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Les catastrophes et les nouvelles technologies

par Alain Guilbert

Depuis quelques jours déjà, tous les yeux sont tournés et les oreilles sont tendues vers le Japon, victime d’un de plus violents tremblements de terre de l’histoire, le tout doublé de l’un des plus puissants tsunamis jamais vus dans le monde. Au moment d’écrire ces lignes, on établissait le nombre des victimes à plus de 10 000, les dommages matériels à des dizaines de milliards de dollars, et notre attention était en même temps portée sur de possibles accidents dans les centrales nucléaires du pays du Soleil Levant.

Presque 24 heures sur 24, les experts se succèdent sur les canaux de nouvelles à information continue (genre RDI, LCN, CBC World News et autres). On nous explique comment se forment les tremblements de terre, les tsunamis; comment fonctionnent les centrales nucléaires. Et ensuite, on spécule sur ce qui « pourrait se produire ». Personne ne le sait, mais tout le monde à son opinion sur le sujet. On nous présente des images, bien souvent spectaculaires, voire dramatiques. Mais heure après heure, ce sont souvent les mêmes images, surtout lors des premiers jours après le drame. Aux canaux de langue française, on interviewe toute personne sur place qui parle cette langue. Somme toute, on nous sature d’informations.

Pourtant, sauf pour les dangers d’explosion ou de fuite nucléaire, ce n’est pas une si grave tragédie si on la compare avec d’autres semblables survenues au cours des 40 dernières années.

L’une en particulier, dont je me souviens très bien (parce que j’étais un jeune chef de nouvelles dans un journal quotidien), s’est produite en 1970 au Bengladesh, un pays qui a la particularité d’être situé, en grande partie, sous le niveau de la mer. Un tsunami avait fait 500 000 victimes (oui, un demi-million de personnes avaient perdu la vie dans cette catastrophe). Le chiffre était tellement gros qu’on avait peine à y croire, peine à l’imaginer même. La nouvelle de la catastrophe a fait la première page des journaux pendant un jour ou deux… puis on est passé à autre chose. Bien sûr, à cette époque, il n’y avait pas de canaux de télévision à information continue, il n’y avait pas de correspondants étrangers dans un pays aussi pauvre et aussi éloigné, il n’y avait pas d’ordinateurs, de caméras et d’appareils photos numériques, de satellites pour transmettre à distance, et encore moins de téléphones intelligents, de réseaux Facebook et Twitter. Quand une catastrophe se produisait ailleurs dans le monde, on n’avait pas le réflexe d’y dépêcher aussitôt des hordes de journalistes, de photographes et de caméramans. On ne sait pas ce qu’ils auraient pu faire sur place, et surtout comment ils auraient pu transmettre le fruit de leur travail : textes, photos, images. Cette tragédie du Bengladesh s’est produite il y a à peine 40 ans!

D’autres tragédies aussi importantes sont survenues ailleurs. En 1976, dans le nord-est de la Chine, un tremblement de terre a secoué la ville minière de Tangshan et a fait
265 000 morts en plus de 165 000 blessés graves. Il s’agit de chiffres « officiels » publiés par un gouvernement qui n’est pas reconnu pour son ouverture à l’information. Des estimés moins officiels, mais probablement plus réalistes, font état de 655 000 morts.

En Afrique, une sécheresse qui s’est prolongée de 1981 à 1984 faisait jusqu’à
20 000 victimes par mois. Au total, on parle de plus d’un million (1 000 000) de personnes décédées, en majorité des enfants. Et on pourrait parler d’une autre inondation qui s’est produite au Bengladesh en 1991, laissant 139 000 morts sur son passage.

Nous sommes certainement plus familiers avec le tremblement de terre et le tsunami qui avaient fait entre 235 000 et 285 000 victimes à la fin de l’année 2004 dans un vaste territoire englobant l’Indonésie, l’Inde, le Sri Lanka, la Thaïlande, la Malaisie et autres pays environnants, de même qu’avec le tremblement de terre en Haïti en janvier 2010, lequel avait fait plus de 220 000 victimes. Pourquoi sommes-nous plus familiers avec ces tragédies? Tout simplement parce que les chaînes de télévision à information continue y avaient dépêché de nombreuses équipes, et aussi parce que les journaux quotidiens, ne voulant pas être en reste, avaient aussi fait de même. Résultat pendant des jours et des semaines, les médias d’information se concentrent sur ces catastrophes, y consacrant des centaines d’heures et de pages. Il vient même un point où nous sommes tellement saturés d’information que nous imaginons ces catastrophes plus grandes qu’elles ne le sont en réalité.

