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Ethier appuie Winters à la chefferie libérale

En rétrospective, la déclaration est presque choquante. Quoi qu’il en soit, en page 8 de l’édition du 21 mars 1968 du journal Le Carillon, on apprend que le député fédéral de Glengarry-Prescott, Viateur Ethier, appuiera la candidature du ministre du Commerce, Robert Winters, au congrès de sélection du successeur de Lester B. Pearson au poste de chef du Parti libéral du Canada et qui deviendra automatiquement Premier ministre. « Robert Winters connaît les problèmes de l’élément francophone et son ascension au poste de premier ministre devrait réjouir tous les Canadiens-français qui ont à cœur l’unité de la nation canadienne. »

Interrogé sur la candidature du ministre de la Justice, « le député Ethier estime que M. Trudeau s’est fait un tort considérable au cours des dernières semaines par ses déclarations intempestives au sujet du français ‘pouilleux’ et ses échanges verbaux avec le premier ministre de la province de Québec, M. Daniel Johnson ». Et cette conclusion du député Ethier dont j’avais oublié l’existence : « D’ailleurs, les Canadiens-français ont toujours obtenu de plus grands avantages lorsqu’un Canadien anglais occupait le poste de Premier ministre. » Par contre, chacun des six délégués de Glengarry-Prescott avait pu appuyer le candidat de son choix au congrès de la chefferie.

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En cette fin de mars 1968, le Conseil municipal de Hawkesbury n’est pas content du tout de la décision du ministère de la Voirie de l’Ontario de construire la nouvelle autoroute 417 si loin de la ville. Le tracé annoncé prévoit que la route passera à une dizaine de milles de Hawkesbury, soit au sud de Vankleek Hill. Hawkesbury voulait que le tracé longe plutôt la route 17. Le Conseil déplorait que la nouvelle autoroute n’améliore pas la circulation entre Hawkesbury et Ottawa puisqu’il faudrait se rendre au sud de Vankleek Hill pour emprunter la 417. Le Conseil jugeait que cela pourrait entraver le progrès industriel de la ville, à peine amorcé. En rétrospective, l’autoroute 417 n’allait pas nuire à Hawkesbury, mais elle ne l’aiderait pas non plus. C’est le village d’Alfred qui s’inquiétait davantage… à cause de l’avenir peu prometteur de ses nombreux « stands à patates frites ». En 2011, il y en a toujours autant.

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Le Carillon du 4 avril 1968 marque la transformation graphique radicale du journal fondé en 1947. Un nouveau logo, avec un c en forme de cloche (comme dans cloche de carillon!) Vingt-et-un… âge de la maturité diraient certains. Berthio y présente sa caricature; Harry Bernard y signe sa « Chronique de l’Illettré ». Ce n’était que le début. Les correspondants ne signent plus de chroniques individuelles; leur information est transformée en articles avec la mention DNC. Je signe une nouvelle chronique qui s’intitule « De tout et de rien » et qui parle justement d’à peu près n’importe quoi, en petits paragraphes distincts. Si ma mémoire est bonne, je la signerai pendant de très nombreuses années.

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Le Carillon du 18 avril 1968 nous apprend que la compagnie Workman Bag Co. Ltd, de Montréal, créera 50 nouveaux emplois à Hawkesbury. La rumeur circulait depuis plusieurs semaines. Cette entreprise spécialisée dans la fabrication de bourses pour dames embaucherait des hommes et des femmes et s’installerait dans un nouvel édifice au nord de la rue Aberdeen. Cette entreprise s’ajoute à la compagnie Colormatic Dyeing and Printing Ltd, qui est établie à Hawkesbury dans un local temporaire et qui construira elle aussi un nouveau local dans le parc industriel. Cette dernière emploiera alors une cinquantaine d’employés. Cette nouvelle s’inscrit encore dans la période de développement industriel de Hawkesbury et dans le contexte des privilèges consentis aux entreprises qui souhaitent s’installer dans une « zone défavorisée ».

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Hawkesbury citée en exemple pour son bilinguisme

Les dix premiers ministres des provinces canadiennes sont réunies à Ottawa en ce début de février 1968 à l’occasion de la « conférence fédérale-provinciale sur la constitution » (nous sommes encore loin du rapatriement de 1982). Le Carillon du 8 février titre en grosse manchette « John Robarts cite Hawkesbury en exemple au sujet du bilinguisme »… une vérité de La Palice pour les gens d’ici.

C’est que Robarts venait d’annoncer le programme de bilinguisme qu’il entendait implanter dans sa province. Il s’était référé aux quelques municipalités de l’Est de l’Ontario qui pouvaient être citées en exemple : « La ville de Hawkesbury, depuis de nombreuses années, conduit une grande partie de ses affaires en français et fournit la plupart de ses services municipaux dans les deux langues. » Robarts voulait encourager activement l’usage du français et de l’anglais dans les municipalités de l’Ontario qui comptent « une concentration suffisante de francophones ». Il y en avait beaucoup dans l’est et le nord de la province, surtout dans les zones rurales. Le français sera également reconnu à l’Assemblée législative de l’Ontario, ce qui devrait plaire aux six députés francophones qui y siègent, dont Albert Bélanger.

