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Une bagarre générale sans précédent

Heureusement, personne n’avait été tué, mais l’incident avait fait jaser. On en parle dans Le Carillon du 18 août 1976. « La bande de motards, les ‘Popeyes’ de Montréal, a fait une sortie en règle à l’Hôtel Des Vieux Pins de St-André-Avellin, dans la nuit de samedi à dimanche, et a tout saccagé l’hôtel, causant des dommages d’approximativement $10,000. Les ‘Popeyes’, qui étaient au nombre d’une cinquantaine, ont siégé dans l’hôtel une bonne partie de la journée de samedi, et se sont mis à boire de la bière sans payer. Les motards ont séquestré l’épouse du propriétaire de l’hôtel, Mme Vital Myre, et ses deux filles, tout en menaçant le personnel et les résidants de l’hôtel. Un détachement de 55 policiers anti-émeute de Papineauville, Buckingham, Hull et Montréal sont intervenus sur les lieux à 1 h 45 dimanche matin. Une bagarre générale sans précédent a alors éclaté entre les motards, les citoyens et les agents de la paix. Plusieurs coups de feu ont été tirés, mais personne n’a été tué. Certains individus ont toutefois été blessés. » C’était très inhabituel… les motards en si grand nombre… pas les bagarres!

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Mieux vaut prévenir que guérir. Aujourd’hui, nous savons que cela se traduit par des campagnes de vaccination annuelle ou des vaccinations spéciales (H1N1, grippe aviaire). En 1976, c’était une toute autre campagne de vaccination qui avait été organisée par l’Unité sanitaire de l’Est ontarien… contre la grippe porcine. Il en est question dans le journal du 25 août 1976. Le Dr Rudolph Peters, le patron de l’Unité sanitaire, avait expliqué que cette campagne s’inscrivait dans des efforts à l’échelle du continent nord-américain pour contrer cette grippe porcine. Il fallait éviter une répétition de l’épidémie qui avait tué plus de 20 millions de personnes en 1918-1919. « Les citoyens entre 50 et 65 ans sont exempts du programme parce que leur exposition à la grippe de 1927 leur a donné suffisamment d’anticorps pour combattre la grippe porcine. » Les vaccins arriveraient en septembre et la campagne se déroulerait en octobre partout dans le territoire de l’Est ontarien.

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C’en était assez pour soulever la colère de nombreux représentants des Franco-Ontariens. Le Conseil des régents des collèges des arts appliqués et de technologie de l’Ontario avait émis une nouvelle politique à l’effet « que l’on donne à l’étudiant franco-ontarien une éducation bilingue au lieu d’une éducation totalement ou partiellement en langue française. On doit non seulement lui enseigner les deux langues mais on doit utiliser les deux langues comme langue d’enseignement dans les divers cours de sa spécialisation, afin que, ses années terminées, l’étudiant puisse travailler n’importe où dans la province. » Le vieil argument des opposants aux écoles secondaires françaises. Le Conseil consultatif des affaires franco-ontariennes et son président Omer Deslauriers ont vivement réagi. Le ministre des Collèges et des Universités, H.C. Parrot, avait pourtant déclaré que « les faits ne prouvent pas cet avancé. Le gouvernement de l’Ontario a continué de donner son appui à l’éducation post-secondaire en langue française ». C’était avant Le Cité collégiale.

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Eh, citoyen! As-tu le droit de te mêler de tes affaires?

J’avais intitulé mon éditorial du 4 août 1976 du journal Le Carillon « Sauvegarder la démocratie » et je me demande sérieusement si mon texte de l’époque n’est pas encore pertinent aujourd’hui. Ma première phrase : « La démocratie est une doctrine politique selon laquelle la souveraineté doit appartenir à l’ensemble des citoyens. » Aujourd’hui, j’ai l’impression que cela ne vaut que pour la journée d’une élection (fédérale, provinciale ou municipale). J’ajoutais aussitôt que « cette doctrine sous-entend que le citoyen a le droit de s’ingérer dans les affaires qui le concernent et, nécessairement, le droit de s’opposer à toute décision de ses dirigeants élus par lui-même ». Pour paraphraser le slogan de la radio de Radio-Canada… « Essayer… pour voir! »

Je faisais référence aux récentes audiences publiques de la Commission des affaires municipales de l’Ontario et à la frustration des élus de voir des citoyens y formuler des objections. « En d’autres mots, ils mettent en doute le droit du citoyen de se mêler de ses affaires. » Je n’étais pas le seul à souligner cette situation. L’éditorialiste Gérard Desroches, du quotidien Le Droit, avait noté la même réticence des élus dans Nepean où le maire Andrew Haydon ne digérait pas l’intention des citoyens de la CAMO. Dans son cas, il s’agissait de nouveaux quartiers généraux pour la Sûreté municipale, alors qu’à Hawkesbury, il était question d’un nouveau toit pour le Centre Mémorial. Le maire Philibert Proulx avait même proposé une résolution à l’Association des municipalités de l’Ontario « demandant à la Commission municipale de créer des mesures d’urgence pour autoriser des dépenses, sans passer par ce droit fondamental que sont les audiences publiques ». Le même maire, je vous le rappelle, qui avait dit que ce n’était pas des affaires des citoyens la manière qu’il dirigeait la municipalité.

