Une vingtaine de parlementaires francophiles à Queen’s Park

L’Association internationale des parlementaires de langue française existait depuis 1967 et « réunit les représentants de plus de vingt pays à travers le monde (de l’Europe, de l’Afrique, des Amériques et de l’Asie) » et Don Boudria, « le député libéral de Prescott-Russell à l’Assemblée législative de l’Ontario présidera la nouvelle section ontarienne (…) qui vient tout juste d’être formée. (…) La section ontarienne regroupe une vingtaine de députés francophones ou bilingues de l’Assemblée législative de la province ». Parmi ses acolytes, le député de Cornwall, George Samis, et la députée de Hamilton-Centre, Sheila Copps, en plus des députés Michael Cassidy (Ottawa-Centre), René Piché (Cochrane-Nord) et Yuri Shymko (High Park-Swansea). « Le président de l’Assemblée législative, John Turner, député de Peterborough, est président honoraire de l’organisme. » John Melville Turner et non pas l’autre du même nom qui deviendrait Premier ministre du Canada après Trudeau.

* * *

Dans Le Droit du 22 novembre 2012, un article mentionne que les « services de santé mentale dans la langue de Molière sont importants pour les francophones du pays vivant en milieu minoritaire, mais tous n’y ont pas accès ». C’est la Société Santé en français qui avait soulevé la question lors du 6e Rendez-vous Santé en français au Centre de congrès d’Ottawa. Le président de ce regroupement, le Dr Brian Conway, expliquait que « si la communication est laborieuse ou inexistante, elle est susceptible d’entraîner des malentendus dont les conséquences peuvent souvent être très sérieuses. Dans le domaine de la santé mentale, il s’agit d’un problème encore plus important où la langue est souvent l’outil même vers le rétablissement ». Le député provincial libéral, 31 ans auparavant, aurait aimé entendre ça et obtenir les appuis d’un tel groupe. Comme on peut le lire dans l’édition du 7 novembre 1981 du journal Le Carillon, « Don Boudria a prié le ministre de la Santé d’établir un hôpital psychiatrique francophone en Ontario. Selon M. Boudria, quelques 35% des patients inscrits à l’Hôpital psychiatrique de Brockville sont de langue française, et il n’y a à peu près pas de personnel qualifié pouvant parler le français. » Boudria avait déploré le manque d’intérêt du ministre et avait déclaré que « la guérison est sûrement plus lente chez un malade qui ne peut pas communiquer ou se faire comprendre des garde-malades. » Trente ans… et aucun progrès! Tiens, tiens!

* * *

« Le Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell veut récupérer les élèves francophones du Conseil d’éducation de Prescott-Russell pour en faire un seul conseil scolaire, homogène de langue française et catholique. » Monique Castonguay explique ces intentions dans le journal du 21 novembre 1981. Une résolution du CECPR demandait au gouvernement provincial de créer un tel conseil homogène pour regrouper les élèves « de la maternelle à la 13e année ». Il s’agissait d’une première démarche. Il faudra encore quelques années pour que l’idée d’un tel conseil se concrétise.

Création d’une association touristique dans les comtés

Il y avait longtemps que les diverses autorités municipales de Prescott et Russell avaient souhaité le développement touristique de leur région qui bordait, après tout, la rivière Outaouais. Le comité du tourisme du Comité de développement de Prescott-Russell avait décidé de mousser la création d’une association d’intervenants de l’entreprise privée pour développer une industrie touristique. Comme le rapporte la journaliste Manon Pincince dans Le Carillon du 24 octobre 1981, « la très faible participation de représentants d’entreprises privées a déçu les attentes des organisateurs, participation même insuffisante pour former un conseil exécutif complet ». Pourtant, « environ 400 invitations avaient été envoyées, moins d’une trentaine de personnes seulement ont répondu à l’appel ». Ce qui n’a quand même pas empêché la fondation de l’Association touristique de Prescott-Russell. Il fallait bien un point de départ. Roger Piché, de Bourget, en devient le premier président. La réunion avait justement au lieu à Bourget. Il y avait eu certaines discussions quant à la participation des politiciens locaux, ce qui avait fait dire au directeur des loisirs de Hawkesbury, Michel Major, que « l’association ne devrait pas tourner le dos aux municipalités, car la plupart des terrains touristiques appartiennent à ces mêmes municipalités ». Message clair.

