Le programme alternatif allait trop bien

L’idée était assez simple. « La clientèle du programme est généralement issue des élèves qui ont quitté prématurément l’école, avant l’obtention de leur diplôme, des jeunes adultes ou des gens plus âgés. Ce diplôme obtenu individuellement peut ensuite leur ouvrir de nouvelles portes sur le marché du travail. » Il s’agissait du programme dit alternatif et il était offert depuis quatre années par le Conseil d’éducation de Prescott-Russell. Mais dans Le Carillon du 14 décembre 1983, on apprend que le « programme serait menacé à la suite du changement de politique du ministère de l’Éducation ». Plus de 1000 personnes étaient inscrites au programme dans les six écoles secondaires des comtés unis de Prescott et Russell : 333 à Hawkesbury, 238 à Plantagenet, 215 à Casselman, 203 à Rockland, 150 à Vankleek Hill et 43 à Embrun. « Le service offre une approche nouvelle à quiconque désirait compléter son cours secondaire de façon individuelle, à son propre rythme, tout en bénéficiant de l’enseignement personnalisé dans chaque matière offerte dès que la personne inscrite en ressent le besoin. » La nouvelle politique du ministère réduisait considérablement les subventions accessibles pour le financement d’un tel programme et la décision était rétroactive, c’est donc dire que le Conseil d’éducation devait « respecter les engagements pris auprès de la clientèle scolaire du programme alternatif », mais trouver l’argent dans son budget ordinaire. Heureusement, la politique ne touchait pas le financement des programmes d’éducation permanente, mais le service personnalisé disparaîtrait.

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Le Conseil municipal de Hawkesbury avait autorisé un ramoneur de Granby, Yvon Ouellette, à offrir ses services dans la ville jugeant que c’était un service dont profiteraient assurément les citoyens. Leur décision a fait réagir un ramoneur de L’Orignal, « se qualifiant de local », qui trouvait que ce serait de la concurrence déloyale. Norman Doucet avait exercé des pressions à plusieurs niveaux afin de faire infirmer cette décision. Mais comme on l’apprend dans le journal du 14 décembre 1983, le ramoneur de Granby n’avait pas besoin d’autorisation du Conseil pour venir offrir ses services à Hawkesbury, ce qu’avait expliqué le conseiller juridique Edmond Woods. « Le ramoneur du Québec exige des frais de 8 $ pour une maison d’un étage et de 12 $ pour une de deux étages. » Quant à Doucet, « il exige pour sa part 38 $ pour le même travail. À son avis, il est impossible qu’il puisse payer l’essence pour son ou ses camions, l’équipement de ramonage et le salaire d’au moins un employé à ce tarif. » Selon un site Web, en 2010, il en coûtait 59 $ pour une maison d’un étage et 69 $ pour une de deux étages. À tout considérer, le taux de 38 $ semblait cher pour il y a 30 ans.

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Un petit brin d’histoire dans une chronique historique de la Société des écrivains canadiens dans le journal du 14 décembre 1983, cette fois sur l’arrivée des Oblats et leur rôle auprès de la francophonie ontarienne. La voici :

« Parmi les communautés religieuses les mieux connues en Ontario français, les Oblats de Marie-Immaculée occupent certes une place de choix. Les premiers missionnaires envoyés au Canada arrivent le 2 décembre 1841, à Saint-Hilaire (Québec); ils s’installent plus tard à Montréal, puis à Bytown (Ottawa) dès 1844. Leur supérieur Joseph Eugène Bruno Guigues est d’ailleurs nommé évêque de Bytown trois ans plus tard.

Mgr Guigues s’occupe activement de colonisation; aussi les Oblats sillonnent-ils toute la vallée de l’Outaouais, depuis le comté de Prescott jusqu’au chantier de Mattawa. Missions, dessertes et paroisses voient le jour sur le passage des Pères Oblats, que ce soit à Saint-Isidore, L’Orignal, Embrun, Mattawa, Hearst, Moonbeam, Kapuskasing, Timmins ou Oshawa.

Les fils de Mgr de Mazenod, leur fondateur, s’intéressent aussi à l’éducation et aux communications. Leur collège à Bytown devient l’Université d’Ottawa et nombre d’entreprises de presse portent leur marque, notamment Le Droit (1913) et le poste CKCH (1940), sans compter les multiples publications du Centre catholique, devenu Novalis. Enfin, c’est un oblat, le Père Charlebois, qui suscite la création de l’ACFO, dont le secrétaire général est également un oblat, le Père Joyal, de 1934 à 1944. »

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