Saint-Clément… priez pour nous

« Nous sommes en 1992 après Jésus-Christ. Tout le Québec est occupé par des bureaux de poste… Tout? Non! Un petit village d’irréductibles Clémentois et Clémentoises résiste au déserteur. Et la vie n’est pas facile pour les porte-parole ‘postescanadiens’ retranchés à Québec, Montréal, Halifax et Ottawa. »

L’histoire n’est pas aussi drôle que celle d’Astérix. En fait, le bureau de poste de Saint-Clément venait tout récemment de fermer par suite du départ à la retraite du maître de poste et les irréductibles villageois n’allaient pas se laisser faire. Saint-Clément est un petit village du Bas-Saint-Laurent, assez rapproché de L’Isle-Verte, dont on parle tant dans les médias ces temps-ci.

Le 4 décembre 1992, des citoyens envahissent le bureau de poste et l’occupent afin de protester contre la décision de la Société canadienne des postes d’offrir ses services dans un commerce local au lieu de nommer un autre maître de poste. L’occupation durera 59 jours et servira d’exemple à plusieurs autres communautés dont le bureau de poste était la cible d’une « conversion ».

Je me souviens avoir passé une semaine à notre bureau de Québec pendant que ma collègue Hélène Barnard se rendait sur le terrain. Aucun de nos arguments ne portait des fruits. L’occupation d’un petit village, comme l’autre démonstration de force du petit village de Barachois-la-Malbaie, près de Percé, et la renaissance de Dignité rurale du Canada (Rural Dignity of Canada), dont la fondation remontait à février 1987. Sa mission était de « protéger et promouvoir les services essentiels des communautés rurales ». Cynthia Patterson, si ma mémoire est bonne, en était l’âme inspiratrice et dirigeante. Le mouvement avait pris naissance pour protester contre la fermeture des succursales bancaires et des gares ferroviaires. La fermeture des bureaux de poste devenait la goutte qui faisait déborder le vase de la patience.

La conversion des bureaux de poste avait été jugée essentielle au retour à la rentabilité de Postes Canada et à la croissance de son efficacité opérationnelle. C’était une mesure parmi tant d’autres, dont celle de ne pas offrir un service de facteurs dans les nouvelles subdivisions résidentielles plusieurs années auparavant. La valeur comptable du bureau de Saint-Clément, par exemple, était d’un plus 60 000 $ alors que sa valeur marchande était plutôt d’un maximum de 25 000 $ et probablement moins. Comme la très grande majorité des bureaux de poste ruraux, ses frais d’exploitation étaient nettement supérieurs à ses revenus.

De nombreuses municipalités donnent leur appui à Saint-Clément et les journalistes y trouvent matière à de nombreux reportages. Même le magazine Time s’y intéresse. Les lettres des lecteurs ne se comptent plus. Les tentacules de Dignité rurale s’étendront à la largeur du pays. Les conversions continueraient même pendant qu’elles devenaient un enjeu électoral. Les libéraux s’étaient engagés à y mettre fin. C’est ce qu’ils ont fait quasiment dès leur élection. Les plans de rentabilité de Postes Canada devaient être revus et rajustés. L’entreprise, à mon avis, en paye encore le prix.

À Saint-Clément, la fierté des gens qui avaient attiré l’attention du pays et d’ailleurs était devenue un exemple. Encore aujourd’hui, sur le site Web de la municipalité de Saint-Clément, on peut y retrouver un résumé de cette révolte :

« La Municipalité de Saint-Clément s’est fait connaître en 1992-1993 à la grandeur de la province, et même dans une bonne partie du Canada. Elle a parlé haut et fort puisqu’elle se voyait imposer la fermeture de son bureau de poste, et ce, suite à la retraite du maître de poste.

L’occupation continue des locaux du bureau de poste de Saint-Clément, qui a débuté de 4 décembre 1992 pour ne se terminer que 59 jours plus tard, marquait la contestation de toute une population contre la machine gouvernementale. Bien que le bureau de poste ait tout de même été fermé, on considère que l’effort n’a pas été vain puisqu’aucun autre établissement postal n’a ensuite été fermé au pays. Une fierté pour les gens de notre communauté. Cet exemple de solidarité a intéressé les médias de tout le continent ainsi que des chercheurs universitaires en développement rural. Un livre a aussi été publié, relatant l’historique des événements ‘En quête d’une communauté locale’ [Raymond Beaudry et Hugues Dionne].

Suite à la fermeture de l’édifice qui abritait le bureau de poste, la municipalité s’est portée acquéreur du bâtiment en 1993 et les locaux sont demeurés fermés jusqu’en 1995. En 1996, c’est un Centre d’accès communautaire Internet (CACI) qui y était implanté, d’ailleurs ce fut le premier CACI à être implanté au Bas-St-Laurent. L’édifice a été rebaptisé Centre IR Ouellet en hommage aux maîtres de postes qui s’y sont succédé.

