Le programme alternatif allait trop bien

L’idée était assez simple. « La clientèle du programme est généralement issue des élèves qui ont quitté prématurément l’école, avant l’obtention de leur diplôme, des jeunes adultes ou des gens plus âgés. Ce diplôme obtenu individuellement peut ensuite leur ouvrir de nouvelles portes sur le marché du travail. » Il s’agissait du programme dit alternatif et il était offert depuis quatre années par le Conseil d’éducation de Prescott-Russell. Mais dans Le Carillon du 14 décembre 1983, on apprend que le « programme serait menacé à la suite du changement de politique du ministère de l’Éducation ». Plus de 1000 personnes étaient inscrites au programme dans les six écoles secondaires des comtés unis de Prescott et Russell : 333 à Hawkesbury, 238 à Plantagenet, 215 à Casselman, 203 à Rockland, 150 à Vankleek Hill et 43 à Embrun. « Le service offre une approche nouvelle à quiconque désirait compléter son cours secondaire de façon individuelle, à son propre rythme, tout en bénéficiant de l’enseignement personnalisé dans chaque matière offerte dès que la personne inscrite en ressent le besoin. » La nouvelle politique du ministère réduisait considérablement les subventions accessibles pour le financement d’un tel programme et la décision était rétroactive, c’est donc dire que le Conseil d’éducation devait « respecter les engagements pris auprès de la clientèle scolaire du programme alternatif », mais trouver l’argent dans son budget ordinaire. Heureusement, la politique ne touchait pas le financement des programmes d’éducation permanente, mais le service personnalisé disparaîtrait.

* * *

Le Conseil municipal de Hawkesbury avait autorisé un ramoneur de Granby, Yvon Ouellette, à offrir ses services dans la ville jugeant que c’était un service dont profiteraient assurément les citoyens. Leur décision a fait réagir un ramoneur de L’Orignal, « se qualifiant de local », qui trouvait que ce serait de la concurrence déloyale. Norman Doucet avait exercé des pressions à plusieurs niveaux afin de faire infirmer cette décision. Mais comme on l’apprend dans le journal du 14 décembre 1983, le ramoneur de Granby n’avait pas besoin d’autorisation du Conseil pour venir offrir ses services à Hawkesbury, ce qu’avait expliqué le conseiller juridique Edmond Woods. « Le ramoneur du Québec exige des frais de 8 $ pour une maison d’un étage et de 12 $ pour une de deux étages. » Quant à Doucet, « il exige pour sa part 38 $ pour le même travail. À son avis, il est impossible qu’il puisse payer l’essence pour son ou ses camions, l’équipement de ramonage et le salaire d’au moins un employé à ce tarif. » Selon un site Web, en 2010, il en coûtait 59 $ pour une maison d’un étage et 69 $ pour une de deux étages. À tout considérer, le taux de 38 $ semblait cher pour il y a 30 ans.

* * *

Un petit brin d’histoire dans une chronique historique de la Société des écrivains canadiens dans le journal du 14 décembre 1983, cette fois sur l’arrivée des Oblats et leur rôle auprès de la francophonie ontarienne. La voici :

« Parmi les communautés religieuses les mieux connues en Ontario français, les Oblats de Marie-Immaculée occupent certes une place de choix. Les premiers missionnaires envoyés au Canada arrivent le 2 décembre 1841, à Saint-Hilaire (Québec); ils s’installent plus tard à Montréal, puis à Bytown (Ottawa) dès 1844. Leur supérieur Joseph Eugène Bruno Guigues est d’ailleurs nommé évêque de Bytown trois ans plus tard.

Mgr Guigues s’occupe activement de colonisation; aussi les Oblats sillonnent-ils toute la vallée de l’Outaouais, depuis le comté de Prescott jusqu’au chantier de Mattawa. Missions, dessertes et paroisses voient le jour sur le passage des Pères Oblats, que ce soit à Saint-Isidore, L’Orignal, Embrun, Mattawa, Hearst, Moonbeam, Kapuskasing, Timmins ou Oshawa.

Les fils de Mgr de Mazenod, leur fondateur, s’intéressent aussi à l’éducation et aux communications. Leur collège à Bytown devient l’Université d’Ottawa et nombre d’entreprises de presse portent leur marque, notamment Le Droit (1913) et le poste CKCH (1940), sans compter les multiples publications du Centre catholique, devenu Novalis. Enfin, c’est un oblat, le Père Charlebois, qui suscite la création de l’ACFO, dont le secrétaire général est également un oblat, le Père Joyal, de 1934 à 1944. »

« Les jeunes d’aujourd’hui… »

Aujourd’hui, Stéphane Parisien est directeur général et secrétaire des Comtés unis de Prescott-Russell. Mais à l’époque, il était un élève du secondaire qui avait été lauréat du concours oratoire annuel du club Richelieu de Hawkesbury. Nous avions reproduit son discours dans Le Carillon, mais j’ai oublié de noter la date de parution. C’était sans doute au printemps de 1982. Le voici :

Lorsqu’on entend ces trois petits mots au début d’une phrase, on peut parler avec une certaine assurance que le reste de cette phrase va constituer une exagération de taille, soit dans le sens positif ou dans le sens négatif. Les jeunes d’aujourd’hui…

M. le président, membres du jury,
membres du club Richelieu, chers invités

Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas le sens des responsabilités… Les jeunes d’aujourd’hui ne savent pas ce qu’ils veulent, ils ne veulent pas travailler… ils ne savent même pas travailler. Bien sûr, il y a des exceptions à la règle, mais reste qu’ils ne savent pas écrire le français, ils sont toujours en jeans… Bref, on a plus les jeunes qu’on avait.