* * *

Les mises à pied de travailleurs dans la région devenaient trop nombreuses et le maire de Hawkesbury, Laurent Cayen, en compagnie du préfet Lucien Berniquez et du sous-préfet Gilles Thériault avaient décidé de se rendre à Toronto et d’en discuter avec le ministre de l’Industrie et du tourisme, Larry Grossman. Le trio croyait « qu’il fallait exercer le plus de pressions possibles pour tenter d’attirer localement une industrie majeure qui pourra absorber les centaines de travailleurs présentement sans emploi, par suite des mises à pied chez Amoco Fabrics, chez IKO, Fiberworld et Canadian Refractories, entre autres ». Le maire avait déploré que la situation affectait « non seulement les gens en chômage mais toutes les autres entreprises locales ». On en parle dans le journal du 31 octobre 1981.

* * *

Un entrefilet dans ma chronique du 31 octobre 1981 : « Aux Galeries Lachute, la grève au magasin Zeller’s entre dans sa troisième année le mois prochain. Le magasin n’a jamais cessé de fonctionner pendant tout ce temps, malgré le vandalisme et tous les autres problèmes. »

* * *

Le projet de rapatriement unilatéral de la Constitution par le gouvernement Trudeau tapait évidemment sur les nerfs du gouvernement québécois, qui n’avait pas lésiné sur les moyens pour faire valoir son point de vue. Une campagne de publicité dans les journaux communautaires (dont Le Carillon parce qu’il desservait une clientèle québécoise) expliquait la perspective du Québec sur ce rapatriement. Dans l’édition du 31 octobre 1981, une pleine page de publicité se réfère à « La menace: le plan d’Ottawa » puis décrit ce plan…

« Le plan d’Ottawa prévoit le rapatriement de la constitution de 1867 en y ajoutant une formule d’amendement et en y insérant une Charte des droits. Voilà maintenant plus d’un an qu’Ottawa tente de faire passer son plan malgré l’opposition du Québec et de la majorité des provinces. S’il était adopté, ce plan viendrait affaiblir nos institutions politiques. Il serait en plus un facteur de désordre pour notre économie et notre vie sociale. Ne pouvant convaincre ses partenaires, Ottawa a choisi d’essayer de les contraindre en voulant imposer par la force ce qu’il n’a pu obtenir par la négociation. Aussi, Ottawa annonce qu’il va agir seul en demandant à Londres, et à Londres seulement, de sanctionner son coup de force. »

Trudeau fera bien sûr à sa tête.

Dans une position unique en Ontario

Comme aujourd’hui, il ne faut pas un grand nombre de plaintes pour forcer les organisations publiques à agir. Comme le rapporte Le Carillon du 17 octobre 1981, « à la demande de dix contribuables de langue anglaise de Prescott-Russell, le Conseil d’éducation de Prescott-Russell donnera le feu vert à la création d’un comité consultatif de langue anglaise qui s’emploiera à défendre les intérêts de la minorité anglophone du comté ». La loi sur l’éducation en Ontario « est claire et ne laisse d’autre alternative au conseil que d’accepter la mise sur pied d’un tel comité consultatif ». Pierre Perras, un membre du comité consultatif de langue française, avait vu la chose d’un bon œil et avait soutenu que « la création d’un comité consultatif de langue anglaise dans une région majoritairement francophone amènera sans doute les conseils scolaires des régions majoritairement anglophones à montrer plus de complaisance envers la minorité francophone ». Avec deux comités consultatifs pour le français et l’anglais, le Conseil d’éducation se retrouvait assurément dans une position unique en Ontario. Ces comités étaient « un instrument de consultation ayant seulement pouvoir de recommandation ».

* * *

« Le ministre fédéral des Postes est devenu hier la Société canadienne des postes. » Le journal en parle dans son édition du 17 octobre 1981. « L’événement, annoncé depuis longtemps, a été célébré au bureau de poste de Hawkesbury par la dégustation d’un gâteau de fête, qui a été partagé entre les employés et la direction. À Ottawa, le ministre des Postes, André Ouellet, avait « remis les responsabilités de la nouvelle société » au président du conseil d’administration, René Marin, un juge réputé et qui avait fait carrière comme avocat à Hawkesbury, et au président-directeur général, Michael Warren. Quand j’ai commencé à Postes Canada, en 1987, la société avait déjà cinq ans et demi et la direction était nouvelle. Sylvain Cloutier avait remplacé Marin et Donald Lander avait succédé à Warren. À ce haut niveau, les têtes alternent rapidement. Quant à André Ouellet, il allait devenir président du conseil d’administration en 1996… 15 ans après la naissance de la société qu’il avait grandement contribué à créer. Lander et lui ont été mes PDG préférés pendant mes 23 ans de carrière à Postes Canada.

