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Une réaction « baveuse »… c’est vrai!

C’était une réaction baveuse, je le reconnais, mais je n’avais pu résister à la tentation. J’y ai fait allusion à quelques reprises, mes relations et celles du journal Le Carillon avec le maire Philibert Proulx, de Hawkesbury, n’étaient pas toujours les plus cordiales. Décembre étant un mois plutôt calme pour l’information, la présence du maire à une émission de la station radiophonique CFML de Cornwall, le dimanche 1er décembre 1974, nous avait permis de « remplir » deux pages dans l’édition du 12 décembre. J’avais retranscrit son entrevue intégralement et je m’étais amusé à parsemer le texte de notes explicatrices. Je m’étais servi du texte pour démontrer ce que nous laissions entendre chaque fois que nous « accusions » le maire Proulx « d’induire la population en erreur ». Par exemple, il avait laissé entendre en ondes que le journal retirait chaque mois « de $300 à $350,000 d’annonces ». La porte était trop belle et il fallait l’ouvrir. J’avais écrit un éditorial dans lequel j’affirmais que si c’était le cas, nous prendrions l’argent et nous construirions un complexe sportif et un énorme gymnase à côté, que nous remettrions ensuite aux autorités municipales et à la population. Évidemment, ce n’était que pour remplir des pages avant Noël. Et j’ajoutais cette note de la rédaction à la toute fin : « Nous savons que nos lecteurs prennent avec un grain de sel le contenu du présent éditorial… de la même façon que les payeurs de taxes de Hawkesbury devront prendre, pendant les deux prochaines années, les propos de notre maire farfelu, Philibert Proulx. » Une anecdote d’une autre époque.

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Un jeune violoneux de Fournier, dans l’Est ontarien, est bien connu des amateurs de musique country du coin. Bobby Lalonde, comme on l’apprend dans l’édition du 2 janvier 1975 du journal Le Carillon, est appelé à remplacer Paul Ménard dans l’orchestre de Willie Lamothe pour quelques épisodes de « Le Ranch à Willie », Ménard ayant été victime d’un malaise cardiaque. Bobby avait été invité à le remplacer pendant sa convalescence. « Parlant de Bobby Lalonde (16 ans), son deuxième long-jeu sera mis en vente au cours de janvier. » Aujourd’hui, Bobby exploite un magasin d’instruments de musique à Vankleek Hill. J’imagine qu’il joue encore du violon ici et là.

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Je note dans ma chronique du 9 janvier 1975 que notre caricaturiste Daniel McKale a commencé à produire ses chefs-d’œuvre pour le journal Le Droit. Il continue toujours sa collaboration avec nous, comme il se l’était toujours promis. Il allait devenir le caricaturiste attitré de ce quotidien à un certain moment et il le restera jusqu’à son décès.

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C’était réellement anodin. Dans l’édition du 16 janvier 1975, je signe un article alléguant que les élus du Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell siégeaient dans l’illégalité depuis les quatre dernières années. L’article se référait à des clauses de la Loi ontarienne d’éducation qui stipulait que les conseillers scolaires devaient « remplir une déclaration d’office et un serment d’allégeance à la Reine », ce qui n’avait jamais été fait. Les élus ont mis « un terme à cette irrégularité » en tenant une autre assermentation.

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La 417… un impact négatif somme toute

C’était à prévoir comme le précise la manchette de l’édition du 28 novembre 1974 du journal Le Carillon : « L’ouverture de la nouvelle 417… Un impact économique négatif tout le long de la Transcanadienne ». Le journal y consacre deux pages. Le secteur d’Alfred et ses « célèbres stands à patates frites » est particulièrement touché. « Un bon nombre de restaurateurs, garagistes, aubergistes, épiciers, bouchers et autres pourvoyeurs ont subi une chute rapide de leur chiffre d’affaires, allant dans certains cas jusqu’à 80 p. cent. (…) Les commerçants routiers de Hawkesbury jusqu’à Orléans en ont ressenti les effets. » Pourtant, tout le monde avait réclamé cette autoroute afin de réduire le volume de la circulation et réduire le nombre d’accidents mortels sur la vieille route 17. Et maintenant, « les commerçants parlent de 60 mises à pied dans la seule région d’Alfred ». En fait, le milieu commercial tout le long de la 17 ne s’est jamais remis de l’influence néfaste de la nouvelle 417.

