La presse franco-ontarienne : le Nouvel-Ontario (1)

À l’instar des autres régions, peut-on vraiment parler d’une tradition journalistique dans cet immense territoire qu’est le Nouvel-Ontario? Il y a des embryons qui font du progrès, certes, mais la vie de plusieurs journaux dépasse rarement le cap de l’enfance. C’est à Bonfield, près de Mattawa, que le premier hebdomadaire de langue française voit le jour, en 1886. La Sentinelle, fondée par Joseph-Alphonse Lévesque, disparaît avant même le tournant du siècle.

D’autres initiatives sont tentées ailleurs. L’Écho du Nord se fait entendre de 1917 à 1918, à Cobalt; Le Nouvel Ontario naît à Sturgeon Falls, en 1924, pour mourir dix ans plus tard à Sudbury; deux expériences sont également tentées à Timmins, soit Le Nord ontarien de 1933 à 1935 et La Voix populaire de 1935 à 1940. On connaît peu de choses de ces premières entreprises de presse francophone.

En revanche, on sait bien quel genre de journal Camille Lemieux fonde en 1942, à Sudbury. Dès 1938, au Collège du Sacré-Cœur, il exprime son talent en relançant Le Gaillard. Quatre ans plus tard, Camille Lemieux cherche à faire œuvre d’éducation populaire et nationale; c’est pour assurer la survivance des Canadiens français en milieu minoritaire qu’il publie L’Ami du peuple, « une tribune indépendante de toute attache politique ». Le dynamique rédacteur s’attaque souvent aux libéraux, aux politiciens « suiveux » qui, pour garder leur poste, vendent leurs compatriotes et commentent les injustices les plus criantes. Ses amis révèlent son identité : François Hertel, Henri Bourassa et le chanoine Lionel Groulx. Des textes de ceux-ci remplissent plus d’une page du journal.

L’Ami du peuple accepte la publicité des seuls commerçants locaux qui s’affichent en français et il encourage les jeunes à poursuivre leurs études pour mieux faire face à l’anglicisation. Mais ce n’est pas un journal qui s’intéresse beaucoup à l’économie. De plus, on y retrouve une page féminine où prédominent les stéréotypes traditionnels. Entreprise familiale qui suscite parfois la controverse, l’hebdomadaire de Camille Lemieux disparaît en 1968; il servira d’exemple à d’autres organes d’information.

Diverses publications font leur apparition à divers moments; il importe de citer L’Observateur du Nouvel Ontario (1957-1961) et Le Canadien de l’Ontario-Nord, publié à Timmins et à Kapuskasing entre 1061 et 1964. La région bénéficie aussi d’une Édition du Nord diffusée par Le Droit de mars 1959 à août 1963. De plus, le 30 mars 1963 (lors du quatre-vingtième anniversaire de la première messe à Sudbury), Mgr Alexander Carter lance L’Information, journal diocésain qui s’adresse aux fidèles francophones de son diocèse et qui a pour devise « La vérité vous rendre libre ». L’initiative cesse cinq ans plus tard.

En 1968, il n’y a que 250 familles abonnées au Droit. Il faut, au dire de l’évêque auxiliaire Mgr Roger Despatie, une « presse catholique pour se former un jugement chrétien sur tous les événements ». Le Voyageur aura cette vocation; dès sa première édition de mai 1968, il entend favoriser le développement intellectuel et religieux de ses lecteurs. Ce journal au vocable si historique révèle un coup de solidarité magnifique grâce à des chefs de la trempe de Germain Bourgeois et Émile Guy, mais aussi grâce au père Hector Bertrand, directeur depuis 1975. Fort de l’appui de 5 000 abonnés répartis entre North Bay et Elliot Lake, Le Voyageur s’est courageusement relevé du criminel incendie qui a ravagé ses locaux le 31 octobre 1981. Il a repris son rythme de croisière orignal à temps pour célébrer le centenaire de sa ville natale (Sudbury 1883-1983).

La presse franco-ontarienne : le Sud-Ouest ontarien (2)

Au Sud-Ouest comme à l’Est, le Règlement XVII frappe durement les petits Franco-Ontariens. Il se trouvera naturellement un journal pour faire écho aux héroïques luttes menées contre cette inique et absurde réglementation. Dès sa première édition en date du 25 septembre 1913, Le Clairon donne le ton : « Français dans une province anglaise, catholiques dans une province protestante, nous devons combattre tous les jours pour conserver la langue et la foi de nos mères ». L’hebdomadaire dirigé par C.-E. Lavergne décrit dès lors la situation à Hammond et à Pain Court, où les élèves quittent leur école à l’arrivée de l’inspecteur anglo-protestant.