« La pensée de MM. Haydon et Proulx – qui semble être celle de la majorité des politiciens municipaux dans ce monde d’aujourd’hui – est simple: pourquoi le citoyen aurait-il le droit de mettre en jeu la réalisation des beaux projets qu’eux ont jugé utiles et nécessaires; pourquoi ne seraient-ils pas rois et maîtres pendant leur mandat, quitte à se débrouiller ensuite devant l’électorat? Malheureusement, c’est ce même électorat qui est la cause du problème. Son apathie et son désintéressement au fil des dernières années ont convaincu en quelque sorte les politiciens municipaux qu’ils pouvaient faire à leur tête. Habitués à délibérer devant des salles vides, les politiciens municipaux sont surpris d’apprendre, tout à coup, que des citoyens s’opposent à leurs projets, informés comme il se doit par ces ‘maudits journalistes’ de la presse libre démocratique. »

J’ajoute que la Commission des affaires municipales avait rejeté le projet de la ville de Hawkesbury de construire un nouveau toit sur le Centre Mémorial. Les opposants étaient évidemment les partisans d’un nouveau complexe sportif plus durable.

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Josée Leclerc-Boissy avait mérité une contravention pour excès de vitesse sur l’autoroute 417. Cette contravention n’était qu’en anglais et la dame avait refusé de la payer. Elle espérait, comme d’autres avant elle, contester publiquement et se faire condamner à la prison pour devenir ensuite une sorte de « martyre de la cause ». Mais voilà, le juge Marcel Houle, de la Cour provinciale à Rockland, la condamne simplement à une sentence suspendue. Ce qui n’a pas empêché la dame de faire campagne dans les médias pour condamner l’unilinguisme des contraventions en Ontario. Son erreur? Elle avait plaidé coupable. On en parle dans le journal du 18 août 1976.

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CZ20… VE3 EYV à l’écoute

« Depuis samedi, Réginald Filion est le détenteur de son propre record olympique. » C’est le premier paragraphe d’un texte d’une page (ou presque) dans Le Carillon du 4 août 1976. Réginald est mon frère aîné et il est décédé il y a quelques années. C’est Charles Burroughs qui signe l’article.

« Il est en effet l’un des rares ‘chanceux’ à avoir reçu une confirmation officielle de la station de radio amateur CZ20, installée temporairement sur le site olympique pour la durée des compétitions. La valeur de cette carte QSL (carte postale établissant la validité d’une communication) est d’autant plus grande que la station CZ20 quittera les ondes dès la fin des compétitions. » Mon frère était un maniaque de radio amateur et sa réputation dans le domaine débordait largement les frontières de Hawkesbury. Il était d’ailleurs accrédité par le ministère fédéral des Transports pour faire subir les examens nécessaires à l’obtention d’un permis d’exploitation d’une base de radio amateur. L’indicatif de mon frère était VE3 EYV. N’oublions pas que c’était avant l’avènement d’Internet et des communications universelles que l’on connaît de nos jours. La radio amateur permettait de franchir les frontières.

« Pour Réginald Filion, le contact avec CZ20 prend une importance toute particulière puisqu’elle complète une collection d’autres perles rares. Il possède déjà une carte de la station VE2 XPO, la station officielle d’Expo 67, une autre de VE3 RCMP, en ondes durant l’année qui a célébré le centenaire du la Gendarmerie royale canadienne; une troisième de VE3 RCC-3 utilisée par les Canotiers du Centenaire, un groupe de militaires du 1st Canadian Signal Regiment de Melton Barracks, à Kingston, qui se sont arrêtés à Hawkesbury pendant l’année du centenaire de la Confédération. (…) Depuis 1962, Réginald Filion, VE3 EYV, a homologué plus de 6,000 contacts couvrant 35 pays autour du monde. » Quand j’allais voir mon frère, il était habituellement au sous-sol en train justement de communiquer (habituellement par code Morse, qu’il maîtrisait parfaitement) par radio amateur… et à réaliser ses peintures en même temps. Je tiens pour acquis que ses trois enfants ont conservé ses cartes postales QSL historiques.

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Le Canada n’a peut-être pas remporté de médailles d’or aux Jeux Olympiques de Montréal, mais il a quand même augmenté sa récolte de médailles. Comme on peut le lire dans le journal du 4 août 1976, le Canada « a remporté 11 médailles aux Jeux de Montréal, cinq d’argent et six de bronze, tandis qu’à Munich, il n’avait décroché que seulement cinq médailles ». D’une 29e place à Munich, il s’était classé au 13e rang à Montréal; une nette amélioration. Ce qui avait fait dire au ministre fédéral de la Santé et du Bien-être, Marc Lalonde, « que le gouvernement envisageait fortement la possibilité d’augmenter sa contribution annuelle au sport amateur canadien ». Bonne nouvelle et attendons les Jeux de Londres avec espoir.

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Ault insatisfait de la décision à propos de Saputo

Hawkesbury et les partisans de la venue de Saputo s’étaient réjouis de la récente décision gouvernementale d’accorder les autorisations nécessaires à cette fromagerie montréalaise pour qu’elle s’installe dans le parc industriel de Hawkesbury. C’était trop beau. Comme le rapporte Le Carillon du 28 juillet 1976, cette décision de la Direction de l’industrie laitière du ministère ontarien de l’Agriculture et de l’Alimentation n’a pas plu à tout le monde. La compagnie Ault Foods, de Winchester, « a logé un appel auprès du gouvernement ontarien de la décision de M. Krauter ». Toute cette histoire ne faisait qu’écœurer davantage la famille Saputo et bien d’autres. Le député provincial Albert Bélanger gardait étrangement le silence.

(Note du blogueur : J’en parle souvent de cette affaire Saputo parce que j’estime que c’est sans doute la plus grande occasion manquée de l’histoire de l’expansion économique de Hawkesbury et la région.)