Le ministre d’État et député de Stormont, Fernand Guindon, s’était empressé de commenter que cela ne faisait pas de l’Ontario une province « officiellement bilingue pour autant ». (La province ne le deviendra jamais.) C’était quand même le point de départ de toute une série de mesures éventuelles qui favoriseraient les Franco-Ontariens au fil des décennies suivantes. Le Conseil municipal de Hawkesbury a même jugé bon d’adopter une résolution afin de remercier le premier ministre Robarts pour son témoignage. Robarts, il faut s’en rappeler, était un progressiste-conservateur.

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« Problème majeur au Centre Maria » affirme le titre d’un article dans l’édition du journal Le Carillon du 22 février 1968. Cet hôpital de maternité pour les mères célibataires connaît des problèmes financiers sérieux et on cherche des solutions. C’est en novembre 1937 que les Sœurs du Bon-Pasteur avaient acheté la maison d’un certain James Ross afin d’en « faire un foyer d’accueil pour filles-mères » comme on appelait alors les mères célibataires. Il n’existait alors aucune œuvre du ce genre dans le diocèse ou l’Est de la province. « La première année, 19 jeunes filles ont été admises. Au cours des dix premières années, 360 jeunes filles ont séjourné au Centre et, à date, près de 1,500 mères-célibataires y ont donné naissance à leurs enfants. » Aujourd’hui, la question ne se pose même plus.

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La gestion scolaire sera regroupée en Ontario

Le Carillon du 15 février 1968 parle de la rencontre des délégués de l’Association des commissaires d’écoles bilingues de l’Ontario tenue à Hawkesbury. Ils étaient à l’école
Paul VI pour discuter du plan Robarts sur la réforme de la gestion scolaire en Ontario. Ce plan prévoit la « formation d’unités administratives à raison d’une par comté » à compter du 1er janvier 1969. Dans Prescott-Russell, il y aura une seule unité pour les écoles publiques et secondaires. Les commissions des écoles séparées devront elles aussi se préparer à la fusion. Un représentant du ministère de l’Éducation leur suggère d’ailleurs de proposer elles-mêmes un plan de fusion à la province, qui leur conviendra. L’objectif de la fusion était bien sûr l’amélioration des services et la centralisation de l’administration. J’y reviendrai parce que ce regroupement a transformé radicalement la scène scolaire des comtés.

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Un article dans l’édition du 25 janvier 1968 du journal Le Carillon nous apprend que la construction de la nouvelle école Paul VI aura finalement coûté 1 160 000 $ lorsque les travaux seront achevés à la fin de février. Les premiers élèves avaient fait leur entrée en septembre 1967.

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Voici quelque chose qu’on ne voit pas souvent de nos jours. Il faut dire qu’à l’époque, les trois messes dominicales (les messes du samedi n’existaient pas encore) remplissaient l’église. Donc, dans Le Carillon du 1er février 1968, un article sur le bilan annuel de la paroisse St-Alphonse-de-Liguori. La paroisse a terminé 1967 avec un surplus administratif de 447,94 $ et une dette totalement remboursée. Les recettes totalisaient 124 493,40 $ et les dépenses, 124 045,46 $. Pas mal pour une paroisse qui devait payer un curé et deux vicaires, un sacristain, un organiste et des chantres. Connaissez-vous la situation financière de votre paroisse en 2011?

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Dans l’édition du 1er février, un article nous apprend que le maire de L’Orignal, Charlemagne LeCours, veut que son village, après 150 ans d’existence, ait son propre hôtel de ville. Depuis 1820, le Conseil se réunissait dans le Palais de justice des comtés unis à L’Orignal bien sûr. Le nouvel hôtel de ville sera aménagé dans l’ancien magasin Clément, rue King. Le maire LeCours, grand bonhomme coloré, était mon « espion » au Conseil des comtés unis de Prescott et Russell. Il m’alimentait de « scoops » de façon régulière. L’administrateur des comtés, Raymond Ouimet, a tenté pendant longtemps de connaître ma source. Il ne l’aura jamais su. En fait, c’est la première fois que je divulgue cette information. D’autant plus que LeCours et Ouimet sont décédés depuis longtemps.

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De Vincent Lacroix à Ruth Ellen Brosseau…

par Alain Guilbert

Pendant plusieurs jours après que les résultats des élections fédérales ont été connus, les médias ont fait de nombreuses manchettes avec une nouvelle députée totalement inconnue, Ruth Ellen Brosseau. Pourquoi en a-t-on fait une vedette? Tout simplement parce que cette jeune femme était « invisible » depuis le tout début de la campagne électorale… et pire encore, depuis son élection (jusqu’à ce qu’elle se manifeste publiquement pour la première en fin de semaine).