Mais « non » diront d’autres; les jeunes d’aujourd’hui s’expriment mieux que leurs parents, ils sont plus vrais que leurs aînés, ils sont plus débrouillards, ils sont moins matérialistes, en somme, les jeunes d’aujourd’hui sont des « idéalistes ».

D’ailleurs, comme chacun le sait, il n’y a pas plus d’enfants même si de plus en plus de gens vont à l’école jusqu’à l’âge de trente ans. Les vingt-cinq ans de Pierrot, les trente ans de nos universitaires doutes et doctorats, le p’tit Latrimouille qui est devenu grand, pendant que Bobino et Bobinette n’ont pas changé depuis quinze ans. OÙ commence et OÙ finit cette jeunesse dont on dit tant de mal, dont on dit tant de bien?

D’ailleurs, pourquoi tant de gens s’acharnent-ils à rester jeunes? Au point où on a défini les quarante ans comme la fleur de l’âge! À quel âge le fruit vient-il donc? Il est curieux, certes, d’entendre certaines personnes dire, du même souffle, qu’ils ont le cœur jeune et que les jeunes n’ont pas de cœur.

Les vieux accusent facilement les jeunes de manquer de jugement, mais les jeunes méprisent les vieux pour leurs préjugés. S’agirait-il d’un conflit de générations? Car il faut dire que les jeunes ont aussi une opinion des vieux. Les vieux sont pourris… ils ne comprennent rien, ils sont tous bourgeois et matérialistes, ils sont insupportables, ils ne pensent qu’à l’argent. Ma mère ne comprend rien et, mon père, il n’est pas « parlable ».

Il faut que jeunesse se passe et que vieillesse se tasse… Où bien encore : « C’était beau dans l’ancien temps! On avait le temps de vivre… »

C’est grâce aux vieux si on est ce qu’on est… D’ailleurs, comme chacun le sait, il n’y a plus de vieux, il y a un troisième âge, un quatrième âge et un âge d’or, même si de plus en plus de gens prennent leur retraite à vingt-cinq ans à travers un chèque de bien-être social ou d’assurance-chômage.

Quand commence-t-on à être vieux? Quand on perd ses cheveux, ses illusions, ou autre chose? Quand on acquiert la sécurité, la tranquillité et le confort? À travers tous ces préjugés, toutes ces incompréhensions, se manifeste beaucoup moins de fantaisie que de travers. C’est l’envie qui pousse les adultes et gens d’âges mûrs à accuser les jeunes. C’est l’impuissance qui amène les jeunes à méprises les adultes. Il ne reste pas moins que grands-parents et petits-enfants s’entendent souvent mieux que parents et enfants. C’est une fantaisie qu’on retrouve presque dans chaque famille. Les parents, les gens de quarante ans et cinquante ans seraient-ils les seuls vrais vieux? Ils seraient donc les seuls jeunes et les jeunes seraient au fond aussi vieux que les vieux avec qui ils s’entendent bien! Si la vieillesse est un retour à l’enfance, le retour « d’âge » retourne vers quoi au juste? La morale de l’histoire ; c’est en vieillissant qu’on comprend les jeunes! C’est en restant jeune qu’on aime les vieux!

Le Parc Belmont à Hawkesbury… on y avait songé

C’était trop beau pour être vrai, mais il fallait y croire un peu. « Des discussions sont en cours afin de déménager les installations du parc Belmont à Hawkesbury. » C’est forcément à la une du journal Le Carillon du 7 décembre 1983. Le directeur des loisirs, Michel Major, en avait annoncé la nouvelle. « M. Major a rencontré les dirigeants du Parc Belmont Inc., propriétaire des installations, pendant environ trois heures. ‘Ils ont été très réceptifs à notre proposition au début, puis ils ont posé plusieurs questions’, a-t-il commenté. Avant la construction de La Ronde, le parc Belmont constituait un des lieux d’amusement les plus populaires de Montréal. La réputation du parc dépassait d’ailleurs les limites de cette ville, car les visiteurs venaient des environs pour s’y amuser. » Major avait estimé que le parc Belmont « amènerait 300 000 personnes par année à Hawkesbury ».