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Postes Canada utilise maintenant des machines performantes pour trier les lettres et les enveloppes non scellées ou aux petites fenêtres rectangulaires créent des problèmes majeurs et ralentissement l’efficacité des machines. À compter du 1er juillet 1976, ces enveloppes seront donc interdites. La journaliste Monique Montpetit explique tout ça dans l’édition du 28 juillet 1976. Depuis, les petites fenêtres des enveloppes sont protégées par du plastique transparent. Même les enveloppes des cartes de souhaits (Noël, St-Valentin ou autres) devaient être scellées.

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J’en ris… Dans le journal du 28 juillet 1976, une publicité du Théâtre Laurentien de Grenville qui met à l’affiche un film suédois intitulé « Le Voyeur », lauréat d’un « Phallus d’or au Festival de Copenhague ». Le deuxième film à l’affiche – parce qu’il y avait toujours un programme de deux films dans les cinémas à l’époque – était « C’est bon pour la santé ». Compte tenu du premier, on peut facilement imaginer qu’est-ce qui était si bon! L’information nutritionnelle n’était pas publiée dans l’annonce!

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L’église St-Andrews de L’Orignal aurait 140 ans en septembre 1976 (elle en a donc plus de 175 ans aujourd’hui) et le journal du 28 juillet 1976 en parle longuement.

« En septembre 1968, la Commission des sites historiques et archéologiques de l’Ontario érigeait une plaque commémorative près de l’église qui sert toujours aux fins du culte. Cette plaque se lit comme suit:

‘L’Église St. Andrews 1832. La congrégation presbytérienne de L’Orignal fut établie en 1822 par le Révérend John McLaurin, ministre de L’Église Écossaise pour le pastorat de Lochiel. En 1832, McLaurin devint instituteur à l’école régionale d’Ottawa à L’Orignal et présida aux services religieux à l’école ou au Palais de Justice. On lui confia officiellement, en 1832, la charge des congrégations de L’Orignal et de Hawkesbury. C’est au cours de cette année que commença sous sa direction la construction de l’église actuelle, qui ne fut terminée qu’en 1836 à cause d’une pénurie de fonds. L’emplacement de l’église et du presbytère était un don de Charles Platt Treadwell, seigneur de Pointe à L’Orignal. En 1825, la congrégation s’est jointe à l’Église-Unie du Canada. »

Un petit brin d’histoire ancienne du coin.

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Les villes où j’ai vécu : Granby

Depuis sa naissance, Alain a habité dans une dizaine de villes différentes, dont certaines à plus d’une reprise. Bien sûr, ses souvenirs et ses impressions de chacun de ces endroits où il a vécu sont relatifs à l’âge qu’il avait à l’époque et aux activités auxquelles il s’était livré… ainsi que des souvenirs qu’il en a gardés. Voici donc le neuvième article de cette série… qui concerne Granby où il est arrivé en avril 1979… Vous pourrez revoir tous les articles précédents de cette série dans l’onglet « Les villes où j’ai vécu » sous la subdivision « Mes catégories ». Bonne lecture.

par Alain Guilbert

Quand j’avais accepté de retourner à Sherbrooke à la fin des Jeux olympiques de Montréal, j’avais clairement indiqué à mes patrons de l’époque (Yvon Dubé, le président de La Tribune, et John Rae, un vice-président de Power Corporation) que l’étape suivante pour moi devrait être l’administration. J’avais déjà fait le tour d’une salle de rédaction, et je souhaitais aller plus loin dans les journaux, un milieu qui me passionnait. L’occasion s’est présentée à l’automne lorsqu’on m’a offert la présidence de La Voix de l’Est, « le plus petit quotidien de langue française en Amérique du Nord », avais-je l’habitude de dire, de même que la présidence de CHEF-radio, une station radiophonique qui appartenait au journal. Je n’ai jamais hésité à dire « oui ». Dans mon esprit, il y avait deux façons de voir les choses: devenir « curé en campagne » ou demeurer « vicaire en ville ». Je comprends que le choix peut varier d’une personne à une autre, mais dans mon cas, il n’y avait aucun doute. Autrement dit, j’aimais mieux être « un gros poisson dans un petit bocal qu’un petit poisson dans un immense aquarium ».

Je n’ai jamais caché cette façon de voir les choses. Quelques années plus tard, lorsque je deviendrai éditeur adjoint et rédacteur en chef du Soleil (à Québec), le président de l’agence Presse canadienne, dont le siège social était à Toronto, Keith Kincaid, qui se rappelait m’avoir entendu parler « du poisson et du bocal » m’avait fait parvenir un mot de félicitations en me disant « after having been a big fish in a small bowl, you have find a way to become a big fish in a big bowl ». J’avais sans doute modifié ma façon de voir les choses. Mais pour l’instant, restons-en à Granby… Je reviendrai plus tard sur Québec.

Je fais donc mon entrée à Granby au printemps de 1979. J’habite alors le domaine Chéribourg, dans la région de Magog, au pied du Mont Orford. Je décide donc, du moins pour ma première année, de conserver mon pied à terre au Mont Orford et de voyager soir et matin entre le domaine Chéribourg et Granby, une promenade de 30 minutes au maximum. Et coup de chance providentiel, mon premier hiver à voyage entre Chéribourg et Granby, l’hiver 1979-1980, est celui où il n’a pas neigé une seule fois avant la fin du mois de février. Je me souviens même que nous avions joué au tennis à l’extérieur (dehors!!!) à Granby en février 1980, quelques jours avant qu’il ne neige pour la première fois de l’hiver et avant que nous fassions du ski à Orford pour la première fois de la saison… la saison la plus tardive dans l’histoire du Mont Orford. Une autre façon de se rappeler cet hiver plutôt spécial, c’est la conférence que Laurent Beaudoin, le président de Bombardier, avait prononcé à Montréal à cette période – conférence au cours de laquelle il avait affirmé solennellement que la société Bombardier était assurée de vendre des motoneiges autant qu’il était assuré qu’il tomberait de la neige sur le Québec chaque hiver. Il s’en est fallu de quelques semaines à peine pour qu’il ne neige pas une seule fois cet hiver-là… J’établirai finalement ma résidence à Granby à l’été 1980.

