Hawkesbury citée en exemple pour son bilinguisme

Les dix premiers ministres des provinces canadiennes sont réunies à Ottawa en ce début de février 1968 à l’occasion de la « conférence fédérale-provinciale sur la constitution » (nous sommes encore loin du rapatriement de 1982). Le Carillon du 8 février titre en grosse manchette « John Robarts cite Hawkesbury en exemple au sujet du bilinguisme »… une vérité de La Palice pour les gens d’ici.

C’est que Robarts venait d’annoncer le programme de bilinguisme qu’il entendait implanter dans sa province. Il s’était référé aux quelques municipalités de l’Est de l’Ontario qui pouvaient être citées en exemple : « La ville de Hawkesbury, depuis de nombreuses années, conduit une grande partie de ses affaires en français et fournit la plupart de ses services municipaux dans les deux langues. » Robarts voulait encourager activement l’usage du français et de l’anglais dans les municipalités de l’Ontario qui comptent « une concentration suffisante de francophones ». Il y en avait beaucoup dans l’est et le nord de la province, surtout dans les zones rurales. Le français sera également reconnu à l’Assemblée législative de l’Ontario, ce qui devrait plaire aux six députés francophones qui y siègent, dont Albert Bélanger.

Le ministre d’État et député de Stormont, Fernand Guindon, s’était empressé de commenter que cela ne faisait pas de l’Ontario une province « officiellement bilingue pour autant ». (La province ne le deviendra jamais.) C’était quand même le point de départ de toute une série de mesures éventuelles qui favoriseraient les Franco-Ontariens au fil des décennies suivantes. Le Conseil municipal de Hawkesbury a même jugé bon d’adopter une résolution afin de remercier le premier ministre Robarts pour son témoignage. Robarts, il faut s’en rappeler, était un progressiste-conservateur.

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« Problème majeur au Centre Maria » affirme le titre d’un article dans l’édition du journal Le Carillon du 22 février 1968. Cet hôpital de maternité pour les mères célibataires connaît des problèmes financiers sérieux et on cherche des solutions. C’est en novembre 1937 que les Sœurs du Bon-Pasteur avaient acheté la maison d’un certain James Ross afin d’en « faire un foyer d’accueil pour filles-mères » comme on appelait alors les mères célibataires. Il n’existait alors aucune œuvre du ce genre dans le diocèse ou l’Est de la province. « La première année, 19 jeunes filles ont été admises. Au cours des dix premières années, 360 jeunes filles ont séjourné au Centre et, à date, près de 1,500 mères-célibataires y ont donné naissance à leurs enfants. » Aujourd’hui, la question ne se pose même plus.

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