« Quant aux chances réelles de déménagement à Hawkesbury, elles seraient favorisées par le climat de dispute qui règnerait entre Parc Belmont Inc. et Montréal au sujet de taxation. Les dirigeants de l’entreprise auraient l’impression que la ville essaie de les anéantir pour favoriser La Ronde qu’elle exploite elle-même. Si le projet se concrétisait, les appareils seraient installés sur la Grande Île, a indiqué M. Major. ‘Ce serait une petite Ronde’ a-t-il ajouté. Les visiteurs accéderaient à l’île par traversier ou autrement, selon les solutions qui seraient éventuellement avancées. » Voilà, l’histoire d’un autre rêve impossible.

* * *

Je vous ai parlé il y a quelques jours du motel ROTEL des clubs Rotary au Centre des sciences de la santé d’Ottawa. Cette fois, dans le journal du 30 novembre 1983, il était question du projet de construction d’un Manoir Ronald McDonald, mais cette fois-ci uniquement à l’intention des enfants qui seraient à l’Hôpital pour enfants de l’Est ontarien, mais dans le même secteur. Une grande campagne avait été organisée dans toute la région afin d’amasser les 800 000 $ nécessaires au projet et l’idée était simplement de vendre des « briques au coût de 5 $ chacune ». C’était une bonne idée. « Pour la somme de 5 $, un individu reçoit un certificat attestant avoir acheté une brique. Un numéro de série sur le certificat, correspondant à un numéro imprimé sur chaque brique, permettra à un donateur de retrouver ‘sa’ brique une fois l’édifice complété. (…) Le Manoir McDonald servira de logement temporaire aux familles de jeunes enfants victimes de la maladie, particulièrement le cancer et la leucémie, qui doivent séjourner pendant quelque temps à proximité de l’hôpital. » Le Manoir est toujours là.

* * *

Un encadré dans le journal du 7 décembre 1983. « Le Journal de Cornwall, fondé par Le Carillon le 26 août 1977, vient de changer de propriétaire. » Le journal avait été « vendu à M. Roger Duplantie pour un montant non divulgué. (…) Il était le directeur général du Journal de Cornwall et était au service de cette entreprise depuis sa fondation. » Aujourd’hui, ce même Roger Duplantie est directeur général de la Compagnie d’édition André Paquette, qui a racheté le Journal de Cornwall en cours de route. Ce journal est toujours publié et il est devenu bilingue comme la plupart des journaux de cette chaîne.

Une nouvelle clinique médicale près du futur hôpital

« Le projet de la clinique médicale près du nouvel Hôpital général de Hawkesbury et la région sera réalisé pour l’automne prochain. » Le Dr Jean-Jacques Bergevin en avait fourni les détails pour un article publié dans Le Carillon du 16 novembre 1983. La clinique regrouperait les bureaux de Bergevin, mais aussi des docteurs Jean Fairfield, François Théorêt (mon médecin de famille quand j’habitais Hawkesbury) et Lowesha Kapijimpanga, le chirurgien attitré de l’HGH. Il y aura aussi une pharmacie. Cette clinique est toujours là d’ailleurs sur le terrain bordé des rues Ghislain, Duplate et Spence.

* * *

Très sympathique bonhomme que ce Laurent Farmer, de Plantagenet. Dans le journal du 16 novembre 1983, il est question de sa retraite comme agronome du comté de Prescott après 36 ans de carrière en agriculture. Il avait aussi été conseiller scolaire pendant une vingtaine d’années. Il avait annoncé qu’il prendrait sa retraite le 31 décembre 1983. « Âgé de 62 ans, il est agronome du comté de Prescott depuis 1951. Il est natif de Sarsfield, d’une famille de 14 enfants. Marié à Micheline Allard, il est le père de cinq enfants. (…) Son premier emploi comme propagandiste en industrie animale à Moncton en 1951 avait été précédé d’un séjour à l’Institut agricole d’Oka. Le poste d’agronome et coordonnateur des programmes agricoles du comté de Prescott lui était accordé ensuite. » Ses patrons du ministère ontarien de l’Agriculture et de l’Alimentation avaient nommé André Pommainville à sa succession, « originaire de Limoges et présentement agronome à North Bay pour le district de Nipissing ». En 1971-1977, André Pommainville avait d’ailleurs été l’adjoint de Laurent Farmer dans le comté de Prescott.

* * *

Il fallait bien donner l’exemple. La nouvelle est dans le journal du 23 novembre 1983. « La Société de gestion André-Paquette a été la première entreprise privée à souscrire à l’idée de meubler une salle du nouvel Hôpital général de Hawkesbury et la région à la suite de la distribution d’une circulaire pour la Campagne de souscription. Le don de 21 125 $ remis lundi servira à meubler la salle de traitements chirurgicaux d’urgence. André Paquette avait déclaré que « nous devions ce don à la population de Hawkesbury qui nous a fait vivre durant les 36 années d’existence du Carillon ». Le don avait été fait au nom « de la famille de Thérèse et André Paquette, ainsi que des employés du journal Le Carillon et de l’Imprimerie Prescott-Russell ». Nous en avions tous été fiers.