Peu après mon arrivée à Granby, nous sommes plongés en pleine campagne électorale. À Granby (qui se trouve dans le comté fédéral de Shefford), les deux principaux candidats sont le très jeune libéral Jean Lapierre, un étudiant originaire des Îles-de-la-Madeleine, et le conservateur Gérald Scott, un ingénieur et homme d’affaires bien établi dans la région. Avant mon arrivée, je ne connaissais ni l’un, ni l’autre… mais la lutte était féroce… et tous les coups semblaient permis. Je ne suis pas en poste que depuis quelques mois quand je reçois une « lettre personnelle » du candidat Gérald Scott qui dénonce de façon assez subtile le traitement que lui réserve La Voix de l’Est, le quotidien de la région (la seule « petite » région de tout le Québec à avoir un journal quotidien à son service). Le candidat conservateur ne se sent pas « favorisé » par le quotidien local. Il n’aime pas ce qu’il appelle « le manque d’objectivité » du journal.

Puis il s’adresse à moi plus personnellement : « Pourtant M. Gilbert (sic…Gérald… tu as oublié le « u ») lorsque je vous rencontre, vous m’avez l’air tellement sympathique. Dommage que vous ne puissiez transmettre à tous ceux qui font votre mise en page et à quelques-uns de vos journalistes qui ne l’ont pas ce sens de l’objectivité et de l’équité qu’on devrait retrouver normalement dans un journal. (….) Si jamais vous en avez l’envie, j’accepterais avec plaisir votre invitation à dîner afin que l’on parle plus longuement du sujet »… Remarquez bien : ce n’est pas lui qui m’invite. Il m’invite plutôt à l’inviter!!! Il était vraiment habile. Bien sûr, je l’ai appelé et bien sûr, nous sommes allées dîner (au Lemonde 400, une grilladerie bien connue à Granby à l’époque), et bien sûr (vous l’aviez sans doute deviné) nous sommes devenus amis, de très bons amis… une amitié qui dure encore presque 33 ans plus tard. Gérald Scott n’a pas été élu député conservateur de Shefford – les conservateurs n’ont pas formé le gouvernement cette année-là – mais « mon ami » Gérald Scott, ainsi qu’un autre homme d’affaires avec qui j’avais établi une relation privilégiée, Roger « Lefty » Auger m’ont tous deux ouvert de très nombreuses portes à Granby… En m’introduisant dans leur cercle d’amis, ils m’ont permis de rencontrer des personnes exceptionnelles… comme Denis Robidoux, Gaétan Marquis, Alain Guay, André Hamel, Raymond Héroux… et combien d’autres… et l’un des plus importants, un ami à tous, le Dr Richard Gosselin. Plusieurs de ces personnes mériteraient que je leur consacre chacune un texte complet, sinon davantage – je le ferai peut-être un jour (si je vis assez longtemps pour écrire l’histoire de ma vie en quelques volumes). Sans toutes ces personnes, qui sont demeurées des amis tout au long des années, et qui le sont encore, jamais je n’aurais autant apprécié cette ville qu’on surnomme affectueusement « la Princesse des Cantons de l’Est ». J’ai constaté par moi-même au cours de mon séjour de cinq années à Granby que ce sont les gens qui y vivent qui en font sa richesse et sa beauté.

Granby… c’est une ville exceptionnelle… Pas trop petite pour être ennuyante… et en même temps pas trop grande pour n’avoir pas de dimension humaine… Juste assez loin de Montréal pour avoir son identité propre… et juste assez près de Montréal pour profiter des avantages d’une grande métropole… ses équipes sportives professionnelles, sa vie culturelle, ses grands événements et quoi encore. Granby, pour moi, c’est le meilleur des mondes… une ville assez petite pour y connaître beaucoup de personnes et y avoir de nombreux amis, pour y sentir une chaleur humaine de tous instants… une ville assez grande pour s’y développer et s’épanouir pleinement. C’est donc cette ville, aux rênes d’un tout petit quotidien (qui n’en est pas moins grand pour la population qu’il sert) et d’une toute petite station radiophonique (qui a depuis fermé ses portes), que je suis devenu un « patron » de presse, ce que j’ai continué à être tout au cours de ma vie professionnelle.

J’ai quitté Granby pour Québec au printemps de 1984 – mais je crois que même aujourd’hui je me sens encore un citoyen de Granby.

