Le petit ruisseau qui voulait devenir grand

Je pense que c’est la seule fois qu’une telle inondation se produisait le long du ruisseau Hawkesbury. Le Carillon du 25 février 1981 y consacre quatre pages de textes et de photos. Les conséquences avaient été grandes. « Le cinquième jour après la crue du petit ruisseau Hawkesbury, survenue dans la journée de vendredi (20 février), l’Hôpital général est toujours fermé aux patients et on ne prévoit pas qu’il ouvrira avant vendredi de cette semaine. À quelque distance de l’hôpital, ce sont des résidents des rues Kipling, Prospect et Bon Pasteur qui s’affairent toujours, cinq jours après l’inondation au grand ménage. » Plusieurs s’en souviennent forcément encore aujourd’hui.

« Tel est le branle-bas que le petit ruisseau de Hawkesbury, presque à sec durant les mois d’été, a provoqué lorsqu’il est sorti de son lit vendredi, écrit le journaliste Yves Rouleau. L’inondation, aussi importante qu’inattendue, a été causée par un embâcle sous le pont du chemin de fer derrière l’hôtel Bridge Inn et provoquée par les pluies torrentielles des jours précédents. Elle a entraîné l’évacuation de l’hôpital et de quelques résidences longeant la rivière. Les dommages ont été évalués sommairement à $750,000. »

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La nouvelle avait été gardée secrète en quelque sorte, mais le chat était quand même sortit du sac et Charles Burroughs en parle dans sa chronique du 25 février 1981. « Le député de Glengarry-Prescott-Russell sera immobilisé pendant au moins un mois à la suite d’une attaque cardiaque qu’il a subie le 1er février dernier. Présentement hospitalisé au Centre médical de la Défense nationale, à Ottawa, M. Ethier est au repos complet. (…) M. Ethier, on s’en souvient, a déjà subi une opération chirurgicale majeure il y a quelques années, mais avait réussi à reprendre un rythme de vie à peu près normal. » Ethier, Denis de son prénom.

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Je résume généralement les anciens articles pour le contexte de mon blogue. Cette fois, j’en reproduis un dans sa quasi intégralité parce qu’il s’agissait du dénouement d’une longue affaire qui avait retenu l’attention des médias pendant plus d’une année et dont la conclusion établirait un précédent pour tous les cas semblables ailleurs en Ontario. Le texte ne porte aucune signature et je ne me souviens plus de qui de mon équipe l’avait rédigé.

« Un comité sélect de l’Assemblée législative ontarienne, chargé d’étudier les recommandations de l’Ombudsman de l’Ontario, a atteint les mêmes conclusions que ce dernier en donnant raison à la famille Edward Burton, à qui la Commission de logement de Prescott-Russell a refusé à maintes reprises l’accès à un logement au loyer basé sur le revenu à Hawkesbury.

Ce comité sélect (…) insiste, à la lumière de ses recommandations, sur une révision des procédures d’admission recommandées par la Société d’habitation de l’Ontario.

En ce qui concerne l’affaire Burton, le Comité sélect reprend textuellement les recommandations contenues dans le rapport de l’Ombudsman, daté de décembre 1979, ordonnant à la Commission de logement de Prescott-Russell d’admettre immédiatement la famille Burton dans un logement subventionné et, si aucun n’est présentement disponible, de lui offrir le premier qui sera éventuellement libéré.

De plus, le Comité sélect précise que la Société d’habitation de l’Ontario devra donner plus d’autonomie aux commissions locales de logement si on veut éviter des injustices du genre à l’avenir.

On se souviendra que ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Burton a fait couler beaucoup d’encre, à l’automne 1979 et au début de 1980, alors que cette famille, forcée de quitter son logement de la rue Régent à Hawkesbury voué à la démolition, avait essuyé des refus répétés de la part de la Commissions de logement de Prescott-Russell pour un logement au loyer basé sur le revenu. Un groupe d’intervenants, parmi ceux-ci l’animateur communautaire du Collège Algonquin à Hawkesbury, M. Richard Hudon, ont tenté sans succès de faire revenir la Commissions sur sa décision, soumettant le cas d’abord à une publicité intensive dans les médias, ensuite au bureau de l’Ombudsman de l’Ontario et enfin du premier ministre William Davis, qui lui l’a référé au Comité sélect de la Législature.

Dans un communiqué de presse émis cette semaine, M. Hudon, tout en démontrant sa satisfaction quant au dénouement de l’affaire, précise également que la recommandation du Comité sélect aura des répercussions futures sur l’ensemble des commissions locales de logement en Ontario. ‘Pour nous qui étions impliqués à défendre les principes d’une vraie justice équitable pour tous, nous demandons à ce que le député sortant, M. Bélanger, ainsi que les candidats dans la présente campagne électorale se joignent à nous pour exercer des pressions auprès de la Commission de logement de Prescott-Russell pour que cette dernière et son président, M. Jean-Maurice Demers, s’en tiennent à la recommandation du Comité sélect de la Législature et respectent ces recommandations’, de dire M. Hudon.

