Des émotions bien personnelles

par Alain Guilbert

Dans mon commentaire d’hier, j’écrivais que j’étais « ému » devant les succès remportés par les athlètes québécois en ski acrobatique (bosses)… un doublé or-argent pour les sœurs Dufour-Lapointe et un autre doublé or-argent pour Alexandre Bilodeau et Mikaël Kingsbury.

La plupart de ceux (et celles) à qui je fais parvenir mes commentaires quotidiens (ou presque) – une trentaine de personnes seulement – savent mes liens très étroits avec le ski acrobatique, des liens directs qui ont duré une dizaine d’années et des liens indirects qui durent encore. Si j’ai été ému hier par la performance Bilodeau-Kingsbury, je l’ai été encore davantage ce matin quand j’ai reçu le commentaire suivant de mon ancien « patron » à Postes Canada, André Ouellet. Voici ce qu’il m’écrivait :

« Je te comprends d’être ému à la suite des succès des athlètes canadiens en ski acrobatique. Tu as contribué d’une certaine façon à ce succès. Il n’y avait pas beaucoup de commanditaires au début. Il fallait des gens qui croient en ces athlètes et qui leur donnent les moyens de réussir et de continuer leur développement. Postes Canada était là au bon moment grâce à ton initiative. Ces médailles d’or et d’argent, elles sont aussi un peu les tiennes. » André

Comme il m’a autorisé à reproduire son témoignage à l’intention de mes lecteurs, je ne m’en suis pas privé. Bien sûr, j’ai cru en ces skieurs acrobatiques lorsque je les ai rencontrés pour la première fois, mais c’est parce que mon « patron » de l’époque, André Ouellet, m’a appuyé que Postes Canada s’est engagée à l’endroit du ski acrobatique.

La première fois que j’ai assisté à une épreuve de ski acrobatique en personne, c’était en décembre 1998 lors d’une épreuve de Coupe du monde présentée à Whistler, en Colombie-Britannique. Mon collègue Daniel Sawaya, alors vice-président marketing à Postes Canada, avait accepté de commanditer cet événement pour la modique somme de 15 000 $. L’horaire de Daniel ne lui a pas permis de se rendre à Whistler pour y représenter Postes Canada et il m’avait demandé de le remplacer, ce que j’ai fait avec plaisir, surtout que j’étais moi-même un mordu du ski depuis plusieurs années.

Au cours de mon séjour, j’ai eu le privilège et le plaisir de côtoyer plusieurs athlètes, dont Nicolas Fontaine, Pierre-Alexandre Rousseau et quelques autres. À titre de commanditaire de l’événement, Postes Canada avait invité quelques clients de la région de Vancouver à y assister et nous avions accueilli ces clients à une petite réception après la compétition. Nicolas Fontaine avait eu la gentillesse d’y assister en compagnie de quelques membres de l’équipe canadienne de ski acrobatique. Tous les clients avaient les yeux grands ouverts. Je n’en revenais pas de l’attrait que ces athlètes avaient pour nos invités, et surtout l’admiration qu’ils suscitaient.

C’est au cours des moments passés avec ces athlètes que j’ai découvert dans quelle « misère » ils vivaient et que plusieurs d’entre eux étaient sur le point de quitter le circuit de la Coupe du monde faute de fonds suffisants pour que l’Association canadienne de ski acrobatique puisse assumer leurs dépenses. Après les Jeux de Nagano, en 1998, les principaux commanditaires du ski acrobatique avaient plié bagage et les finances de cette fédération étaient dans un état désastreux.

À mon retour de Whistler, j’ai soumis un rapport à mon « patron » André Ouellet dans lequel je lui décrivais la situation dans laquelle se trouvaient les skieurs acrobatiques au point que certains d’entre eux devraient abandonner leur rêve non seulement de participer aux Jeux suivants de Salt Lake City, mais pires encore, qu’ils seraient peut-être incapables de compléter la saison de la Coupe du monde. Je lui suggérais que Postes Canada s’associe financièrement au sport amateur, et plus particulièrement au ski acrobatique, un sport spectaculaire qui avait obtenu une visibilité sans précédent quand, quelques années plus tôt, Jean-Luc Brassard avait obtenu la médaille d’or en bosses aux Jeux de Lillehammer en 1994.

Et André a été d’accord, ce qui a scellé notre relation avec l’Association canadienne de ski acrobatique. Je me souviens, comme si c’était hier, des épreuves de Coupe du monde auxquelles j’ai assisté à Whistler, Mont-Tremblant, Fernie, Apex et Mont-Gabriel au cours des années. Je me souviens des Jeux olympiques de Salt Lake City, où j’ai vu Jennifer Heil, qui avait à peine 17 ans, terminer 4e dans l’épreuve des bosses, à un centième (oui, un centième) de point du podium; où Jeff Bean a aussi terminé en 4e position, à quelques centièmes de point du podium des sauts et où Veronika Brenner (surnommée Big V) et Deidra Dionne avaient respectivement remporté les médailles d’argent et bronze en sauts.