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Une autre corde à l’arc de Jean-Marc

Ces 10 000 personnes venaient de 131 pays et parlaient cinq langues, dont le russe et l’arabe. Elles avaient participé à la conférence Habitat de l’Organisation des Nations Unies tenue à Vancouver du 31 mai au 11 juin. Bien sûr, il fallait informer tout ce beau monde et produire des documents imprimés en conséquence. Nous sommes en 1976 et Internet n’existe pas… ni pour le Web ni pour le courriel. Comme le rapporte Le Carillon du 21 juillet 1976, Jean-Marc Lalonde, de Rockland (oui, celui-là!), est de l’Imprimerie nationale du Canada lorsqu’il ne s’occupe pas de hockey mineur de haut niveau (il n’est pas encore maire de sa municipalité et encore moins député provincial de sa circonscription… ça viendra plus tard) et on lui accorde un budget de 20 millions de dollars pour réussir un tel pari. À titre de coordonnateur de l’impression, « il était responsable de la publication de 15 à 20 bottins par jour, en cinq langues, soit l’anglais, le français, l’espagnol, le russe et l’arabe, dans l’ordre d’importance. En tout, l’équipe de 52 employés a réalisé un total de 8,470,000 impressions, en travaillant d’arrache-pied 24 heures par jour. (…) Le plan initial prévoyait environ 500,000 impressions, avec un personnel de trois hommes. » Le budget de huit millions est rapidement passé à 20 millions. Une autre corde à l’arc de Jean-Marc.

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Après un quatrième débat sur la question au cours des dix années précédentes, le Parlement canadien réglait la question une fois pour toutes. Le « projet de loi C-84, abolissant la peine capitale pour la remplacer par des peines d’emprisonnement » était adopté par les Communes. Mais comme le rapporte le journal du 21 juillet 1976, « c’est par un vote de 131 contre 124 que la loi a finalement été adoptée » et le député Denis Éthier était des 131. Une décision serrée. « Dorénavant, les personnes qui seront reconnues coupables de meurtre au premier degré devront purger une peine de 25 années de pénitencier avant d’être admissibles à une libération conditionnelle. La loi C-84 considère qu’un meurtre au premier degré comprend: le meurtre planifié et délibéré ainsi que le meurtre contractuel; le meurtre d’un agent de police ou d’un employé de prison ou de pénitencier, dans l’exercice de leurs fonctions; le meurtre survenant au cours d’un détournement d’avion, d’un enlèvement et de certains délits sexuels, y compris le viol et la tentative de viol. » N’en déplaise à certains conservateurs, espérons que ce débat ne revienne jamais aux Communes.

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Charles Castonguay était un personnage bien connu à Hawkesbury et il a 74 ans lors de son décès le 15 juillet 1976. Il avait douze enfants, tous aussi connus les uns que les autres à Hawkesbury : Jean-Charles, Jacques, Louis, Paul et Hubert, Michelle, Huguette (une religieuse), Louise, Marie-France, Yolande, Réjane et Murielle. J’ai revu Murielle aux récentes funérailles d’un grand ami; elle avait été la femme de feu Bernard Danis, le directeur du journal Le Carillon quand j’ai commencé à y travailler et avec qui j’ai collaboré pendant de nombreuses années. Quant à Jean-Charles, il était le père de Bertrand Castonguay, depuis quelques années président-propriétaire des Éditions André-Paquette, la société qui publie Le Carillon. Une affaire de famille, quoi!

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« Quand quatre athlètes rament à l’unisson »

L’engouement était national, sinon universel, et Le Carillon ne pouvait y échapper. Dans l’édition du 21 juillet 1976, j’écris en éditorial :

« Nadia Comaneci, 15 ans, de Roumanie. Il suffit d’admirer cette jeune fille à la télévision, pendant les présents Jeux Olympiques de Montréal, pour comprendre ce que le baron Pierre de Coubertin avait dans la tête quand il a ressuscité les jeux olympiques modernes. (…) Quand un athlète se balance sur une barre horizontale, sur les barres parallèles ou sur les anneaux, il nous faut admirer. Quand un individu se déplace dans l’eau avec grâce et rapidité, c’est une autre raison de s’émerveiller. Quand quatre athlètes rament à l’unisson, l’importance de la coordination est constatée.

Nadia Comaneci, Ludmila Tourischeva, Olga Korbut, Kornella Ender, Mike Bruner, John Naber, SHirley Babashoff, Rolland Matthes : leur nationalité n’a aucune importance. Quand on admire ces athlètes à l’écran, dans leur discipline respective, il faut reconnaître les années d’entraînement et de conditionnement consacrées par chacun à son épanouissement personnel, à son habilité et à accroître ses capacités. »

S’il y a quelque chose qui n’a pas changé depuis cette époque, c’est bien cela. À garder en tête lors des Jeux de Londres de l’été prochain.

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Tout le monde connaissait l’usine de la CIL à Brownsburg; des gens de Hawkesbury y travaillaient depuis toujours. Dans l’édition du 21 juillet 1976, on peut y lire que « l’usine de Brownsburg de la Canadian Industries Ltd, qui se spécialise dans la fabrication de munitions de sport, vient d’être acquise par Valcartier Industries ». Par contre, CIL poursuivrait la fabrication de détonateurs et de produits connexes à Brownsburg, dans la division des produits explosifs commerciaux destinés à l’industrie minière. « Valcartier Industries, située près de la ville de Québec, est le principal fournisseur de munitions des Forces armées canadiennes. Elle fabrique également des munitions militaires et sportives destinées au marché d’exportation. (…) L’entente avec la CIL prévoit l’embauche des 365 employés de la division des munitions de la CIL à Brownsburg. »

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Les Hawks de Hawkesbury, une équipe de calibre junior « B », a un nouveau président, Marcel Bélanger, et il a de plus grandes ambitions. Il veut que ses Hawks évoluent dans la Ligue centrale junior « A » de l’Ontario. Le « hic », le Centre Mémorial avait été condamné et il fallait un nouvel aréna. Une histoire à suivre. Les Hawks sont encore aujourd’hui dans la Ligue centrale et Marcel Bélanger est passé du vendeur d’automobiles à l’époque à propriétaire d’un important concessionnaire qui porte encore son nom à Orléans (Ottawa). J’ai arrêté de compter depuis longtemps le nombre de véhicules que je croise portant sa marque de commerce. En passant, cet article sur les Hawks était le premier portant la signature (« byline ») de mon nouveau rédacteur sportif, Yvon Legault.