* * *

En passant, question de nostalgie, c’est à l’automne de 1981 que les Expos de Montréal avaient participé à la finale de la Ligue nationale de baseball contre les Dodgers de Los Angeles. Ils avaient perdu le cinquième match décisif 2-1. Tous les amateurs avaient espéré une victoire et une participation à la Série mondiale contre les Yankees de New York. Tout le monde en parlait bien sûr dont Le Carillon dans son édition du 21 octobre 1981… Deux jours après la défaite crève-cœur.

* * *

Un entrefilet dans le journal du 21 octobre 1981 : « L’administrateur Pierre J. Tessier et le directeur des loisirs Michel Major devaient rencontrer un représentant de l’Outaouais Yacht, ces jours-ci, afin de discuter des services de traversiers pour la Grande Île l’an prochain. » Je ne me souviens pas si ce service avait été offert ou non.

Initier les enfants à lire le journal

C’était le titre d’un article dans Le Carillon du 14 octobre 1981 fourni par la Fédération canadienne des enseignants. Je trouve que son contenu est toujours pertinent, même à l’ère des cybermédias et des réseaux sociaux. Retenez que c’est un texte de 1981. Le voici :

Vos enfants d’âge scolaire lisent-ils le journal livré chez vous chaque jour ou chaque semaine?

Probablement pas – et c’est regrettable.

Quel que soit le nombre d’heures que les enfants passent devant l’écran, ils n’écoutent pas les informations. « Les Brillant » et « Chez Denise » leur enseigneront très peu de ce qui se passe dans le monde, et surtout dans leur propre collectivité.

Et les parents et les enseignants ont un rôle important à jouer pour ce qui est d’encourager les enfants à perfectionner leur aptitude à la lecture critique, aptitude essentielle qui leur profitera tout au long de leur vie.

Les premiers temps au moins, les adultes ne devraient pas se préoccuper outre mesure de ce que l’enfant choisit de lire dans le journal. Qu’ils se contentent de voir qu’il y lit quelque chose.

Il ne serait sans doute pas réaliste de s’attendre à ce que les enfants, particulièrement ceux du niveau primaire, attachent une grande importance ou manifestent le moindre intérêt à l’égard des pronostics économiques, de la situation en Pologne ou de la dernière déclaration faite par quelque politicien. Après tout, les enfants ne sont pas des adultes en miniature.

Toutefois, avec l’encouragement voulu, les enfants prendront plaisir à lire les bandes dessinées, les nouvelles du sport ou, dans certains journaux, la page destinée aux enfants, où ils trouveront des informations rédigées en fonction de leur niveau de compréhension et de leurs intérêts.

Ils s’amuseront également à vérifier quelles émissions de télévision seront présentées pendant la soirée, ou quelle sorte de temps est prévu pour le lendemain. De plus, ils peuvent apprendre à évaluer les annonces publicitaires d’un œil de plus en plus critique.

La curiosité et l’intérêt à l’égard de ce qui se passe autour de nous font partie de notre nature. Si, à mesure qu’ils vieillissent et que leurs horizons s’élargissent, vos enfants prennent l’habitude de lire le journal, petit à petit ils trouveront agréable d’apprendre « l’histoire qui est en train de se faire », d’abord au niveau de la collectivité et, à la longue, à l’échelle mondiale.

Les enseignants dans les écoles secondaires reconnaissent sans peine les étudiants qui ont appris à lire le journal. Règle générale, ce sont les jeunes gens qui ont la compréhension la plus fine des relations humaines, d’autres peuples et d’autres pays. Ils se distinguent par leur aptitude à lire des cartes géographiques, des tableaux et des graphiques, ainsi qu’à reconnaître, comprendre et évaluer la propagande. Très souvent, ce sont aussi les plus forts en lecture et en rédaction et ils possèdent le vocabulaire le plus riche. Tout cela revient à dire que, nécessairement, les jeunes lecteurs de journaux réussissent mieux dans leurs études.