Avant l’arrivée des nouvelles technologies, nous étions plutôt mal informés sur l’ampleur de ces drames. Mais aujourd’hui, nous le sommes peut-être trop. En déployant toutes leurs ressources pendant des jours et des semaines sur ces catastrophes, les médias déforment possiblement la réalité. Trop d’information, est-ce mieux que pas assez?

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La chaise berçante raconte

Celui-ci remonte au 5 mai 1985. Ce pourrait quasiment être un de mes « portraits d’objets ».

Pendant de nombreuses années
J’ai bercé des petits bébés;
Quelquefois il fallait se taire,
Car près de moi dans le vieux ber,
Bébé venait de s’endormir,
On n’entendait plus que des soupirs.
En les berçant, j’ai consolé
Tous ceux qui venaient de pleurer.

Puis quand le soir arrivait
C’était le père qui se berçait
Il chantonnait en souriant
À la grande joie des p’tits enfants.
Maintenant je suis moins occupée,
On a voulu me remplacer
Par des jouets dispendieux
Qui pourtant ne font pas d’heureux.

Ah! que de secrets j’ai entendus!
Mais de ça n’en parlons plus…
Mes bras vous sont grands ouverts,
Je n’ai rien d’autre chose à faire,
Que balancer et reposer
Nos bons vieux devant la T.V.
Mais je veux vivre encore longtemps
Pour bercer les petits enfants.

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Le Conseil de Hawkesbury ne veut pas d’enquête sur un de ses membres

L’histoire avait commencé banalement par un petit entrefilet (un encadré d’environ deux pouces de hauteur sur une largeur d’une colonne) en page 22 de l’édition du 2 septembre 1965 du journal Le Carillon. Cette publicité mystérieuse avait été payée par trois élus du Conseil municipal de Hawkesbury.

L’encadré disait ceci : « Nous, Philibert Proulx, Denis Guilbault et J. Claude Drouin, échevins de la Ville de Hawkesbury, ne voulons pas être tenus responsables pour aucun matériaux des terrains appartenant å la Corporation de la Ville de Hawkesbury, Ontario, qui furent enlevés et déposés sur la ou les propriétés appartenant à aucun membre du même Conseil. » L’avis est daté du 30 août.

Dans l’édition du 21 octobre, le fond de cette histoire fait surface à la une du journal, sous le titre : « Le Conseil de Hawkesbury s’oppose à la tenue d’une enquête sur les agissements d’un de ses membres ».

Le conseiller en question était Albert Giroux et c’est le conseiller Philibert Proulx qui avait demandé l’enquête judiciaire, un des trois qui avaient fait paraître l’avis du début de septembre. Les quatre conseillers qui avaient voté contre une telle enquête étaient d’avis que de la terre transportée sur un terrain de M. Giroux, en fin de compte, en augmenterait la valeur et que la Ville en retirerait donc plus d’impôts fonciers. En échange de ce remplissage, le personnel de Dibblee Construction, l’entreprise qui effectuait les travaux d’infrastructure, pourrait se stationner sur le terrain de M. Giroux.

Dans un éditorial à la une dans l’édition du 28 octobre, l’éditeur André Paquette déplore cette situation, expliquant, entre autres, que l’enquête aurait pu aussi bien disculper
M. Giroux que le trouver coupable de méfaits.

Et dans l’édition du 4 novembre, un article rapporte que le conseiller Denis Guilbault, un autre signataire de la publicité du 2 septembre, a remis sa démission justement parce que le Conseil a refusé l’enquête. Il écrit dans sa lettre : « C’est comme geste de protestation formelle que j’ai présenté ma démission et pour prouver à mes supporteurs que je ne puis me faire complice d’agissements qui sont, à mon avis, contraires aux intérêts de tous les payeurs de taxes de Hawkesbury. »

Comme vous voyez, les problèmes semblables dans nos municipalités un peu partout n’ont rien de nouveau. Mais dans le temps, des membres du Conseil n’hésitaient pas à défendre un des leurs. Bien sûr, l’immoralité se reflétait sur eux aussi. Mais ils semblaient s’en foutre. Leur slogan : « Si tout le monde le fait, fais-le donc! »

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Le hockey… un sport malade!!!

par Alain Guilbert

Je ne peux laisser passer l’incident Zdeno Chara contre Max Pacioretty sans y ajouter mon grain de sel, même si des tonnes de pages ont déjà été noircies et que la plupart des stations de radio et de télévision ont été saturées de commentaires de toutes sortes. Chara a-t-il volontairement voulu BLESSER Pacioretty? Bien difficile de répondre à cette question, mais chose certaine, il voulait le « planter » et « lui faire mal ». Les images de l’incident présentées des dizaines de fois au ralenti l’établissent clairement.