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Les villes où j’ai vécu : Sherbrooke (encore!)

Depuis sa naissance, Alain a habité dans une dizaine de villes différentes, dont certaines à plus d’une reprise. Bien sûr, ses souvenirs et ses impressions de chacun de ces endroits où il a vécu sont relatifs à l’âge qu’il avait à l’époque et aux activités auxquelles il s’était livré… ainsi que des souvenirs qu’il en a gardés. Voici donc le huitième article de cette série… qui concerne Sherbrooke où il avait déjà vécu de 1959 à 1972 et où il s’est retrouvé pour y vivre à nouveau en 1976. Vous pourrez revoir tous les articles précédents de cette série dans l’onglet « Les villes où j’ai vécu », sous la subdivision « Mes catégories ». Bonne lecture.

par Alain Guilbert

Quand j’ai quitté Sherbrooke en 1972 pour travailler à Montréal, d’abord au magazine Actualité, puis au Comité organisateur des Jeux olympiques de Montréal (COJO 1976), je dois avouer que je n’avais pas vraiment quitté Sherbrooke. En effet, Céline y enseignait toujours au cégep et les enfants, Alain H. et Anne, y fréquentaient l’école. Et de mon côté, j’y revenais toutes les fins de semaine. J’étais un résident de Montréal cinq jours par semaine et un résident de Sherbrooke les fins de semaine.

Une couple de mois avant les Jeux olympiques de 1976, le gouvernement du Québec avait annoncé son intention de créer un Institut des sports, lequel devait s’établir physiquement au Centre Claude-Robillard, à Montréal, un complexe sportif construit spécialement à l’occasion des Jeux, et avoir pour mission de développer et promouvoir le sport d’élite. J’y avais soumis ma candidature comme directeur des communications, et, devinez quoi, j’ai obtenu le poste. Je devais entrer en fonction à l’automne 1976. Mais entretemps, mon ancien patron de La Tribune, Yvon Dubé, ainsi que mon ancien patron chez Power Corporation, John Rae, m’ont proposé de retourner à Sherbrooke à titre d’éditeur adjoint et de rédacteur en chef. Après y avoir réfléchi intensément pendant une couple de semaines, j’ai finalement décidé de rentrer à Sherbrooke, parce que le poste qu’on me proposait représentait un pas en avant dans ma carrière, et aussi (et beaucoup) parce que je me rapprochais de Céline et des enfants.

C’est quand même avec un certain pincement au cœur que j’ai fait connaître ma décision aux responsables de l’Institut des sports. J’étais passionné (et je le suis toujours) par les athlètes et les sports, particulièrement les athlètes et les sports olympiques. J’ai donc effectué ma rentrée à La Tribunepar la grande porte à la fin de septembre 1976, au moment précis où le journal quittait ses vieux locaux de la rue Dufferin (au centre-ville) pour se retrouver dans un édifice « flambant neuf » situé rue Roy, dans le quartier ouest, à proximité de l’Université.

J’ai compris quelques mois plus tard que j’avais pris la bonne décision. En effet, pour ceux et celles qui s’intéressent à la politique, vous vous rappellerez sans doute qu’il y avait eu des élections mémorables au Québec le 15 novembre 1976 et que le Parti Québécois de René Lévesque avait remporté une victoire historique sur le Parti libéral de Robert Bourassa. Et l’un des premiers gestes posés par le gouvernement péquiste aura consisté à abolir le « futur » Institut des sports pour donner la priorité non pas au sport d’élite, mais au sport de masse… ou sport pour tout le monde. Ce qui à mon point de vue constituait une erreur majeure et signifiait qu’on mettait les dames, les fers à cheval et le bridge au même niveau que l’athlétisme, la gymnastique, le cyclisme, etc. À mon avis, ce sont les Nadia Comaneci et les Greg Joy de ce monde qui incitent les jeunes à pratiquer le sport… et non pas le contraire. Si j’avais encore des doutes quant à ma décision de revenir à Sherbrooke, ils se sont tous envolés le jour où l’heure du glas a sonné pour l’Institut des sports.

Mon retour à Sherbrooke m’aura procuré de nombreuses satisfactions. L’un de mes premiers défis à relever aura été d’informatiser le journal. Cela peut paraître bien simple aujourd’hui, alors que l’ordinateur est devenu omniprésent dans nos vies. Mais à cette époque-là (ce n’est pas si loin que cela… 36 ans à peine), La Tribuneétait le premier journal quotidien au Québec (oui, oui, le premier au Québec) à relever le défi de l’automatisation. Aujourd’hui, tout le monde ou presque se promène avec des ordinateurs portables, des blocs-notes électroniques ou des téléphones intelligents, des appareils qu’on peut tenir dans la main et qui dépassent en capacité l’ordinateur principal que nous avions à l’époque. Cet ordinateur occupait une pièce entière d’environ quatre mètres par trois mètres, une pièce qu’il fallait climatiser de façon permanente pour éviter que l’ordinateur ne surchauffe. Et bien sûr, nous n’avions pas encore d’appareils-photo numériques, et nos premiers ordinateurs portables (les TRS 8, puis 16) ne pouvaient afficher à l’écran que huit ou 16 lignes. Et leur mémoire était limitée à une trentaine de lignes de texte. Pour transmettre un texte à distance, il fallait avoir un téléphone avec fil, enlever le couvercle du récepteur et relier manuellement les fils du téléphone à notre ordinateur. On en était à la préhistoire de l’informatique, mais le défi à relever était quand même passionnant.