Son histoire n’est pas banale… Ruth Ellen Brosseau habite Gatineau dans l’Outaouais. Elle travaille comme gérante adjointe au bar des étudiants de l’Université Carleton à Ottawa. Elle est anglophone, parlant quelque peu (à ce qu’on dit) le français. Elle a été candidate du Nouveau Parti démocratique dans la circonscription de Berthier-Maskinongé en Mauricie, une région à 98 % francophone. Elle n’a fait aucune présence visible dans « sa » circonscription de toute la campagne électorale. Elle n’y a été ni vue, ni entendue. Il n’y avait d’ailleurs aucune affiche avec son nom et sa photo. Même plus, elle a demandé un congé à son patron il y a quelques semaines, non pas pour mener une campagne électorale, mais pour aller en vacances à Las Vegas.

Ruth Ellen Brosseau était de toute évidence un « poteau » politique. Avant que les élections ne soient déclenchées, le Nouveau Parti démocratique ne comptait qu’un seul député au Québec (Thomas Mulcair), et il ne pouvait s’attendre au mieux qu’à en faire élire deux ou trois de plus. Mais un parti politique qui se veut « national » doit présenter des candidats dans toutes les circonscriptions du pays. Comme le NPD ne dispose d’aucune organisation digne de ce nom au Québec, il a fait appel à des militants ou à des bénévoles pour agir comme candidats dans plusieurs circonscriptions. C’est ce qu’on appelle des « poteaux ». Ces candidats savent très bien qu’ils n’ont aucune chance d’être élus, mais chacun des votes qu’ils reçoivent vaut 2 $ par année à leur parti. Il s’agit du financement public que Stephen Harper a l’intention d’abolir. Le Parti Vert, par exemple, qui n’a fait élire qu’un seul député dans tout le Canada, a quand même recueilli 576 221 votes, ce qui pourrait lui valoir plus de 1,1 million $ par année. Le NPD avec ses 4 508 474 votes recevrait un peu plus de 9 millions $ annuellement.

Revenons à madame Brosseau. Elle n’avait donc, tout comme de nombreux autres candidats du NPD, aucune chance d’être élue. Qu’elle fasse campagne électorale ou non, qu’elle sillonne sa circonscription en tous sens ou non, qu’elle s’en aille à Las Vegas ou non, cela devait ordinairement ne rien changer à l’issue du vote.

C’était cependant sans compter sur l’imprévisibilité des Québécois… Ceux-ci ne voulaient nettement pas des conservateurs de Stephen Harper et pas plus des libéraux à qui ils n’ont pas encore pardonné l’histoire des commandites. Normalement, les Québécois auraient accordé leurs votes au Bloc québécois, comme ils l’ont fait régulièrement depuis plusieurs élections. Mais, ce qu’on ne savait pas encore, c’est qu’ils en avaient aussi assez du Bloc. Et après le débat des chefs, où son sourire et sa canne lui ont valu beaucoup de sympathie, Jack Layton a commencé à attirer l’attention des Québécois. Son capital de sympathie a encore augmenté à la suite de son apparition à la très populaire émission télévisée « Tout le monde en parle ». Une vague « orange » a commencé à prendre forme. Elle a grossi, grossi et encore grossi… jusqu’à se transformer en un tsunami qui a complètement balayé le Québec. Un rêve que même le NPD considérait comme impossible s’est réalisé. Et c’est ainsi que des « poteaux » comme Ruth Ellen Brosseau sont devenus députés sans jamais l’avoir voulu. La seule différence entre madame Brosseau et ses collègues « poteaux », c’est qu’elle est demeurée la seule « invisible » avant les élections et plusieurs jours après… ce qui bien sûr a attiré l’attention des médias.

Certains lui ont reproché son « invisibilité »; d’autres, de ne pas parler français (notez bien qu’à ce moment personne ne l’avait encore entendu parler); d’autres, d’être allée à Las Vegas au lieu de faire campagne dans sa circonscription. Et ainsi de suite.

Mais si quelqu’un doit être blâmé dans cette histoire, ne croyez-vous pas que ce devrait être les électeurs de Berthier-Maskinongé? Ce sont eux qui ont voté pour une personne qu’ils ne connaissaient ni d’Ève, ni d’Adam, une personne qui n’avait jamais mis les pieds dans leur circonscription, une personne qu’ils n’avaient jamais même vue en photo. Ces gens ont voté « aveuglément », comme des moutons qui suivent un troupeau. Je comprends qu’au Québec, comme ailleurs au Canada, on vote souvent plus pour un chef de parti que pour un candidat dans une circonscription. Mais cela veut-il dire qu’on doit voter les yeux fermés? Il me semble que les électeurs doivent faire un minimum d’efforts pour s’informer au sujet des différents candidats qui désirent obtenir leur vote avant d’aller faire leur « X » dans l’isoloir. Si leur nouvelle députée venait à les décevoir à l’avenir, les électeurs de Berthier-Maskinongé (comme ceux de quelques autres circonscriptions qui ont vécu des situations similaires) n’auraient alors qu’eux-mêmes à blâmer. Heureusement pour la circonscription de Berthier-Maskinongé et aussi pour madame Brosseau, rien ne dit pour le moment qu’elle ne fera pas une excellente représentante de sa circonscription et de ses citoyens à la Chambre des communes. Après tout, elle ne sera pas la première (ni la dernière) élue à se présenter à Ottawa sans expérience préalable.

