient compte que des médailles d’or, mais la 3e place seulement si on tient compte de l’ensemble des médailles (toutes couleurs confondues). Même s’il n’existe aucun classement officiel des pays, le classement « non officiel » a toujours été basé sur le nombre des médailles d’or, du moins jusqu’aux Jeux de Vancouver. Lors des Jeux de 2010, le comité organisateur de Vancouver et le Comité olympique canadien (avec Marcel Aubut à sa tête) avaient choisi de diffuser le classement « non officiel » en fonction du total des médailles, en croyant que le Canada, qui obtenait historiquement plus de médailles d’argent et de bronze, serait favorisé. Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Selon « l’ancien » système, le Canada aurait terminé premier avec ses 14 médailles d’or, mais, selon le classement non officiel « nouvelle façon », il a terminé au 3e rang parce que les Allemands et les Américains, même s’ils avaient moins de médailles d’or que le Canada, en avaient au total respectivement 32 et 30 (par rapport à « nos » 26).

Au moment d’écrire ces commentaires (après toutes les compétitions de ce dimanche 16 février), le Canada en est à 14 médailles, dont quatre d’or seulement. Bien sûr, il nous reste encore plein de chances pour atteindre le total de 26 médailles. Mais combien seront d’or? En date d’aujourd’hui, nous n’en avons que quatre (en or). Et il ne faut pas oublier qu’un total de 255 médailles avaient été décernées à Vancouver (2010), mais que, cette année, il y en aura 294 (ou un peu plus à cause des égalités) à cause des sports ou épreuves ajoutées au programme olympique, ce qui signifie que, pour égaler sa performance de 2010, le Canada doit obtenir 30 médailles (au lieu de 26). Est-ce possible? J’en ai toujours douté et j’en doute encore. Nos patineurs et patineuses en avaient obtenu 10 au total (cinq en longue piste et cinq en courte piste). On en attendait au moins autant, sinon plus, de leur part cette année. Mais jusqu’à aujourd’hui, nos patineurs sont en deçà des attentes que nous avions. Ce sont eux (et elles) qui pourraient signifier la différence au bilan final. Atteindra-t-on l’objectif de Marcel? Peu probable.

En bref…

Les deux nouvelles médailles obtenues aujourd’hui sont vraiment intéressantes. Celle de bronze de Jan Hubek au slalom géant de ski alpin est d’autant extraordinaire que le ski alpin est l’une des plus importantes disciplines aux Jeux olympiques (et au monde) et que c’est la première médaille canadienne aux Jeux olympiques depuis 20 ans (soit depuis Eddie Podivinsky aux Jeux de 1994 à Lillehammer). À noter également que notre compatriote Hubek s’est classé à égalité avec Bode Miller, un Américain considéré comme l’un des meilleurs skieurs de tous les temps. C’est donc la deuxième fois à ces Jeux que deux athlètes terminent à égalité (chez les filles en descente – deux médailles d’or) et chez les hommes en slalom géant (Hudek et Miller). Notre autre médaille, celle en argent de Dominique Maltais au « snowcross » est d’autant plus intéressante qu’on l’attendait à Vancouver. Maltais, considérée comme l’une des meilleures au monde dans sa discipline, avait éprouvé de nombreuses difficultés et terminé en 20e place. Ses quatre dernières années depuis les Jeux de Vancouver ont été entièrement consacrées à faire oublier ce qu’elle considérait comme un échec. Sa médaille d’argent obtenue aujourd’hui équivaut à toutes fins utiles à une médaille d’or (du moins symboliquement).

Parlant de patinage de vitesse sur courte piste, je ne semble pas très admiratif pour ce sport dans mes commentaires. Mais cela n’a rien à voir avec les athlètes, c’est surtout le sport lui-même, et ses règles, qui me dérangent. Le patinage de vitesse courte piste a d’abord été populaire au Canada et aux États-Unis il y a moins de 50 ans. C’est ce qu’on appelle un « jeune sport ». Les premiers championnats de cette discipline ont eu lieu en 1981 et le sport a été admis aux Jeux olympiques de Calgary en 1988 comme sport de démonstration. Il est devenu un sport officiel lors des Jeux d’Albertville en 1992. Au Canada, ce sport est surtout pratiqué au Québec – qui a produit les meilleurs athlètes depuis toujours –, pensons particulièrement à Sylvie Daigle, Maryse Perreault, Nathalie Lambert, Isabelle Charest, Marc Gagnon et, plus récemment, Charles Hamelin. Je n’ai rien contre ces athlètes, bien au contraire, je les admire; mon problème est avec le sport lui-même et ses règles. Cela ressemble trop souvent à du « Roller Derby » et Isabelle Charest, l’une des « grandes » de ce sport avec des médailles olympiques obtenues dans trois Jeux olympiques différents (Lillehammer, Nagano et Salt Lake City), rappelait cette semaine à la télévision un incident survenu il y a plusieurs années alors qu’elle s’était retrouvée comme la seule participante dans une finale B olympique (qui ne donne accès à aucune médaille). Toutes les autres concurrentes avaient été disqualifiées. Vous imaginez une course avec une seule participante? Un sport dont les règles permettent une course où il n’y a qu’une seule athlète en piste m’apparaît comme un sport malade.

Un exploit rare… un Japonais qui participait à l’une des épreuves en saut à skis a obtenu la médaille d’argent aujourd’hui. Rien de spécial dans un tel cas me direz-vous. Mais oui, il y a quelque chose de spécial à cet exploit – le Japonais en question avait gagné une médaille dans cette même épreuve de saut à skis aux Jeux de Lillehammer, il y a 20 ans. Il faut le faire – deux médailles dans la même discipline à 20 ans d’intervalle. Un exploit très rare.

À la suite de l’extraordinaire médaille d’argent obtenue par Patrick Chan en patinage artistique il y a deux jours, mon ami Jean-Maurice Filion a souligné avec beaucoup d’à-propos que le jeune Japonais qui a obtenu la médaille d’or avait Brian Orser, l’un des plus grands patineurs canadiens de tous les temps, comme entraîneur, ce qui jusqu’à un certain point permet au Canada de revendiquer et la médaille d’or et la médaille d’argent de ce concours. Pourquoi pas? Sauf que cette médaille d’or ne comptera jamais dans « nos » statistiques officielles!

Tout juste quelques mots au sujet du match de hockey Canada-Finlande, le Canada l’a emporté de justesse 2 à 1 en période supplémentaire. Mais la grande surprise de ce match a été la décision de l’instructeur Mike Babcock d’utiliser Carey Price comme gardien de but, alors que tout le monde s’attendait à Luongo. Mais « Jesus » Price n’a déçu ni son coach ni les amateurs canadiens avec l’arrêt incroyable qu’il a effectué en période supplémentaire juste quelques instants avant que le Canada n’enregistre le but gagnant.

À la prochaine…

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