Peu importe la popularité que la radio et la télévision peuvent acquérir, les journaux sont là pour de bon. Le temps que les parents consacrent à initier leurs enfants de tout âge à la lecture de journaux est du temps sagement investi : les bénéfices dureront toute une vie.

La Clinique Smith fermée… des anglais étaient inquiets

Dans le Journal de Montréal du 13 novembre 2012, une manchette fait référence à l’Hôpital général de Hawkesbury qui attire de plus en plus de patients québécois à sa salle d’urgence parce que l’attente n’y est pas longue. Dans l’article, quelqu’un fait référence au fait que toutes les affiches sont bilingues dans cet hôpital. Mais dans l’édition du journal Le Carillon du 19 septembre 1981, c’est plutôt l’unilinguisme qu’on y déplore… mais l’unilinguisme français. « La direction (…) a tenu à démentir la rumeur voulant que la langue de travail (plutôt de communication entre les employés) devait être le français seulement. Des plaintes ont été reçues par des citoyens inquiets dans la région, et le bureau régional du ministère de la Santé a été saisi de l’inquiétude des anglophones. » Ce sont des employés de l’ancienne clinique Smith qui auraient été à l’origine des plaintes. « Certaines personnes n’acceptent pas le changement » avait d’ailleurs souligné la directrice générale Cécile Dagenais.

« Visiblement choquée de la réaction et de la rumeur, Mme Dagenais a indiqué que sa réponse au ministère de la Santé expliquait ses projets pour éviter qu’une situation semblable existe, soit l’embauche de personnel bilingue dorénavant, l’organisation de cours de langue seconde pour le personnel, dont $4000 ont été reçus pour des cours de français seulement. Les demandes ont été faites pour des cours d’anglais, mais les subventions n’ont pas été débloquées jusqu’à maintenant. Finalement, elle précise que les quatre feuillets unilingues français, sur un total de 39 fiches, seraient réimprimés dans les deux langues officielles du pays. » Entre temps, le directeur général de la campagne de souscription, André W. Tessier, craignait « que de telles rumeurs nuisent à la campagne de financement de $4,5 millions. » Évidemment, cet hôpital est bilingue depuis longtemps.

* * *

L’article n’est pas long. En fait, il se limite à la légende d’une photo à la une de l’édition du 30 septembre 1981. « La cause de l’incendie qui a détruit la grange de M. Eugène Brunette à St-Eugène, tôt lundi matin, demeure indéterminée, selon le chef des pompiers du canton de Hawkesbury-Est, M. Romain Meilleur. Toutefois, il a signalé qu’il n’y aurait pas d’enquête. En plus de la propriété de M. Brunette et de la bâtisse, perte évaluée à près de $65 000, le locataire d’une section de la grange, M. Peter Skotidakis, un voisin, y a perdu 363 chèvres. Les deux propriétaires touchés étaient assurés en partie pour leurs biens perdus. Les douze sapeurs ont reçu l’appel vers 3h45 le matin. M. Meilleur a souligné l’assistance apportée par les propriétaires de la grange qui ont servi café et déjeuner aux pompiers en service. » Peter Skotidakis est évidemment propriétaire de l’entreprise dont les produits caprins sont maintenant accessibles dans presque toutes les grandes épiceries de la région.

* * *

Ça brassait dans le monde de l’édition à Hawkesbury comme on peut le lire dans le journal du 3 octobre 1981. « À compter d’aujourd’hui, le Hawkesbury Express, dans sa troisième année de publication, est fusionné avec Le Moniteur & The Echo, autrefois la propriété de J.H. Laurin et acquis, en 1957, par André Paquette. Le Moniteur & The Echo ont été publiés simultanément avec l’ancien Discount pendant plusieurs années avant d’être attaché avec l’édition du samedi du journal Le Carillon depuis près de trois ans. Cette fusion a été rendue possible par l’acquisition de la totalité des actions de la compagnie Hawkesbury Express Ltée par la Société de gestion André-Paquette et Associés. (…) Le Hawkesbury Express sera donc connu dorénavant sous le nom de Le Moniteur & The Echo EXPRESS. » Je n’avais pas aimé cette décision d’acheter un concurrent parce que mon équipe et moi étions sur le point de gagner la bataille de l’information contre ce concurrent qui savait très bien qu’en vendant son journal à notre organisation nous devrions nécessairement cesser notre concurrence. C’est ce qui est arrivé.