Je m’interroge aussi sur le rôle des médias dans cette histoire. En effet, la « non-visibilité » de Ruth Ellen Brosseau a été le quatrième sujet qui a occupé le plus d’espace dans nos médias la semaine dernière, après les élections elles-mêmes, la mort d’Oussama Ben Laden et les inondations en Montérégie. N’est-ce pas là faire vraiment preuve de démesure?

Ce genre de situation me fait aussi penser (jusqu’à un certain point) aux victimes de fraudeurs comme Vincent Lacroix et Earl Jones… Loin de moi l’idée de vouloir justifier de quelque façon les gestes de ces spécialistes de la fraude. S’emparer sans scrupule des économies de personnes qui ont souvent consacré une grande partie de leur vie à les réaliser demeure un crime très grave. Mais ce qui m’inquiète dans ces histoires, c’est qu’on ne s’interroge jamais sur le rôle des « victimes » dont certaines ont sans doute fait preuve de cupidité. Même si ces gens ont été victimes d’arnaques bien organisées, peut-on les dégager de toute responsabilité quand elles succombent à des promesses d’investissements qui pourraient leur rapporter 15, 20 ou même 25 % par année? Quand une chose est « trop belle pour être vraie », et qu’on y souscrit, peut-on ne prétendre avoir aucune responsabilité dans ce qui nous arrive par la suite? Que fait-on des règles élémentaires de prudence en matière de placements et d’investissements?

Encore une fois, c’est un domaine où les médias se rangent solidement derrière ceux et celles qu’ils identifient comme des « victimes », soit les personnes flouées par les Vincent Lacroix, Earl Jones et autres, ou soit les électeurs de Berthier-Maskinongé prétendument « floués » par l’absence de leur toute nouvelle députée. Pour un, j’estime que les torts ne sont pas toujours à 100 % d’un seul côté.

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Le curé et son vicaire seront désormais salariés

« Le clergé sera désormais salarié » selon un article de l’édition du 18 janvier 1968 du journal Le Carillon. L’archevêque Joseph-Aurèle Plourde avait annoncé de nouvelles mesures sur l’administration des paroisses et la rémunération des prêtres dans son diocèse d’Ottawa. Ainsi, les recettes des quêtes restent dans la paroisse et ces quêtes n’auront lieu qu’une seule fois par messe, « soit à l’offertoire ». Auparavant, il y en avait deux et parfois trois. Ce décret de Plourde établit également le concept des offrandes dans une enveloppe.

« La dîme ou support paroissial à verser annuellement doit être l’équivalent d’une journée de travail pour toute personne gagnant un salaire et de $5.00 pour les personnes retraitées qui le peuvent. » Le prêtre touchera un salaire mensuel de 185 $ s’il a moins de dix ans de sacerdoce et 225 $ s’il a 20 ans ou plus d’expérience. Les prêtres sont évidemment logés et nourris dans le presbytère paroissial. « Le traitement de base de l’Archevêque est de $300 par mois et celui des évêques auxiliaires de $250. » Une autre époque quoi! Et il ne manquait pas de prêtres. À la paroisse St-Alphonse-de-Liguori, par exemple, il y avait un curé et deux vicaires en 1968… pour une même paroisse.

À propos d’un projet de loi déposé aux Communes sur l’avortement et l’homosexualité, Mgr Plourde en avait profité pour rappeler à ses ouailles que « c’est toujours à la loi de Dieu que la conscience des citoyens doit se conformer ». Ce projet de loi faisait jaser partout au pays bien entendu. Autre signe des temps que ces interventions archiépiscopales.

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Une annonce intéressante dans l’édition du 4 janvier parlant du nouveau restaurant Chez Michel sur la rue James à Hawkesbury. Je ne me souviens pas de ce restaurant. Quoi qu’il en soit, ce sont les prix de l’époque qui retiennent mon attention : deux œufs, bacon, rôties et café pour 70 cents; un demi-poulet barbecue, 1,25 $; un sandwich club, 1 $; un « small steak », 1,20 $; une omelette au jambon, 85 cents. Et chaque jour, il y a un « spécial » à 99 cents. Vous ne laisseriez même pas ces mêmes montants en pourboires aujourd’hui.

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Duplate Canada s’installe à Hawkesbury

La manchette de l’édition du journal Le Carillondu 18 janvier 1968 est révélatrice du progrès qu’allait connaître Hawkesbury au cours des années à venir. « Duplate Canada Limited s’établit à Hawkesbury » avec carte pour indiquer l’emplacement de la future usine dans le nouveau parc industriel, ainsi que le tracé de la future rue Spence et du raccordement ferroviaire qui sera nécessaire pour desservir l’usine. L’article précise que l’usine emploiera 150 personnes « des hommes en très grande majorité ». Les autres usines de ce grand manufacturier sont à Oshawa, Oakville et Windsor.