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Le référendum sur le projet d’un nouveau complexe sportif à Hawkesbury était le véritable enjeu du scrutin municipal du 2 décembre 1974 et la population est d’accord avec les promoteurs du projet dans une proportion de 1 739; mais 1 500 avaient quand même manifesté leur opposition. Le maire réélu Philibert Proulx avait donc eu raison de s’inquiéter pendant les longs débats des mois précédents; il savait que l’opinion était partagée. Mais voilà, le référendum avait été concluant et il fallait bien maintenant que le Conseil municipal aille de l’avant. Pourtant, le maire Proulx avait déclaré au journaliste Michel Tremblay de Radio-Canada qu’il continuerait à s’opposer au projet. « Ce n’est pas la population de Hawkesbury qui lui dicterait la façon de diriger les affaires de la ville » avait-il affirmé. J’y reviendrai forcément.

Entre temps, des nouveaux venus arrivent au Conseil de Hawkesbury, les conseillers Gilles Thériault et Jean-Guy Parisien. Le préfet Laurent Cayen avait été réélu sans opposition, alors que l’ancien conseiller scolaire Lucien Berniquez avait été élu sous-préfet sans opposition lui aussi.

Dans la région, là où il y avait opposition à la mairie, Bruno Massie gagne son pari à Alexandria; Roland Bercier fait de même dans Plantagenet-Nord; et André Lalonde mérite la victoire dans le canton d’Alfred, comme le fait Marcel-C. Leduc dans le canton de Longueuil. Dans Plantagenet-Sud, l’ancien maire J.-Henri Séguin revient à son poste en défaisant le maire sortant, alors que dans le canton de Russell, l’ancien sous-préfet et conseiller scolaire Gaston Patenaude hérite de la mairie.

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Une énorme publicité dans l’édition du 21 novembre 1974 dans laquelle le Théâtre Laurentien de Grenville y annonce la projection du film de l’heure, réalisé par William Friedkin. « L’Exorciste », devenu depuis un film culte.

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« Tes amis »

Ma mère a rédigé ce poème en décembre 1984. Elle n’a pas précisé de date. Ma mère était bien sûr une grande croyante, comme la majorité des femmes de son époque.

Petit Jésus, Toi qui sais tout,
N’oublie pas tous les malheureux,
C’est impossible, qu’autour de nous
On ne puisse partager un peu.
Des enfants meurent par milliers
Parce qu’ils manquent d’un peu de pain,
Tandis qu’ailleurs, sans se soucier,
On gaspille tout à pleines mains.
Petit Jésus, il faut qu’ça change,
Donne aux hommes la bonne solution
Pour soulager ces petits anges
Qui n’ont rien, même pas de maison.
Quand on voit les grands magasins,
Remplis à craquer de bonnes choses
On éprouve un immense chagrin
De ne pouvoir donner ces choses.
Petit Jésus, Noël s’en vient,
« Gloire à Dieu, au plus haut des Cieux »
Fais que chacun donne de son bien,
Pour qu’à Ta fête on soit heureux.
Ces petits pauvres sont Tes amis,
Adoucis un peu leurs souffrances,
Ils Te verront au Paradis,
C’est là leur unique espérance.