Après les Jeux de Salt Lake City, Postes Canada a renouvelé son entente de commandite avec l’Association canadienne de ski acrobatique jusqu’après les Jeux de Turin. C’est au cours de ces années que j’ai vu exploser Jennifer Heil, qui a remporté la médaille d’or à Turin, puis la médaille d’argent à Vancouver; que j’ai vu éclore Alexandre Bilodeau, qui a remporté la médaille d’or à Vancouver avant de renouveler l’exploit plus tôt cette semaine à Sotchi. On dit souvent qu’Alexandre Bilodeau a été le premier Canadien à remporter une médaille d’or olympique au Canada. Peu de gens comprennent que les Jeux olympiques ont eu lieu trois fois au Canada – en 1976, les Jeux d’été à Montréal, où le Canada avait remporté « zéro » médaille d’or – en 1988, les Jeux d’hiver à Calgary, où encore une fois le Canada avait remporté « zéro » médaille d’or – et finalement en 2010, les Jeux d’hiver à Vancouver où le Canada a remporté 14 médailles d’or, dont la toute première s’est retrouvée autour du cou d’Alexandre Bilodeau. Son exploit n’était pas d’avoir remporté la 1re médaille des Jeux de Vancouver, mais bien la 1re médaille d’or olympique jamais gagnée au Canada.

Et voilà qu’à Sotchi, le Canada réussit un doublé or-argent en bosses chez les filles avec les sœurs Dufour-Lapointe et un autre doublé or-argent en bosses chez les hommes avec Alexandre Bilodeau et Mikaël Kingsbury. Il y a de quoi être ému… et je dis un gros merci à André qui m’a appuyé au cours de toutes ces années…

Au sujet de Radio-Canada… Dans mon premier commentaire après la cérémonie d’ouverture des Jeux de Sotchi, j’avais déploré la pauvreté de la couverture du réseau français de Radio-Canada…

Parmi les personnes à qui je fais parvenir tous mes commentaires olympiques, plusieurs sont « rétroactifs » et me font part de leurs propres commentaires. Je voudrais aujourd’hui vous citer des extraits de quelques-uns de ces commentaires qui semblent passablement d’accord avec ce que j’ai écrit.

L’un de ces commentaires se lit comme suit :

« Je suis ravi de te lire et d’en apprendre à chaque fois sur le merveilleux monde de l’olympisme. Je suis content de réaliser que je n’étais pas le seul à être déçu de la performance du duo Turcotte-Roy. J’ai gueulé pendant une demi-heure contre Roy et Radio-Canada puis je suis allé au réseau anglais. C’est un scandale d’avoir envoyé Roy à Sotchi, il ne connaît rien en sport olympique et manifestement il n’était pas préparé. D’ailleurs Galipeau, Gravel et bien d’autres se sont payé un voyage en Russie sur le bras du payeur de taxes canadiennes. Comme pour les sénateurs, on devrait leur demander un remboursement. Mansbridge et Maclean étaient prêts. »

Un autre de ces commentaires se lit comme suit :

« Comme tu as raison sur la banalité des commentaires de Radio-Canada. Le pire, c’est qu’ils en ont l’habitude. La cause principale: ignorance du sport. Le sport de Patrice Roy et cie, c’est la politique. Tout le reste n’est que fadaise. Il n’y a qu’un seul parmi cette équipe de Radio-Canada qui prenait son métier au sérieux et c’est Richard Garneau. Les autres, suffisants, s’imaginent que leur insignifiant babil supplée la recherche; au premier titre, Marie-Josée Turcotte. La jumeler à Patrice Roy, dont l’ego l’étouffe, démontre de la part des patrons un total manque de jugement. Ceux-ci devraient être congédiés. Radio-Canada et TVA souffrent du même mal dans leurs émissions sportives : croire que la parole l’emporte sur l’image. »

Et un troisième commentaire :

« L… et moi sommes entièrement d’accord avec toi au sujet du flop monumental de la SRC comparativement à CBC. Patrice Roy a fait une gaffe impardonnable au sujet du nom de Charles Hamelin. Il l’a appelé Marc-André. Charles lui a dit, ‘Moi, c’est Charles’. Patrice Roy a feint de ne pas entendre Hamelin et a continué avec sa question. C’est un manque total de respect pour Charles, qui a paru insulté, d’ailleurs. En voulant dire, combien faut-il que je t’en sorte des médailles pour que tu te souviennes de mon nom? On est bien loin d’un Richard Garneau. »

Et de mon côté, je voudrais m’excuser; après la « pauvre » performance de Radio-Canada lors de la cérémonie d’ouverture, j’ai craint que l’émission de début de soirée animée par France Beaudoin, « Bons baisers de Sotchi » ne soit un spectacle désolant. Au contraire, après trois ou quatre émissions, « Bons baisers de Sotchi » semble déjà devenue une émission incontournable. France Beaudoin est admirable, son adjoint Dany Dubé n’est pas spectaculaire, mais quel « straight man » il représente pour France. L’atmosphère est à la détente même si l’émission est diffusée en milieu de nuit, heure de Sotchi, et l’émotion est là continuellement. Bravo! On pourrait peut-être demander à France d’animer la cérémonie de clôture?

À la prochaine…

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