Vous aurez conclu que Duplate faisait partie du monde de la construction automobile. C’était un fabricant de pare-brise de sécurité. L’usine de Hawkesbury fournira des pare-brise à l’usine québécoise de General Motors de Ste-Thérèse, « à quelque 45 milles au nord-est de Hawkesbury » et aussi pour la société suédoise Volvo. La nouvelle avait d’ailleurs semé la consternation à Ste-Thérèse-Ouest qui s’attendait à accueillir cette nouvelle usine de Duplate. On blâmait « les propos indépendantistes de la part d’hommes politiques » pour cette décision. MeJean Guérin, le directeur de la Fédération libérale fédérale du secteur, n’y allait pas par quatre chemins : « Cette décision malheureuse illustre bien la mentalité de la hiérarchie anglo-saxonne, qui détient un contrôle quasi absolu sur l’investissement de capitaux en provenance des États-Unis au Canada. »

Les autorités municipales de Hawkesbury devront débourser environ 839 800 $ pour l’aménagement de divers services, dont un « énorme réservoir » pour alimenter l’usine en eau. Le réservoir servira bien sûr aux autres usines qui s’installeront dans le parc industriel au fil des ans. Duplate, devenu PPG (Pittsburgh Plate Glass) après son acquisition par cette entreprise américaine, a fermé ses portes définitivement en novembre 2009 après de nombreuses années de réduction de production et d’effectif, sans oublier les soubresauts dans le marché mondial de l’automobile.

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L’édition du journal Le Carillon du 4 janvier 1968 avait annoncé la fusion des unités sanitaires régionales en un seul organisme. L’Unité sanitaire de l’Outaouais et du St-Laurent regroupait ainsi les unités sanitaires de Prescott-Russell, de Stormont-Dundas-Glengarry et de la ville de Cornwall. Ces unités remontaient à 1945-1946. Plus tard, cette unité sanitaire allait devenir le Bureau de santé de l’Est de l’Ontario. C’est à ce Bureau, par exemple, qu’avait incombé l’énorme tâche d’administrer les vaccins contre la menace de la grippe A(H1N1).

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Un programme d’austérité à l’usine de la CIP

L’usine Montebello Metal est la première entreprise locale à profiter de la nouvelle désignation de « zone défavorisée ». Viateur Ethier annonce que l’entreprise construira une nouvelle fonderie à son usine, ce qui devrait ajouter 35 emplois aux 140 existants. L’investissement sera de 250 000 $. C’est à la une de l’édition du 14 décembre 1967 du journal Le Carillon. Montebello Metal, au fil des ans, allait connaître plusieurs étapes de croissance.

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Sous cet article, un autre plutôt moins encourageant. La direction de la CIP a annoncé un programme d’austérité à son usine locale, attribuable à « l’augmentation constante du cout de production et l’instabilité du marché des pâtes au bisulfite ». Quelque 40 employés sont touchés par ces mesures; l’usine en compte 616 en tout. L’usine de 69 ans subit la concurrence de « nouveaux procédés technologiques de fabrication dans le domaine des pâtes kraft qui ont permis à ces produits d’empiéter sur les marché des pâtes au bisulfite ». Retenez cette explication parce qu’elle reviendra 15 ans plus tard.

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Mauvaise nouvelle pour les buveurs dans l’édition du 28 décembre 1967. Il en coûtera plus cher pour nuire à l’économie (revoir blogue sur les Lacordaire du 3 mai) à compter du
1er janvier 1968. Ainsi, la Régie des alcools de l’Ontario annonce que le prix d’une bouteille de spiritueux augmentera en moyenne de 46 cents, alors que la caisse de 24 bouteilles de bière coûtera dorénavant 4,79 $. Le prix d’une bouteille de Scotch passera de 6,23 $ à
6,65 $ et de 7,28 $ à 7,75 $. Quant au vin, le prix de la bouteille, selon la sorte, passera de 95 cents à 1 $, de 1,51 $ à 1,60 $, de 2,42 $ à 2,55 $ et de 3,61 $ à 3,75 $. Le prix était stable depuis janvier 1965. Évidemment, on ne parle plus du tout de la même fourchette de prix 40 ans plus tard!

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Les villes où j’ai vécu : Sherbrooke

(Depuis sa naissance, Alain a habité dans une dizaine de villes différentes, dont certaines à plus d’une reprise. Bien sûr, ses souvenirs et ses impressions de chacun de ces endroits où il a vécu sont relatives à l’âge qu’il avait à l’époque et aux activités auxquelles il s’était livré… ainsi que des souvenirs qu’il en a gardés. Voici donc le cinquième article de cette série. Vous les retrouverez par la suite dans l’onglet « Les villes où j’ai vécu » sous les « Grands thèmes » de mon blogue. Bonne lecture.)

par Alain Guilbert

Après avoir quitté la Congrégation de Ste-Croix au printemps de 1959, j’ai pris la décision de poursuivre des études en droit, ce qui représentait quand même mon second choix à la fin de mes études classiques. Normalement, j’aurais dû m’inscrire à l’Université de Montréal, avec laquelle était affilié le séminaire de St-Hyacinthe. Mais il me fallait absolument trouver un travail à temps plein (ou presque) si je voulais être en mesure de payer mes études et toutes les dépenses liées au fait qu’il me faudrait vivre à l’extérieur de ma ville natale.