En décembre 1997, suite à une entente conclue entre la Société canadienne des postes et la municipalité de Saint-Clément, les services postaux réguliers ont été déménagés au Centre IR Ouellet et se retrouvaient donc dans leurs locaux d’origine. Voué aux communications le Centre IR Ouellet offre aujourd’hui la technologie du courrier électronique combiné avec les services postaux réguliers. »

Source : http://www.st-clement.ca/Message.aspx?id=msg_occupation

Pourtant, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes vous dira qu’il y a eu fermeture de plus de 1500 bureaux de poste au pays.

Avec l’annonce de la disparition du service de livraison à domicile au cours des cinq prochaines années verra-t-on la naissance d’une « Dignité urbaine du Canada »? J’en douterais. À moins que Denis Coderre…

Ce n’était pas mon choix

En politique, on ne sait jamais. Par exemple, je ne sais pas si les rumeurs d’une défaite certaine des progressistes-conservateurs au scrutin de 1993 avaient été la source de la décision de préparer la succession et la retraite du président-directeur général Donald Lander en cette fin d’année 1992.

Le 10 décembre 1992, je suis convoqué au 9e étage de l’édifice Sir-Alexander-Campbell pour une rencontre d’information secrète, comme cela se produira souvent pendant ma carrière à Postes Canada. C’était la nature de mon travail. Je devais préparer un communiqué de presse pour le bureau du ministre Harvie Andre pour annoncer la grande nouvelle. Disons que ce n’est pas dans le bureau de Georges C. Clermont que j’aurais souhaité être convoqué, mais plutôt dans celui de l’autre vice-président de groupe, William Kennedy, ma préférence pour succéder à Lander. Mais voilà, ce n’était pas moi qui choisissais.

Clermont allait être nommé chef de l’exploitation, le même titre que Lander avait hérité lors de son embauche à Postes Canada en 1984 et avant qu’il ne devienne président-directeur général en 1986, l’année avant mon arrivée dans l’entreprise. La transition prévoyait que Lander demeurait PDG et, l’année suivante, il confierait la direction à Clermont puis occuperait la présidence du conseil d’administration. Lander prendrait officiellement sa retraite en 1994, exactement 10 ans après son arrivée à la société d’État.

Même si ce n’était pas mon préféré, Clermont avait quand même une feuille de route intéressante. Nos chemins s’étaient croisés 10 ans auparavant. De 1979 à 1982, il avait été vice-président des affaires diversifiées à la Compagnie internationale de papier du Canada et c’est lui qui avait été délégué à Hawkesbury pour annoncer la fermeture de l’usine locale de la CIP. Peut-être que cette situation avait biaisé mon jugement.

Avant la CIP, il avait pratiqué le droit de 1962 à 1968 chez Duranleau Dupré et Stewart McKenna, à Montréal, avant de passer chez Bell Canada jusqu’en 1975. Après la CIP, il avait été embauché comme vice-président Affaires générales et juridiques à Postes Canada en 1982; en 1989, il était devenu vice-président de groupe. Clermont était un peintre (huile et pastel) du dimanche et un cultivateur de bovins Simmental dans sa ferme de Dunrobin. Lui et sa femme Marie avaient trois enfants (Georges R., Anne-Marie et Jean-François).

Mais Clermont n’était pas le plus grand fervent de son équipe de communications, associée beaucoup à Bill Kennedy à son goût. En fait, à un certain moment, lors d’un rassemblement au Château Laurier, il nous dira clairement que nous étions un groupe d’incompétents. Très motivant, il va sans dire. Je crois que je l’ai encore sur le cœur; j’ajoute que j’étais encore à Postes Canada bien après son départ.

Et tout cela se passait alors que dans le Bas-Saint-Laurent, six jours auparavant, tout près de L’Isle-Verte dont on attend parler ces temps-ci dans tous les médias, une guerre contre Postes Canada avait été déclenchée dans la petite communauté de Saint-Clément.

… et de la haute direction

Les syndicats avaient fait valoir leurs points de vue en avant-midi du 26 novembre 1992, tandis qu’en après-midi, c’était au tour de la haute direction, par la voix de Georges Clermont, alors vice-président de groupe responsable des affaires générales. En effet, tout l’exercice du régime d’actionnariat pour les employés n’en était pas un de relations de travail à proprement parler, mais bien d’épargne et de motivation. Clermont était accompagné de plusieurs cadres de Postes Canada, dont le vice-président des finances, Ian Bourne, et l’avocat-conseil général Peter McInenly. Seuls Clermont et Bourne prendront la parole, celui-ci, bien sûr, étant celui qui pouvait fournir les « chiffres ».

Harvie Andre, le ministre responsable, avait déjà à peu près tout dit et Clermont a répété l’essentiel des arguments et d’autres détails du programme. Comme il l’avait précisé, tout ça était un concept parce qu’il faudra d’abord attendre ce que le parlement décidera et élaborer ensuite les vrais mécanismes en consultation avec le Conseil du trésor et ainsi de suite. En d’autres mots, ce n’était pas un « done deal », bien que ce le soit presque.