Une autre grande satisfaction que j’ai éprouvée à mon retour à Sherbrooke est venue de l’équipe de « jeunes » cadres qui travaillaient sous ma direction. Je voudrais en mentionner trois en particulier, soit André Préfontaine, Pierre Francoeur et Guy Crevier. André Préfontaine, qui n’avait que 23 ans à mon retour à Sherbrooke, était déjà chef des nouvelles. Quelques mois plus tard, je l’ai promu au poste de directeur de l’information. Pierre Francoeur, qui a été embauché comme journaliste, est vite devenu chef des nouvelles. Et Guy Crevier, que j’avais rencontré par hasard alors qu’il vivait sur une ferme à Cookshire, a d’abord été embauché comme correspondant régional, avant d’obtenir un emploi à plein temps à Sherbrooke, puis d’accéder rapidement au poste de chef de pupitre.  Quelle équipe!!! Quelques années plus tard, André Préfontaine, après avoir occupé des postes de responsabilité à la Presse canadienne, tant à Montréal qu’à Toronto, et avoir agi comme éditeur de journaux à London et à Windsor pour le groupe Southam, est devenu président des Publications Transcontinental. Pierre Francoeur, quant à lui, a été chef des nouvelles et directeur de l’information au Journal de Montréal, avant de devenir le « grand patron » de tous les journaux du Groupe Quebecor. Et Guy Crevier, qui m’a suivi à Granby (cela fera l’objet d’un autre article), est devenu vice-président de l’information et des affaires publiques à TVA, puis président de TVA, avant de devenir (et je saute quelques étapes) président de La Presse,puis de tous les quotidiens appartenant à Power Corporation. Voici donc des cas où tous les élèves ont dépassé le maître!!! Ce qui a toujours été une grande satisfaction pour moi… et un objet de grande fierté aussi.

Mon patron de l’époque, tant à mon premier séjour à La Tribunequ’au second, m’avait un jour donné une grande leçon qui m’a bien servi tout le reste de ma vie. Après être devenu directeur de l’information vers la fin des années 60, je lui soulignais un jour que j’avais beaucoup trop de travail. Et il avait alors pris le temps de m’expliquer la différence entre un employé, ce que j’étais auparavant, et un patron, ce que j’étais devenu. « Maintenant que tu es un patron, tu essaies de faire ‘ta job de patron’ et de faire en même temps celle que tu faisais comme employé. C’est trop. Comme patron, au lieu de ‘faire les choses toi-même’ tu dois les ‘faire faire par d’autres’ et ces choses doivent être aussi bien faites que si tu les avais faites toi-même. » Dans le fond, il m’avait enseigné le grand principe de la délégation de pouvoir… une leçon qui m’a servi durant toute ma carrière… Et je lui en suis encore reconnaissant… et en me souvenant de lui, j’ai transmis cette leçon de vie à de nombreuses personnes qui ont œuvré au sein de mes équipes par la suite.

Après avoir connu pendant quatre années la vie trépidante de Montréal, et celle plus particulièrement du Comité organisateur des Jeux olympiques, je trouvais parfois que la vie était trop calme à La Tribune. Tout en faisant mon travail quotidien, je n’ai pas hésité à relever quelques autres défis au passage, dont celui de directeur des communications et chef de presse des Jeux du Québec, qui ont eu lieu à Sherbrooke à l’été 1977, les premiers après les Jeux Olympiques. Puis celui de conseiller spécial du vice-président de direction et chef de presse adjoint aux Jeux du Commonwealth à Edmonton à l’été 1978.

Puis au printemps 1979, quand mes patrons m’ont offert un nouveau défi, celui de devenir président du quotidien La Voix de l’Est et de la station radiophonique CHEF, j’étais prêt à transporter mes pénates à Granby (ce qui fera l’objet du prochain texte dans la série « les villes où j’ai vécu »).

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Un peu de tout aujourd’hui…

Un autre journaliste nous quitte mais pas pour Le Droit cette fois. Claude Lamarche, qui était au journal depuis près de 18 mois, prend épouse le 17 juillet à Châteauguay et commence au journal L’Écho du Nord de St-Jérôme deux semaines plus tard. Il y restera jusqu’à son décès il y a quelques années. J’en parle dans ma chronique du 14 juillet 1976.

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Larry-Michel Demers a 22 ans et est de Hawkesbury. Le Carillon du 14 juillet 1976 rapporte qu’il « a été accepté à l’École nationale de théâtre à la suite du concours d’entrée qui s’est déroulé en mars et avril dernier dans les principales villes du pays ». Larry allait jouer plusieurs rôles au théâtre et à la télé (dont « Terre humaine ») au fil des années subséquentes et avait été joueur et instructeur dans La Ligue nationale d’improvisation. Il est décédé du sida le 24 décembre 1992. Il n’avait même pas 40 ans.

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Une nouvelle loi voit le jour en Ontario et ses avantages sont encore évidents de nos jours. La Loi sur les droits des aveugles est entrée en vigueur le 1er juillet 1976. Le ministère du Procureur général publie une annonce dans le journal du 14 juillet 1976.

« Aux termes de la nouvelle loi, un aveugle guidé par son chien jouit des mêmes droits et des mêmes avantages et est astreint aux mêmes obligations – dans les endroits publics – que qui ce soit. Il ne doit pas faire l’objet de mesures discriminatoires et l’on ne peut lui refuser le logement, les services ni l’accès aux locaux offerts généralement au public.