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Le peuple et la politique… pas toujours facile à comprendre

Des fois, il est difficile de comprendre le peuple en politique. Ainsi, pour les élections de décembre 1974 dans les municipalités de la région, pas moins de 12 maires sont réélus sans opposition dès la séance de mise en candidature. Comme on peut le lire dans l’édition du 14 novembre 1974 du journal Le Carillon, « à la surprise générale des observateurs, à Hawkesbury, le maire sortant Philibert Proulx a été réélu sans aucune opposition ». Et il n’était pas seul, onze autres maires ayant mérité un appui semblable de leurs électeurs : Roger Charron à Rockland, Marcel Châtelain à Alfred, Paul-Émile Lévesque à Casselman, André Landriault à L’Orignal, Lucien Groulx à Plantagenet, Donat Bergevin à St-Isidore-de-Prescott, L.-Ernest Brisson dans le canton de Cambridge, Roger Ouellette dans le canton de Clarence, Pierre Perrault à Vankleek Hill, Arthur Lachaîne dans Hawkesbury-Est, Jean-Rolland Charbonneau dans Hawkesbury-Ouest. Tout ce beau monde dormirait en paix jusqu’au prochain scrutin de décembre 1976. Et Daniel McKale pourra s’inspirer du maire Proulx pendant encore deux ans.

Je m’empresse d’expliquer en éditorial de la même édition que « le maire Philibert Proulx, qui a accédé à son poste par suite du décès de M. Victor Bruneau, ne sait toujours pas (il l’a avoué lui-même) si le public est d’accord avec sa façon d’administrer la ville. En effet, le fait qu’il n’ait pas d’adversaire est loin de signifier que la population lui est favorable. » Le ‘chien de garde’ Claude Demers, comme il se décrivait lui-même, avait décidé de ne pas solliciter un autre mandat, surtout parce qu’il avait manqué d’appuis pendant sa « campagne de nettoyage ». Ses messages ne passaient pas. En éditorial, je signalais toutefois que « le rôle du Carillon comme ‘chien de garde’ des intérêts du public sera accentué au cours des deux prochaines années ». Évidemment, c’était là une mission de tout journal qui se respectait.

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Je ris en lisant l’annonce du Centre photographique Hawkesbury dans l’édition du 7 novembre 1974. Bernard J. Bogue, son propriétaire, y vante les mérites de « l’appareil photographique le plus révolutionnaire au monde: le nouveau SX-70 de Polaroid ». Et la publicité d’ajouter : « Il ne se produit dans la vie d’un homme qu’une ou deux découvertes tellement révolutionnaires qu’elles changent radicalement se façon de vivre. La télévision en fut une. Nous croyons que le SX-70 de Polaroid en est une autre. » Si vous lisez ce texte et que vous n’avez aucune idée de quoi je parle, parlez-en à vos parents!

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Le Mail de Hawkesbury, angle Spence et Cartier, est inauguré officiellement le 27 novembre 1974. On y retrouve les magasins et boutiques suivantes : Le Signet, Candy Man, A&P, Greenberg’s, le restaurant Dominion, The Three B’s, la Boutique du Sportif, Radio Shack, Phildar, The Treble Clef, Le Chateau, Rachel Bariteau et Troy Cleaners. Ce mail, très fréquenté à l’époque et pendant de nombreuses années par la suite, n’est plus que l’ombre de lui-même.

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Les rumeurs font travailler les policiers… un peu trop

Le sergent Emmanuel Cuillerier, de la Sûreté municipale de Hawkesbury, se vidait le cœur dans un article du 31 octobre 1974 du journal Le Carillon. « Les rumeurs qui persistent à circuler dans Hawkesbury et la région font perdre un temps précieux à la Sûreté municipale. » Ils se plaignaient du surcroît de travail occasionné par les rumeurs qui circulaient un peu partout « à la suite du décès d’un jeune homme trouvé dans une salle de toilettes d’un garage local » et les gens téléphonaient afin d’en apprendre davantage sur cette « vague de meurtres » qui secouait Hawkesbury. Les médias de la presse écrite et des postes de radio et de télévision appelaient pour confirmer ces rumeurs. Le sergent avait répondu personnellement à 48 appels pendant un quart de travail ordinaire et ses collègues en avaient reçu plus du double « dans une seule période de 24 heures ». Cuillerier ajoute qu’il « y a 22 ans, la Sûreté municipale recevait 85 appels par année, et cette année, à date, le nombre d’appels atteint 1,625 ». Le sergent recommandait aux gens d’écouter la radio et de regarder la télévision pour tout apprendre au lieu d’appeler au poste de police. « Quant aux ‘commères des deux sexes’, (je) leur recommande fortement de se tenir occupées de façon plus digne. » Voilà pour la leçon du jour!

