Une question pressante apparemment

L’idée était de Roland Saumure, de Bourget, le président sortant du Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell, un organisme qui gérait alors les écoles de niveau élémentaire exclusivement. La résolution du conseiller Saumura précisait « que la population de Prescott-Russell veut une éducation catholique pour ses enfants et que les demandes pour une éducation catholique après la 8e année se font de plus en plus pressantes ». C’est la première fois que nous entendions exprimer un tel souhait et rien n’avait laissé supposer que la question était « pressante ». Saumure avait même proposé que je fasse partie du comité spécial qui devrait être formé pour étudier la question; ce comité regrouperait évidemment des représentants élus et professionnels du CECPR, mais aussi des gens de l’extérieur. Saumure était pressé et il souhait que cela puisse se faire pour septembre 1981. Il en est question dans Le Carillon du 20 décembre 1980.

Dans mon éditorial du 23 décembre 1980, je commente évidemment cette intention et je pose la question, en référence aux parents : « En veulent-ils une? » parce que je n’étais pas sûr que la demande existait, bien que je reconnaissais que la suggestion de Saumure « vaut la peine d’être étudiée ». J’ajoutais que « le système élémentaire francophone actuel est catholique ‘légalement’; le système public est non confessionnel. Les enfants d’un système ne sont pas meilleurs ou moins bons que ceux de l’autre. (…) Une interrogation importante est donc de savoir si les parents utilisent le système parce qu’il est catholique, parce qu’il est francophone ou par habitude? (…) L’enseignement est sensé former un ‘bon chrétien’; les ‘bons chrétiens’ font légion dans les religions ‘protestantes et dans les autres dénominations religieuses ». Et je conclus qu’à « bien des endroits, il y a un désir de retour aux valeurs traditionnelles (dont celles inculquées par la religion catholique). Est-ce que la population de Prescott-Russell préfère cela, oui ou non? » Évidemment, je n’ai pas été invité à faire partie du comité avec une attitude comme celle-là.

Le débat avait été de courte durée, mais reviendrait plusieurs années plus tard lors d’une autre refonte de l’administration scolaire en Ontario. Il y a aujourd’hui des écoles secondaires catholiques de langue française et de langue anglaise.

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La grève des employés du Marché Lalonde d’Alfred avait été de courte durée. Le débrayage avait commencé le mardi 23 décembre et les syndiqués étaient rentrés au travail le 30 décembre… le temps, sans doute, de profiter des congés de Noël. Les détails sont rapportés dans le journal du 30 décembre 1980. Il y avait beaucoup de Lalonde à Alfred. Ainsi, le président du syndicat du Marché Lalonde se nommait Rhéal Lalonde. « Le syndicat a opté pour l’arrêt légal de travail par 33 votes en faveur de la grève contre deux syndiqués s’y opposant. Le 23 décembre, les syndiqués ont entrepris de faire du piquetage à l’entrée du magasin et dans le stationnement. Toutefois, une rencontre des grévistes, lundi matin, a permis de constater que la solidarité s’était quelque peu effondrée et que plusieurs se questionnaient sur la validité de l’option de la grève. » La grève avait été interrompue, mais les négociations se poursuivaient. La convention collective serait signée au printemps de 1981.

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J’en parle dans ma chronique du 30 décembre 1980. « Une cause, habilement défendue par Me Jerry Langlois, de Hawkesbury, vient de créer un précédent juridique au Canada. La Cour Suprême du pays a décrété, unanimement, qu’une femme qui a vécu avec son époux de droit commun pendant 20 ans a droit à la moitié des actifs de son ancien partenaire. Rosa Becker, maintenant de Franklin Centre (près de Valleyfield), avait opéré une entreprise de fabrication de miel, à Vankleek Hill, pendant une vingtaine d’années avec son compagnon Lothar Pettkus. Après leur séparation, Rosa Becker avait obtenu, par voie de cour, 40 ruches et $1,500. Il y a deux ans, la Cour d’appel de l’Ontario a révisé la cause et a accordé la moitié des actifs, décision ratifiée par la Cour Suprême. »

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