Un gouvernement régional serait la solution idéale

Le regroupement sous toutes ses formes est au centre de nombreux débats en cette fin des années 60. Après celui des administrations scolaires et des unités sanitaires, voilà que le Conseil de développement de l’Est ontarien affirme que « l’implantation d’un gouvernement régional groupant les comtés de Prescott, Russell, Stormont, Dundas et Glengarry, sera la seule solution aux problèmes qui existent présentement dans l’Est ontarien ». Il y a un article à cet effet dans Le Carillon du 7 novembre 1968.

Un représentant du CDEO, l’ingénieur Rae Grinnell, avait insisté qu’il « nous faut surtout de véritables chefs, c’est-à-dire des hommes qui savent penser au regard de la vie dans 20 ans » pour réaliser un tel projet. L’économiste Paul Schrauwen, de Cornwall, avait même prédit que « la ville de Hawkesbury deviendra un ‘Hawkesbury métropolitain’ dans vingt ans et que les villages de Vankleek Hill, L’Orignal et Chute-à-Blondeau feront partie intégrante de cette agglomération urbaine ».

Évidemment, les deux se sont trompés royalement, bien que cette idée de fusions et de regroupements allait refaire surface plus tard dans le Rapport Sunderland. J’y reviendrai parce que j’ai été un ardent promoteur des conclusions de ce rapport.

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Dans ses « Pleins feux sur l’Ontario » de l’édition du 7 novembre 1968, Marcel Desjardins parle d’une nouvelle mode à Toronto : le français. Desjardins fait référence aux décisions de John Robarts pour accroître la présence du français dans sa province et au fait que le premier ministre avait craint « le ressac de l’élément WASP où les Conservateurs recrutent une bonne partie de leur appui depuis de nombreuses années. Au contraire. »

Desjardins ajoute que « cette année, le français est à la mode dans la région métropolitaine de Toronto ». Il fait ensuite référence aux médias locaux et à la grande popularité des cours du soir destinés aux adultes qui souhaitent apprendre le français. En parlant de la lutte constitutionnelle que mène le Québec de plus en plus fortement, Desjardins insiste que « sans un Québec fort, où le français pourra s’épanouir partout, au travail comme dans les écoles et les universités, il vaudrait mieux mettre bas les armes. Les Canadiens français de l’Ontario doivent tirer d’évidentes leçons de la présente évolution. Les Franco-Ontariens ne doivent pas craindre d’utiliser le français, de s’afficher en français, de faire passer leur langue d’abord, surtout là où ils sont en majorité, comme à Hawkesbury ». Il fait allusion à de nombreux commerçants de Hawkesbury qui préfèrent s’afficher en anglais. En 2011, cette question n’a toujours pas été comprise dans Prescott et Russell, à quelques exceptions près.