Ainsi, à une réponse de Jerry Pickard, critique libéral de Postes Canada ce jour-là en l’absence de Don Boudria (ce qui faisait mon affaire parce que je n’aimais pas que mon député critique mon employeur, comme je vous l’ai déjà écrit), Ian Bourne avait mentionné que l’avoir net de la Société canadienne des postes était de l’ordre de 1,4 milliard de dollars; ce qui signifiait que la valeur du régime d’actionnariat pourrait atteindre quelque 140 millions de dollars.

Bourne avait clarifié la situation en ce qui a trait aux droits de vote liés aux actions, un concept qui avait été avancé par certains députés de l’opposition depuis le début de l’audience du comité des Communes chargé d’étudier le projet de loi C-73. Selon Bourne, « la véritable raison d’être d’actions est de partager les gains et les bénéfices, et pas nécessairement de partager le contrôle ». Bourne avait aussi reconnu que la vente des actions ne se conclurait pas nécessairement la première année et qu’en fait elle se prolongerait sur un certain nombre. Une politique sur les dividendes sera également élaborée une fois la loi adoptée et les mécanismes convenus avec le gouvernement. Évidemment, tous les Canadiens profiteraient de ces dividendes étant donné que la société d’État leur appartient.

Quant à Cid Samson, le néo-démocrate, il avait repris un refrain cher aux députés… l’absence de contrôle d’accès à l’information de Postes Canada et le secret qui entoure tout ce qu’elle fait. « Quand est-ce que cela arrêtera », avait-il demandé.

Comme mot de la fin, Clermont avait répondu à la question, « est-ce que vous achèterez des actions » et sa réponse avait été « oui, assurément ». Voilà pour les différents témoignages devant les députés. Toutes ces questions et tous ces arguments seraient répétés lorsque les Communes débattront du projet de loi quelques mois plus tard. En fin de compte, en août 1993, on apprendra que chaque action vaudra 10 $ et qu’un employé (cadre ou autre) ne pourra en acheter plus de 120 pour un total d’avoir net de 130 millions de dollars. Les 10 p. cent d’actions, par la force des choses, seront achetées du gouvernement, qui restera l’actionnaire majoritaire.

Postes Canada avait prévu un grand lancement du régime d’actionnariat pour les employés le 18 septembre 1993. Il n’aura jamais lieu. Quand les libéraux de Jean Chrétien ont obtenu un gouvernement majoritaire deux de leurs premières décisions ont été d’empêcher la mise en force du régime d’actionnariat alors que la Loi sur la Société canadienne des postes modifiée avait reçu la sanction royale (la Loi n’a jamais été changée et il encore possible, en 2014, de créer un mécanisme d’actions) et l’imposition d’un moratoire sur la fermeture… pardon, la conversion de bureaux de poste en comptoirs postaux. Ce moratoire sera d’ailleurs renouvelé quelques fois, y compris par les conservateurs de Stephen Harper, ceux-là même qui se préparent à valider le nouveau programme de redressement financier de Postes Canada.

Ah oui, j’oubliais… Non, je ne deviendrais donc pas actionnaire de la Société canadienne des postes comme je l’avais souhaité.

Au tour des syndicats…

Pendant les 35 minutes qu’avait utilisées Nancy Rich devant le comité des Communes le 26 novembre 1992, les représentants syndicaux attendaient leur tour et ont dû se demander pourquoi elle avait essentiellement épuisé les arguments. J’avais oublié de préciser, hier, que Jean-Claude Parrot, l’ancien président du Syndicat des postiers du Canada, travaillait au Congrès du travail du Canada depuis son départ de la barre du SPC. J’en conclus que c’est lui qui avait tellement bien préparé Mme Rich et pourquoi elle parlait comme si elle faisait partie du SPC. Solidarité syndicale, j’imagine.

Même le néo-démocrate Cid Samson avait joué le jeu après la présentation de Nancy Rich. Il avait même dit que la Société canadienne des postes avait été créée comme « une société de services et n’avait jamais été conçue pour faire des profits ». Il avait lui aussi fait planer le spectre de réduction d’emplois en échange de profits.

Darrell Tingley, le président du SPC, avait déclaré que « nos actions sont notre convention collective et c’est là que le rendement se trouve; c’est le peuple canadien qui est propriétaire de l’entreprise et il faudrait que ça reste ainsi ». De toute façon, selon lui, Donald Lander obligera tous les cadres à acquérir des actions et ce sont eux qui détiendront la grande majorité; ce qui laissait supposer que les employés n’en achèteraient pas étant donné que ceux-ci étaient beaucoup nombreux que les cadres à Postes Canada.

