Boudria! C’est qui lui?

« La vie d’un député de l’Opposition n’est pas toujours facile, on en convient facilement, surtout lorsque les électeurs qu’il est censé représenter refusent de faire appel à ses services. » Il ne faut pas oublier qu’avant l’élection du libéral Don Boudria, les comtés avaient été représentés par des conservateurs, Louis Cécile puis Albert Bélanger… deux longues dynasties.

Charles Burroughs consacre une grande partie de sa chronique du 28 décembre 1983 dans Le Carillon au fait qu’on ne semble pas vouloir n’accorder aucun crédit à Boudria dans la région. Le jeu de coulisses en était ridicule tellement il était évident.

« La campagne électorale en vue de la prochaine élection provinciale est déjà amorcée et fonctionne à pleine vapeur, du moins du côté des progressistes-conservateurs, et le député libéral Boudria en subit les répercussions à tous les coins de rue. C’est du moins l’impression qu’on obtient quand on observe de près les agissements des dirigeants de la plupart des municipalités de Prescott-Russell.

Il appert en effet, à ce stade-ci, que les élus municipaux font des pieds et des mains pour reléguer le député libéral aux oubliettes et pour aider les conservateurs à reconquérir le territoire perdu lors de la défaite du député J.-Albert Bélanger, il y a près de deux ans. Le fait que deux maires (Laurent Cayen de Hawkesbury et Gaston Patenaude de Russell) sont déjà sur la liste des candidats possibles du PC n’est sûrement pas étranger à cette attitude.

Pour les élus municipaux, le mot d’ordre est le suivant : pas de crédit pour Boudria; passez plutôt par l’antichambre du pouvoir.

Majoritairement d’allégeance conservatrice, c’est un fait connu, les maires des différentes municipalités de la région ont entrepris d’ignorer complètement le député de l’Opposition lorsqu’il s’agit d’obtenir des faveurs de Queen’s Park. Pour ce faire, on a la plupart du temps recours aux services des députés conservateurs des circonscriptions voisines, ou encore à ceux des hauts placés du Parti progressiste-conservateur local, pour obtenir les importants rendez-vous avec les ministres les plus influents du cabinet Davis. Ces derniers, de toute façon, ne se font pas tordre les bras pour jouer complices, le plus notoire d’entre eux étant sans contredit le ministre des Affaires municipales et du Logement, M. Claude Bennett, qui s’est proclamé lui-même le protecteur de Prescott-Russell depuis le départ du député J.-Albert Bélanger.

M. Bennett, qui ne s’est jamais fait prier pour soigner sa publicité personnelle, est celui qui annonce pratiquement toutes les ‘bonnes nouvelles’ touchant la circonscription. Et les autres ministres ne se font pas prier pour l’imiter non plus.

Malheureusement, il semble aussi que ce sont les contribuables de la région qui sont les plus perdants dans cette souque à la corde politique. La circonscription, selon certaines sources dignes de foi, aurait perdu d’importantes subventions l’an dernier parce que le gouvernement ne voulait pas que le député Boudria s’en approprie le crédit. »

La stratégie des conservateurs n’a pas fonctionné. Le parti n’a jamais repris la circonscription depuis plus de 30 ans.

* * *

« Une religieuse originaire de L’Orignal, connue pour son dévouement inlassable auprès des malades et des alcooliques de la région d’Ottawa, vient d’être décorée de l’Ordre du Canada. Sœur St-Bertrand, qui a passé la majeure partie de ses 48 ans de vie religieuse à travailler dans des hôpitaux de la région de la Capitale, et fondatrice en 1969 de la Maison de la Sérénité, un centre de réhabilitation pour alcooliques, s’est retrouvée parmi les 68 Canadiens récipiendaires de l’Ordre du Canada, la plus haute distinction au pays. Elle avait été proclamée, pour les mêmes raisons, la Citoyenne de l’année à Ottawa, en 1981. Née Thérèse Bertrand, le 23 octobre 1918, Sr St-Bertrand est entrée en religion chez les Sœurs de la Charité d’Ottawa (alors les Sœurs Grises de la Croix) en 1935. Elle est la fille de feu Jean-Baptiste Bertrand et de feue Luména Lanthier, de L’Orignal. (…) Maintenant âgée de 75 ans, elle consacre encore une partie de ses énergies à la pastorale au Centre de santé Elizabeth-Bruyère, tout en continuant les visites des malades et des vieillards à domicile. »

C’était dans le journal du 28 décembre 1983 et je tiens pour acquis qu’elle nous a quittés il y a quelque temps.

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