Un vol audacieux en pleine campagne

Tout compte fait, il y avait peu de vols de banque dans les comtés unis, bien que la région n’en ait jamais été épargnée. Mais quand il s’en produisait un, il faisait la manchette. Le Carillon du 5 septembre 1981 titre « La Caisse pop de Ste-Anne dévalisée ». Ça s’était passé dans un petit village rural de l’Est ontarien. « La Sûreté provinciale de l’Ontario aurait arrêté jeudi matin un suspect près de Ste-Justine et un deuxième serait toujours au large à la suite d’un vol à main armée survenu mercredi après-midi à la Caisse populaire de Ste-Anne-de-Prescott. » Le vol avait rapporté « un peu plus de $9,000 à ses auteurs ».

* * *

À compter du 1er septembre 1981, de nouvelles plaques d’immatriculation devenaient la norme en Ontario. Le slogan « Keep it beautiful » était alors remplacé par « Ontario – Yours to discover », le même qu’arborent toujours les plaques en Ontario en 2012. Aujourd’hui, vous pouvez aussi obtenir une version française qui dit : « Ontario – Un monde à découvrir »… mais il faut les demander.

* * *

Il n’en fallait pas plus pour propager les rumeurs d’une fermeture prochaine et même d’une vente des installations à la société Ivaco. Il en est question dans le journal du 16 septembre 1981. « Dans la journée de mardi, la compagnie Amoco Fabrics de Hawkesbury a distribué des avis de mise à pied à 140 de ses 420 employés dans le but de diminuer sa charge salariale et augmenter les profits de l’entreprise se spécialisant dans la fabrication de sous-tapis. » Parmi les mis à pied, le président du syndicat. « Le directeur du personnel a nié que la nouvelle usine d’Amoco à Cornwall, dont la construction a été terminée peu après la grève à Hawkesbury, se soit accaparé d’une partie de la production autrefois réservée à Hawkesbury. Cornwall produit des sacs et Hawkesbury des sous-tapis, deux lignes de production différentes. » Mais les employés n’en démordaient pas et avaient attribué les mises à pied à une décentralisation vers Cornwall parce que l’usine locale produisait aussi des sacs à un certain moment. Décidément, le contexte économique nuisait de plus en plus aux entreprises de la région.

* * *

Jean-Pierre Fredette, de Treadwell, de qui je vous avais parlé récemment, est ordonné prêtre à la basilique-cathédrale d’Ottawa le samedi 19 septembre 1981.

* * *

Je vous ai parlé de l’ancêtre de l’appareil photo numérique. Voilà que dans le journal du 19 septembre 1981 il est question de l’ancêtre de l’automobile électrique. Un concessionnaire de voitures usagées de la rue John à Hawkesbury, Charles Cyr, en avait obtenu une en démonstration. « La voiture se propulse grâce à un moteur alimenté par huit batteries de six volts chacune. Elle atteint une vitesse maximale de 65 kilomètres à l’heure et peut rouler environ 70 kilomètres avant de nécessiter une charge. (…) et ça prend 8 heures pour une recharge complète. » Il y a eu beaucoup de preneurs, mais peu d’acheteurs. « Environ 80 individus ont essayé le véhicule électrique depuis un mois. Parmi ceux-ci, plusieurs représentants d’entreprises se sont montrés très intéressés à l’achat. Une pizzéria de la ville serait sur le point de passer sa commande et le bureau de poste étudie très sérieusement la possibilité de se porter acquéreur de ce véhicule archi-économique. » Je n’en ai jamais vu rouler une par la suite.

La Mavica… un concept révolutionnaire

Aujourd’hui, vous transportez quelque chose de semblable dans votre téléphone cellulaire, mais à l’époque c’était une invention extraordinaire. J’en parle dans ma chronique du journal Le Carillon du 29 août 1981. « Un autre progrès technologique. Sony a inventé un nouvel appareil photographique sans film dont les images (une cinquantaine) en couleurs sont enregistrées sur un vidéodisque qui peut les reproduire sur un écran de télévision, à l’aide d’un décodeur spécial. Le minidisque carré mesure environ deux pouces et demi. Le Mavica serait commercialisé dans deux ans environ et se vendrait 800 $ au Japon, en plus de 265 $ pour le décodeur. L’appareil est de la dimension d’une caméra 35 mm ordinaire. » C’était il y a à peine un plus de 30 ans. Pas question d’arrêter le progrès.