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Je vous avais parlé récemment de l’arrivée des femmes dans la Sûreté provinciale de l’Ontario. Le Carillon du 31 octobre 1974 nous présente l’agente Danielle Bouchard, la première femme à joindre les rangs du détachement de Hawkesbury. C’était de toute évidence une affaire de famille. « Pour l’agent Bouchard, les forces policières n’ont rien de vraiment secret ayant vu son père, Marcel Bouchard, de la Sûreté de Montréal œuvrer toute sa vie dans ce domaine. Trois des frères de Danielle travaillent présentement avec la Sûreté de la Communauté urbaine de Montréal, alors que les deux autres considèrent fortement faire leur entrée dans les forces policières. » Elle avait été professeur d’éducation physique au niveau secondaire depuis trois ans, mais « la monotonie de son précédent emploi » l’avait incitée à changer de carrière.

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Une autre chose que j’avais oubliée. « Une section de l’autoroute 417, à 12 milles à l’est de Casselman, sert de laboratoire extérieur pour la conduite de certaines expériences tentées par le Conseil national des recherches. » On en parle dans l’édition du 31 octobre 1974. Cette autoroute n’est pas encore ouverte au grand public. Les expériences sont reliées « à la puissance de différents systèmes d’éclairage pour les automobiles » et la section non ouverte « sert également au Conseil des recherches à évaluer la performance au volant de conducteurs sous l’influence de l’alcool ou de la drogue, ou des deux ». Ce projet avait été entrepris par le réseau de télévision CTV, en collaboration avec le Centre national des recherches, la Fondation de la recherche sur la toxicomanie de l’Ontario et le Bureau d’assurance du Canada.

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Parlant de la 417, on apprend dans l’édition du 7 novembre 1974 qu’elle sera ouverte à la circulation de la frontière du Québec jusqu’à la hauteur de Ramsayville, à l’est d’Ottawa, dès le 8 novembre. La section entre Ramsayville et le Queensway serait terminée l’automne suivant.

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Un nouveau conseil consultatif des affaires franco-ontariennes

Le gouvernement provincial s’intéresse aux Franco-Ontariens un peu plus. On peut lire dans l’édition du 10 octobre 1974 du journal Le Carillon qu’Omer Deslauriers (né à Hawkesbury) présidera le nouveau Conseil consultatif des affaires des Franco-Ontariens, dont la création a été annoncée par le ministre des Collèges et Universités, James Auld. « Le conseil renseignera le ministre sur les questions qui relèvent de son ministère et qui touchent les Franco-Ontariens. » Un effort parmi tant d’autres…

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Fernand Guindon avait démissionné comme député provincial de Stormont pour tenter sa chance aux élections fédérales du 8 juillet, qu’il avait perdues aux mains du maire de Cornwall, Edward Lumley. Il fallait bien sûr une élection complémentaire pour le remplacer. Comme le rapporte Le Carillon du 24 octobre 1974, les électeurs préfèrent le néo-démocrate George Samis à ses adversaires le conservateur Guy Léger et le libéral Paul Rouleau, sans oublier le créditiste Alcide Hamelin. Vous aurez remarqué la prédominance des noms francophones.

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IKO Industries Limited, « une usine de fabrication de produits servant à la construction de toitures, s’installera dans le parc industriel de Hawkesbury, à l’angle nord-est des rues Cameron et Spence ». La nouvelle est publiée dans l’édition du 31 octobre 1974. « Elle doit commencer ses opérations à l’automne de 1975… et commencera avec 75 employés permanents. » IKO exploite déjà des usines à Brampton, en Ontario, et à Calgary, en Alberta. IKO est toujours là et a pris de l’expansion avec les années. Ses produits sont vendus un peu partout.