Mais pourquoi alors le géant des Bruins de Boston n’a-t-il pas été puni sévèrement? Pourquoi n’a-t-il pas eu la moindre suspension? Mon explication: c’est tout simplement que le hockey, celui de la Ligue nationale surtout, et celui des ligues mineures qui prennent les professionnels comme modèles, est MALADE. Et cela, depuis bien longtemps.

À l ‘exception des sports de combat comme la boxe, la lutte et autres de ce genre, aucun sport ne tolère la bataille et la violence. Le football (soccer), sport le plus populaire et le plus pratiqué au monde (même si le football n’a pas de tradition au Canada, on y compte beaucoup plus d’adeptes chez les jeunes que le hockey) ne tolère même pas un croc-en-jambe. Si un joueur en fait trébucher un autre, il reçoit un carton rouge, est expulsé du match en cours et automatiquement suspendu pour le match suivant. Si l’infraction se produit près des buts adverses, l’équipe victime de l’infraction a même droit à un lancer de punition. Et le joueur expulsé du match ne peut être remplacé par un coéquipier même s’il reste 30, 40, 60 ou davantage de minutes à jouer. Inutile de dire que les batailles entre joueurs sont plutôt rares. Elles sont beaucoup plus fréquentes chez les spectateurs!

Au football de la Ligue nationale (football américain), un sport vraiment dur, un sport « pour hommes » diront certains, un seul coup de poing (on est loin d’une bataille quand on parle d’un seul coup de poing) mérite l’expulsion du joueur concerné et une punition pouvant aller jusqu’à 25 verges pour son équipe. Encore ici, les batailles sont à peu près inexistantes. Et quand récemment, on a noté une augmentation des blessures à la tête (surtout des commotions cérébrales), la Ligue a immédiatement interdit de frapper qui que ce soit à la tête, même si les joueurs portent des casques protecteurs largement supérieurs à ceux que portent les joueurs de hockey. Même les coups accidentels à la tête sont punis, et même des joueurs vedettes ont été suspendus pour des coups de ce genre. Pour la Ligue nationale de football et ses arbitres, c’est tolérance ZÉRO.

Dans les règlements de la Ligue nationale de hockey, il est écrit que les joueurs ne doivent pas se battre entre eux. Mais une fois cette affirmation faite, le livre des règlements contient plusieurs pages qui expliquent ce qu’il ne faut PAS FAIRE quand on engage le combat avec un adversaire: pas de coups de bâton, pas de coups de patin, pas de tirage de cheveux, pas de morsures, et ainsi de suite. Et quand un combat s’engage entre deux adversaires, la plupart du temps les arbitres les laissent aller jusqu’à épuisement, se contentant de retenir les coéquipiers des belligérants. Et malgré cela, les batailles tournent parfois à la bagarre générale, impliquant même à l’occasion les gardiens de but. Quoi de plus ridicule! Connaissez-vous d’autres sports par équipe qui acceptent de se ridiculiser de cette façon.

Et il faudrait également parler des nombreuses blessures à la tête survenues depuis quelques années qui nous privent de joueurs comme Sidney Crosby, le meilleur joueur des dernières années dans toute la Ligue nationale, celui qui remplit les arénas partout au Canada et aux États-Unis lorsque son équipe est au programme. Nous avons appris à aimer le hockey, voire à l’adorer, en applaudissant les prouesses de joueurs comme Jean Béliveau, Guy Lafleur, Mario Lemieux, Wayne Gretzky, Michael Bossy, Bobby Orr, Vincent Lecavalier, Marcel Dionne et combien d’autres. Aucun de ces joueurs n’était un batailleur ou n’avait recours à la violence ou à la rudesse pour exprimer son talent.