* * *

Le téléfilm s’intitulait « The Day After » et illustrait « très graphiquement une minime partie des ravages que ferait une attaque nucléaire mondiale massive ». Il en avait été beaucoup question à l’époque le lendemain de sa diffusion aux États-Unis et partout par la magie de la câblodistribution. Je me souviens de la dernière scène du film. Un chef d’antenne qui décrit la détonation nucléaire comme un incident comme tout autre quelque part en Amérique… pour continuer ensuite son bulletin avec une autre nouvelle. « And life goes on » diraient les Américains! J’en parlais dans le journal du 23 novembre 1983.

L’administrateur Tessier se lance dans la vente immobilière

La nouvelle avait surpris tout le monde et elle fait la une du journal Le Carillon du 2 novembre 1983. « Pierre-Jean Tessier, l’administrateur en chef de la ville de Hawkesbury, vient de remettre sa démission. M. Tessier, 38 ans, laissera son poste le 6 janvier 1984 afin de se lancer en affaires. Il n’a pas voulu préciser où, mais Le Carillon a appris qu’il s’agirait du domaine de la vente immobilière dans la péninsule du Niagara. » Il avait expliqué « qu’il ne s’agissait pas d’une décision spontanée et qu’une chance se présentait à ce stage de sa carrière ». Tessier est aujourd’hui administrateur de la Cité de Clarence-Rockland (note du blogueur : il quittera son poste en juin 2013) et il avait occupé des fonctions identiques au Canton de Gloucester, avant sa fusion avec Ottawa, et au Canton de Russell.

* * *

Je vais vous épargner les détails, mais disons qu’il s’agissait d’une accumulation d’erreurs, ou de mauvaises communications, entourant les cendres d’un bébé décédé peu de temps après sa naissance. Il devait y avoir « inhumation et bénédiction des cendres » un vendredi après-midi à Hawkesbury, mais il y avait tellement de problèmes de communication entre la maison funéraire et le curé, que la cérémonie n’a pas eu lieu comme souhaité. J’avais commenté l’histoire en éditorial et rappelé les difficultés entourant la crémation. Nous sommes il y a 30 ans, ne l’oubliez pas. « Le directeur des funérailles Berthiaume fait état des complications reliées à la procédure de crémation. L’église catholique, par exemple, est encore réticente à accepter les cendres d’un défunt à l’intérieur d’une église. Dans plusieurs cas, c’est strictement interdit; dans d’autres, on tolère la présence de l’urne, mais on ne rend pas hommage aux cendres de la même façon qu’à des funérailles ordinaires. C’est pour cela qu’une cérémonie de bénédiction doit être organisée, souvent à la dernière minute et sans longs préavis. » Je m’étais porté à la défense des intervenants qui n’avaient pu réagir à temps. Disons qu’aujourd’hui, un simple appel de cellulaire aurait réglé bien des inconvénients. Mais il n’y avait pas de cellulaires à l’époque, bien sûr.

* * *

T&P Maltosa… le nom ne vous dit sûrement rien; en fait, j’en avais personnellement oublié l’existence. La société T.P. Company, propriété de Tom Thomas et Chris Poulter, de Montréal, a ses installations de production au coin des rues Laurier et Lansdowne à Hawkesbury. « L’entreprise produit en ce moment des bonbons de cinq saveurs différentes : menthe naturelle, miel pur, orange et citron pourvu de vitamine ‘C’, miel et citron et herbes. Le maltose, ou sucre de malte, constitue le principal ingrédient de tous les types de bonbons. Ce sucre est utilisé à la place de saccarose. (…) Tous les autres ingrédients sont aussi naturels. » Ils avaient réussi à écouler leurs bonbons dans des boutiques d’aliments naturels partout au pays. Je sais que l’entreprise n’est plus à Hawkesbury. On en parle dans le journal du 9 novembre 1983.

* * *

Vous aurez constaté, évidemment, que je fais toujours référence à l’édition du journal Le Carillon dans laquelle j’ai trouvé l’article original que je résume dans mon blogue. Je le fais au cas où un lecteur, aujourd’hui ou plus tard, s’intéresserait au texte intégral. Il suffirait alors de se rendre à la Bibliothèque municipale de Hawkesbury et de demander à consulter les archives du journal. Je crois qu’elles sont toutes sur microfiches.

ROTEL… un motel différent

Le club Rotary était très actif à Hawkesbury et n’avait pas voulu être absent de la campagne des clubs Rotary de la région de la capitale pour leur projet ROTEL, « un motel de 50 chambres qui sera construit au bénéfice de patients externes et des visiteurs au Centre des sciences de la santé d’Ottawa ». Il en est question dans l’édition du 26 octobre 1983 du journal Le Carillon. « ROTEL desservira l’Hôpital pour enfants de l’Est de l’Ontario, le centre de traitement pour enfants handicapés d’Ottawa, le Centre médical de la Défense nationale, la Fondation ontarienne du cancer, l’Hôpital général d’Ottawa, le foyer Rideau pour les anciens combattants et le centre régional de réhabilitation de l’hôpital Royal Ottawa. (…) Une étude complétée en 1981 avait démontré un besoin pressant pour des facilités de logement à court terme. » Ce motel est toujours là d’ailleurs.