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Contexte du temps :

Articles publicitaires vantant les mérites de la Buick Apollo, de la Buick Skylark, de la Buick Skyhawk, de la Chevrolet Nova, de la Chevrolet Caprice, de la Pontiac Astre, de la Pontiac Grand Ville Brougham et de la Pontiac Safari… sans oublier la Gran Fury de Plymouth. – Nick TV annonce des syntoniseurs-amplificateurs Telefunken, le nec plus ultra à cette époque. – Les raisins rouges se vendent un dollar pour trois livres à l’IGA Lapointe. – L’album « Live in Memphis » d’Elvis Presley est offert à 5,77 $ chez Walkers. – Le Centre des données fiscales est à la recherche de centaines de personnes qui recevront une formation de mécanographes pour le traitement des déclarations d’impôt 1975. C’est écrit comme ça dans la publicité.

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Un ralentissement économique causé par les conflits ouvriers

La nouvelle n’était pas réjouissante. « Un manque de main-d’œuvre et les grèves illégales du printemps seraient les causes principales du ralentissement des expansions d’industries dans la ville et de la perte de 800 emplois qui auraient été créées par ces expansions. » Claude Kingsbury signe un texte à cet effet dans l’édition du 19 septembre 1974 du journal Le Carillon. La déclaration n’était pas de n’importe qui, mais de William Sutherland, le gérant de l’usine de Duplate Canada à Hawkesbury. Sutherland avait affirmé que « les industries ont beaucoup à offrir à Hawkesbury, en commençant par de l’emploi pour les chômeurs, de l’avancement pour les gens qui y demeurent déjà, une activité bancaire accrue, de nouvelles sources de revenus pour les marchands et les communautés religieuses, un surcroît de revenus en taxes pour augmenter les services offerts à la population, une croissance de la population à part d’amener d’autres personnes qui exploiteront des idées nouvelles qui profiteront à la collectivité. » Voilà pour la leçon d’économie industrielle. Dans sa présentation devant les membres de la Chambre de commerce, « il a fait état du manque de logement, des services de récréation qui devraient être améliorés, des routes d’accès à la ville qui devraient être construites, en n’oubliant pas les loisirs et les sports qui doivent eux aussi jouer une part importante dans l’attrait de personnes et d’industries dans la région ». Il venait d’appuyer directement les projets de Route du Nord et de complexe sportif. Quant aux récentes grèves longues et illégales, le gérant de l’usine Duplate disait qu’elles « sont en partie la cause de l’abandon de projets d’expansion d’industries dans la région; car, face à cette situation, des industries ne s’établiront pas dans la région alors que d’autres la quitteront ». Ses propos provoquent une série de lettres de porte-parole syndicaux et du président régional du NPD.

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Une pleine page de publicité dans l’édition du 26 septembre 1974 dans laquelle Julie et Bill Harden signalent le 25e anniversaire de leur bijouterie… une véritable institution à Hawkesbury. Je viens d’apprendre que cette bijouterie, encore en affaires à Hawkesbury après toutes ces années, a fermé ses portes. Par contre, les enfants du couple Harden (Bill, Brent et Reginald) sont aujourd’hui des gens d’affaires de réputation. Le Groupe Harden, par exemple, développe et aménage des complexes commerciaux à Rockland, Hawkesbury et Vaudreuil (Québec), entre autres.

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Retenez ce nom parce que je reparlerai de lui : Goldyn Sunderland. Le rapport que le commissaire à la restructuration des comtés unis de Prescott et Russell produira éventuellement avait, à mon point de vue, beaucoup de sens et je l’ai défendu vigoureusement. J’y reviendrai.

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Une publicité de MacEwen Ford Sales, de Maxville, dans l’édition du 26 septembre 1974. Le nom de MacEwen est évidemment des plus connus dans la région et même au-delà de la région par ses stations-service aux couleurs distinctives. Tout avait commencé à Maxville, un petit village au sud de St-Isidore-de-Prescott.