C’est ainsi que je me suis retrouvé à l’Université de Sherbrooke à la suite d’un curieux concours de circonstances qui s’était produit alors que j’étais toujours aux études classiques. Des représentants du quotidien La Tribunede Sherbrooke étaient venus à Acton Vale pour recruter des abonnés et organiser un service de distribution par camelots. Ces agents du journal logeaient à l’hôtel Manoir, propriété de mon oncle Dardanelle (le frère de ma mère), à qui ils avaient demandé de suggérer quelqu’un pour superviser les nouveaux camelots, recueillir l’argent des abonnés et effectuer les dépôts bancaires. Mon oncle a suggéré le nom de son neveu, en l’occurrence moi.

Quand j’ai rencontré les représentants du journal, ils m’ont expliqué en quoi consistait le travail et m’ont aussi demandé si je pourrais à l’occasion rédiger des nouvelles en provenance d’Acton Vale pour le journal. Ils souhaitaient que les nouveaux lecteurs de
La Tribuneaient des nouvelles « locales » à se mettre sous la dent à l’occasion.

J’ai donc accepté la double responsabilité de m’occuper des camelots et d’agir comme correspondant du journal. Mais comme nous étions au début des vacances d’été, je me suis consciencieusement acquitté de ces tâches jusqu’à la rentrée scolaire de septembre. Je devais alors abandonner mon poste puisque je retournais au pensionnat. C’est ma mère qui a pris la relève. En 1959, elle remplissait toujours ces fonctions. Avec le temps, elle avait établi d’excellents contacts avec les responsables de La Tribune. En quittant le noviciat des Pères Sainte-Croix à la mi-mai, j’avais eu un emploi au bureau de Montréal du ministère des Ressources hydrauliques, et (comme je l’ai raconté dans un texte précédent) il semblait préférable que je me trouve un emploi ailleurs.

C’est alors que ma mère m’a suggéré d’aller à Sherbrooke où elle croyait possible d’obtenir une rencontre avec un dirigeant du journal. Et par un heureux hasard, je me suis présenté à Sherbrooke au moment même où quatre ou cinq journalistes avaient remis leur démission pour aller occuper de nouveaux postes au bureau que La Presse (de Montréal) venait d’ouvrir à Sherbrooke pour livrer « la guerre de l’information à La Tribune ». Ma mère avait demandé à rencontrer Me Paul Desruisseaux, le président et propriétaire du journal, mais celui-ci était à l’hôpital à la suite d’une crise qu’il avait faite en apprenant que son directeur de la rédaction et quelques-uns de ses journalistes le quittaient pour aller lui livrer concurrence à La Presse.

Nous avons (ma mère et moi) alors rencontré le directeur général de l’entreprise,
Wilfrid J. Steben, qui m’a embauché sur-le-champ, à la stupéfaction de celui qui devait devenir mon patron et qui venait tout juste d’être nommé directeur de la rédaction avec plein pouvoir pour embaucher le personnel de son choix, Yvon Dubé.

Inutile de dire que le « nouveau directeur de la rédaction » n’était pas particulièrement heureux de l’arrivée d’un « jeune nouveau » qu’il ne connaissait ni d’Ève, ni d’Adam, et qu’il n’avait surtout pas embauché lui-même. Heureusement, les choses n’ont pas mis de temps à se « tasser », et nous sommes par la suite devenus les meilleurs amis du monde. Il aura été un professeur exceptionnel pour moi, et je lui dois à peu près tout ce que j’ai appris dans le journalisme, et je lui en suis encore reconnaissant. J’ai d’ailleurs toujours gardé le contact avec lui, plus de 50 ans après avoir fait mes débuts sous sa tutelle.

J’ai vécu des heures inoubliables à Sherbrooke que j’ai appris à considérer comme « ma ville » puisque c’est là que j’y ai fait mes débuts professionnels, mais surtout que j’y ai rencontré Céline, celle qui devait devenir ma compagne de vie, que je m’y suis marié, que mes deux enfants, Alain et Anne, y sont nés.