* * *

Lu dans une publicité du gouvernement canadien le 26 octobre 1983. « Les nouvelles Obligations d’épargne du Canada rapportent 9 ¼ % la première année et un minimum garanti de 7 % chacune des six années suivantes jusqu’à échéance. (…) Pour l’émission 1982, le taux minimum garanti de 8 ½ % est majoré à 9 ¼ % pour l’année commençant le 1er novembre 1983. Pour chacun des années suivantes jusqu’à l’échéance, le taux minimum garanti de 8 ½ % continue de s’appliquer. Pour toutes les autres émissions en cours, le taux de 10 ½ % s’applique pour l’année commençant le 1er novembre 1983 et continuera de s’appliquer jusqu’à l’échéance. » De tels taux d’intérêt sont plutôt rares de nos jours.

* * *

Voici un type de publicité que l’on voit moins de nos jours. Celle-ci se retrouvait dans le journal du 26 octobre 1983 et avait été payée par le ministère ontarien des Services sociaux et communautaires. Elle s’intitulait « On recherche : parents nourriciers, beaucoup de temps, de travail et de satisfaction ». J’en parle parce que mon père et ma mère étaient des parents nourriciers. Ma mère ne voulait pas que je grandisse seul, mes frères et mes sœurs étant beaucoup plus âgés que moi, et elle avait l’âme généreuse. Elle n’a pas accepté d’autres jeunes après mon départ pour le petit séminaire. Et bien sûr, elle n’avait pas un travail l’extérieur du foyer comme la grande majorité des mères contemporaines. En rétrospective, je comprends mieux comment sa tâche a pu être difficile.

« Être parent nourricier n’est pas une tâche facile. C’est un travail à plein temps. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Souvent frustrant, exigeant toujours beaucoup de patience, d’énergie et d’amour.

Pourtant, malgré toutes ces exigences, ou peut-être à cause de toutes ces exigences, des milliers de personnes prennent chez elles, chaque année, des enfants nourriciers.

Certains sont des enfants, d’autres des adolescents. Certains ont des besoins particuliers, d’ordre physique ou émotionnel. Mais ils ont tous une chose en commun : un besoin de sécurité et d’une place dans la société qui les aidera à traverser une période difficile de leur vie et les préparer à retourner vivre dans leur famille.

Partager avec un enfant ou une jeune personne certaines des qualités dont vous êtes doté est une expérience des plus satisfaisantes. En tant que membre de l’équipe d’assistance sociale et d’autres professionnels, votre rôle sera d’aider ces enfants nourriciers et leurs parents lorsqu’ils auront le plus besoin de votre aide. Par la même occasion, vous contribuerez vous-même à votre enrichissement.

Pour en savoir plus sur la façon de devenir parent nourricier, contactez la Société d’aide à l’enfance ou les Services aux familles et enfants de votre localité.

Ce n’est pas une tâche facile. Il existe peu de tâches qui soient plus difficiles, mais il en existe encore moins qui donnent plus de satisfaction. »

Les élus à la télé locale pour une première fois

C’était un moment historique; du moins c’est sur quoi avaient insisté les élus municipaux. J’y étais. Les membres du Conseil municipal de Hawkesbury avaient accepté d’accueillir les caméras de Câble-Vision Hawkesbury pour la télédiffusion de leurs délibérations. C’était une première. La séance du Conseil du lundi avait été enregistrée pour diffusion le mercredi suivant. J’avais commenté le tout à la une du journal Le Carillon du 26 octobre 1983. Aujourd’hui, la télédiffusion est en direct. Voici donc mon commentaire de l’époque pour votre bon plaisir… et le mien :

« C’est un moment historique que vivront ce soir les citoyens de la ville de Hawkesbury. Ils pourront suivre, pour la première fois, les délibérations de leur Conseil municipal dans le confort de leur salon, grâce à cette ‘merveille’ (!) qu’est la télévision.

Ce qu’ils verront sera davantage un ‘spectacle bien monté’ plutôt qu’une image réelle de ce qu’est habituellement une réunion du Conseil municipal. Mais ça devrait être très intéressant, si j’imagine le ‘produit final’. Nous ne savons malheureusement pas, au moment d’écrire ces lignes, quel format prendra l’émission : diffusion intégrale ou extraits seulement?

Les membres du Conseil – ils étaient huit, le conseiller Edward Mullin étant malade et manquant une réunion pour la première fois en douze ans (comme le signalait le maire Laurent Cayen, pour le besoin des téléspectateurs).

Donc, 19 heures, silence! lumières! on tourne! Dès le départ, dérogation à la procédure. Le Seigneur passe en deuxième; en premier, le ‘parrain’ de cette initiative, le conseiller Claude Demers, qui explique ce qui se passe et qui souhaite le ‘feedback’ des citoyens.