* * *

La réaction n’était pas surprenante. De nouvelles résidences avaient été construites à proximité et leurs propriétaires se plaignaient des bruits. Le chroniqueur Charles Burroughs s’y réfère dans le journal du 2 septembre 1981. « M. Mike Ahmed, le gérant du ciné-parc Mustang, ne prise pas du tout les plaintes qui sont dirigées régulièrement contre son établissement. M. Ahmed a fait savoir, cette semaine, que ce sont les gens qui fréquentent le ciné-parc et non l’installation elle-même qui sont responsables de la plupart des bruits émanant du terrain et qui font sortir de leurs gonds les résidents du voisinage. Le gérant rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, l’établissement était installé en plein champ, à l’extérieur de la zone urbaine, et que c’est la ville qui est venue s’installer aux alentours et non le contraire. Selon lui, l’installation d’un système sonore à émetteur radio, tel que suggéré par certains critiques, ne réglerait rien à la situation, puisque ce système est très sensible aux interférences électromagnétiques. » Un peu comme quelqu’un qui construit sa maison près d’un aéroport et qui se plaint ensuite du bruit des avions. Par contre, à Alexandria, le ciné-parc Sky-Hi avait installé un système de radio à peu près à la même période.

* * *

En Ontario, comme le rapporte le journal du 2 septembre 1981, le ministre des Affaires gouvernementales a confirmé que « les politiciens jouiraient d’un mandat de trois ans à partir de l’élection de novembre 1982 ». Les politiciens municipaux et scolaires bien entendu. Une année pour apprendre; une année pour agir; une année pour préparer sa réélection.

* * *

C’était bien avant le jeu de loterie de Loto-Québec diffusé sur le réseau TVA. L’article du 2 septembre 1981 me fait sourire. « Quatorze groupes de 4-H d’économie domestique présenteront le programme de cours intitulé ‘La poule aux œufs d’or’ dans le comté de Russell d’ici la fin du mois. (…) Le cours présentera différents modes de préparation du poulet et la technique des plats de base d’œufs. (…) Le cours est ouvert aux garçons et filles de 12 à 26 ans. » Pas sûr que les gars de 26 ans avaient aimé se faire traiter de « garçons »!

Hawkesbury Centre… ça commence mal

« Les difficultés de la compagnie Hawkesbury Centre, propriétaires de notre centre commercial, n’affectent en rien le bon fonctionnement de nos différents magasins. » L’affirmation était du président de l’Association des marchands du Hawkesbury Centre, « à la suite de rumeurs qui se sont mises à circuler dès l’annonce que la Banque de Montréal avait chargé la firme Clarkson, d’Ottawa, de prendre en tutelle les affaires du Hawkesbury Centre ». La nouvelle fait la une du journal du 26 août 1981 surtout parce que ce centre avait été inauguré il y avait à peine un peu plus d’une année, le 18 juin 1980. « Les deux promoteurs locaux de cette compagnie, MM. Ghislain Séguin et Gilles Parisien, ont confirmé au Carillon la décision de la Banque de Montréal prise par suite d’arrérages de paiements d’une dette de quelque 750 000 $. ‘Comme bien d’autres hommes d’affaires, ont-ils dit, nous sommes victimes des hauts taux d’intérêt et nous ne pouvons pas fonctionner dans ces conditions impossibles. Réalisé à un coût de quelque $4,5 millions – après une année d’acquisition des terrains nécessaires – le projet de Parola Realities et de Syndicated Development regroupe 19 espaces commerciaux loués et huit bureaux d’affaires, dont le magasin Loblaws et le Centre d’emploi du Canada. » Ce centre commercial est toujours là et Giant Tiger s’est installé récemment dans l’ancien espace de Loblaws.