Il est important que les propriétaires de chiens d’aveugle connaissent leurs droits et que le public, et en particulier les employeurs et leur personnel, soient mis au courant des dispositions prévues par la loi et des responsabilités qui leur incombent en vertu de ladite loi. »

Voilà pour le progrès social. Quelque chose que l’on tient pour acquis de nos jours, mais qui n’a pas toujours été.

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À l’affiche du cinéma Régent de Hawkesbury en ce mi-juillet 1976, le film aux cinq Oscars du réalisateur Milos Forman et mettant en vedette Jack Nicholson et Louise Fletcher… « One Flew Over the Cuckoo’s Nest ». Un classique du cinéma du XXe siècle.

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Je l’observais depuis un bon bout de temps dans les estrades du Centre Mémorial lors des parties des Hawks de Hawkesbury. Il les couvrait pour le compte de l’hebdomadaire anglophone The Review de Vankleek Hill, un journal alors dirigé par un ancien du Carillon, Jean-Robert Danis, et ça me tapait sur les nerfs. Il était étudiant en journalisme au Collège Algonquin et je prévoyais créer une section sportive importante dans le journal. Un bon soir, je lui ai offert un poste. Yvon « Togo » Legault, qui était de Hawkesbury, accepte et joint les rangs de ma salle de nouvelles. Il sera encore là lorsque je quitterai en 1987 et c’est d’ailleurs lui qui prendra ma relève. Yvon, dont les articles se retrouvent régulièrement dans Le Droit à propos des Hawks justement et d’autres sports régionaux, est aujourd’hui au service des communications de l’Université d’Ottawa.

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Vous aurez remarqué, de par mes récents billets de blogue, que l’année 1976 a été particulièrement fertile en nouvelles dans la région desservie par Le Carillon. Il suffit de voir les deux énormes reliures des exemplaires de cette année pour l’apprécier.

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De longues grèves interminables

Les grèves duraient de plus en plus longtemps à Hawkesbury. Le Carillon du 23 juin 1976 rapporte que la grève des employés de Duplate Canada, qui perdure depuis 14 semaines, est enfin terminée. La grève était menée par les employés du secteur technique et opérationnel et les « 21 employés sont retournés au travail ». Selon un communiqué de l’employeur, « les employés ont reçu une hausse de salaire équitable, si on la compare à celle reçue par les employés des autres secteurs ». La grève n’avait pas stoppé la production. Entre temps, les employés d’Hydro-Hawkesbury poursuivent toujours leur grève depuis six mois et règleront finalement au début de juillet. Mais les relations du travail étaient bonnes ailleurs dans la région. Ainsi, dans l’édition du 7 juillet 1976, nous apprenons que « les quelque 500 employés de Canadian Refractories Ltd, à Marelan et Kilmar, viennent de renouveler leur convention collective de travail leur accordant une augmentation générale de 53 cents l’heure pour une période de deux ans » et ils n’avaient pas eu recours à la grève, seulement à la négociation depuis les quatre derniers mois.

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Elles avaient « qualifié d’intolérable le climat qui règne dans l’institution depuis bientôt deux ans ». Elles se disaient « victimes d’un climat de pressions, d’intimidation et de non-confiance qui règne entre elles et l’administration actuelle ». Par conséquent, « les Sœurs de la Charité, qui œuvrent au Foyer Prescott-Russell depuis 1910 (…) quittent les lieux aujourd’hui-même après 66 ans au service de la communauté ». On peut lire toute cette histoire dans Le Carillon du 30 juin 1976. Sœur Germaine Lafleur, la directrice du nursing à l’institution des comtés unis de Prescott-Russell, ne mâche pas ses mots : « la pétition qui circulait parmi les résidants et les employés pour empêcher les religieuses de quitter le Foyer aurait été étouffée par l’administration ».

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Une autre mesure pour améliorer la sécurité des motocyclistes. « À partir de demain, le 1er juillet, les motocyclistes en Ontario devront conduire leur véhicule avec les phares allumés, jour et nuit. » La nouvelle loi provinciale prévoyait également qu’à compter « du 1er septembre, les brigadiers scolaires auront l’autorité nécessaire pour arrêter la circulation avec une pancarte signalisatrice ». Et finalement, tant qu’à y être, « les automobilistes peuvent doubler un véhicule par la droite sur un épaulement asphalté, quand le véhicule à doubler est en train de négocier un virage à gauche ». Le progrès quoi!

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« Lorsque la flamme aura été relayée par les porteurs grecs d’Olympie à Athènes, un porteur introduira la flamme dans un senseur. Grâce à ce capteur qui relayera les particules ionisées de la flamme, celle-ci se transformera en une séquence d’impulsions codées qui seront transmises par satellite à Ottawa; ces particules de la flamme originelle actionneront un rayon laser lequel, grâce à un miroir parabolique placé au-dessus de la vasque, enflammera le combustible de cette vasque en place sur la Colline parlementaire. Le tout se produira en une fraction de seconde vers 15 heures, le 15 juillet. » Ce texte dans Le Carillon du 7 juillet 1976 se réfère bien sûr à la flamme olympique en vue des Jeux de Montréal et rappelait que la flamme s’arrêterait à Hawkesbury le 16 juillet après un passage dans plusieurs communautés de l’Ontario et du Québec. Au cours des prochaines semaines, les Jeux olympiques de Montréal seraient un des seuls sujets de conversation dans la région.