‘L’intransigeance de la Commission de logement de Prescott-Russell et surtout celle déployée par son président J.-Maurice Demers aura servi la cause des gens démunis de l’Ontario car elle aura provoqué cette enquête’, devait-il ajouter. »

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Cumberland… aucune compensation

En 1969, le canton de Cumberland s’était détaché des comtés unis de Prescott-Russell pour se joindre à la municipalité régionale d’Ottawa-Carleton. « Le canton de Cumberland réclamait des comtés unis une compensation monétaire pour des déboursés qu’il avait faits dans le passé pour des propriétés publiques. » Comme le rapportait Le Carillon du 18 février 1981, « la Commission des affaires municipales de l’Ontario, saisie de l’affaire en 1974, a en effet décidé qu’il n’y avait pas là matière à poursuite. (…) La Commission a décidé que les propriétés publiques n’étaient pas traitées selon la loi comme les actifs d’une société privée, et que donc il n’y avait aucun actif à partager lors de la dissolution. » La MROC avait donc décidé de ne plus chercher à obtenir compensation après douze années de rencontres nombreuses entre les divers intervenants.

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Un petit brin d’histoire dans ma chronique du 21 février 1981 (tiens, tiens, le jour de mes 35 ans!). « L’hôtel Royal, démoli cette semaine, a rappelé certains souvenirs à plusieurs. Très peu se souviennent, toutefois, du temps où l’hôtel était connu sous le nom d’Hôtel Canada Atlantic. C’est là que le club Rotary tenait ses réunions vers 1930. La rue du Carillon, en face de cet hôtel, se nomme précisément la rue Canada-Atlantique, sans doute parce que les gens empruntaient cette rue quand ils débarquaient du quai du Chenail jadis. » Les hôtels King Edward et Royal n’existant plus, il ne restait que l’hôtel Bridge Inn sur la rue Principale. Lui aussi serait démoli quelques années plus tard.

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Dans Le Carillon du début des années 80, nous recevions une chronique de l’Office de l’éducation chrétienne du diocèse d’Ottawa signée par différents prêtres et qui s’intitulait « Lumière sur la route ». Je retiens celle que nous avions publiée dans l’édition du 21 février 1981 sous la plume de l’abbé Gérard St-Denis, maintenant monseigneur et que je croise très régulièrement ici et là dans la région, et qu’il avait titrée « Un monde en question ». (Retraité, Mgr St-Denis aide aux célébrations soit à L’Orignal, soit à Vankleek Hill et partout où on a besoin de ses services pastoraux. Il avait aussi été professeur au petit séminaire quand j’y étudiais.) Je la retiens aussi parce qu’elle fait référence au chef d’œuvre de Luc Plamondon et Michel Berger dont on connaît si bien les chansons et les airs plus de 30 ans plus tard. La voici :

« J’ai vu Starmania. C’est un grand opéra-rock, une dramatique en chansons. C’est monté et interprété avec brio. Mais surtout, c’est d’une densité humaine combien profonde. Certes, comme toute dramatique, Starmania insiste sur des sentiments et des idées au point peut-être de les exagérer. Mais ça demeure tellement vrai…

Un monde de violence… Qui est-ce qui viole les filles? Qui met le feu aux buildings? Préparez-vous pour la bagarre! Autour de nous il tombe des bombes! Je suis la violence personnifiée!

Un monde de solitude… On est toujours tout seul au monde! On n’a qu’une vie, pourquoi la partager? Chacun fait son ego trip! Devant mon miroir, j’ai rêvé d’être une star!

Un monde où se posent avec acuité les grandes questions de l’existence… Tout ce qu’on veut c’est d’être heureux… avant d’être vieux! Je suis vos désirs secrets! J’ai pas d’mandé à v’nir au monde! J’veux pas travailler juste pour travailler! J’suis pas heureux mais j’en ai l’air! J’ai pas d’passé, j’ai pas d’avenir! Pourquoi la vie, pourquoi la mort?

Et un monde d’aspiration, d’appel… J’aurais voulu être un artiste! Dans les villes de l’an deux mille, la vie sera bien plus facile! Laissez-moi partir! Ce soir j’irai voir à travers le miroir si la vie est éternelle! Y a-t-il quelqu’un dans l’univers qui puisse répondre à nos questions, à nos prières?

Devant tout cela, il me vient des réponses ou, au moins des morceaux de réponses… Mais les réponses sont-elles appropriées? Ne faut-il pas surtout écouter les questions et leurs résonnances dans la vie de ceux qui nous entourent, et dans la nôtre? Oui, il me semble qu’il faut entendre les questions, les écouter, se laisser prendre pas les questions. Autrement, que valent les réponses? »