Oui, il y a résistance au Sud-Ouest où Michael Francis Fallon est évêque depuis 1911. Et lorsqu’il décide, en 1918, de remplacer le défunt curé Beaudoin par un prêtre assimilé, les paroissiens de Notre-Dame-du-Lac, de Ford City (Windsor), empêchent le nouveau curé Laurendeau d’entrer au presbytère. Ils fondent aussi un journal pour défendre leur dignité de catholiques foncièrement canadiens-français. Quel meilleur nom que La Défense pour un hebdomadaire de lutte! En dépit d’un combat acharné, voire même d’une cause plaidée à Rome, le journal ne peut crier victoire. Si la résistance se transforme en obéissance, on assiste néanmoins à une solidarité canadienne-française rarement surpassée au Sud-Ouest, et ce grâce au rôle prépondérant joué par La Défense, véritable organe de ralliement.

En dépit de l’appui financier de l’ACFEO, le journal de Ford City disparaît en 1920 et La Presse-Frontière lui succède en 1921, mais pour à peine un an et demi. C’est un hebdomadaire qui veut se tenir « à l’écart des clans et des factions mesquines qui mettent trop souvent en péril le triomphe d’une grande idée ». C’est aussi un journal qui s’intéresse beaucoup à la chose municipale, clamant qu’il est temps « de confier à quelques-uns des nôtres la surveillance de notre quote-part des contributions aux taxes municipales ». Derrière cette entreprise journalistique de courte durée se cache celui qu’on a surnommé le Lion de la péninsule, le sénateur Gustave Lacasse.

Orateur, médecin, politicien et journaliste, Gustave Lacasse trouve le temps de fonder et de diriger La Feuille d’érable, l’hebdomadaire de plus longue durée au Sud-Ouest ontarien. Il n’utilise pas moins de douze pseudonymes pour commenter l’actualité politique, la vie scolaire et religieuse, les mouvements patriotiques et diverses causes agricoles, commerciales et culturelles. Le journal mène plus d’une campagne en faveur de l’égalité des langues française et anglaise, que ce soit dans l’affichage au bureau fédéral de Windsor, dans l’émission des chèques fédéraux ou sur les ondes de la Société Radio-Canada. Publié de 1931 à 1958, l’hebdomadaire des Pays des Grands Lacs demeure le plus éloquent témoignage de la vie française au Sud-Ouest ontarien.

L’actuel journal diffusé depuis Windsor est Le Rempart, publié mensuellement à partir de 1966 et hebdomadairement depuis mars 1979. Il demeure le fidèle descendant d’une longue tradition journalistique française dans un coin de pays où il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers.

Si le Sud-Ouest est marqué par une longue tradition, il en est tout autrement pour la région qui s’étend de la baie Georgienne à la péninsule du Niagara. Ce n’est qu’en mai 1969 que L’Écluse fait son apparition à Welland; l’entreprise reste éphémère, mais ressuscite plus de dix ans plus tard. Hier comme aujourd’hui, ses conditions de survie demeurent précaires. En Huronie, par contre, une presse franco-ontarienne s’est tranquillement et résolument taillé une place. Depuis 1972, Le Goût de vivre n’a cessé de jouer un rôle catalyseur auprès d’une population fière de ses origines. Enfin, à Toronto, les francophones et les francophiles bénéficient épisodiquement de divers organes d’information pour finalement obtenir non pas un, mais deux hebdomadaires d’expression française. L’Express publie depuis le 5 mars 1976, alors que Le Métropolitain a fait son apparition ce printemps (Note du blogueur : tel qu’expliqué lundi, ce texte de Paul-François Sylvestre avait été publié en juillet 1983).

La presse franco-ontarienne : le Sud-Ouest ontarien (1)

Isolés au reste de l’Ontario français, côtoyant la frontière des États-Unis, plus près de la culture américaine que de la civilisation canadienne-française, les francophones du Sud-Ouest réussissent, par l’entremise d’une dynamique presse locale, à maintenir le souffle de vie française qui balaye cette lointaine contrée dès 1679.

Comme on le sait, Lamothe Cadillac fonde le fort Pontchartrain (ou Détroit) le 24 juillet 1701. C’est de cette fondation que sera issue la première colonie française permanente en terre « ontarienne ». C’est d’ailleurs à Détroit que se manifestent les premières expériences journalistiques, d’abord une simple colonne rédigée dans la langue de Molière et publiée dans le Detroit Gazette (1820), puis une éphémère Gazette française (1825). L’idée d’établir un journal d’expression française sur les bords de la rivière Détroit est reprise par un dénommé Lacroix, venu du Bas-Canada… L’Ami de la jeunesse (1843) et Le Citoyen (1850) sont tous deux de très courte durée.

De toute évidence, ce sera du côté canadien de la frontière que les entreprises de presse francophone auront plus de succès. Dans un ouvrage intitulé « Ethno-Cultural Newspapers in Ontario », Duncan McLaren cite L’Étoile canadienne de Sandwich comme premier journal franco-ontarien du Sud-Ouest. Cette publication aurait vraisemblablement paru de 1870 à 1881, pour être ensuite remplacée par Le Progrès, de Windsor. Le premier député francophone du Sud-Ouest, Gaspard Pacaud, en est le rédacteur pendant plusieurs années. Si on sait peu de choses au sujet de ces deux hebdomadaires, il en est tout autrement pour Le Courrier d’Essex, qui fait son apparition le 8 août 1884 et qui a pour devise : « Notre religion, notre langue ».