Dave Worthy, du parti progressiste-conservateur, avait reproché aux présentateurs de soumettre des arguments qui étaient essentiellement contre la privatisation, alors que le projet de loi C-73 n’avait rien à voir avec un tel projet. Ces mêmes arguments, selon lui (il représentait le gouvernement, ne l’oublions pas), équivalaient à ceux de l’époque « où on voulait retenir le cheval et l’industrie des calèches alors que tous savaient que l’industrie de l’automobile se pointait à l’horizon ». Worthy se disait « opposé à l’utilisation des services de monopole là où la concurrence existe » et il avait carrément posé la question suivante : « Voulez-vous simplement protéger le statu quo et voir des emplois disparaître si rien ne change? » Le même argument a été réutilisé à maintes reprises par Postes Canada et les gouvernements du jour.

Ernie Blois, le président de l’Association canadienne des maîtres de poste et adjoints, représentait les employés du secteur rural, ces petits bureaux de poste que la société voulait fermer… pardons, convertir… et remplacer par des comptoirs postaux dans des entreprises locales. Blois, qui était par ailleurs mon voisin de cour arrière à Embrun, avait expliqué les résultats de ce programme de conversation… un tiers des membres de moins pour son syndicat… et on leur offrait quand même d’acheter des actions. « Ce n’est pas la manière de créer la confiance », avait-il précisé. Pourtant, le député Worthy avait noté un plus grand nombre de comptoirs postaux dans sa circonscription, ce qui devait nécessairement être mieux pour ses commettants.

Worthy avait aussi reproché à Tingley de ne pas parler de gains de productivité, le mot clé selon lui. Ce à quoi Tingley avait répliqué que les gains de productivité avaient été très nombreux au cours des récentes années et que ses travailleurs étaient productifs.

Dans sa seule intervention devant le comité, Larita McFadden, de l’Union des employés des postes et communications (qui deviendrait un jour affilié à l’Alliance de la fonction publique du Canada), avait affirmé que la société n’avait « qu’à traiter les gens comme des êtres humains pour améliorer le moral et de les traiter comme égaux » au lieu de leur faire remplir « des formulaires sur un lit d’hôpital plutôt que d’attendre leur retour au travail ».

Pour le reste, c’était surtout un rappel des arguments syndicaux bien connus et quelques députés de l’opposition, bien sûr, en profitaient pour démolir eux aussi les projets de la société et de son actionnaire principal, le gouvernement fédéral alors progressiste-conservateur sous Brian Mulroney… dont le mandat tirait d’ailleurs à sa fin.

Le mot de la fin était allé à Darrell Tingley, qui avait décrit l’offre de 10 p. cent des actions de la société aux employés, comme « une privatisation à un dixième ».

Les syndicats étaient contre, bien sûr

Le Congrès du travail du Canada était représenté par sa vice-présidente directrice, Nancy Rich, lors de la dernière journée d’audience du 26 novembre 1992 aux Communes. Le Syndicat des postiers du Canada y avait délégué son tout nouveau président, Darrell Tingley, qui avait remplacé Jean-Claude Parrot, tandis qu’Ernie Blois, le président de l’Association canadienne des maîtres de poste et adjoints, et Larita MacFadden, du Syndicat des employés des postes et des communications, parlaient au nom de leurs membres respectifs.

Les députés n’étaient pas nombreux autour de la table. Le progressiste-conservateur Jean-Marc Robitaille présidait cette séance, entouré de son collègue Dave Worthy, du néo-démocrate Cid Samson et du libéral Jerry Pickard. Nancy Rich avait dit tout haut que les progressistes-conservateurs ne s’intéressaient pas à eux, les syndicats. Elle aurait sûrement répété la même chose en 2014, cette fois avec les conservateurs de Stephen Harper. Vingt-deux années ne changent pas grand-chose dans la pensée conservatrice. J’avais noté l’absence de médias pendant toute la durée des audiences. Ils avaient sans doute reconnu d’avance la futilité de l’exercice.

Nancy Rich avait un long texte qu’elle lisait très rapidement… elle a en effet des choses à dire et ne voulait pas perdre de temps. Elle a rappelé la raison d’être des syndicats, celle « d’agir au nom de leurs membres » et que les syndicats sont très « fiers de ce qu’ils ont accompli dans le passé ». Elle a également avancé que « la Société canadienne des postes est un instrument d’unité nationale », un argument intéressant en 1992 quand on discute de la tenue d’un autre référendum au Québec, alors que le régime d’actionnariat sera un « désastre pour les usagers des postes ». À cause de tous les changements qui se font à Postes Canada, Nancy Rich s’opposait à toute forme de partenariat patronal-syndical. Cette position, de toute façon, était connue de tous depuis longtemps. Elle s’était référée à « de vraies négociations par opposition à un faux partenariat ».