Nombreux sont ceux qui croient que les batailles et la rudesse font partie du hockey. Dans mon esprit, c’est absolument FAUX. Les batailles et la violence existent parce qu’on (la Ligue, les propriétaires, les instructeurs, les partisans) les tolère. Avez-vous déjà vu une bataille dans une compétition olympique… sauf peut-être au hockey? Ce qui établit clairement dans mon esprit que le hockey tel que de nombreux joueurs de la Ligue nationale le pratiquent est sérieusement malade. Croire le contraire reviendrait à dire que ce sont tous les autres sports qui sont malades.

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Après la pluie, le beau temps

Ma mère a composé ce poème le 13 mars 1985 et l’avait dédié à sa nièce Lovina Pearson, de Papineauville (Québec). Je n’ai aucune idée qui est cette nièce et je ne me souviens pas de l’avoir rencontrée. Quoi qu’il en soit, le poème est pertinent. Au moment où je prépare sa publication sur mon blogue, il pleut dehors. Je me revois aussi répéter à mon équipe, à Postes Canada, que « derrière les nuages, il y a toujours le soleil ».

Y a-t-il quelque chose
De plus morose
Qu’un jour de pluie
Avec l’ennui?
Plus de soleil
Gris est le ciel
Les gouttes d’eau
Font des ruisseaux.

On voudrait bien
Penser à rien,
Qu’est-ce qu’on peut faire
Pour se distraire?
À la radio
Rien de nouveau,
La météo
N’est pas au beau.

Pluie bienfaisante
Enrichissante
Tu fais fermer
Tu fais pousser.
Tu causes parfois
Bien malgré toi
Inondations
Désolation!

La pluie efface
Bientôt la trace
De la saleté
Accumulée,
Et on espère
Rien d’autre à faire,
Voir le beau temps.
Mais c’est pour quand?

Souvent aussi
Dans notre vie,
On verse des pleurs
Sur nos malheurs;
Mais les beaux jours
Viennent à leur tour
Nous rendre heureux
C’est beaucoup mieux.

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Hawkesbury – ville en désordre Hawkesbury – ville nouvelle

C’était la grande manchette du journal Le Carillon du 22 juillet 1965 et il s’agissait du premier article portant ma signature (mon « by-line » en jargon du métier). Les photos avaient été prises par un confrère journaliste du nom de Jean-Guy Bruneau. L’article prenait toute la première page et pratiquement toute la page 24.

Essentiellement, ce long reportage se référait aux nombreux travaux d’infrastructure dans Hawkesbury rendus nécessaires par l’augmentation du niveau d’eau de la rivière des Outaouais. Cette hausse du niveau de l’eau était attribuable à la construction du barrage hydro-électrique de l’Hydro-Québec à Carillon, à l’est de Hawkesbury, en 1963.

Je reprends textuellement deux paragraphes que j’ai de la difficulté à imaginer avoir écrits :

« Il est vrai que la ville de Hawkesbury est dans un désordre extrême, que les citoyens sont aveuglés par la poussière et le sable, que les rues ne sont plus carrossables, etc.; mais il faut être optimiste et réaliste en faisant face à ce désordre, car Hawkesbury ne sera plus, à la fin de septembre, une ville martyre, elle aura reconquis les palmes de la gloire: ce sera une ville nouvelle!

Les inconvénients sont nombreux aujourd’hui; ils nuisent au commerce, au tourisme, aux piétons et aux automobilistes. Mais demain…, la ville sera moderne : le commerce refleurira, le tourisme reviendra, les piétons seront bien servis et les automobilistes rouleront comme sur une plaine. »

J’écrivais comme un journaliste débutant typique; je voulais changer le monde. J’y allais ensuite par une longue description de tous les travaux qui étaient effectués dans Hawkesbury ou qui allaient l’être au cours des mois et des prochaines années.

Entre parenthèses, Jean-Guy Bruneau devait quitter Le Carillon l’année suivante pour le journal Le Droit d’Ottawa. Plus tard, il a gravi les échelons pour en devenir le chef de l’information, titre qu’il détenait lorsqu’il a quitté ce journal. Plus tard, nous nous sommes retrouvés. Il était pigiste au Service de la correspondance de Postes Canada, un service du groupe des Communications dont je faisais partie. En fait, Jean-Guy s’était intégré au petit groupe de « Francos » de Postes Canada qui dînaient ensemble chaque midi. Un cancer rapide l’a emporté il y a un peu plus de deux ans. Fin de la parenthèse.