Les premières années de mon séjour à Sherbrooke se sont surtout passées au centre-ville. À cette époque, l’Université en était encore à ses balbutiements et n’avait pas de campus structuré comme aujourd’hui. La faculté de droit, par exemple, était située dans l’ancien palais de justice, rue Wellington, à quelques pas de l’édifice La Tribune, lequel était situé au 221 rue Dufferin, sur les bords de la rivière Magog. Juste en face du journal se trouvait le Café des artistes (nom qui lui avait été donné en raison de la présence des stations de radio et de télévision dans la même bâtisse que le journal), un restaurant où j’ai pris d’innombrables repas, autant le matin que le midi ou le soir. Et un peu plus au nord, toujours sur la rue Dufferin, mais de l’autre côté de la rivière Magog, se trouvait l’hôtel Magog, que nous avions affectueusement surnommé « le Studio M », encore une fois à cause de la présence à proximité des studios de radio et de télévision. L’appellation « Studio M » était une sorte de code pour les employés de La Tribune, de CHLT et CKTS, ainsi que de Télé 7, pour dire qu’ils allaient prendre une bière sans que les « étrangers » ne s’en rendent compte. C’était aussi un lieu de rendez-vous pour les étudiants en droit (le débit de boisson le plus près de la faculté) et nous y avons disputé de très nombreux concours de « Colonel Pouf » et de « Bizoune », des jeux qui avaient pour objectif de nous faire consommer de la bière, parfois beaucoup de bière.

À la faculté de droit, les professeurs étaient tous des juges ou des avocats de pratique privée, ou même des notaires. Nos cours se donnaient dans le palais de justice entre 8 h et 10 h le matin ainsi qu’entre 16 h et 18 h, parce que les salles de tribunaux constituaient les salles de cours, et qu’entre 10 h et 16 h nous ne pouvions occuper ces locaux où siégeaient alors les différents tribunaux (Cour des sessions de la paix, Cour provinciale et Cour supérieure).

Ma première tâche au journal consistait à corriger les textes des journalistes et des correspondants, et à faire des titres sur les nouvelles secondaires (qu’on appelait bouche-trous). Je travaillais de 18 h (après mes cours) jusqu’à 1 h du matin. Je rentrais chez moi en taxi, puisqu’il n’y avait pas d’autobus après minuit, et je retournais aux cours le matin à 8 h. Je pouvais étudier entre 10 h et 16 h, ce qu’évidemment je ne faisais pas toujours.

La semaine de travail s’étendait sur six jours (ou six soirées) puisque le journal était publié six jours par semaine. Mon salaire initial était de 35 $ par semaine, avant impôts et autres déductions. J’avais « oublié » de demander quel était le salaire au moment de mon embauche.

Au bout de six mois, je suis devenu journaliste affecté aux tribunaux et aux faits divers (accidents, vols, incendies, meurtres, etc.). Ce travail me convenait parfaitement puisqu’il correspondait à mes études en droit (pour la partie des tribunaux). Et quant aux affaires criminelles et autres faits divers, les bureaux de la Sûreté du Québec étaient situés au sous-sol du palais de justice (toujours à deux pas du journal), alors que ceux de la police de Sherbrooke et du service des incendies se trouvaient sur la rue Marquette, à cinq minutes de marche du journal. Un environnement idéal.

Le premier endroit où j’ai habité à Sherbrooke était chez ma tante Evelyne, la sœur de ma mère, qui habitait avec son mari, mon oncle Gaspard, au 827 de la rue Short, pas très loin de la rue Belvédère. Je ne m’y sentais pas vraiment à l’aise parce que j’avais l’impression que cette chère tante se conduisait avec moi comme un préfet de discipline. Après mes sept années à St-Hyacinthe et la suivante à Ste-Geneviève, j’en avais assez des « préfets de discipline ». Après quelques semaines à peine chez ma tante Evelyne, j’ai loué une chambre dans une maison située à l’angle des rues Ball et Brooks, sous prétexte de me rapprocher de mon travail et de mes cours.

Là non plus, je ne suis pas resté longtemps. Là, comme chez ma tante, je n’avais pas l’impression d’être chez moi. Alors, avec un collègue de travail de La Tribune, nous avons loué un appartement rue King ouest, juste en haut de la grande côte, en face du monument dédié aux soldats inconnus. Et au bout de quelques mois, nous avons déménagé au 20 King est, une maison d’appartements plutôt modernes dont le rez-de-chaussée était occupé par un magasin de la Commission des liqueurs (aujourd’hui la Société des alcools). À chaque déménagement, j’étais convaincu (et c’était sans doute la réalité) d’améliorer mon sort. Après deux années et quatre logements différents à Sherbrooke, j’ai finalement aménagé en pleine rue Wellington, à deux pas de l’intersection King, au-dessus du célèbre restaurant Olivier, qui était l’un des rares endroits de la ville ouvert 24 heures sur 24. Je devais demeurer à cet endroit jusqu’à mon mariage avec Céline en juillet 1965… (à suivre)

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Une attaque réussie contre les « hommes-clefs »

Les élections municipales et scolaires du 6 décembre 1967 à Hawkesbury avaient soulevé un intérêt inhabituel, notamment à cause du grand nombre de candidats en lice : deux à la mairie, deux à la préfecture, onze aux six postes de conseillers, huit aux six postes de conseillers scolaires séparés et sept aux trois postes de conseillers scolaires publics. Pour la première fois aussi, ce serait un mandat de trois ans au lieu de deux.