Pour vous aider une autre idée de la divergence de perspectives entre les syndicats et l’entreprise, Nancy Rich parlait d’un certain nombre de programmes qui n’étaient destinés qu’à contourner la négociation collective : « Partenaires pour demain », les « Jeux de la SCP 92 » (Postes Canada était l’un des commanditaires de l’Association olympique canadienne pour les Jeux d’hiver de 92 à Albertville, en France), et le programme de Reconnaissance des présences qu’elle avait décrit comme un « programme de harcèlement contre l’absentéisme ».

Toute cette discussion se déroulait en même temps que Postes Canada réalisait de son programme de conversation des bureaux de poste à l’échelle nationale. Je vous en reparlerai. Nancy Rich trouvait ridicule que Postes Canada offrît quand même des actions à des employés qui risquaient de perdre leur emploi. Pour elle, le régime d’actionnariat n’était ni plus ni moins qu’un programme de prêts, alors que les syndicats avaient tenté futilement de négocier un programme de participation aux profits. Pour elle, le nouveau régime n’est qu’une première étape vers la privatisation, malgré l’assurance du contraire par le ministre Harvie Andre. Elle avait dit d’imaginer le nombre de coupures de poste qu’il faudrait effectuer pour en arriver à des profits annuels de 200 millions de dollars (l’objectif à l’époque). Depuis 1981, la course aux profits a toujours été caractérisée par le réduction des services, alors que les grands usagers postaux bénéficiaient d’un traitement préférentiel au détriment de Monsieur et Madame Tout-le-monde.

La vice-présidente du Congrès du travail du Canada avait manifestement été bien préparée par le Syndicat des postiers parce qu’elle utilisait de nombreux arguments qui étaient ceux du SPC depuis longtemps. Elle semblait croire que le mandat commercial de la société en était un d’autosuffisance (soit dépenses égales aux revenus) et non pas de génération de profits. « Les profits attribuables aux tarifs plus élevés et aux coupures devraient servir à réduire les tarifs et rétablir les services. » Elle a répété le message syndical que rien dans la loi de 1981 qu’il fallait générer des profits pour réduire les dettes.

Nancy Rich décrivait la vision de la SCP comme étant un « fournisseur de services à tous les Canadiens » et que le « gouvernement n’avait aucun mandat de privatiser la société ». Pour elle, « la privatisation n’est pas la solution et qu’il faudrait chercher les solutions par de véritables consultations avec les employés ».

Elle valorisait des pistes de solutions qui ont été répétées récemment dans le contexte de la décision de Postes Canada d’éliminer la livraison à domicile dans les zones urbaines qui en profitent présentement en 2014. Il y a deux principales pistes selon elle : (1) l’expansion des services et (2) la fin du programme de harcèlement lié à l’absentéisme.

L’expansion des services est un thème récurrent et favorise les possibilités d’emplois. Pour eux, cela sous-entend les services de livraison et autre génération de revenus : les factures, les services bancaires, les ventes par catalogue et l’emballage, les enveloppes, les cartes, les licences et permis de toutes sortes, les billets de spectacles ou de matchs sportifs, et ainsi de suite. En termes de 2014, concurrencer avec Amazon, TicketMaster, Service Ontario et autres du genre.

Pour améliorer les relations avec les employés, rien de plus simple non plus. Il suffirait de créer un plus grand nombre de quarts de jour (même si le courrier est traité la nuit), de respecter les droits des représentants syndicaux, de réduire les blessures au travail, d’offrir plus d’emplois à plein temps, de consulter de manière utile et sensée, d’honorer et de respecter les conventions collectives, de mettre fin à l’impartition et, à l’époque bien sûr, d’interrompre les conversations des bureaux de poste en comptoirs postaux. En somme, arrêter tout ce que la société essayait de faire pour atteindre la rentabilité commerciale.

Toutes ces déclarations venaient de Nancy Rich; les représentants des syndicats n’avaient même pas commencé à présenter leurs points de vue.

Les concurrents n’attendaient que l’occasion

Je vous avais parlé que le tour des syndicats approchait au comité des Communes, mais avant eux, ce sont les concurrents qui avaient eu leur mot à dire le 24 novembre 1992. Comme toujours, les concurrents en avaient profité pour aborder toutes sortes de questions qui n’avaient rien à avoir avec le régime d’actionnariat. Car toute discussion sur un amendement à la Loi sur la Société canadienne des postes leur offrait une possibilité de faire modifier d’autres éléments.

Il s’agissait de Doug Moffat et Mike Tierney, d’UPS, John Sanderson, de CanPar, Kal Tobias, le président de l’Association canadienne des entreprises de messagerie, Tom Reid (je ne me souviens pas qui il représentait) et Jim Passmore, un consultant bien connu alors dans ce secteur. Ils avaient formé une sorte de coalition de concurrents et ils harcèleraient Postes Canada pendant plusieurs années, surtout sept mois plus tard. Ça, c’est une autre histoire que je vous raconterai.