Ce journal se définit comme conservateur et catholique, ne publiant que « des feuilletons d’une moralité irréprochable ». L’édition du 17 janvier 1885 est un véritable plaidoyer en faveur d’une école française pour desservir les quelque cent vingt familles canadiennes-françaises de Windsor. Comme c’est le cas pour plusieurs hebdomadaires de la première heure, Le Courrier d’Essex n’a pas une longue vie ni ses successeurs d’ailleurs, soit Le Courrier de l’Ouest (1885) et Le Canadien de Windsor (1891).

Avant même la fin du XIXe siècle, deux autres entreprises journalistiques voient le jour au pays de Lamothe Cadillac. Publié à Windsor dès le 20 novembre 1891, Le Drapeau national se dévoue « aux intérêts des populations françaises de l’Ouest ». Ayant pour devise « Dieu et mon droit », le nouveau-né de la presse franco-ontarienne précise que « jamais un écrit hostile à la religion ou contraire aux mœurs ne paraîtra dans notre journal ». En 1892, les francophones de Windsor ont droit à un second hebdo; il s’agit d’une feuille agricole, commerciale, industrielle et politique qui a pour nom L’Indépendant du Canada. Le journal lance un concours public à l’intention des abonnés qui doivent disserter sur l’indépendance au Canada obtenue par voie de négociations avec l’Angleterre.

Au début du XXe siècle, c’est à Chatham dans le comté de Kent que de nouvelles publications font leur apparition. Le Canadien voit le jour en juin 1906 et se proclame aussitôt indépendant en politique. Deux ans plus tard, le journal de Chatham affiche ses couleurs libérales en appuyant le candidat de Sir Wilfrid Laurier dans le comté de Kent-Ouest. Au même moment paraît L’Ami du peuple, venu saluer « ses amis les libéraux du comté de Kent ». Si les deux hebdos bilingues de Chatham renseignent peu les lecteurs au sujet de l’actualité locale, ils offrent, en revanche, quelques reflets d’une campagne électorale au début du siècle.

Contrairement aux journaux du comté de Kent, Le Courrier, qui voit aussi le jour en 1908, n’est pas « une feuille hebdomadaire pour défendre la politique en temps d’élections », écrit son rédacteur François-Xavier Chauvin, « mais nous voulons en faire un crédit à la nationalité canadienne-française en même temps qu’à notre langue maternelle ». Le journal s’intéresse à la question scolaire et incite l’honorable Dr Réaume, député d’Essex-Nord, à réclamer des réformes qui permettront à ses compatriotes de travailler dans la paix et l’harmonie. Tout comme Le Moniteur de Hawkesbury, Le Courrier encourage la tenue des états généraux qui donneront naissance à l’ACFEO.

En ce 27 mars 2013…
bon centenaire au quotidien Le Droit
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La presse franco-ontarienne : l’Est ontarien (2)

Journaux de propagande

Si certains organes d’information affichent leur couleur politique, il en existe d’autres pour qui la politique demeure leur seule raison d’être. C’est notamment le cas du Drapeau national, un « quotidien » qui paraît quatre fois avant les élections générales du 5 mars 1891, dans le seul but de soutenir la candidature de M. Honoré Robillard. Premier député francophone à siéger à Queen’s Park (1883), il se fait élire aux Communes en 1887 et en 1891.

Un autre journal de propagande politique voit le jour le 6 juin 1896 pour appuyer la candidature libérale de MM. Napoléon Belcourt et William Hutchison. Dix-sept numéros sont publiés sous le vocable de L’Écho d’Ottawa. À la même époque paraît l’hebdomadaire Le Temps; tour à tour libéral et conservateur. Ce journal était un quotidien au point de départ, le 3 novembre 1894.

Le dernier organe d’information datant du XIXe siècle est Le Canada, une reprise du journal publié d’abord en 1865, puis de nouveau en 1879. Cette fois-ci, il paraît non pas trois mais six fois par semaine. C’est un quotidien de courte durée (1897-1898).

Le Règlement XVII

Le 25 juin 1912, le gouvernement Whitney impose une guillotine linguistique aux Franco-Ontariens alors que le Règlement XVII entre en vigueur. La résistance à cette inique mesure demeure chose fort connue. Parmi les moyens d’opposition, on retrouve évidemment la presse et le journaliste Jules Tremblay, qui publie La Justice de 1912 à 1914. À la même époque, les délégués au congrès de l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario (1912) adoptent une résolution en faveur de la fondation d’un quotidien.