L’IGA Lapointe… le stationnement avec vue

Les motards et amateurs de motos s’y donnent rendez-vous maintenant, pas à cette épicerie, mais devant le concessionnaire de motos qui s’y est installé il y a plusieurs années. Et lors de la publication du journal Le Carillon du 31 janvier 1981, c’était toujours l’épicerie Lapointe IGA qui se trouvait à ce coin de l’intersection des rues Principale et John à Hawkesbury. Et la nouvelle était à l’effet que Benoît Thériault venait « de se porter acquéreur du magasin Lapointe IGA qui sera transformé en épicerie Richelieu. Benoît, comme on le sait, est propriétaire du Métro de Vankleek Hill ». Dans ma chronique, je note que « le Marché Lalonde à Alfred avait changé de mains le jour du 20e anniversaire de fondation de ce magasin. Cette fois, dans le cas de l’IGA Lapointe, l’annonce de la vente coïncide avec l’anniversaire de naissance du propriétaire, Joffre Lapointe. M. Lapointe est né un 1er février. » Le terrain de stationnement en face de ce magasin était le lieu de rencontres par excellence des « jeunes amoureux » et même d’autres qui s’y installaient dans leur automobile simplement pour regarder les autos qui tournaient de la rue Principale pour emprunter la rue John. Ils n’avaient pas grand-chose à faire. Le fils de Joffre, Claude, est propriétaire de l’agence de voyages à Embrun et habite dans le même condo que moi à Ottawa.

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Les gouvernements minoritaires durent rarement longtemps. Dans le journal du 4 février 1981, nous apprenons que le premier ministre conservateur William Davis avait dissous l’Assemblée législative et avait convoqué les Ontariens aux urnes le 19 mars suivant. « À la dissolution de la Chambre, lundi, le Parti conservateur possédait 58 sièges, soit cinq de moins que la majorité absolue de 63, le Parti libéral comptait 34 députés et le Nouveau parti démocratique, 33. » À suivre, bien sûr.

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Ça, c’était plutôt rare. Le Carillon du 4 février 1981 nous en parle. « En 72 heures, les 71 employés de soutien de l’Hôpital général de Hawkesbury ont utilisé deux moyens de pression fort distincts, le sit-in et la grève illégale, afin de forcer une reprise des négociations en vue du renouvellement de leur convention collective. Le dernier acte de cette grève aura été aussi inattendu que les précédents. Mardi matin, les grévistes sont rentrés au travail à la suite de l’émission d’une injonction de la Cour suprême les forçant à agir ainsi. » Les négociations se poursuivaient.

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Les négociations se poursuivaient depuis quelques années et avaient finalement porté fruits. « D’ici trois semaines, l’achat de la Clinique Smith de Hawkesbury par la Corporation de l’Hôpital général sera un fait accompli. (…) L’achat de la Clinique Smith, qui comprendra l’édifice érigé sur un terrain de 120 pieds de façade par 250 de profondeur, au coût de $1 300 000, stipule que l’annexe B de l’Hôpital général fermera ses portes en même temps que sera finalisée la transaction. L’achat de la clinique comprendra également les bureaux des médecins consultants qui sont situés dans l’ancienne résidence des infirmières voisine de la clinique. » L’annexe B était l’ancien hôpital Notre-Dame, au coin des rues Régent et William.

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Plusieurs partisans et citoyens souhaitaient qu’Omer Deslauriers, originaire de Hawkesbury, porte la bannière des conservateurs dans Prescott-Russell aux prochaines élections provinciales. Deslauriers avait déjà décidé de se porter candidat, mais n’avait pas choisi de circonscription. Dans le journal du 18 février 1981, on apprend que ce sera dans la circonscription d’Ottawa-Est et qu’il y affrontera le libéral Albert Roy. Celui-ci avait répliqué en exprimant son mécontentement à la « décision de ce dernier de venir lui faire du trouble » et il avait ajouté que « Omer a vendu ses principes. Les Conservateurs sont convaincus que si on donne une bonne job aux Franco-Ontariens, ils fermeront leur gueule. » Bang! Il fallait quand même un certain courage pour affronter Albert Roy, sachant quasiment d’avance les résultats.

Démystifier la politique : une bonne idée

Je trouve que l’idée était intéressante. L’Union culturelle des Franco-Ontariennes (autrefois connue sous le nom de Cercle des fermières) de Prescott-Russell et Glengarry afin décidé d’organiser une série de cours « afin de démystifier la politique aux yeux » de leurs membres et des autres qui participeraient à de tels cours. Les cours de gestion municipale traiteraient de nombreuses perspectives : les différents paliers de gouvernements, les élus et les conflits d’intérêts, la planification des finances, l’imposition des taxes et l’obtention de subsides et octrois, les types de conseils municipaux (cantons, villages, villes et cités), le besoin d’implication des francophones en politique, les conseils de comtés et scolaires, le fonctionnement des différents organismes de loisirs régionaux, les questions d’intérêt local, et finalement, la gamme des services gouvernementaux offerts en français en Ontario. L’UCFO avait obtenu une subvention du Secrétariat d’État pour lui aider à offrir ces cours. C’est dans l’édition du 21 janvier 1981 du journal Le Carillon.