Le reste sera la plupart du temps très drôle pour ceux qui sont habitués à les observer. Vers le milieu de la soirée, les élus sont eux-mêmes de plus en plus conscients que la session est inhabituelle. Ils fonctionnent pour les besoins de la télévision et ce sera probablement ainsi pour les deux ou trois prochains mois, avant que le ‘naturel revienne au galop’.

Heureusement pour les téléspectateurs, les membres du Conseil ont eu la ‘grande sagesse’ (pour emprunter une expression que vous entendrez prononcer par le sous-préfet Jean-Guy Parisien au cours de l’émission de ce soir) d’utiliser une procédure qui rendra la compréhension plus facile pour les citoyens. Ainsi, les procès-verbaux sont résumés. Mais vous entendrez seulement ce que les conseillers auront jugé bon de vous faire entendre. Ce serait en effet beaucoup trop onéreux en temps de relire tous les procès-verbaux et tous les documents qui accompagnent normalement les délibérations. L’objectif est évidemment d’encourager maintenant les citoyens à se déplacer et se rendre sur place écouter et suivre les procédures. Les fonctionnaires efficaces ont toujours des copies des procès-verbaux à la disposition des gens de la salle. Malheureusement, la salle est presque toujours vide.

Nous vous suggérons de regarder en prêtant, en même temps, une oreille attentive aux divers commentaires. Plusieurs, qui s’étaient manifestement préparés en fonction du ‘moment historique’, en ont profité pour diriger quelques boutades et placer certains de leurs collègues ou un chef de département dans une drôle de position.

Quelques exemples! Le sous-préfet Parisien qui suggère d’organiser un marché aux puces ‘style prématernelle’ pour payer le ‘party de Noël’ municipal. La ‘promotion’ du conseiller Kenneth Gray pour le projet d’aéroport municipal. La réplique des conseillers aux remarques du président de la Chambre de commerce publiées dans Le Carillon de la semaine dernière. La remarque du maire Cayen à l’effet qu’on ‘a assez de Claude qui ont une influence sur les employés de la ville’, se référant à une boutade du conseiller Jean-Pierre Picard sur la présence au procès-verbal du mot ‘claude A’ au lieu de ‘clause’. Sans oublier le rappel du maire, encore une fois, disant que ‘nous sommes conseillers pour toute la ville et pas seulement une section’. Remarquez aussi son insistance sur les mots ‘rue Principale-Est’, pour donner la chance à ses collègues de ramener sur le tapis le sujet épineux des services d’égouts et d’eau dans la rue Principale-Est.

Et, finalement, sans doute dans le but d’inclure dans ce ‘moment historique’ le seul citoyen qui suit toutes les réunions régulières du Conseil, le conseiller Jean-Pierre Picard a adressé un message de félicitations au journal Le Carillon pour son édition ‘Progrès chez-nous’, mais il en a aussi profité pour ‘remettre à sa place’ votre humble serviteur qui ignorait que le comité industriel pouvait piger dans la réserve de 70 000 $, procurant ainsi un budget de quelque 90 000 $ au lieu de 10 000 $ 20 000 $.

Ah! oui! j’allais oublier! Je ne me suis pas autant amusé à couvrir le Conseil depuis les ‘beaux temps’ du maire Philibert Proulx… Ne manquez pas l’émission de ce soir; c’est le Conseil à son meilleur (je le dis sans arrière-pensée). »

En fait, Câble-Vision n’avait diffusé que des extraits (trois des six cassettes vidéo) et certains éléments n’avaient plus de sens à cause du contexte manquant. Par suite des pressions et des plaintes, Câble-Vision avait donc diffusé la réunion intégrale le 2 novembre. Je n’avais reçu de réactions de personne!

« La Patente »… une société secrète

Quand j’étais plus jeune, l’Ordre de Jacques-Cartier se retrouvait parfois dans des reportages et des articles de journaux parce que son existence était alors connue. En fait, l’ordre est disparu l’année où j’entreprenais ma longue carrière en journalisme franco-ontarien. L’Ordre était un organisme au service de la francophonie canadienne. Dans l’édition du 19 octobre 1983 du journal Le Carillon, nous avions reproduit une « chronique historique de la Société des écrivains canadiens » qui racontait justement l’histoire de l’Ordre. Chaque jour, quand je regarde de la fenêtre de mon condo, je vois cette église Saint-Charles, bordée de la rue Barrette, dont il est fait mention :

« C’est le 22 octobre 1926, au presbytère de la paroisse Saint-Charles d’Ottawa et sous l’instigation du curé F.X. Barrette, que l’Ordre de Jacques-Cartier voit le jour. Assez curieusement, les livres et règlements d’initiation du nouvel organisme secret sont basés sur ceux des francs-maçons, les éléments catholique et francophone y étant évidemment incorporés.