* * *

Dans Le Carillon du 22 août 1981, un article annonce diverses nominations ecclésiastiques diocésaines et une retient mon attention. « Et un postulant à la prêtrise, Jean Leroux, effectuera un stage pastoral à la paroisse St-Dominique de Hawkesbury, administrée par le curé Hubert Laurin. Jean Leroux (qui doit faire un tel stage avant son ordination sacerdotale) s’occupera de la pastorale dans les écoles secondaires de Hawkesbury et de Vankleek Hill. » J’y reviendrai un peu plus tard, notamment pour vous raconter ma prise de bec avec l’archevêque de l’époque, Mgr Joseph-Aurèle Plourde.

* * *

Charles Burroughs y fait sa référence dans sa chronique du 26 août 1981. « On s’y attendait depuis longtemps: le poste radiophonique CFIX de Cornwall et son satellite CHPR à Hawkesbury ont déclaré faillite, malgré les pressants efforts déployés pour le renflouer. CFIX, en dépit de ses nombreux problèmes, était quand même la voix française de Cornwall et la région de l’Est ontarien, et nous osons espérer qu’elle passera à travers ses présentes difficultés. »

* * *

Vous aurez remarqué mes références aux nombreuses difficultés financières des entreprises locales et régionales. C’était dans le contexte de la situation économique qui sévissait depuis quelques années partout au Canada et ailleurs dans le monde après la crise du pétrole du milieu des années 70.

* * *

« Un contingent de 123 coureurs a pris le départ de la première édition de cette course qui deviendra un événement annuel. » Il s’agissait de « La Foulée » et il en est question dans le journal du 26 août 1981. Ces amateurs de course à pied de Hawkesbury avaient voulu lancer un semi-marathon et attirer des coureurs de calibre dans leur ville. Le président d’honneur avait été Marcel Jobin, un marcheur olympique de réputation. Le jour de la course, il ne s’était pas contenté de récolter les honneurs et avait travaillé presque autant que les nombreux bénévoles. Claude Lafrenière, de St-Boniface (pas du Manitoba, mais près de Shawinigan), avait remporté la course de 21 km en une heure, 11 minutes et 39 secondes. L’épreuve principale regroupait 95 coureurs et les 39 autres avaient participé au « mille populaire ».

Une épine dans le talon des conservateurs

Le député Don Boudria était de plus en plus une épine pour les conservateurs de Bill Davis. On peut en lire un exemple dans l’édition du 19 août 1981 du journal Le Carillon. « Le député libéral de Prescott-Russell à Queen’s Park, Don Boudria, n’apprécie pas du tout l’acquisition d’un avion gouvernemental de type Challenger 600, au coût de $10,6 millions. (…) Il est évident que Bill Davis s’est récompensé d’avoir été élu à la tête d’un gouvernement majoritaire, en s’achetant un avion avec l’argent des contribuables de l’Ontario. (…) Si le gouvernement est si riche, poursuit le député de Prescott-Russell, pourquoi ne pas aider nos fermiers et les petites entreprises avec leurs taux d’intérêt à la hausse? Le gouvernement a augmenté les primes d’assurance-maladie de $100 millions et avec ces profits il achète un jouet dispendieux. » Ce n’était qu’un exemple parmi tant d’autres.

* * *

Les gens s’en souviendront peut-être parce qu’ils étaient installés devant le quartier général du Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell à L’Orignal pendant plusieurs années. Mais comme on peut le lire dans le journal du 19 août 1981, « l’administration municipale ne veut pas se retrouver avec un éléphant blanc en prenant possession du ‘Mouton Blanc’. Le ‘Mouton Blanc’ c’est le célèbre bateau dans l’émission éducative télévisée ‘Les boucaniers d’eau douce’, que tous les enfants connaissent. Il y a quelques années, le Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell avait obtenu les décors utilisés pour cette émission et les avait fait installer en face de son quartier administratif. » Le CECPR avait offert les deux bateaux à la ville de Hawkesbury, mais la ville n’en avait pas voulu.