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Une grande partie de la population locale et régionale le connaissait. Pendant neuf ans, il avait été administrateur du Service de bien-être de la ville de Hawkesbury. Quand ces services locaux ont été régionalisés en 1969 (la même année que la régionalisation de la gestion scolaire), Doris Davidson est devenu l’administrateur et il est demeuré à ce poste jusqu’à sa retraite anticipée le 1er mai 1981, pour cause de maladie. Dans le journal du 28 janvier 1981, on apprend que M. Davidson est décédé le 26 janvier à l’âge de 62 ans. « Il a été vice-président de l’Association Action-Progression, un organisme à but non lucratif voué aux handicapés des comtés, et plus récemment, il parrainait la fondation des Ateliers de l’Est, un projet de réhabilitation pour alcooliques à Hawkesbury qui a dû plus tard fermer ses portes faute de financement. »

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Édouard Beniak, Normand Côté et Raymond Mougeon, du Centre d’études sur l’éducation franco-ontarienne, avaient été sévères envers la qualité du français parlé et écrit « chez les Franco-Ontariens de la 9e à la 12e année à l’école secondaire de Hawkesbury ». Ils avaient étudié à la fois le français formel (l’écrit et lors d’entrevues par exemple) et le français informel (le français quotidien). « Lorsqu’il termine ses études, l’élève de l’école secondaire de Hawkesbury parle et écrit un français douteux, ce qui peut être attribuable à l’habitude de celui-ci de communiquer dans la vie de tous les jours dans un français informel et aussi à un enseignement qui ne s’applique pas suffisamment à corriger l’élève à partir des difficultés concrètes qu’il éprouve avec la langue. » Je me demande quelles seraient les conclusions si une telle étude était reprise en 2012? Dans le journal du 28 janvier 1981. Dans les éditions subséquentes, nous constatons qu’il y avait eu tout un débat après la parution de cet article et les auteurs ont même réagi, en nous accusant d’avoir faussé le sens de leurs conclusions. J’avais décidé de publier leurs conclusions dans leur intégralité et laisser les lecteurs juger. La conclusion était évidente; ils n’avaient tout simplement pas aimé notre choix de mots et notre traitement un peu « sensationnel ».

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Un article dans les pages intérieures du journal du 28 janvier 1981 et qui n’avait surpris personne. « Le sous-préfet du canton de Cumberland, M. Don Boudria, doit annoncer aujourd’hui sa candidature comme porte-étendard du Parti libéral lors des prochaines élections provinciales dans la circonscription de Prescott-Russell. M. Boudria, qui prépare sa candidature depuis quelques années, doit en effet donner une conférence de presse cet après-midi à la salle de la Légion canadienne, à Rockland. Militant du Parti libéral depuis 1972, M. Boudria se proclament ouvertement candidat depuis trois ans, et il tentera lors qu’une prochaine convention du parti de se faire acclamer candidat officiel en vue de la prochaine élection. Âgé de 31 ans, M. Boudria est acheteur en chef du Parlement et siège comme sous-préfet du canton de Cumberland, la plus vaste municipalité de la circonscription depuis six ans. Il a pris une part active à plusieurs campagnes électorales fédérales et provinciales pour le compte du Parti libéral. » À suivre!

Une question pressante apparemment

L’idée était de Roland Saumure, de Bourget, le président sortant du Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell, un organisme qui gérait alors les écoles de niveau élémentaire exclusivement. La résolution du conseiller Saumura précisait « que la population de Prescott-Russell veut une éducation catholique pour ses enfants et que les demandes pour une éducation catholique après la 8e année se font de plus en plus pressantes ». C’est la première fois que nous entendions exprimer un tel souhait et rien n’avait laissé supposer que la question était « pressante ». Saumure avait même proposé que je fasse partie du comité spécial qui devrait être formé pour étudier la question; ce comité regrouperait évidemment des représentants élus et professionnels du CECPR, mais aussi des gens de l’extérieur. Saumure était pressé et il souhait que cela puisse se faire pour septembre 1981. Il en est question dans Le Carillon du 20 décembre 1980.

Dans mon éditorial du 23 décembre 1980, je commente évidemment cette intention et je pose la question, en référence aux parents : « En veulent-ils une? » parce que je n’étais pas sûr que la demande existait, bien que je reconnaissais que la suggestion de Saumure « vaut la peine d’être étudiée ». J’ajoutais que « le système élémentaire francophone actuel est catholique ‘légalement’; le système public est non confessionnel. Les enfants d’un système ne sont pas meilleurs ou moins bons que ceux de l’autre. (…) Une interrogation importante est donc de savoir si les parents utilisent le système parce qu’il est catholique, parce qu’il est francophone ou par habitude? (…) L’enseignement est sensé former un ‘bon chrétien’; les ‘bons chrétiens’ font légion dans les religions ‘protestantes et dans les autres dénominations religieuses ». Et je conclus qu’à « bien des endroits, il y a un désir de retour aux valeurs traditionnelles (dont celles inculquées par la religion catholique). Est-ce que la population de Prescott-Russell préfère cela, oui ou non? » Évidemment, je n’ai pas été invité à faire partie du comité avec une attitude comme celle-là.

Le débat avait été de courte durée, mais reviendrait plusieurs années plus tard lors d’une autre refonte de l’administration scolaire en Ontario. Il y a aujourd’hui des écoles secondaires catholiques de langue française et de langue anglaise.