* * *

Une publicité dans l’édition du 2 septembre 1965 fait état de la plus récente initiative du gouvernement canadien… la création du Régime de Pensions du Canada. Citation de l’annonce : « Toutes les prestations du Régime garderont leur valeur. Les montants en seront probablement plus élevés que ceux que nous donnons ici, car les prestations seront ajustées à mesure, selon les changements du coût de la vie et de la moyenne des niveaux de salaires, et selon le coût de la vie, une fois qu’elles seront payables. » L’exemple de prestation donné : quelqu’un qui gagnerait 4 000 $ par année jusqu’à l’âge de 65 ans toucherait 83,33 $ par mois.

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Première neige

Ces jours-ci, la neige nous gâte. Ce n’est pas la première de la saison et on sait qu’elle fondra bientôt. Le 9 décembre 1984, j’imagine que la neige qui tombait ou qui venait de tomber avait inspiré ma mère.

La première neige nous émerveille
Tous grands et petits enfants,
Quand on regarde à notre réveil
La terre vêtue d’un manteau blanc.

La nature se fait belle, je pense,
Pour cacher ce qui était gris;
Les flocons de neige volent et dansent
Pour nous dire, c’est fête aujourd’hui.

Les enfants s’en vont vite jouer
Sur ce tapis doux et moelleux;
Ils ne se lassent pas de sauter
Rire et courir, ils sont heureux.

Ils sortent les skis et les traîneaux,
Ils en parlaient depuis longtemps;
Pour ces petits rien n’est si beau
Que ce joli décor tout blanc.

L’artiste prend pinceaux et toile
Pour peindre cette réelle beauté
Qui nous rappelle les cartes de Noël
Et ces images qui font rêver.

Petits flocons mystérieux
Aux formes si bien étoilées,
Puisque vous descendez des cieux,
Faites que nos vœux soient exaucés.

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La grève des détaillants d’essence de Montréal causerait une augmentation des ventes d’essence dans la région de Hawkesbury

Le journal rapporte, dans l’édition du 8 juillet 1965, une déclaration d’un détaillant d’essence de Hawkesbury selon laquelle la grève des distributeurs d’essence pour les véhicules automobiles à Montréal amènerait une augmentation des ventes pour les détaillants et les vendeurs d’essence de la région.

Ce conflit aurait commencé alors que l’Association des détaillants de gaz de Montréal avait décidé de ne pas vendre d’essence parce que les compagnies voulaient augmenter le prix du gallon. À Montréal, plus de 1800 stations de service sont alors touchées par cette grève. Si les grévistes empêchent les camions-citernes de sortir de Montréal, les détaillants pourraient s’approvisionner des réserves de Cornwall ou d’Ottawa. Nous sommes manifestement très loin des majorations hebdomadaires, sinon quotidiennes, du prix de l’essence aujourd’hui. Et le gallon est devenu le litre.

Ce n’est pas la première fois que les commerces de Hawkesbury profitaient de grèves å Montréal. Chaque grève de la SAQ créait des embouteillages au magasin de la LCBO de Hawkesbury (alors situé au coin des rues Main et William) où même les artistes de Montréal viennent s’approvisionner.

Dans la même veine, l’édition du 29 juillet fait référence å la grève nationale des employés des postes qui touchait Hawkesbury comme tous les centres du pays. Comme dans le cas des détaillants d’essence et de la SAQ, les gens de l’extérieur de Hawkesbury venaient utiliser les services de télégraphie et de colis du C.N.R. (la Canadian National Railway). Une partie des colis et des messages était aussi envoyée « par les autobus de la Colonial Coach Line qui s’arrêtent plusieurs fois par jour au restaurant Thompson » de la rue John.

Dans l’édition du 12 août, un article fait référence au fait que les employés des postes ont repris leur travail à Hawkesbury, mais que les grévistes de Montréal poursuivent toujours leur conflit. En conséquence, plusieurs entreprises de Montréal (dont la station de télé CFCF) viennent poster leurs colis et leurs lettres au bureau de Hawkesbury. Autres temps.

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Ne pas trop demander à des jurés

par Alain Guilbert

Après plus de deux semaines complètes de délibérations, un jury de 12 personnes n’a pu s’entendre sur la culpabilité des présumés acolytes de Vincent Lacroix dans le célèbre scandale Norbourg. Des cinq accusés, deux ont été trouvés coupables, deux ont été acquittés – et les jurés n’ont pu déterminer si le cinquième était coupable ou non coupable. Il faut dire que pour ces cinq accusés, il s’agissait d’un second procès, puisque lors d’un premier procès, l’an dernier, le jury n’avait pas été capable de rendre un verdict, et laissant entendre au juge qui présidait le tribunal que la cause était trop complexe pour lui. Et avec le verdict de cette semaine, cela signifie que le cinquième accusé devra peut-être subir un troisième procès au sujet des mêmes faits.

