Carnets de voyage : Portugal – 3 au 17 septembre 2005

Quatrième partie : 10, 11 et 12 septembre

10 septembre — Aujourd’hui, nous décidons de nous rendre à Fatima. Selon la carte, c’est direction Mafra (où nous étions allés cette semaine) mais en nous dirigeant vers le nord-est. Aussitôt dit, aussitôt fait… à l’aveuglette comme d’habitude. Une heure plus tard, nous nous apercevons que nous sommes revenus vers le sud et que nous sommes à Bélas, une banlieue de Lisbonne. Nous y voyons un énorme pénitencier moderne.
– Sans nous décourager, mais avec quelques mécontentements, nous optons pour l’autoroute (A9 et A1) que nous voulions éviter à tout prix. Deux heures plus tard, après des paysages époustouflants et des signes de feux de forêt (odeur avec), nous aboutissons au Santuario da Fatima, dans le stationnement no 11 (pour donner une idée de l’importance du site). Nous sommes deux parmi plusieurs milliers, dont de très nombreux groupes de jeunes revêtant des t-shirts de couleurs distinctives. Il y avait manifestement un gros rassemblement prévu en soirée.
– Le « miracle » de Fatima ayant eu lieu en 1917, je constate que maman avait alors 13 ans et que la nouvelle des apparitions, en pleine Première Guerre mondiale, avait dû faire les manchettes à l’échelle de la planète.
– Comme à peu près partout du Portugal, ce sanctuaire-monument est en rénovation. Photo foutue.
– L’esplanade du sanctuaire est sûrement le double de celle du Vatican et ça se comprend. Dans la hiérarchie religieuse, la Vierge est beaucoup plus importante que saint Pierre ou son successeur.
– Il faut, bien sûr, être très croyant pour vivre et comprendra la mystique de Fatima. Des dizaines et des dizaines de personnes, beaucoup de jeunes mères, se rendent à la chapelle des apparitions en parcourant sur les genoux le demi-kilomètre qui sépare l’extrémité de l’esplanade de la chapelle. Les pèlerins pénitents font ensuite le tour de la chapelle toujours sur les genoux. La chapelle, à murs ouverts, a été érigée à l’endroit où Lucie, Jacinthe et François ont vu les apparitions.
– Louise se fait confirmer par un prêtre parlant anglais que Lucie est bel et bien décédée en mars dernier à l’âge de 98 ans. Nous n’étions pas sûrs parce que se sont surtout les images des deux autres que l’on retrouve sur les étagères de la boutique d’objets religieux. Dans la boutique, une superbe statue de la Vierge, environ trois pieds de haut se vend pour la bagatelle de 1850 euros, soit plus de 2 700 $.
– Des gens pleurent sur l’esplanade, emportés par l’émotion de l’endroit et du moment. Je me pose la question : comment expliquer ce phénomène à Fannie, la foi et la croyance n’ayant pas de raisonnement!
– Au retour, la décision était déjà prise. Nous sommes au Portugal pour nous reposer… pas pour nous perdre ni nous tuer les routes. Nous rapportons la Smart décapotable chez le locateur.
– En passant, sur l’autoroute, la petite voiture qui attire les regards de tous, tient très bien la route à 120 km/heure. Il faut dire que c’est dans la voie de droite, parce que les fois où je m’aventurais dans la voie du centre pour dépasser un lambin, je faillissais me faire défoncer par les autres qui arrivaient de nulle part et manifestement à 140 km/heure et plus.
– Ce soir, au Cozinha do Mar, qui est devenu notre restaurant préféré, nous goûtons à deux suggestions de la proprio (canard et riz bruni au jus de canard, puis côtelettes de porc panées avec pâtes au fromage frais et légumes). Absolument délicieux. La crème caramel est populaire au Portugal, mais elle est faite dans un moule de type gâteau des anges. Signe que la famille de proprios nous aime bien… nous recevons un petit verre de porto pour couronner le tout. Le serveur montre le portugais à Louise et Louise lui montre un peu de français.
– Belle journée épuisante!