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La grève des employés du Marché Lalonde d’Alfred avait été de courte durée. Le débrayage avait commencé le mardi 23 décembre et les syndiqués étaient rentrés au travail le 30 décembre… le temps, sans doute, de profiter des congés de Noël. Les détails sont rapportés dans le journal du 30 décembre 1980. Il y avait beaucoup de Lalonde à Alfred. Ainsi, le président du syndicat du Marché Lalonde se nommait Rhéal Lalonde. « Le syndicat a opté pour l’arrêt légal de travail par 33 votes en faveur de la grève contre deux syndiqués s’y opposant. Le 23 décembre, les syndiqués ont entrepris de faire du piquetage à l’entrée du magasin et dans le stationnement. Toutefois, une rencontre des grévistes, lundi matin, a permis de constater que la solidarité s’était quelque peu effondrée et que plusieurs se questionnaient sur la validité de l’option de la grève. » La grève avait été interrompue, mais les négociations se poursuivaient. La convention collective serait signée au printemps de 1981.

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J’en parle dans ma chronique du 30 décembre 1980. « Une cause, habilement défendue par Me Jerry Langlois, de Hawkesbury, vient de créer un précédent juridique au Canada. La Cour Suprême du pays a décrété, unanimement, qu’une femme qui a vécu avec son époux de droit commun pendant 20 ans a droit à la moitié des actifs de son ancien partenaire. Rosa Becker, maintenant de Franklin Centre (près de Valleyfield), avait opéré une entreprise de fabrication de miel, à Vankleek Hill, pendant une vingtaine d’années avec son compagnon Lothar Pettkus. Après leur séparation, Rosa Becker avait obtenu, par voie de cour, 40 ruches et $1,500. Il y a deux ans, la Cour d’appel de l’Ontario a révisé la cause et a accordé la moitié des actifs, décision ratifiée par la Cour Suprême. »

Paulhus dirigerait le nouveau collège

Le nouveau collège francophone de technologie agricole et alimentaire d’Alfred n’allait ouvrir ses portes que dans une dizaine de mois mais son directeur était déjà connu. Dans l’édition du 10 décembre 1980 du journal Le Carillon, nous apprenons que Marcel Paulhus, « le coordonnateur régional de l’Est pour le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation » avait été nommé directeur de ce collège « qui doit ouvrir ses portes en septembre prochain ». Le dossier l’intéressait énormément. « M. Paulhus, spécialiste en gestion de fermes, avait présidé les deux comités ministériels sur l’établissement d’un collège à Alfred, depuis le début de 1980. Âgé d’une quarantaine d’années, M. Paulhus est domicilié au village de Russell, père de deux jeunes enfants. (…) Il est natif de la Saskatchewan. Il a été assistant agronome dans le comté de Prescott entre 1969 et 1971, agronome jusqu’en 1973 dans le comté de Cochrane-Nord, et jusqu’en 1977, dans le comté de Nipissing. Il a été coordonnateur régional du Nord de la province pour le ministère jusqu’en 1979, et coordonnateur de l’Est de 1979 à aujourd’hui. » En résumé, il s’y connaissait en agriculture dans diverses régions de l’Ontario. Et de surcroît, il était un type assez sympathique. Il dirigera le collège pendant de nombreuses années.

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J’y fais référence dans ma chronique du 13 décembre 1980. « La Commission ontarienne sur les contributions et les dépenses électorales vient de reconnaître officiellement un nouveau parti politique, le ‘Unparty’. Son programme politique: abolir l’assurance-chômage, les expropriations gouvernementales, les régies de mise en marché, les agences de réglementation, réduire ou éliminer la taxation. Pour régler le budget, le parti ‘Unparty’ vendrait tous les actifs du gouvernement pour rembourser les dettes. Le chef du parti est Mary Lou Gutscher. » Ah, la démocratie! Quelque chose qu’un libertarien d’Embrun aurait sans doute appuyé.

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Pauvre CIP, elle ne s’en sortira jamais. « La Compagnie internationale de papier du Canada, à Hawkesbury, devra améliorer sensiblement la qualité de l’air aux environs de son usine, selon une ordonnance de contrôle qui vient d’être émise à son égard par le ministère ontarien de l’Environnement. » Le ministère jugeait insuffisantes « les nombreuses améliorations à ses chaudières et autres dispositifs d’émission de gaz ». Le journaliste avait rapporté les détails dans le journal du 17 décembre 1980.

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Un entrefilet dans ma chronique du 20 décembre 1980. « Le colonel Harland Sanders n’est plus. » Le colonel du poulet frit Kentucky, évidemment. C’était à l’époque de l’assassinat de John Lennon. On parle encore des deux aujourd’hui.