À l’heure du triste Règlement XVII, le Père Charlebois définit le type de journal nécessaire aux Franco-Ontariens : « l’unique moyen d’atteindre l’opinion, c’est un journal qui fera la propagande à outrance de la vérité; c’est un journal soumis à un programme franchement catholique avant tout, et sincèrement canadien-français ensuite ». Ces propos sont tenus en février 1913; un mois plus tard, le 27 mars, apparaît Le Droit. Chaque cause franco-ontarienne deviendra son cheval de bataille, la lutte étant le plus souvent menée sur le terrain scolaire.

À l’est d’Ottawa

Dans la vallée de l’Outaouais, il n’y a pas qu’à Ottawa que la presse franco-ontarienne voit le jour. Dès 1885, l’hebdomadaire La Nation est publié à Plantagenet. D’autres organes d’information font leur apparition à Clarence Creek (Le Ralliement) en 1895 et à L’Orignal (La Concorde) en 1899. L’hebdomadaire agricole L’Ontario français, publié à Ottawa, est essentiellement destiné à l’Est ontarien et y circule de 1902 à 1904.

C’est cependant Le Moniteur, paru à Hawkesbury dès 1908, qui joue un rôle plus capital. Dans l’édition en date du 18 décembre 1908, le curé A. Beausoleil, de Fournier, suggère « la tenue d’une grande convention nationale représentative de tous les centres canadiens-français de l’Ontario pour mieux revendiquer les droits d’une population francophone alors estimée à 235 000 ». La convention a lieu les 18, 19 et 20 janvier 1910 et donne naissance, comme on le sait, à l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario.

Deux autres hebdomadaires sont fondés dans la ville de Hawkesbury, soit La Sentinelle de Prescott (1911-1917) et Le Carillon. Ce dernier célébrait son trente-cinquième anniversaire l’an dernier. Enfin, au cours de la dernière décennie, trois hebdomadaires ont vu le jour dans l’Est ontarien; il s’agit de Bonjour chez-nous (Rockland-1976), Le Journal de Cornwall (1977) et Le Point (Alexandria-1980).

La devise du Courrier d’Ottawa, paru entre 1861 et 1865, résume bien la situation d’hier et d’aujourd’hui : « Les peuples se déplacent quelques fois mais ne s’anéantissent jamais ». Leur voix se fait toujours entendre.

La presse franco-ontarienne : l’Est ontarien (1)

Après-demain, le quotidien Le Droit d’Ottawa souligne son 100e anniversaire d’existence. Ce n’est pas rien. Mais d’autres médias francophones ont existé en Ontario, témoins de la présence de nos racines. En juillet 1983, Le Carillon (qui a souligné en 2012 son 65e anniversaire) publiait une série de trois articles sur la presse franco-ontarienne sous la plume de Paul-François Sylvestre (« la mémoire collective de l’Ontario français »), pour l’est et le sud-ouest, et de sœur Huguette Parent, pour le nord. La presse franco-ontarienne, c’est évidemment 22 années de ma vie. J’ai pensé que vous aimeriez ce survol historique de la vitalité franco-ontarienne. Le premier remonte au 6 juillet 1983 et est de Paul-François Sylvestre, dont voici la fascinante biographie (http://www.pfsylvestre.ca/extendedbiography.pdf).

Cette année, le journal Le Droit a célébré le soixante-dixième anniversaire de sa fondation. Il détient de toute évidence le record de longévité, mais non celui d’ancienneté. Pas moins de douze organes d’information ont, en effet, paru à Ottawa avant l’actuel quotidien de la rue Rideau. Souvent de courte durée, ces feuilles littéraires et commerciales se succèdent rapidement les unes aux autres.

Le premier journal d’expression française en Ontario voit le jour à Ottawa, à l’automne 1856; Le Progrès est un hebdomadaire qui subsiste peu de temps. Il faudra attendre une dizaine d’années avant la fondation d’un autre organe, soit Le Canada. Publié trois fois la semaine par les Frères Duvernay, ce journal paraît de 1865 à 1869; Benjamin Suite en est le rédacteur durant les deux dernières années.

Le Courrier d’Ottawa succède à l’entreprise journalistique des Frères Duvernay. La première édition du 5 janvier 1870 est bilingue mais le journal devient entièrement francophone à partir du premier septembre suivant. Tour à tour libéral et conservateur, le journal change cinq fois d’allégeance politique dans l’espace de six ans.

En 1878, Ottawa est en quelque sorte témoin d’une effervescence journalistique. Revue, album et journal font tous leur apparition. Le Foyer domestique, revue mensuelle publiée en 1876, se transforme en hebdomadaire en 1878; cette publication religieuse, historique, littéraire et artistique devient L’Album des familles en 1880. Un morceau de musique accompagne chaque livraison et, de 1881 à 1882, le journal publie le portrait des principaux hommes politiques du temps.

