La réputation internationale de Postes Canada

Chez nous, la critique contre Postes Canada est quasiment un sport national et ça perdure depuis des décennies. Souvent, c’était parce que les activités de cette société d’État étaient inconnues… ou mal connues. Postes Canada Gestion de systèmes limitée était en quelque sorte notre filiale aux dimensions internationales et elle nous faisait honneur aux quatre coins de la planète.

Edwin Kwei, de PCGSL (ou CPSML pour nos compatriotes), m’invite à le rencontrer à leurs bureaux du 785 rue Carling, à Ottawa, le 5 avril 1993 et il avait une grande nouvelle à m’annoncer.

Jusque-là, PCGSL avait obtenu des contrats en Argentine (pour établir des normes de service), au Nicaragua (pour un examen des opérations), en Nouvelle-Zélande (pour le système de pistage et de repérage et pour la gestion des conteneurs), en Malaisie et en Irlande (pour leur système de courrier international). Il y avait même des discussions avec l’Afrique du Sud.

Cette fois, le jeu en valait vraiment la chandelle. La poste taiwanaise souhaitait automatiser ses opérations en établissement cinq nouvelles installations dans cinq grandes villes (Taipei, Taoyuan, Taichung, Tainan et Kaohsiung). Au Canada, le système postal était automatisé depuis 20 ans et Postes Canada pouvait faire profiter les autres administrations postales de sa grande expérience. À Taiwan, PCGSL aiderait à l’établissement d’un système de codes postaux, aux standards de courrier physique et aux normes d’adressage. Le projet de 21 millions de dollars s’étalerait sur quatre années. Ce n’était pas rien. Nos concurrents étaient le Japon, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, des administrations postales nettement plus imposantes que Postes Canada.

Et j’avais hâte de publier le communiqué de presse que j’avais préparé et qui l’annoncerait. Ce que je n’aurais jamais l’occasion de faire. Je vous ai dit qu’il s’agissait de Taiwan et laisser Postes Canada entretenir des relations commerciales avec ce pays équivalait, aux yeux du gouvernement chinois, à la reconnaissance officielle. Les Chinois en avaient entendu parler et n’étaient pas contents et notre actionnaire, le gouvernement fédéral, a été averti de façon claire. Le projet n’a pas été plus loin. Dommage. Je me suis toujours demandé, « et si Postes Canada avait été privatisée ».