Aussitôt élus, aussitôt on se vote une augmentation

Ç’aurait été mal vu que les élus municipaux siégeant au Conseil des comtés unis de Prescott-Russell se votent une augmentation salariale juste avant les élections du 10 novembre. La résolution avait alors été reportée à plus tard. Ce plus tard n’a pas tardé. Comme le rapporte Le Carillon du 29 novembre 1980, cette même résolution « a été adoptée par la majorité des membres lors de la réunion mensuelle de novembre, accordant une augmentation de 20% aux membres du Conseil et de 3,77% au salaire du président. (…) Au moment de l’adoption du règlement, le président du Conseil, le maire de Russell Gaston Patenaude a tenu à préciser que cette augmentation de 20% était accordée après quatre ans aux membres et qu’elle équivalait à $0,50 par jour. » Personne ne s’en rappellerait lors de l’élection suivante. C’était commun à l’époque, et ce l’est encore sûrement aujourd’hui, que les élus reportent après les (leur) élections toute question d’une rémunération supérieure. Je n’ai jamais vu un électeur s’en plaindre!

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Depuis que les services juridiques étaient offerts de plus en plus fréquemment un peu partout en Ontario, il était inévitable que les avocats francophones se dotent d’une représentation appropriée. « Quelque 200 juristes d’expression française de l’Ontario, réunis à Ottawa du 14 au 16 novembre, ont voté de se constituer en association provinciale » peut-on lire dans le journal du 29 novembre 1980. Les fondateurs avaient décidé que leur groupement se nommerait « L’Association des juristes d’expression française de l’Ontario » et qu’il n’y en aurait pas de traduction. Voilà pour la cohérence. Me Robert Paris, d’Ottawa, en est devenu le premier président. Me Michel Charbonneau, de Hawkesbury et juge aujourd’hui, faisait partie du conseil d’administration fondateur, ce qui n’avait surpris personne.

Et puisque le débat sur le rapatriement de la Constitution se poursuivait des plus belles, l’Association avait décidé d’intervenir alors plus tôt que plus tard. Les membres, « à deux abstentions près », avaient adopté à la quasi-unanimité la résolution suivante :

« Attendu que les gouvernements du pays étudient présentement une réforme constitutionnelle; attendu que les droits linguistiques au niveau législatif, administratif et judiciaire des Ontariens d’expression française sont en cause; attendu que cette association qui regroupe les juristes d’expression française de l’Ontario se doit de se prononcer immédiatement sur cette question, il est proposé que le conseil d’administration de l’Association présente au Procureur général de l’Ontario, au ministre de la Justice du Canada et au comité spécial mixte du Sénat et de la Chambre des communes sur la Constitution la résolution suivante: ‘Que la Constitution du Canada reconnaisse le statut égal du français et de l’anglais dans la promulgation des lois, dans la procédure parlementaire et dans l’administration de la justice en Ontario’. »

La résolution a quand même permis de débattre de la question, mais sans qu’elle soit intégrée dans la Constitution deux ans plus tard.

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Parlant de langue française en Ontario, le Conseil d’éducation des comtés de Stormont, Dundas et Glengarry, fait publier une grande annonce dans le journal du 29 novembre 1980 dans laquelle il fait connaître sa décision quant aux récentes recommandations de la Commission des langues d’enseignement de l’Ontario et qui transformait officiellement, en quelque sorte, l’école secondaire d’Alexandria en institution bilingue. Dans la publicité, le Conseil écrivait ceci :

« Que l’École secondaire régionale Glengarry District High School est une école qui offre des services éducatifs aux étudiants et à la communauté conformément à ce qui suit:

i) L’existence d’une entité de programmation en langue française et d’une entité de programmation en langue anglais avec:
   a) deux co-directeurs qui s’acquittent des fonctions de directeur-coordinateur à tour de rôle;
   b) chefs de section distincts;
   c) personnel et choix de matières distincts.

ii) Une disposition permettant aux élèves de suivre tous leurs cours soit en français ou en anglais, ou pour ceux qui le désirent, de suivre certains cours en français et certains cours en anglais, jusqu’à un maximum de 50%. »

C’est ce qu’on appelait ménager le chou et la chèvre.

Un cinquième en dix ans

Pendant combien de temps serait-il à son poste celui-là. Dans l’édition du journal Le Carillon du 5 novembre 1980, les citoyens de Hawkesbury apprennent que leur nouveau directeur des loisirs, à compter du 1er décembre, sera Michel Major. « Il sera directeur des loisirs, responsable de la programmation et de la gestion des établissements. » Le Conseil municipal ne pouvait être plus clair dans ses attentes. « Michel Major, 39 ans, marié et père de deux enfants, (…) a été l’un des trois candidats parmi 27 retenus pour les interviews. » Il toucherait un salaire annuel de 28 000 $ et déménagerait sa famille à Hawkesbury l’été suivant. « Le cinquième directeur des loisirs en dix ans a d’abord été employé chez E.B. Eddy, à Hull, avant de devenir directeur des loisirs de la ville de Touraine de 1971 à 1975. Après l’amalgamation des municipalités en la cité de Gatineau, il est devenu chef de la division des arénas de Gatineau de 1975 à 1978. Depuis cette date, il était surintendant des installations de loisirs et de récréation pour la cité de Vanier. » Ses prédécesseurs avaient été Rhéal Leroux (le premier), Gilbert Patry, William Jermyn et Gilles Lefort.