11 septembre — (Quatrième anniversaire de l’attaque contre le World Trade Center, en pleines séquelles de l’attaque de Katrina.)
– Ce matin, nous sommes en mode pleine relaxation. De toute façon, au Portugal, le dimanche est un jour de repos. Tout est au ralenti.
– Nous découvrons la gare d’Estoril à deux minutes de l’hôtel en passant par l’accès souterrain. Nous nous installations ensuite chez Jonas, un petit resto-terrasse sur la Paredão do Estoril (la promenade le long de la plage).
– Nous jasons avec une Montréalaise en vacances, seule, au Portugal et en Espagne. Elle loge à Lisbonne et a pris le train pour venir visiter Estoril. Elle semble regretter d’avoir opté pour un hôtel dans Lisbonne. Elle nous raconte comment il est facile de se perdre, à pied, dans Lisbonne.
– Pour le reste, elle a aussi tiré la même conclusion que nous : tout ce qui est intéressant à visiter est loin de tout et compliqué à s’y rendre.
– Avant souper, nous allons prendre un café et une cerveja SuperBock sur la petite terrasse voisine du parc. La section réservée aux enfants est recouverte de tuiles de liège. Les enfants qui tomberaient d’une balançoire ou d’une structure de jeu ne se feraient pas tellement mal. Le coin est rempli d’enfants.
– Après, nous allons souper au resto de l’hôtel, les autres restaurants du coin étant fermés. Nous décidons que c’est notre dernier repas à ce restaurant dispendieux (18,50 euros pour un buffet bien ordinaire) et au service exécrable. Pourtant, lors de notre arrivée, nous avions bien mangé et le service était mieux.
– Observation : À en juger par les dénudées, nous sommes bel et bien en Europe. Même constatation à voir les fumeurs et les chiens omniprésents. (Note du blogueur : Lors d’un repas à Beaune, en Bourgogne, il y a plusieurs années, un énorme saint-bernard, sous la table voisine du restaurant où nous mangions, accompagnait ses « parents ».) Ce midi, à un autre resto de la promenade, un chien s’arrête à une table et se fait nourrir par les trois hommes qui y mangent. Plus il recevait de bouchées, plus la queue lui allait rapidement! – La télé est d’une platitude… et CNN commence à taper sur les nerfs. Pause de Katrina pour faire place au 4e anniversaire de l’attaque de 2001.
– Découverte d’un nouveau journal français que je ne connaissais pas… Le Journal du Dimanche, dans lequel Bernard Pivot y critique des livres. Hier, j’avais acheté Le Figaro. Le « buzz » en France, la popularité croissante de Dominique de Villepin qui pourrait être présidentiable, mais Nicolas Sarkozy demeure le plus populaire (69 %) auprès des Français.
– (Dans le roman Imprimatur, en page 155, « qui chassait de nos esprit les efforts… » sans le pluriel au mot « esprit ». Plutôt rare de trouver une telle faute dans un bon livre.)

12 septembre — Louise a terminé son état de quinquagénaire. Aujourd’hui, c’est le début d’un autre…
– Avant de partir pour Lisbonne, nous allons au poste Internet de l’hôtel pour envoyer nos vœux à Luc.
– Ensuite, nous prenons le train pour Cais do Sodré, la fin de trajet à Lisbonne. Nous marchons une dizaine de minutes jusqu’à la Praça do Comércio, une énorme place de commerce en plein air, c’est-à-dire qui se prolonge sur plusieurs rues parallèles et transversales avec des magasins et des terrasses partout. On ne peut être touriste à Lisbonne et ne pas s’y rendre. Et d’Estoril, le train d’une demi-heure et à 2,80 euros aller-retour est le moyen idéal.
– Avant de partir ce matin, à notre petite pâtisserie-café d’à côté, nous rencontrons trois Torontois, un couple canadien et une Portugaise qui habite Toronto mais qui possède un condo à Monte Estoril. Elle nous confirme ce que nous avions conclu… place un Portugais derrière le volant d’une auto et il devient un fou de la route. La Portugaise néo-canadienne nous dit que son mari lui interdit de conduire au Portugal.
– Observation : Il doit y avoir un million de pigeons à Lisbonne. Ce midi, sur la terrasse d’un café où nous mangions, un pigeon a décidé d’arroser la tête d’une femme qui ne profitait pas de la protection d’un parasol.
– Sur le train ce matin, un « quêteux » embarque et défile dans les wagons, suivi par un compagnon qui joue une flûte ancienne de quelque sorte. Les « quêteux », vieux et jeunes, nous harcèlent partout. J’ai soudain un certain respect pour les « quêteux » du Marché By qui se contentent de tendre la main.
– Nous voulions aller souper et voir un spectacle au Casino pour souligner la fête de Louise. Il n’y a pas de dîner ni de spectacle toute la semaine parce qu’il y a trop d’expositions et de congrès.
– Nous célébrons donc à notre restaurant Cozinha do Mar (la Cuisine de la mer) où nous savourons son Arroz do Mar (riz aux fruits de mer) très savoureux et gros. On nous sert pour souligner l’anniversaire de Louise, une délicieuse liqueur dont je n’ai pas retenu le nom.

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