Les concurrents répétaient leur même refrain et accusaient Postes Canada de prix abusifs (pas assez élevés selon eux) et d’interfinancement. Sur ce dernier point, la société d’État ne devrait pas profiter de la Poste-lettres, son service de base protégé par privilège, pour les concurrencer avec leurs Messageries prioritaires, leur service haut de gamme. Ce sera leurs arguments principaux lors de l’examen du mandat de Postes Canada par George Radwanski; un exercice frustrant imposé par un ministre libéral mécontent très porté sur l’ingérence. Ça aussi je vous raconterai plus tard.

Du côté des députés ce jour-là, il y avait surtout des députés progressistes-conservateurs, soit Jacquelin Holtzman, la présidente du comité, Jean-Marc Robitaille, Darrell Gray, Ross Reid et Lee Richardson, sans oublier le libéral Don Boudria (qui lisait son journal à un certain moment) et le néo-démocrate Phil Edmundston.

Sanderson, qui s’était fait demander par Gray s’il croyait qu’UPS utilisait ses revenus américains pour prendre de l’expansion au Canada, avait répondu que UPS traitait son volet canadien comme une entité indépendante et s’était empressé d’ajouter que la concurrence déloyale de Postes Canada aboutirait à la disparition de nombreux emplois du secteur privé et que Postes Canada se retrouverait la seule entreprise de messagerie au Canada. Une déclaration évidemment exagérée et qui n’ajoutait aucune crédibilité à l’intervention de la coalition. Évidemment, cela ne s’est jamais produit; en fait, la concurrence deviendrait encore plus grande à l’avenir.

Quelques députés avaient déploré que même le vérificateur général ne puisse obtenir de l’information concurrentielle de Postes Canada et que cela compliquait une bonne analyse du dossier. Ross Reid ne voyait aucun problème avec un certain interfinancement parce que Postes Canada, après tout, avait un mandat de « politique sociale pour combler les besoins du public ». Postes Canada avait évidemment la confiance du gouvernement dans son projet de régime d’actionnariat et la teneur des interventions des députés conservateurs au comité reflétait cet engagement.

Un petit détail qui démontrait l’antagonisme des concurrents. Le député Gray avait demandé à Tobias si Postes Canada pouvait adhérer à l’Association canadienne des entreprises de messagerie et celui-ci avait répondu que ce ne serait « pas dans un intérêt supérieur qu’elle soit membre », bien que ça lui ferait plaisir de discuter avec les dirigeants de Postes Canada. Cette association comptait quand même 116 membres au pays, des joueurs nationaux à des joueurs locaux. Leur rengaine était connue; le comité n’en serait pas influencé, heureusement.

Un rendement plutôt optimiste

La question était évidemment très pertinente : ces actions de Postes Canada rapporteraient combien. Elle provenait du député Lee Richardson dans le cadre des délibérations d’un comité des Communes sur le projet de loi C-73 visant à créer une structure d’actionnariat et de modifier en conséquence la Loi sur la Société canadienne des postes.

La réponse de notre ministre responsable, Harvie Andre, serait forcément tout à fait différente aujourd’hui, mais le 18 novembre 1992 elle promettait un rendement de 13 à 14 p. cent, la « moyenne de cette industrie » selon lui. Il avait quand même reconnu que, dans un contexte d’un taux inflationniste de 2 p. cent, ce rendement serait plutôt de l’ordre de 8 ou 9 p. cent, ce qui était nettement supérieur à ce qu’aurait rapporté un compte d’épargne bancaire. Le régime d’actionnariat d’épargne pour les employés visait justement à encourager l’épargne.

Même le député Cid Samson avait reconnu qu’un taux de rendement de 15 p. cent n’était « pas exagéré et irréalisable ». Andre avait répété un message qui reviendrait au fil des années chaque fois qu’il s’agirait de réagir à des interventions syndicales : les syndicats étaient plus préoccupés par leurs cotisations que par la qualité du service postal. Samson avait répliqué qu’il fallait quand même donner aux syndicats le mérite qui leur revenait : « ils pensaient aux emplois futurs pour leurs enfants ». Ce à quoi Andre avait répondu que c’était bien beau, mais que si la société continuait à perdre de l’argent et à maintenir un service inadéquat, elle perdrait des clients et n’aurait d’autre choix que de réduire les emplois. C’est justement ce qui se produit ces récentes années et cela deviendra encore plus évident en 2014.

Déjà, il y a 22 ans, le spectre de la disparition de Postes Canada planait sur tous les intervenants et les concurrents de la société ne ménageraient aucun effort pour lui nuire. Même des députés mordraient à leurs hameçons. J’y reviendrai. Harvie Andre avait aussi laissé entendre qu’il n’était pas impossible qu’un futur gouvernement « decrowncorporationize » Postes Canada ou la retourne à son ancien statut de ministère. En fait, à certains moments sous le règne des libéraux de Jean Chrétien, je me suis parfois demandé si ce n’était pas leur intention tellement leur ingérence était constante. Ça, c’est une histoire pour plus tard.