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Il était temps. En tout cas, les citoyens de Hawkesbury en avaient assez. Lors du scrutin du 10 novembre 1980, ils décident de donner un congé bien mérité aux conseillers sortants Claude Demers et Armand Brunet. Le maire Laurent Cayen et le préfet Lucien Berniquez avaient été élus sans opposition. À l’élection, le sous-préfet Gilles Thériault a été réélu facilement. Et sans doute pour la première fois à Hawkesbury, un père et son fils siégeront au même conseil. Claude Drouin a évidemment été réélu haut la main et bon premier et ce qui ne surprenait guère, son fils Yves est élu au deuxième rang des conseillers; le père ayant tout de même récolté 106 votes de plus que son fils. Edward Mullin et Kenneth Gray avaient été réélus, alors que l’ex-conseiller Armand Larocque revenait et que le nouveau venu Jean-Pierre Picard faisait son entrée au conseil. Je siégerais avec lui quelques années plus tard. Claude Demers et Armand Brunet sont loin derrière et battus. C’était d’ailleurs ce que j’avais suggéré aux citoyens en éditorial avant les élections. Avec la présence du tout récent nouvel administrateur en chef Pierre Tessier et de l’arrivée prochaine du nouveau directeur des loisirs Michel Major, le mandat s’annonçait plutôt intéressant; il le serait.

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« Si tout va comme prévu pour le Club de tennis et racquetball de Hawkesbury, un centre sportif intérieur pourra ouvrir ses portes dès le début de septembre 1981. » C’est ce qu’on peut lire dans le journal du 15 novembre 1980. « Le promoteur du projet, M. Yves Lalande, a indiqué au Carillon que les travaux pourraient être mis en chantier dès mars prochain et qu’il ne reste qu’à trouver le financement et à déterminer les coûts. L’édifice sera construit sur le rue Cameron, entre les usines Canadian Uniform et Canadian Buttons; sa superficie sera de 46 000 pieds carrés, dont 6 000 pieds carrés au sous-sol. Il comprendra quatre courts de tennis, six courts de racquetball, un court de squash, un bar, une garderie, des services connexes. Au sous-sol, les membres retrouveront une piste de jogging, des douches et saunas et autres services. On a prévu pour l’expansion future de l’espace pour deux courts de tennis et quatre courts de racquetball additionnels. Le parc de stationnement suffira à 101 véhicules. » Voilà, c’était encore une belle idée, mais tout n’avait pas été comme prévu.

Le Chenail, un nouvel animateur-coordinateur

J’ose affirmer que tout le monde le connaissait à Hawkesbury ou presque. Il avait d’ailleurs animé le vernissage-spectacle de Gilles Proulx dont je vous ai parlé dans mon billet précédent. Dans Le Carillon du 18 octobre 1980, nous apprenons que « le conseil d’administration du centre d’activités culturelles et communautaires Le Chenail de Hawkesbury a retenu les services d’André Villeneuve comme animateur-coordinateur. André Villeneuve, 30 ans, (…) a déjà été au service du centre Le Chenail, comme animateur-organisateur, en 1973. Auparavant, il s’était fait connaître comme organisateur syndical et l’an dernier, à titre de recherchiste auprès du collège Algonquin, il a réalisé une étude sur le milieu syndical à Hawkesbury. Le centre Le Chenail, présentement au Centre Guindon, doit s’installer bientôt dans le nouveau centre communautaire Christ-Roi. »

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Un entrefilet à la une du journal du 22 octobre 1980. « L’ancien député fédéral de Prescott, M. Elie O. Bertrand, est décédé, hier soir (mardi), à la Résidence Prescott-Russell, à l’âge de 86 ans. (…) M. Bertrand, dont la famille est très connue dans les comtés unis, avait été maire de L’Orignal pendant quelques années avant de devenir député libéral de Prescott à Ottawa. Il a été député de 1929 à 1949. En 1949, jusqu’à sa retraite en 1959, il a été directeur des prêts agricoles au fédéral. »

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Les élections municipales du 10 novembre se rapprochent et les candidatures sont connues dans l’édition du 22 octobre 1980. Dans plusieurs cas, des maires sont réélus. C’est le cas de Laurent Cayen, à Hawkesbury, de Jean-Marc Lalonde, à Rockland, de Jean-Rolland Charbonneau, dans Hawkesbury-Ouest, de Gaston Patenaude, dans Russell, de Lucien Groulx, à Plantagenet, de Marcel Leduc, dans Longueuil, d’Ernest Brisson, dans Cambridge, de Roland Bercier, dans Plantagenet-Nord, de Pierre Perreault, à Vankleek Hill, de Clovis Tourigny, dans Plantagenet-Sud, de Donat Bergevin, à St-Isidore-de-Prescott, de Roch Gratton, dans le canton d’Alfred, et de Jean-Paul Touchette, à Alexandria. Heureusement, les électeurs auraient beaucoup de choix pour les postes de conseillers. À suivre.