Toujours en 1878, les francophones d’Ottawa se voient offrir Le Journal pour tous, un album littéraire publié tous les jeudis, qui a pour devise « La lecture est le premier des plaisirs ». Cette publication circule pendant exactement deux ans. À noter que, une dizaine d’années plus tard, une feuille semblable fera de nouveau son apparition à Ottawa, soir La Lyre d’Or, rédigée par un comité d’écrivains catholiques, de 1888 à 1889.

Également en 1878, la population outaouaise a accès à un journal qui paraît trois fois la semaine; il s’agit du Fédéral, de très courte durée (4 mai-24 septembre). L’année se termine avec la publication de La Gazette d’Ottawa, un organe conservateur qui paraît aussi trois fois par semaine. Il est remplacé, en octobre 1879, par Le Canada, de même allégeance politique. C’est d’ailleurs l’ancien député et sénateur, Joseph Tassé, agit comme rédacteur-en-chef. De 1891 à 1894, cependant, le journal appuie les libéraux. Pendant un certain temps, une édition hebdomadaire intitulée La Vallée d’Ottawa (c’est également le titre d’un quotidien paru en 1884).

Pour faire pendant aux vues conservatrices du journal Le Canada, un quotidien libéral naît à Ottawa le 12 mai 1887. Il s’agit du Courrier fédéral, qui publie aussi une édition hebdomadaire : Le colon canadien.

Demain, les journaux de propagande, l’époque du Règlement XVII et les journaux à l’extérieur d’Ottawa.

Quasiment deux millions pour un aéroport municipal

Il en était question depuis plus d’un an et le conseiller municipal Kenneth Gray ne manquait jamais l’occasion de parler de son projet. Son comité dépose une étude sur la question auprès de conseils municipaux de la région. Il en question dans l’édition du 7 mars 1984 du journal Le Carillon. C’est que plusieurs croyaient sincèrement qu’un aéroport municipal était à la source du futur progrès économique de Hawkesbury. « Le coût d’un aéroport municipal pour la région de Hawkesbury se situerait aux environs de 1 700 000 $ pour l’aménagement d’une piste d’atterrissage de 3 500 pieds sur un terrain d’une superficie minimale de 128 acres. L’achat du terrain nécessaire serait subventionné par le ministère ontarien des Transports et Communications à raison de 80 %. Le gouvernement fédéral, pour sa part, pourrait défrayer la totalité du coût d’aménagement. Quant aux coûts d’exploitation, le rapport de l’ingénieur Kenneth Ménard mentionne que le gouvernement provincial est prêt à assumer le quart ou la moitié des déficits d’exploitation, selon la nature du service aérien dispensé à l’aéroport. Pour les municipalités concernées, l’achat du terrain représenterait une somme globale de 25 600 $. » Le projet n’a pas décollé!

* * *

Comme je le titre dans l’édition du 7 mars 1984, « un 29 février mémorable ». C’est que Pierre Elliott Trudeau avait décidé de quitter la vie politique. « Cette grande vedette qu’est Pierre Elliott Trudeau, héros de la Trudeaumanie de jadis, sujet de conversation préféré des Canadiens, leader international, avait commencé avec grand éclat en 1968 et on ne l’oubliera pas de sitôt. (…) Il a marqué la vie canadienne pour des décennies. Vos petits-enfants vont probablement lire et entendre parler des invocations et des contestations de la Chartre des droits et libertés. Vos petits-enfants seront témoins des éternels débats sur le bilinguisme pancanadien et sur les droits des francophones dans chaque province et des anglophones au Québec. » En rétrospective, je n’étais pas loin de la réalité d’aujourd’hui… surtout depuis que son fils Justin pense maintenant à diriger l’ancienne barque de son père.

* * *

Il n’y a pourtant pas de campagne électorale provinciale. Cette fois, ce sont les libéraux qui décident de tenir des consultations publiques et le groupe de travail du parti avait convié les intéressés le 4 avril 1984 à l’hôtel de ville de Hawkesbury. Comme le rapportait un article dans le journal du 14 mars 1984, en citant le député Don Boudria : « Les changements démographiques, la hausse du taux de chômage et la fragilité des secteurs agricoles et industriels accroissent les difficultés actuelles. Le groupe de travail a pour but de découvrir des moyens que le gouvernement provincial peut mettre en œuvre pour aider les collectivités rurales à bénéficier de la relance économique anticipée, à la suite de la récente récession. »

* * *

Ça, c’est du barbecue à grande échelle, mais c’était loin d’être drôle. « L’incendie d’un poulailler de la 18e concession à St-Isidore, dans la nuit de samedi à dimanche, s’est soldé par la destruction des deux tiers du bâtiment et la mort des 18 000 poules qui s’y trouvaient. Les flammes ont ravagé la majeure partie du poulailler appartenant à M. Marcel Laviolette. (…) Les pertes s’élèvent sommairement à 275 000 $. »

