Décès d’un homme qui avait laissé sa marque sur Hawkesbury

J’ai connu ce grand citoyen de Hawkesbury puisqu’il résidait tout près des bureaux du journal Le Carillon. Ainsi, dans l’édition du 14 novembre, un texte fait état de son décès le
7 novembre, à l’âge de 71 ans. Adrien H. Berthiaume avait été maître de poste de 1926 jusqu’à sa retraite en 1961. Et entre temps, il avait multiplié ses occupations.

Ce frère de Noël Berthiaume et oncle du maire actuel de Hawkesbury, René Berthiaume, avait participé très activement à la vie communautaire de sa ville et avait laissé sa marque au sein de nombreuses organisations municipales et paroissiales. On lui devait la formation de l’escadrille des Cadets de l’air et il s’était occupé des scouts catholiques.

Il avait été actionnaire de la firme Hawkesbury Realty, société immobilière dont le projet Mont-Roc allait devenir le plus beau quartier résidentiel de la ville à l’époque. Adrien H, Berthiaume avait été le premier à suggérer que Hawkesbury soit dotée d’un aréna (le futur Centre Mémorial). Avec d’autres citoyens bien entendu, il avait été responsable de la venue à Hawkesbury de l’Union internationale des travailleurs, ce qui avait abouti à la création du local 28 des employés de l’usine locale de la CIP. Il avait tenté de se faire élire à la mairie de Hawkesbury, en 1947, mais le maire sortant, le Dr Charles-Émile Lafrance, l’avait battu. Il avait été président de la Chambre de commerce, membre-fondateur du club Richelieu, membre de la Commission de l’École secondaire régionale de Hawkesbury et membre honoraire du club Rotary.

Pendant la Première Guerre mondiale, il s’était enrôlé dans l’infanterie et avait participé aux dernières campagnes en France. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il avait été commandant de la compagnie de réserve, agent de liaison pour les prisonniers de guerre et président du comité responsable de la réhabilitation des soldats. Adrien laissait dix enfants.

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Bizarre en rétrospective. Dans l’édition du 28 novembre, un article rapporte que le conseiller municipal Claude Drouin, pourtant lui-même employé de la CIP, veut que la Sûreté municipale fasse enquête sur les « taxis illicites », soit ceux qui assurent « un service de taxi » sans être munis du permis nécessaire. Aujourd’hui, nous parlerions de covoiturage, puisque c’est de ça qu’il s’agissait. Drouin affirmait que ces gens, essentiellement des employés de l’usine de la CIP qui transportaient leurs confrères travailleurs, « enlèvent ainsi aux compagnies de taxi de la ville un précieux revenu ». Il n’a pas dû se faire des amis au travail, mais personne n’osait sans doute s’afficher comme « chauffeur de taxi ».

J’en ris parce que mon beau-père était un de ces « taxis illicites ». Il faisait simplement du covoiturage avec quatre de ses confrères qui habitaient dans les rues voisines de la sienne. Il a fait ça du temps que je l’ai connu, en 1967, jusqu’à la fermeture de l’usine en 1982. Aujourd’hui, l’initiative de ces « covoitureurs » serait louangée.