Harvie Andre avait conclu cette première journée d’audience par une référence à des propos de l’ancien ministre André Ouellet au moment de la création de la société d’État en 1981. Ouellet aurait affirmé que l’intention était de maintenir la nouvelle société indépendante du gouvernement et que Postes Canada devait être gérée selon le principe de l’utilisateur payeur. Le modèle d’avant 1981 avait été abandonné justement parce qu’il était mauvais et inadéquat. Andre avait indiqué qu’à peine deux Canadiens sur 10 avaient recours aux services postaux et que rien ne justifiait que ces Canadiens subventionnent les entreprises (80 p. cent du marché) avec leurs impôts.

Pendant toutes mes années à Postes Canada, ce principe d’utilisateur payeur était à la base de tous nos messages et moi et mes collègues porte-parole l’avions répété à satiété à quiconque voulait l’entendre. Ce n’était toutefois pas le même message qui provenait des syndicats. Leur tour devant le comité approchait.

L’opposition n’était pas du tout convaincue

Le député libéral Jerry Pickard avait été le premier à appuyer sur la gâchette. Il avait rapidement conclu que le régime offert par Postes Canada ne rendrait pas les employés « des égaux parmi les égaux » parce qu’il ne donnait pas de droit de vote et que l’employé devrait les remettre au moment de prendre sa retraite ou de quitter l’entreprise. Pickard déclarait que l’employé actionnaire « n’aurait aucune voix, aucun mot à dire, aucune équité durable ». Pour lui, il s’agissait d’un « affront aux employés ». Ouch!

Notre ministre responsable, Harvie Andre, avait manifestement été bien préparé. Il avait rapidement rappelé que le régime ne visait aucunement un partage des pouvoirs entre la direction et les employés, mais une simple « occasion de participer aux réussites financières ». De toute évidence, le total des actions que Postes Canada rachèterait du gouvernement, l’actionnaire majoritaire, ne dépasserait pas 10 p. cent de l’équité totale. Il n’avait pas mordu à l’hameçon de Pickard, en expliquant que si l’employé était autorisé à conserver ses actions après avoir quitté la société, cela équivaudrait à la privatiser d’une certaine façon. C’était un régime d’épargne, avait-il expliqué, et non pas un régime de propriété. De toute façon, personne ne serait obligé d’en acheter; ce serait purement un geste volontaire.

En fait, à une intervention du néo-démocrate Cid Samson, Harvie Andre avait argumenté que l’achat éventuel des 90 p. cent d’actions détenues par une société privée serait influencée par le fait que l’acquéreur se retrouverait avec le fardeau d’un régime d’actionnariat d’épargne, « une influence forcément marginale, mais une influence somme toute ». Samson avait demandé à Andre pourquoi il y avait tellement d’opposition de la part d’un si grand nombre d’employés. Dans son cas, il avait mordu à l’hameçon des syndicats, comme à peu près tous les députés de l’opposition d’ailleurs. Leurs questions reflétaient drôlement les messages syndicaux des mois précédents.

Un tel régime d’actionnariat n’était pas nouveau. Le puissant gérant UPS (United Parcel Service) l’avait mis en œuvre depuis longtemps et tout le monde savait qu’UPS était le modèle par excellence d’efficacité. UPS était la concurrente majeure de Postes Canada et, j’y reviendrai, aurait bien aimé lui nuire le plus possible. Quant au Syndicat des postiers du Canada, je vous l’ai écrit précédemment, leur constitution leur interdisait toute forme de collaboration avec l’employeur et ce régime constituait évidemment une collaboration. Harvie Andre avait ajouté que cette manière de penser « n’était plus acceptable au Canada ». Personne ne l’a écouté.

J’ouvre une parenthèse – Don Boudria avait dû s’absenter afin de se rendre à la soirée de sélection du candidat libéral dans Glengarry-Prescott-Russell en vue des élections que tout le monde attendait en 1993. Harvie Andre lui avait demandé sarcastiquement s’il laisserait son association choisir. Je l’avais bien ri. Boudria avait quand même trouvé le temps de lancer quelques flèches en direction de Postes Canada.

Le député progressiste-conservateur Lee Richardson avait commenté que le projet semblait une bonne chose pour les employés à cette époque de contraintes budgétaires, mais que cela pourrait être perçu comme de « la discrimination envers les autres Canadiens qui ne travaillent pas au bureau de poste ».

Actionnaire de Postes Canada… c’était mon intention

L’initiative était très ambitieuse et ne cadrait pas du tout avec les aspirations des grands syndicats et encore moins de certains politiciens libéraux. Elle visait à donner aux employés une participation dans la réussite financière de la Société canadienne des postes, quand celle-ci commencerait à accumuler les profits. En 1992, ce n’était pas encore fait, mais les mesures de redressement mises en place par Don Lander et sa haute direction commençaient à porter ses fruits ou, en tout cas, à laisser place à l’espoir.