L’Ordre de Jacques-Cartier, mieux connu sous le nom de ‘La Patente’, demeure au service des Canadiens-français d’un bout à l’autre du pays. Au moment de son apogée, il est constitué de 504 noyaux regroupés sous 60 conseils régionaux œuvrant dans pas moins de 1 140 municipalités. La Patente renseigne les siens au sujet de postes-clés dans la Fonction publique, favorise des candidats canadiens-français lors des élections et exerce des pressions à l’occasion, pour la nomination de certains curés. Pronationaliste, l’Ordre appuie le gouvernement Duplessis et regroupe des membres de toutes les professions : avocats, médecins, fonctionnaires, ouvriers et journalistes. D’illustres personnalités y adhèrent, notamment le cardinal Léger, le maire Jean Drapeau, le syndicaliste Jean Marchand et le journaliste André Laurendeau.

La Patente disparaît en février 1965, alors qu’une nouvelle forme de nationalisme s’implante. »

Il y avait forcément des membres de l’Ordre à Hawkesbury et dans la région, mais son caractère « secret » était bien enraciné.

* * *

« Le scénario le plus noir imaginé par les autorités de la ville de Hawkesbury à la suite de la fermeture de l’usine locale de la Compagnie internationale de papier, le 1er décembre dernier, a été dépassé par la triste réalité. » La mauvaise nouvelle se retrouve dans le journal du 26 octobre 1983. « La Cour de révision a accordé à la CIP une baisse d’évaluation plus considérable que prévu, ce qui fait que les pertes de revenus fonciers pour la ville et les différents corps publics des comtés unis se chiffrent par 825 758,94 $. La CIP a obtenu de la Cour de révision une baisse d’évaluation de 2 507 265 $, ce qui a réduit sa facture de taxes pour 1983 de 1 134 357,61 $ à 308 596,67 $ pour l’année courante. » C’est de l’argent qui ne reviendrait pas autrement et qu’il faudrait combler dans les budgets municipaux et scolaires.

* * *

Là, je m’adresse à un lectorat d’un certain âge et nécessairement de Hawkesbury. C’est un paragraphe de ma chronique du 26 octobre 1983 : « Hawkesbury vient de perdre un autre de ses citoyens bien connus. Eugène Leblanc, connu surtout dans le monde sportif de jadis et pour son travail au sein du syndicat de la CIP, est décédé hier matin. Sa voix toujours calme et son éternel sourire restent gravés dans la mémoire de ceux qui l’ont connu. »

Un record mondial pour les gars d’Eastern Steelcasting

Six jours, 17 heures et 53 minutes. Ce n’était pas rien. En fait, c’était un record mondial établi par les employés de l’usine Eastern Steelcasting de la société Ivaco à L’Orignal. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 12 octobre 1983, « les employés ont fait fonctionner leurs machines sans arrêt pendant presque sept jours jusqu’à vendredi pour ainsi établir un nouveau record mondial de production consécutive de billettes d’acier ». Le précédent record de « 5 jours, 20 heures et 7 minutes » était détenu par une aciérie japonaise et « avait été établi il y a trois ans » et comme le précisait l’article « ordinairement les machines fonctionnent cinq heures consécutivement ». Les employés avaient été tellement fiers de leur réussite qu’ils s’étaient fait photographier fièrement en équipes et devant leurs hauts-fourneaux. Je ne sais pas si ce record tient encore; avec les nouvelles technologies, j’imagine que non.

* * *

Le centre écologique de la CIP à Harrington était un endroit intéressant pour mieux apprécier ce qu’offre une forêt. C’était aussi, bien entendu, un centre de recherche forestière pour cette société de production de pâtes et papiers. La CIP avait acheté 80 hectares de terres afin d’y aménager un « verger de reproduction », dans lequel « on planterait des épinettes noires et pins gris de qualité supérieure ». Il faudrait évidemment patienter de nombreuses années avant de pouvoir récolter les « cônes de ces arbres en vue de les acheminer vers ses diverses plantations à travers le pays ». Trente ans plus tard, je me demande ce qu’il est advenu de cette nouvelle plantation à Harrington. Il faudra que j’y aille faire un petit tour un beau dimanche d’été.

* * *

Trente ans plus tard, le même message est répété dans des publicités et dans des campagnes diverses. Manifestement, le travail reste toujours énorme pour changer les mentalités. Le ministère de la Santé de l’Ontario et l’Association canadienne pour la santé mentale publiaient cette annonce dans le journal du 19 octobre 1983. Le voici, simplement pour démontrer que l’acceptation des maladies mentales est un message qu’il faut sans cesse répéter :

« ‘Je suis content que mon père ait été malade l’an dernier. Il est chanceux. D’après ce que je peux comprendre, s’il avait été malade il y a vingt ans, il n’aurait peut-être jamais pu revenir à la maison. Je suis content que les choses aient changé. Avant tout, je suis content qu’il soit de retour à la maison avec ceux qu’il aime. Après tout, c’est son chez-soi.’

Les choses ont beaucoup changé ces derniers vingt ans. Les gens acceptent plus en plus en plus le fait qu’une maladie mentale est avant tout… une maladie. Ce n’est pas être possédé du démon. Ce n’est pas un mystère ni une chose inexplicable: c’est une maladie.