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Un « grand » chef décède… Rémi Lecôt

Le cancer le rongeait depuis huit ans et, à l’âge de 65 ans, l’ancien chef de police Rémi Lecôt s’éteint le 29 août 1974. Dans l’édition du 5 septembre du journal Le Carillon, je signe un long reportage sur ses funérailles en l’église St-Alphonse. J’y note que « les habitués de cette église n’entendaient plus la voix de stentor qui faisait vibrer les murs de ce temple depuis tellement d’années ». C’est que Rémi Lecôt faisait partie de la chorale de cette paroisse. Le curé Rodolphe Couture, dans son homélie, avait rappelé « l’image traditionnelle du ‘saint’, le chrétien qui fait passer ‘les autres’ avant lui-même. Il était avant tout une sorte d’apôtre, transmettant à tous ceux qu’il connaissait ou qui passaient devant lui sa sérénité, sa bonhommie, ses encouragements et ses vertus. » J’ai parlé de lui dans des billets précédents (14 septembre, ainsi que les 12 août et 29 avril 2011), notamment en référence à sa retraite de la Sûreté municipale à l’été de 1972. Son beau-frère, l’ancien maire Victor Bruneau, était décédé six mois plus tôt, en février 1974. (J’ajoute que Rémi et Esther étaient les voisins de cour arrière de mes beaux-parents, avec qui ils étaient de grands et proches amis.)

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Le maire Philibert Proulx utilise son vote prépondérant pour tuer dans l’œuf le projet d’un nouveau complexe sportif à Hawkesbury. Il en est question dans l’édition du 5 septembre 1974 et j’en profite pour écrire un très long éditorial sur cette question. J’opine que la population a non seulement besoin de nouvelles installations sportives modernes, mais qu’elle y est favorable. Sur les ondes du poste CFML de Cornwall, Proulx explique qu’il avait eu recours à son votre prépondérant « parce qu’il ne veut pas être accusé d’avoir construit un complexe ». L’article ajoute ceci : « Référant à la campagne menée par le journaliste Jean-Maurice Filion, du Carillon, en faveur d’un complexe, M. Proulx a dit que M. Filion ne représentait qu’une opinion parmi 6,600 électeurs et qu’il (le maire) n’avait jamais été influencé malgré tout ce que M. Filion a fait et qu’il ne l’influencera jamais. » J’avais oublié que j’avais « mené campagne » puisque je ne faisais qu’appuyer ce que je sentais être un mouvement populaire. Dans l’édition du 12 septembre 1974, un long reportage fait état de la « démonstration de masse de 225 personnes, accompagnées d’une pétition de plus de 1,000 signatures » qui avait été organisée à l’hôtel de ville « pour inviter le Conseil à reconsidérer sa décision ». De toute façon, un référendum tranchera la question en décembre 1974 ou la tranchera-t-il réellement? J’y reviendrai, bien sûr.

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Ces 55 000 syndiqués avaient été jusque-là membres du Syndicat international des Travailleurs unis du papier. Le 1er septembre 1974, ces travailleurs (qui comprennent ceux de l’usine locale de la CIP) « se séparent pour former un syndicat canadien indépendant. Il sera connu sous le nom de Syndicat canadien des travailleurs du papier et regroupera 200 sections locales réparties dans neuf provinces. (…) Il n’y a pas d’usine de pâtes et papiers dans l’Île-du-Prince-Édouard. »

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Le Nouveau parti démocratique de l’Ontario tient son congrès biennal à Sudbury et le militant NPD connu de Glengarry-Prescott-Russell, Raymond DesRochers, y est élu au sein de l’exécutif provincial. « C’est la première fois qu’un Franco-Ontarien est élu à ce poste. » DesRochers propose même, en français (une autre première), la candidature de Stephen Lewis à la chefferie du parti. Lewis obtient facilement un deuxième mandat lors de ce congrès.