Ainsi, l’édition du journal Le Carillon du lendemain proclame la victoire incontestable du maire sortant Victor Bruneau. Les 75 p. cent de l’électorat qui se sont prévalus de leur droit de vote lui ont accordé une majorité écrasante sur son adversaire Albert Cadieux, lui-même ancien maire et homme d’affaires bien connu de Hawkesbury. Fait intéressant pour démontrer l’influence des travailleurs de la CIP sur la direction municipale, Bruneau était un employé de cette usine alors que Cadieux était un « riche » homme d’affaires et développeur immobilier.

Aux postes de conseillers, l’incomparable Philibert Proulx devançait tout le peloton avec 1444 votes, Albert Giroux (le même que l’affaire Giroux dont je parlais dans mon billet du 14 mars) et Claude Drouin obtenaient respectivement 1278 et 1257 votes. Le public avait refait confiance à Giroux… preuve que l’électeur est difficile à comprendre… comme encore aujourd’hui d’ailleurs. Pour les six autres, la différence était mince… entre 1199 et 1103 votes chacun. Les trois élus étaient Gérard Joly, Germain Tessier et Yvon Bertrand. Fait à noter, Proulx avait livré une attaque en règle contre le groupe des « hommes-clefs » qui se présentait sous cette bannière. Deux des « hommes-clefs » n’avaient pas été élus. Ce regroupement était un peu le pendant de la Ligue du réveil civique de l’élection précédente (blogue du 8 mars) et qui s’était démantelée après avoir réussi à faire élire la majorité de ses candidats. Proulx, Drouin et Joly sont des employés de la CIP.

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Dans l’édition du 7 décembre 1967 du journal Le Carillon, on apprend que le coloré
Réal Caouette, député de Rouyn-Noranda et chef du Crédit social fédéral, est conférencier au Club Richelieu de Rockland. Caouette est décédé le 16 décembre 1976, la première année d’un gouvernement du Parti québécois.

En référence aux séparatistes dont il déplorait l’attitude, Caouette souligne qu’il « y avait eu plusieurs améliorations à l’égard des Canadiens français mais qu’il restait encore beaucoup à accomplir et que la séparation n’est sûrement pas le moyen à prendre », rappelant que « l’union fait la force ». Il ne s’en fait plus des personnages comme Caouette… ou comme Camille Samson, son compatriote de Rouyn-Noranda et chef du Ralliement créditiste au Québec.

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Les conservateurs retiennent Prescott-Russell

L’édition du 19 octobre 1967 du journal Le Carillon titre en gros que « Bélanger conserve Prescott & Russell »… en encre bleue! Albert Bélanger, qui en était à sa première tentative comme candidat progressiste-conservateur, l’avait emporté par une majorité de 3 266 votes sur son adversaire libéral Serge Lalonde. Quelque 65,6 % des électeurs s’étaient prévalus de leur droit de vote, ce qui était nettement inférieur aux 71 % de l’élection précédente de 1963. Cette fois-là, Louis Cécile n’avait récolté qu’une majorité de 1 320 voix sur le libéral René Bertrand. Dans le comté voisin de Glengarry, le conservateur Osie Villeneuve est réélu. Ce comté regroupe les villages voisins de Chute-à-Blondeau, St-Eugène et Vankleek Hill, qui faisaient déjà partie du comté de Prescott. Retenez ce nom d’Osie Villeneuve; j’y reviendrai sous un jour défavorable dans le cadre de ce « Retour sur hier ».

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Décidément, la montée du séparatisme au Québec fait jaser. À la une de l’édition du 9 novembre 1967 du journal Le Carillon, l’éditeur se sent obligé d’expliquer pourquoi le journal ne parle des nouvelles industries qui compteraient s’établir à Hawkesbury. « Comme nous avons à cœur la prospérité de notre ville et notre région, et que notre seul but n’est pas seulement de vendre des journaux, nous attendons d’être sûrs avant d’en informer notre population. »

Pourquoi intervenait-il ainsi? « Les pressions se sont faites encore plus fortes depuis que la télévision montréalaise de même que les publications La Presse et Sept Jours ont annoncé que des industriels qui devaient s’établir dans le Québec avaient changé d’avis à cause du malaise séparatiste intensifié récemment dans la province voisine, projetaient de s’établir dans Hawkesbury. » Les autorités municipales craignaient les spéculateurs et que d’autres municipalités tentent d’attirer les industriels chez eux si leurs noms étaient divulgués. Des arguments semblables allaient être invoqués après l’élection du gouvernement de René Lévesque, en 1976.

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L’édition du 16 novembre du journal Le Carillon présente une demi-page de publicité curieuse. Le Cimetière St-Alphonse a ouvert une « nouvelle subdivision ». Un « grand lot 13 x 18 capacité 8 » se vend 225 $, alors qu’un « demi-lot 13 x 12 capacité 4 » se vend 150 $. Une « fosse simple capacité 3 x 8 » coûte 30 $. Tous ces prix comprennent l’entretien perpétuel. « Avez-vous songé à vous procurer un lot dès maintenant? » poursuit la publicité. Bonne question! Quarante-quatre ans plus tard, quel est le prix d’un lot d’un cimetière?