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Le projet de rapatriement de la Constitution était un moment marquant de notre histoire nationale et dans Le Carillon du 25 octobre 1980, les citoyens ont l’occasion de se procurer de l’information sur ce projet cher au Premier ministre Pierre Elliott Trudeau. Il y avait deux publications, « La Constitution canadienne 1980 Points saillants d’un projet de résolution concernant la Constitution du Canada » et « La Constitution canadienne 1980 Document explicatif sur le projet de résolution concernant la Constitution canadienne ». Et comme le précisait la publicité : « De l’information naît la réflexion. Si vous désirez obtenir gratuitement ces publications, vous n’avez qu’à vous présenter dans les bureaux de poste des centres urbains. » Il y aura une suite, bien sûr, plus tard.

Tous les pompiers du coin le connaissaient

Définition prise dans Le Multidictionnaire de la langue française – Roussi : Brûlé superficiellement. Par ex. Le soleil d’août a roussi la prairie.

Il avait un nom prédestiné. Maurice Roussy est un nom qui ne vous dira sans doute rien. De 1958 à 1979, il avait été conseiller régional de la Prévôté des incendies de l’Ontario dans les comtés de Glengarry, Stormont, Dundas, Grenville-Leeds, Prescott et Russell. Au journal, nous le connaissions très bien. Chaque fois qu’il y avait un incendie majeur ou dont l’origine était suspecte, Roussy était notre ressource. Après qu’il eut annoncé sa retraite, les pompiers de la région lui avaient rendu un vibrant hommage à Rockland. « La moitié des corps de pompiers existant dans Prescott-Russell n’étaient pas fondés lorsqu’il a entrepris sa carrière de conseiller régional. » C’est lui, en effet, qui conseillait les divers corps de pompiers – tous volontaires – sur les plus récentes techniques ou sur les plus récents règlements provinciaux. Seul le service des pompiers de Hawkesbury avait des pompiers permanents dans les comtés unis, mais ces permanents étaient épaulés par une importante brigade de volontaires (dont mon beau-père d’ailleurs). « Roussy avait commencé sa carrière dans le domaine de la lutte contre les incendies en 1947 alors qu’il s’est enrôlé en tant que pompier pour la ville d’Ottawa, emploi qu’il a conservé jusqu’à son accession au poste de conseiller régional. (…) M. Roussy a réussi à convaincre plusieurs municipalités de la nécessité de former un corps de pompiers. Selon des chiffres de la Prévôté des incendies, dans la région couverte par M. Roussy, il y a 25 pour cent de départements d’incendies de plus qu’il y en avait lorsqu’il a entrepris son mandat. » Un reportage sur lui et la soirée en son honneur dans Le Carillon du 1er octobre 1980.

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Parlant d’incendie, le journal suivant, celui du 4 octobre 1980, raconte la destruction par le feu des installations de la firme Henri D’Aoust Lumber, une entreprise de vente de matériaux de construction, à Embrun. Ce sont plutôt les bureaux qui ont été fortement endommagés et une partie du magasin. « La plus grosse partie de la marchandise est entreposée dans les entrepôts derrière le magasin, section qui a été heureusement entièrement épargnée. »

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« On ne voit plus les Frères, leur rabat, leur tricorne, leur manteau aux manches flottantes. On ne les voit plus; ils n’en sont pas moins là; l’habit ne fait pas le moine! Et, en cette année 1980, ils célèbrent le 300e anniversaire de leur existence. » Il est évidemment question des Frères des écoles chrétiennes dans cet article de l’édition du 4 octobre 1980. Le texte traite longuement de Jean-Baptiste de La Salle, le fondateur des FÉC, qui avait été ordonné prêtre en 1678. L’année suivante, il avait créé l’Institut des Frères des Écoles chrétiennes à Reims, en France. « On affirme souvent que Jean-Baptiste de La Salle est l’inventeur de l’école populaire. C’est trop dire. Mais il a probablement fait mieux: il l’a rendue pratique et générale, gratuite sans distinction de la provenance des enfants. » À sa mort, en 1719, son Institut comptait déjà une centaine de frères. « À la Révolution française, ils seront mille. » En 1980, ils étaient plus de 10 000. Aujourd’hui, ne me posez pas la question.

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« L’artiste-peintre Gilles Proulx, de Hawkesbury, a marqué une autre importante étape de sa carrière, en fin de semaine dernière, à sa résidence de la Rivière-Rouge… ‘Roselande’. Le vernissage-spectacle mettait en évidence plus d’une trentaine des plus récentes œuvres à l’huile et à l’aquarelle de Gilles Proulx. La présentation des toiles était accompagnée d’un poème inédit, récité par l’auteur lui-même, le comédien montréalais Marc Proulx (aucun lien de parenté). » On en parle dans le journal du 8 octobre 1980. Je vous en parle parce que j’ai, chez moi, deux œuvres de Gilles Proulx, une qu’il nous avait donnée en cadeau de mariage et une autre, obtenue justement lors de vernissage-spectacle. Malheureusement, nous avons perdu trace de Gilles au fil des années.