Un club qui compte de plus en plus de membres

Ce n’est pas de la petite histoire et encore moins des nouvelles d’actualité, mais cette section de la chronique de Charles Burroughs du journal Le Carillon du 18 janvier 1984 m’a fait rire, en passant qu’encore aujourd’hui, avec l’omniprésence des téléphones intelligents et d’Internet (deux choses qui étaient loin d’exister en 1984), le texte vous fera reconnaître bien de vos collègues… si ce n’est pas vous-même. Le voici, pour votre plaisir… et substituez « porte-documents » par « téléphone intelligent » :

« Le club des ulcères (et des maladies du cœur tant qu’à y être) vient d’énoncer les règles suivantes au bénéfice de ses membres :

1) Votre travail passe avant tout. Oubliez tout le reste.
2) Les samedis, dimanches et jours fériés sont parfaits pour travailler au bureau. Il n’y a personne pour vous déranger.
3) Ayez toujours votre porte-documents à portée de la main lorsque vous n’êtes pas à votre pupitre. Ceci vous fournira la chance de passer en revue tous les soucis et les tracasseries de la journée.
4) Ne jamais dire ‘non’ à une requête. Toujours dire ‘oui’.
5) Acceptez toutes les invitations pour réunions, banquets, comités, etc.
6) Toute forme de loisirs est une perte de temps.
7) Ne jamais déléguer la responsabilité aux autres; porter tout le fardeau soi-même.
8) Si votre travail vous oblige à vous déplacer, travaillez toute la journée et voyagez pendant la nuit pour être au rendez-vous à huit heures le lendemain matin.
9) Qu’importe le nombre de tâches qui vous incombent, souvenez-vous qu’il y a toujours de la place pour une autre. »

En passant, faire partie de ce « club des ulcères » peut coûter très cher! Sans oublier les risques de contagion!

* * *

L’année 1984 marquait le 125e anniversaire de la ville de Hawkesbury et ce ne sont pas les activités qui manqueraient tout au long de l’année. Une liste non exhaustive est publiée dans le journal du 25 janvier 1984 pour accompagner l’article sur le lancement des fêtes. Il y avait aussi, en encadré, les paroles de la chanson-thème des célébrations, « composée par Rachel Willems et Laurier Lapalme, sur une musique de Rachel Willems ». J’ai beau essayer de la turluter dans ma tête, ça ne me revient pas. Il faudrait que quelqu’un de Hawkesbury l’enregistre pour les besoins de YouTube et de la postérité… en remplaçant « 125e » bien sûr.

Refrain
Sur les bords de l’Outaouais,
Au pied des vertes forêts,
Une ville unique, il va sans dire
Hawkesbury, quelle joie d’y vivre;
Ta devise nous inspire son élan,
Toujours ‘Vaillant et veillant’,
Des gens souriants, tenaces, sans pareils,
Hawkesbury, c’est notre merveille.

1er couplet
De l’humble ‘Chenail’, où elle naquit
La ville bien vite s’agrandit.
Par le travail et l’industrie,
Nous sommes aujourd’hui.

2e couplet
Concitoyens chantons la gloire
Et les exploits de nos aïeux;
Célébrons la noble histoire
De la ville, de ses gens heureux.

3e couplet
Un 125e, ça se fête;
Quel bon temps pour mieux se connaître
Entre dans la ronde de l’amitié
Avec nous chante ta fierté.

Un richissime Franco-Ontarien

Nous entendons ou lisons rarement une référence au fait qu’il soit Franco-Ontarien et, aujourd’hui, l’un des plus riches Canadiens. Dans Le Carillon du 4 janvier 1984, justement le jour de son 57e anniversaire de naissance, une chronique historique de la Société des écrivains canadiens parle de lui.

« De tous les Franco-Ontariens qui se sont signalés dans le milieu des affaires, Paul Desmarais demeure un des plus remarquables. Né le 4 janvier 1927, à Sudbury, il obtient un baccalauréat en commerce de l’Université d’Ottawa et épouse Jacqueline Maranger en 1953. Officier de l’Ordre du Canada, chancelier de l’université Memorial, de Terre-Neuve, Paul Desmarais est président-directeur général de la compagnie Power Corporation. En dépit de ses imposantes charges administratives, il est membre actif de plusieurs organismes, dont l’Institut de recherches C.D. Howe, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Conseil commercial Canada-Chine. De plus, M. Desmarais siège au conseil d’administration de nombreuses compagnies canadiennes; il importe de signaler les suivantes: Investors Group, le quotidien montréalais La Presse, la compagnie Seagram et l’entreprise Hilton Canada Limitée. »

* * *

Je vous ai parlé hier de la chronique de Charles Burroughs sur le fait que Boudria semblait un grand oublié politique et que les conservateurs faisaient tout pour le discréditer. Dans le journal du 11 janvier 1984, il y en a une preuve irréfutable.