Nous avons finalement compris que la santé mentale est quelque chose qu’on ne peut tenir pour acquis. (Un Canadien sur six reçoit de l’aide psychiatrique au cours de sa vie.)

Et ce qui est encore plus important, nous avons compris que les personnes qui recouvrent la santé après avoir souffert de troubles émotifs peuvent redevenir des membres productifs de la société.

Les choses ont changé… et les 4 000 membres de l’Association canadienne pour la santé mentale en Ontario espèrent du fond du cœur que les attitudes face à la santé mentale continueront à évoluer de manière positive. On espère que de plus en plus de Canadiens comprendront le rôle essentiel que jouent les services d’hébergement et les possibilités d’emploi pour ceux qui relèvent des maladies mentales.

Nous croyons qu’avec le temps, le stigmate qui entoure les maladies mentales, fondé surtout sur la peur et l’ignorance, deviendra une chose du passé. »

Voilà. C’était le message d’il y a 30 ans et qui est toujours pertinent. Dans le quotidien La Presse du 14 février dernier, il y avait un long article sur les pertes encourues par les entreprises à cause des maladies mentales, ce qui ne contribue en rien à déculpabiliser ceux et celles qui en souffrent et que ne facilite pas la compréhension par leurs collègues de travail. En fait, je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai lu un article sur les effets néfastes du simple rhume ou de la grippe sur les finances des entreprises pourtant causes fréquentes d’absentéisme.

En passant, les maladies mentales sont la cause de prédilection de mon ancien employeur, la Société canadienne des postes… Postes Canada pour les intimes.

Osie Villeneuve avait 77 ans

« Le député de Stormont-Dundas-Glengarry à Queen’s Park, M. Osie F. Villeneuve, est décédé dimanche d’une crise cardiaque, à l’âge de 77 ans. M. Villeneuve, le plus ancien membre et aussi le plus âgé de l’Assemblée législative ontarienne, est décédé peu de temps après la tenue d’un banquet honorant ses 35 années de carrière politique. Il était un personnage très influent auprès du Parti progressiste-conservateur malgré le fait qu’il ait toujours préféré conserver un rôle effacé de député d’arrière-ban. » Son décès est l’objet d’un article dans Le Carillon du 28 septembre 1983.

« Il a siégé pendant 29 ans à Queen’s Park et pendant six ans sur la Colline parlementaire comme député fédéral, après avoir entrepris sa carrière politique en 1947 en se faisant élire comme préfet du village de Maxville. L’année suivante, il était élu pour la première fois à Queen’s Park et devait remporter les deux élections subséquentes dans sa circonscription. En 1957, il fut élu député de la circonscription de Glengarry-Prescott sur la scène fédérale lors du balayage Diefenbaker et réélu en 1958. Défait en 1963, il fit un retour, la même année, sur la scène politique provinciale et fut réélu depuis à cinq reprises avec des majorités confortables. Dans sa circonscription de Stormont-Dundas-Glengarry, il était considéré comme indélogeable, au point qu’en 1981, un an après avoir annoncé officiellement sa retraite le premier ministre William Davis fit appel à lui pour s’assurer que la circonscription de passe pas aux mains de l’Opposition. »

Osie Villeneuve n’avait de francophone que le nom; il était un anglais de cœur. Je lui ai toujours reproché son intervention en coulisses pour empêcher Saputo de venir construire une nouvelle fromagerie à Hawkesbury. C’était assurément un redoutable politicien de coulisses. Son successeur sera un autre Villeneuve… Noble Villeneuve.

* * *

« Yvan Joly a abandonné tout espoir de percer un jour dans la Ligue nationale de hockey lorsqu’il a quitté le camp d’entraînement des Whalers à Hartford pour poursuivre sa carrière de hockeyeur en Italie. » Ce paragraphe d’un long article dans le journal du 28 septembre 1983 mettait ainsi fin à une longue saga depuis qu’il avait été repêché par les Canadiens de Montréal quelques années auparavant.

* * *

Le 22 septembre 1983, la succursale de Grenville de la Banque de Montréal devait fermer définitivement ses portes en fin de journée. Et voilà que vers 16 h 30 cet après-midi-là, « deux motards portant un casque à visière ont sommé une quinzaine de personnes dans l’édifice, dont sept à huit clients, de se coucher par terre, à la pointe de révolvers. Pendant que l’un tenait ses otages en joue, l’autre malfaiteur soulageait les tiroirs-caisses de la banque. » La nouvelle faisait la une du journal du 5 octobre 1983. « La somme volée n’a pas été divulguée. »

* * *

Depuis le rapatriement de la constitution canadienne, le Canada avait sa Charte des droits et libertés. Il n’était donc que question de temps avant que le Québec, « distinct » évidemment, ait la sienne. Ce qui fut fait officiellement le 1er octobre 1983. Les grandes lignes avaient été publiées dans le journal du 5 octobre 1983.