L’issue du second procès des présumés acolytes de Vincent Lacroix ne me surprend absolument pas. Je crois sincèrement qu’il s’agit de causes beaucoup trop complexes pour être tranchées par des citoyens « ordinaires » qui, pour la plupart, ne possèdent ni l’expérience, ni les connaissances suffisantes pour rendre une décision éclairée. N’allez pas croire que je méprise les jurys. Bien au contraire, les procès avec jurés donnent une dimension bien plus humaine à la justice.

Les procès par jury sont nés au Moyen Âge lorsque les seigneurs soumettaient l’un ou plusieurs de leurs employés (les serfs) à des accusations de meurtre, de vol, ou autre. Pour que les seigneurs aient bonne conscience et pour que la justice semble plus humaine, il appartenait aux « pairs de l’accusé » de décider s’il était coupable ou non du ou des crimes qu’on lui reprochait. Avec les années et aussi avec l’évolution des textes législatifs, on a inclus dans le Code criminel un grand nombre de règles régissant les procès par jury. Essentiellement, les jurés sont les maîtres des faits: la Couronne présente sa preuve, ses témoins, la partie défenderesse fait de même, puis le juge explique la loi aux membres du jury et ceux-ci rendent leur verdict, qui, rappelons-le, doit toujours être unanime.

Les causes criminelles traditionnelles (meurtres, vols à main armée, assauts sexuels graves) sont parfois complexes. Mais à partir des faits qui leur sont soumis par les experts et les témoins, les jurés décident qui il faut croire, tout en laissant l’accusé bénéficier du doute raisonnable, comme le veut notre Code criminel fondé sur la tradition britannique.

Mais depuis quelques années, sont apparus des crimes économiques qui supposent des opérations extrêmement complexes, que même les autorités réglementaires et les experts-comptables mettent des années à découvrir, quand ils y parviennent réellement. Qu’on pense aux entreprises comme Enron qui truquaient leur comptabilité et qui ont ainsi trompé leurs actionnaires, leurs cadres supérieurs, leurs vérificateurs et combien d’autres. Qu’on pense aux Earl Jones et aux Vincent Lacroix de ce monde qui au moyen de stratagèmes invisibles aux yeux des investisseurs et des experts-comptables, et même des autorités financières, ont réussi à flouer des dizaines et des centaines d’épargnants.

Et quand les présumés auteurs de ces crimes se retrouvent devant les tribunaux face à des centaines (oui, des centaines) d’accusations différentes (plus de 600 dans le cas des présumés acolytes de Vincent Lacroix), faut-il se surprendre que malgré toute la bonne volonté du monde les douze citoyens « ordinaires » qui forment le jury soient incapables de s’y retrouver, comme dans deux très longs procès auxquels les accusés ont été soumis. Lors du premier procès, on avait mentionné que les avocats de la Couronne avaient de la difficulté à présenter une preuve « en béton » tellement la cause était complexe.

Je crois que dans ce genre de causes on en demande beaucoup trop aux jurés, soit de comprendre en quelques semaines des mécanismes frauduleux qui ont trompé de véritables experts. Sans renoncer aux procès devant jury pour les causes criminelles traditionnelles, la Justice serait sans doute mieux servie si les crimes économiques complexes du genre Norbourg étaient remis entre les mains de juges compétents qui auraient une expérience et une connaissance de l’économie et ses rouages.

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Crépuscule

Nous passons à l’Heure avancée de l’Est en fin de semaine. Tout à fait approprié pour parler du coucher du soleil, qui se fera plus tard. Si nous pouvions avancer le coucher du soleil que nous sommes! Voici ce que ma mère en pensait… avec quelques licences poétiques.

Soleil, bonsoir!
J’aime à te voir
À chaque soir
Avant le noir.

          Le ciel se dore
          Et au dehors
          Il se fait tard
          Et tout s’endort.

Le jour s’achève
Minute brève
Comme en un rêve
La lune se lève.

          L’ombre grandit
          Tout s’assombrit
          Et c’est ainsi
          Qu’un jour finit.

Puis le temps fuit
Sans un seul bruit
Silence! et puis
Voici, la nuit.

          La fin d’une vie
          Où tout s’oublie,
          Doit être ainsi
          De paix, remplie.