« Au moins trois ministres du cabinet Davis et trois autres membres du caucus conservateur de l’Est ontarien seront à Hawkesbury, le vendredi 3 février prochain, afin d’écouter les revendications ou les recommandations de la population régionale. Claude Bennett, des Affaires municipales et du Logement, Normand Sterling, secrétaire du Développement des ressources, et Reuben Baetz, de Tourisme et des Loisirs, seront accompagnés des députés conservateurs Bob Mitchell, de Carleton, Bob MacQuarrie, de Carleton-Est, et de Noble Villeneuve, de Stormont-Dundas-Glengarry. Le groupe siégera dans la salle du conseil à l’hôtel de ville, entre 8 h 30 et 17 heures après avoir passé la veille à Hawkesbury. Divers groupes, ayant préalablement avisé de leur intention, s’adresseront aux représentants du gouvernement et des conservateurs, afin d’exposer leurs revendications. La ville de Hawkesbury, par exemple, fera une présentation à 13 h 30, notamment en ce qui a trait à l’usine d’épuration, à l’aide éventuellement pour soulager le fardeau de la perte d’évaluation de la CIP et d’autres sujets variés. »

Et comme pour valider encore plus les propos du chef de l’information Burroughs, la rencontre avait été coordonnée par le maire Laurent Cayen et le ministre Claude Bennett.

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Et qu’avait répondu Boudria… en bon joueur prudent et fin stratège?

« Contrairement à ce que laissent entendre certains politiciens locaux d’allégeance conservatrice, le député libéral Don Boudria ne se sent pas victime d’un boycottage de la part des gouvernementaux. ‘La plupart des ministres du cabinet Davis sont de véritables gentlemen. J’affirme que la circonscription que je représente a obtenu, depuis mon arrivée à Queen’s Park, sa juste part de subventions.’ »

Était-ce réellement l’heure juste? Plusieurs en doutaient. C’est dans le journal du 11 janvier 1984.

Boudria! C’est qui lui?

« La vie d’un député de l’Opposition n’est pas toujours facile, on en convient facilement, surtout lorsque les électeurs qu’il est censé représenter refusent de faire appel à ses services. » Il ne faut pas oublier qu’avant l’élection du libéral Don Boudria, les comtés avaient été représentés par des conservateurs, Louis Cécile puis Albert Bélanger… deux longues dynasties.

Charles Burroughs consacre une grande partie de sa chronique du 28 décembre 1983 dans Le Carillon au fait qu’on ne semble pas vouloir n’accorder aucun crédit à Boudria dans la région. Le jeu de coulisses en était ridicule tellement il était évident.

« La campagne électorale en vue de la prochaine élection provinciale est déjà amorcée et fonctionne à pleine vapeur, du moins du côté des progressistes-conservateurs, et le député libéral Boudria en subit les répercussions à tous les coins de rue. C’est du moins l’impression qu’on obtient quand on observe de près les agissements des dirigeants de la plupart des municipalités de Prescott-Russell.

Il appert en effet, à ce stade-ci, que les élus municipaux font des pieds et des mains pour reléguer le député libéral aux oubliettes et pour aider les conservateurs à reconquérir le territoire perdu lors de la défaite du député J.-Albert Bélanger, il y a près de deux ans. Le fait que deux maires (Laurent Cayen de Hawkesbury et Gaston Patenaude de Russell) sont déjà sur la liste des candidats possibles du PC n’est sûrement pas étranger à cette attitude.

Pour les élus municipaux, le mot d’ordre est le suivant : pas de crédit pour Boudria; passez plutôt par l’antichambre du pouvoir.

Majoritairement d’allégeance conservatrice, c’est un fait connu, les maires des différentes municipalités de la région ont entrepris d’ignorer complètement le député de l’Opposition lorsqu’il s’agit d’obtenir des faveurs de Queen’s Park. Pour ce faire, on a la plupart du temps recours aux services des députés conservateurs des circonscriptions voisines, ou encore à ceux des hauts placés du Parti progressiste-conservateur local, pour obtenir les importants rendez-vous avec les ministres les plus influents du cabinet Davis. Ces derniers, de toute façon, ne se font pas tordre les bras pour jouer complices, le plus notoire d’entre eux étant sans contredit le ministre des Affaires municipales et du Logement, M. Claude Bennett, qui s’est proclamé lui-même le protecteur de Prescott-Russell depuis le départ du député J.-Albert Bélanger.

M. Bennett, qui ne s’est jamais fait prier pour soigner sa publicité personnelle, est celui qui annonce pratiquement toutes les ‘bonnes nouvelles’ touchant la circonscription. Et les autres ministres ne se font pas prier pour l’imiter non plus.

Malheureusement, il semble aussi que ce sont les contribuables de la région qui sont les plus perdants dans cette souque à la corde politique. La circonscription, selon certaines sources dignes de foi, aurait perdu d’importantes subventions l’an dernier parce que le gouvernement ne voulait pas que le député Boudria s’en approprie le crédit. »

La stratégie des conservateurs n’a pas fonctionné. Le parti n’a jamais repris la circonscription depuis plus de 30 ans.