* * *

Je crois que tout le monde dans les comtés unis connaissait le concessionnaire de General Motors A et R Grégoire d’Embrun. En fait, mon père et un de mes frères y avaient acheté des automobiles. Mais comme on peut le lire dans le journal du 19 août 1981, « la hausse des taux d’intérêt à des niveaux record au-delà des 20 % a eu des effets néfastes sur l’entreprise A et R Grégoire qui a dû déclarer faillite jeudi dernier, après plus de cinquante ans d’existence ». La débâcle avait été prévisible. « L’entreprise, concessionnaire GM, connaissait depuis plus d’un an certaines difficultés financières. Le chiffre d’affaires de A et R Grégoire avait chuté à $22 millions l’année dernière, alors qu’en 1978, il atteignait les sommets de $36 millions. (…) Le personnel de la compagnie avait été réduit de 70 à 45 employés depuis que la santé financière de l’établissement se détériorait. »

* * *

C’est ce que dit la publicité dans le journal du 19 août 1981 simplement parce que c’était comme ça à l’époque. « Constable demandé. Police de Hawkesbury, Ontario. Âge 18-35 Éducation 12ième – Bilingue. » Pas plus d’exigences que ça.

Il fallait faire bouillir de l’eau

C’était une des très rares fois où cela se produisait et la nouvelle valait forcément la manchette de l’édition du 8 août 1981 du journal Le Carillon. « L’eau potable à Hawkesbury doit être bouillie durant 20 minutes avant de la consommer, à cause d’un problème de chloration qui se manifeste à l’usine de filtration depuis lundi. L’ordre de faire bouillir l’eau avant de la consommer a été annoncé dans les rues de la ville jeudi, à la suite de l’intervention de l’ingénieur directeur de l’inspection des stations de pompage et usines de filtration du sud-est de la province pour le compte du ministère de l’Environnement. L’insuffisance de chlore dans l’eau a commencé à se manifester à la suite d’un changement d’un cylindre de chlore, qui contient une tonne de cette matière. » La situation sera rétablie très rapidement. Je retiens « annoncée dans les rues » parce qu’à l’époque, il était commun d’entendre les annonces publiques dans la rue. Quelqu’un avait installé des « cornets » haut-parleurs sur son automobile et circulait dans les rues pour de telles annonces. Je me souviens de Bernard Denis et ses fils, entre autres.

* * *

Un magasin Towers sera aménagé « dans l’espace anciennement occupé par le magasin LaSalle, au centre commercial Rozon de Hawkesbury ». L’article du 12 août 1981 précise que le magasin de 50 000 pieds carrés devrait ouvrir ses portes probablement en mars 1982. Towers exploitait déjà trois succursales à Ottawa et voulait mieux desservir la région de l’Est ontarien. Je m’en souviens vaguement.

* * *

« Selon le ministre de la Défense nationale, M. Gilles Lamontagne, son ministère mise beaucoup sur la compagnie Sperry en ce qui a trait aux inventions et aux nouveaux dispositifs électroniques, et en particulier sur l’usine de Rockland qu’il a inaugurée mercredi midi. » C’est ce qu’on peut lire dans le journal du 15 août 1981. « L’entreprise a du même coup ouvert la porte à l’avenir pour la population de la ville, avec ses promesses d’emplois, d’agrandissements éventuels et d’autres industries qui pourraient emboîter le pas. » L’usine employait 90 personnes et l’entreprise espérait en embaucher 60 de plus. « Appareils de communications perfectionnés pour avions et surtout pour les navires, simulateurs et radars, l’assemblage se fait sur place. » L’usine a fermé ses portes il y a de nombreuses années et les promesses ne se sont jamais matérialisées. Aujourd’hui, le fabricant de cuisines et de cabinets A. Potvin y est installé.

* * *

Terry Fox était évidemment sur toutes les lèvres en 1981, particulièrement à Hawkesbury où il avait fait son entrée en Ontario. Les autorités municipales voulaient commémorer cet événement de manière permanente. « Le Conseil municipal a décidé de ne pas changer le nom de la rue John pour la rebaptiser en l’honneur de Terry Fox, le célèbre marathonien unijambiste qui était de passage à Hawkesbury le 20 juin 1980 et qui est devenu depuis un héros national. (…) Le Conseil a toutefois maintenu sa décision de nommer le sentier du parc de la Confédération, ‘Promenade Terry-Fox’ et de continuer les démarches pour faire nommer le quai fédéral ‘quai Terry-Fox’. De plus, la ville fera installer un panneau à l’entrée de la rue John, signalant l’endroit où Terry Fox est entré en Ontario lors de son périple transcanadien, brusquement avorté à Thunder Bay. » L’article est dans le journal du 19 août 1981.