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Des jardins détruits… à cause d’une panne d’électricité

Un orage peut parfois causer des problèmes inhabituels. C’est ce qui s’est produit le 9 juillet 1974 et on en parle dans l’édition du 18 juillet du journal Le Carillon. La panne avait forcé une cessation complète des opérations à l’usine de la CIP. « C’est une panne d’électricité qui est à la source de la destruction complète ou partielle de plusieurs jardins potagers ou d’agrément dans le secteur ouest de Hawkesbury. » Pendant la panne de cinq heures, il y avait eu des émissions d’anhydride sulfureux plus élevées que normalement. Les résidents du secteur étaient habitués aux émanations « normales » mais pas à celles d’une telle intensité. Ce sont des milliers de dollars de dommages qui ont été rapportés cette fois. Plusieurs récoltes étaient irrécupérables. Il ne faut pas oublier que les jardins potagers étaient courants à cette époque. C’était sans oublier les odeurs nauséabondes qui découlaient de ces émissions inhabituelles. J’avais signé le reportage et j’avais pris de très nombreuses photos pour illustrer l’ampleur des dégâts.

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André Boyer était propriétaire du journal Eastern Ontario Review, un hebdo de langue anglaise de Vankleek Hill, depuis 45 ans. Dans Le Carillon du 1er août 1974, nous apprenons qu’il vend son entreprise à ses deux fils, Jean-Paul et Bernard. Il était le propriétaire du Review depuis le 15 avril 1929. Les frères Boyer ont vendu le journal plusieurs années plus tard. Ils n’avaient pas eu la « flamme » de leur père.

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Je ne me souviens pas du tout de cette chaîne de magasins qui en comptait 50. En cette mi-août de 1974, Walkers ouvre une succursale à Hawkesbury, au 210 de la rue Principale. Une sorte de magasin à rayons. Aucun souvenir.

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Il en coûtera 2 250 200 $ pour construire le nouveau Foyer Prescott-Russell, à Hawkesbury. Le projet verra le jour au coin nord-ouest de l’intersection Spence et Cartier. Le Conseil des comtés unis en avait décidé ainsi, mais par un vote très serré de 11 contre 10. Le nouveau foyer aura 150 lits et le terrain sera acheté de la firme Hawkesbury Realty Ltd. Ce sont semble-t-il des pressions du gouvernement ontarien qui auraient favorisé Hawkesbury, parce qu’un plus grand nombre de services sont possibles dans un milieu urbain. Plusieurs membres du Conseil auraient préféré rénover et agrandir le Foyer situé à L’Orignal. Je reviendrai d’ailleurs sur cette question du Foyer à L’Orignal un peu plus tard. Une bonne histoire à raconter.

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Ainsi, nous apprenons dans l’édition du 29 août 1974 que Jean Léveillé est le nouveau surintendant en chef du Conseil des écoles catholiques de Prescott et Russell. Il remplace Jacques Beauchemin. Il avait été le premier directeur général du nouveau Conseil des écoles séparées de Timmins de 1969 à 1971. J’en parle parce que Léveillé, Timmins et Foyer Prescott-Russell se rejoindront dans une future histoire à raconter.

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L’hiver!

Ce poème de ma mère remonte au 10 décembre 1984.

L’hiver, tout semble se reposer,
Plus rien ne bouge dans les champs,
Les arbres se sont déshabillés,
Pour s’endormir jusqu’au printemps.
L’oiseau frileux nous dit : Adieu!
Vers la Floride, il va tout droit,
Même sans argent, oh! le chanceux,
Et nous laisse tous avec le froid!

L’hiver, le riche va au Mexique
Ou sort son manteau de vison,
Pas besoin de formule magique
Car il fait chaud dans sa maison.
Pour celui qui a des loisirs,
Il en profite autant qu’il peut
L’hiver pour lui, c’est un plaisir
Avec ça, est-ce qu’il est heureux?

L’hiver, le pauvre grelotte et prie
Pour que le froid soit moins intense,
Car les vêtements sont à gros prix
Et le chauffage ça n’a pas de sens.
Les enfants ont juste ce qu’il faut
Pour protéger leur corps transi,
Mais ont au foyer le plus beau,
L’amour qui réchauffe et réjouit.