Logiquement, un actionnaire a habituellement à cœur les intérêts supérieurs de son entreprise et il se comporte en conséquence. La société avait donc élaboré un régime par lequel les employés intéressés pourraient acquérir des actions sans droit de vote dans l’entreprise qui les employait. Il ne s’agissait pas d’actions en tous points égales à celles que l’on pouvait acquérir d’entreprises cotées en bourse, par exemple, mais elles constituaient une forme d’épargne à long terme… et un vote de confiance dans l’avenir de leur employeur.

Le Régime d’actionnariat d’épargne pour les employés – ou l’Employee Share Saving Plan comme l’appelait mes collègues anglophones – avait soulevé un énorme enthousiasme aux étages supérieurs de l’édifice Sir Alexander Campbell. Nous l’avions d’ailleurs annoncé avec fanfares et trompettes au printemps de 1992. Pourtant, la grève de l’automne 1991 était encore dans les mémoires collectives.

Nous avions mis quelques mois à peaufiner le programme et à le soumettre au gouvernement pour qu’il puisse modifier la Loi sur la Société canadienne des postes de 1980 en conséquence. Le 18 novembre 1992, j’accompagne le vice-président de groupe Georges Clermont et une délégation de dirigeants de la Société à la première journée d’audience du comité des Communes chargé d’étudier le projet de loi C-73. Celui qui parlait le plus était évidemment notre ministre responsable, le progressiste-conservateur Harvie Andre; c’était son projet de loi après tout. C’était aussi un de mes dossiers de relations avec les médias. Du côté de l’opposition officielle, il y a mon député, le libéral Don Boudria. (À ce moment-là, il m’appelle encore Jean-Maurice, comme il le faisait depuis que nous nous connaissions. Une fois qu’il deviendra honorable ministre, plusieurs années plus tard, je deviendrai Monsieur Filion.)

Harvie Andre avait d’abord résumé le « côté noir » de l’histoire de Postes Canada, soit ses mauvaises relations avec les syndicats, et les énormes progrès des récentes années. Mais il avait reconnu que les problèmes persistaient et que le gouvernement et la direction de la société ne pouvaient rester immobiles. Il avait rapidement soutenu que l’initiative ne visait pas la privatisation des postes canadiennes.

Andre avait rappelé que les conservateurs n’avaient jamais hésité à privatiser si cela était justifié, mais que ce n’était pas le cas. Son gouvernement ne cherchait qu’à « l’amélioration continue » de la part de Postes Canada et qu’ultimement, il voulait que les employés, sur une base individuelle et non syndicale, se transforment « de vieux adversaires en nouveaux partenaires ».

Je poursuis mon récit au cours des prochains jours. C’est une longue histoire que je trouve encore intéressante plus de 20 ans plus tard. Dès l’annonce du nouveau régime, j’avais pris la décision de devenir un actionnaire.

À travail égal salaire égal

À peu près tout de suite, suivant la transformation du ministère des Postes en Société canadienne des postes, l’Alliance de la fonction publique du Canada, qui représentait les employés de soutien administratif, s’était plainte du déséquilibre salarial de ses membres en comparaison de ceux d’autres syndicats de l’entreprise. Le syndicat avait déposé la plainte appropriée à la Commission canadienne des droits de la personne; la poursuite se prolongerait pendant de nombreuses années et vient à peine d’être réglée définitivement l’an dernier.

Le 21 septembre 1992, j’accompagne le chargé du dossier pour le service d’équité en matière d’emploi de Postes Canada, Keith Angus-Whiting, pour les audiences préliminaires du tribunal canadien des droits de la personne, qui devait maintenant trancher la question. On avait d’ailleurs reproché à la commission de ne pas avoir adéquatement achevé son enquête et d’avoir précipité le recours du tribunal.

Postes Canada était représentée par un avocat spécialisé dans les questions des droits de la personne, Me Russell Juriansz. Grâce à ses compétences, la société a pu faire étirer à maintes reprises tout le processus, jusqu’en mars 1998. Pourquoi? Parce que Juriansz serait nommé juge de la Cour supérieure de l’Ontario. Tout était à recommencer puisque le nouveau conseiller juridique de Postes Canada, à ce moment-là, devrait se familiariser avec le dossier.

Je vous fais grâce encore une fois des détails d’une poursuite qui durerait des années et qui, en fin de compte, coûterait des millions de dollars à Postes Canada. En cours de route, Keith avait quitté Postes Canada et, moi, j’avais quitté les relations avec les médias en 1999 et c’était encore loin d’être réglé. Tous les intervenants avaient changé pendant la saga d’une part comme de l’autre.

En 2012, la décision était rendue et Postes Canada avait perdu sa cause. Elle n’avait d’autre choix que de s’y plier. Voici d’ailleurs un lien vers le site Web de l’équité salariale pour les employés qui devaient réclamer leur compensation.