Une auto passe toutes les 4,8 secondes

Question sans doute de renforcer l’importance de la future autoroute 417 (qui sera terminée vers 1974), un rapport de la Sûreté provinciale de l’Ontario, dans l’édition du
7 novembre 1968 du journal Le Carillon, prédit qu’au moins 25 personnes auront péri dans des accidents de la circulation sur la route transcanadienne, entre la capitale et la frontière québécoise, en 1968. À la fin d’octobre, il y en avait déjà 18. « Il a été démontré qu’aux heures les plus achalandées, une auto passe toutes les 4.8 secondes à n’importe quel endroit précis dans ce secteur couvrant 75 milles. » Le reste du temps, il s’agirait d’une fréquence de 11 secondes entre chaque auto. C’est beaucoup. Ça m’intrigue ce que ce peut bien être aujourd’hui, en tenant compte seulement de la circulation de Rockland vers Ottawa.

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Toujours dans l’édition du 7 novembre, un court texte à l’effet que le maire de Rockland, Georges Martin, a demandé au député Viateur Ethier d’entreprendre les démarches pour que le comté de Russell soit lui aussi désigné « zone défavorisée » à la manière du comté voisin de Prescott. Ethier n’obtiendra jamais cette désignation et le comté de Russell, au fil des ans, est devenu le « dortoir » de la Fonction publique fédérale. Ce n’est pas une situation qu’on peut appeler « défavorisée ».

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La firme torontoise Read, Voorhees et associés remet son rapport sur la circulation routière à Hawkesbury. Le rapport avait coûté 72 000 $ une somme énorme pour l’époque. Le gouvernement provincial en avait absorbé les trois quarts. Dans Le Carillon du 14 novembre 1968, on y lit que ces spécialistes recommandent aux autorités municipales suggère que « la construction d’une route au nord de la rue Principale, en bordure de la rivière Outaouais, entre les rues McGill et John, demeure la solution idéale pour décongestionner la principale artère de la municipalité aux heures de pointe ». L’artère aurait permis aux camions transportant des billots et autres matériaux à l’usine de la CIP de contourner la rue Principale, seul secteur commercial à l’époque. Un résumé du rapport de Read, Voorhees, avait été distribué à chaque citoyen de la ville.

La Route du Nord, ou boulevard du Chenail comme on s’y référait, allait être réalisée quasiment 30 ans plus tard, l’opposition des commerçants de la rue Principale ayant été trop forte à l’époque. Aujourd’hui, les grandes surfaces se sont installées le long de la route transcanadienne 17 et la rue Principale ne l’est que de nom.