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« Une religieuse originaire de L’Orignal, connue pour son dévouement inlassable auprès des malades et des alcooliques de la région d’Ottawa, vient d’être décorée de l’Ordre du Canada. Sœur St-Bertrand, qui a passé la majeure partie de ses 48 ans de vie religieuse à travailler dans des hôpitaux de la région de la Capitale, et fondatrice en 1969 de la Maison de la Sérénité, un centre de réhabilitation pour alcooliques, s’est retrouvée parmi les 68 Canadiens récipiendaires de l’Ordre du Canada, la plus haute distinction au pays. Elle avait été proclamée, pour les mêmes raisons, la Citoyenne de l’année à Ottawa, en 1981. Née Thérèse Bertrand, le 23 octobre 1918, Sr St-Bertrand est entrée en religion chez les Sœurs de la Charité d’Ottawa (alors les Sœurs Grises de la Croix) en 1935. Elle est la fille de feu Jean-Baptiste Bertrand et de feue Luména Lanthier, de L’Orignal. (…) Maintenant âgée de 75 ans, elle consacre encore une partie de ses énergies à la pastorale au Centre de santé Elizabeth-Bruyère, tout en continuant les visites des malades et des vieillards à domicile. »

C’était dans le journal du 28 décembre 1983 et je tiens pour acquis qu’elle nous a quittés il y a quelque temps.

« Bonjour, Jean-Maurice, c’est Jean! »

Ça, c’est parmi mes plus beaux souvenirs, toutes villes confondues. Le président de l’Association du hockey mineur de Hawkesbury, Jean-Guy « Horace » Cyr, m’avait demandé d’être le président d’honneur de leur tournoi annuel « Siècle et quart » du printemps de 1984. Mais j’avais trouvé que c’était bien beau prêter mon nom au tournoi, mais que je devais faire un peu plus. Sans en parler à qui que ce soit, j’écris une lettre à l’organisation des Canadiens de Montréal (il n’y avait pas de courriel à l’époque) leur demandant si un joueur du club pouvait honorer de sa présence cet important tournoi local. Un jour, je reçois un appel téléphonique : « Bonjour, Jean-Maurice, c’est Jean! » Il m’explique que l’équipe jouera sur la côte ouest pendant la période du tournoi et me demande si lui ferait l’affaire. J’ai répondu par un court silence… et un oui évident. J’annonçais la nouvelle à la une du journal Le Carillon du 21 décembre 1983, un petit cadeau de Noël aux amateurs de hockey mineur locaux.

« Jean Béliveau, ancien joueur étoile et capitaine des Canadiens de Montréal, sera l’invité d’honneur au tournoi ‘Siècle et quart’ de l’Association du hockey mineur de Hawkesbury, en mars prochain. Celui qui portait le no 4 dans l’uniforme du Tricolore sera à Hawkesbury le vendredi 16 mars. Le président du comité d’organisation du tournoi, Jean-Maurice Filion, a indiqué que le vice-président aux relations publiques des Canadiens participerait aux cérémonies d’ouverture du tournoi et serait sans doute reçu par les autorités municipales. » Quand j’avais annoncé la nouvelle au maire Lucien Berniquez, il avait insisté pour que la ville accueille comme il se doit le grand Béliveau. J’y reviendrai.

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« Allen Mainville, à 39 ans, part de Beaconsfield pour venir relever de nouveaux défis dans une ville en plein développement industriel. La ville qu’il gère présentement à une vocation strictement résidentielle. » Mainville remplacerait l’administrateur en chef Pierre-J. Tessier, à compter de février 1984. La nouvelle est publiée dans le journal du 21 décembre 1983. Cet « ancien diplômé de l’école secondaire de Vankleek Hill » est « à l’emploi de la cité de Beaconsfield depuis 1965. Il a été successivement comptable en chef, secrétaire-trésorier puis, depuis 1978, gérant municipal, l’équivalent de l’administrateur en chef. » Je dois avouer ne pas me souvenir de lui et pourtant j’ai dû le rencontrer très souvent en couvrant les activités municipales.

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À une certaine époque, il avait été le doyen du Conseil des comtés unis de Prescott-Russell. Dans le journal du 28 décembre 1983, les lecteurs apprennent le décès de celui qui avait été maire du canton de Cambridge pendant 28 ans. Louis Ernest Brisson avait été maire entre 1954 et 1982. Il « est décédé le lendemain de Noël à 23 heures d’une crise cardiaque, alors que l’ambulance le transportait à l’hôpital. (…) Membre influent au Conseil des comtés unis durant sa carrière municipale, il avait été élu président de cet organisme à deux reprises, soit en 1956 et en 1971. M. Brisson était aussi un membre actif du parti conservateur provincial, et ses fonctions municipales l’ont mené à la Société de conservation de la rivière Nation-Sud durant plusieurs années, comité qu’il présidait en 1982. »