Une bagarre générale sans précédent

Heureusement, personne n’avait été tué, mais l’incident avait fait jaser. On en parle dans Le Carillon du 18 août 1976. « La bande de motards, les ‘Popeyes’ de Montréal, a fait une sortie en règle à l’Hôtel Des Vieux Pins de St-André-Avellin, dans la nuit de samedi à dimanche, et a tout saccagé l’hôtel, causant des dommages d’approximativement $10,000. Les ‘Popeyes’, qui étaient au nombre d’une cinquantaine, ont siégé dans l’hôtel une bonne partie de la journée de samedi, et se sont mis à boire de la bière sans payer. Les motards ont séquestré l’épouse du propriétaire de l’hôtel, Mme Vital Myre, et ses deux filles, tout en menaçant le personnel et les résidants de l’hôtel. Un détachement de 55 policiers anti-émeute de Papineauville, Buckingham, Hull et Montréal sont intervenus sur les lieux à 1 h 45 dimanche matin. Une bagarre générale sans précédent a alors éclaté entre les motards, les citoyens et les agents de la paix. Plusieurs coups de feu ont été tirés, mais personne n’a été tué. Certains individus ont toutefois été blessés. » C’était très inhabituel… les motards en si grand nombre… pas les bagarres!

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Mieux vaut prévenir que guérir. Aujourd’hui, nous savons que cela se traduit par des campagnes de vaccination annuelle ou des vaccinations spéciales (H1N1, grippe aviaire). En 1976, c’était une toute autre campagne de vaccination qui avait été organisée par l’Unité sanitaire de l’Est ontarien… contre la grippe porcine. Il en est question dans le journal du 25 août 1976. Le Dr Rudolph Peters, le patron de l’Unité sanitaire, avait expliqué que cette campagne s’inscrivait dans des efforts à l’échelle du continent nord-américain pour contrer cette grippe porcine. Il fallait éviter une répétition de l’épidémie qui avait tué plus de 20 millions de personnes en 1918-1919. « Les citoyens entre 50 et 65 ans sont exempts du programme parce que leur exposition à la grippe de 1927 leur a donné suffisamment d’anticorps pour combattre la grippe porcine. » Les vaccins arriveraient en septembre et la campagne se déroulerait en octobre partout dans le territoire de l’Est ontarien.

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C’en était assez pour soulever la colère de nombreux représentants des Franco-Ontariens. Le Conseil des régents des collèges des arts appliqués et de technologie de l’Ontario avait émis une nouvelle politique à l’effet « que l’on donne à l’étudiant franco-ontarien une éducation bilingue au lieu d’une éducation totalement ou partiellement en langue française. On doit non seulement lui enseigner les deux langues mais on doit utiliser les deux langues comme langue d’enseignement dans les divers cours de sa spécialisation, afin que, ses années terminées, l’étudiant puisse travailler n’importe où dans la province. » Le vieil argument des opposants aux écoles secondaires françaises. Le Conseil consultatif des affaires franco-ontariennes et son président Omer Deslauriers ont vivement réagi. Le ministre des Collèges et des Universités, H.C. Parrot, avait pourtant déclaré que « les faits ne prouvent pas cet avancé. Le gouvernement de l’Ontario a continué de donner son appui à l’éducation post-secondaire en langue française ». C’était avant Le Cité collégiale.

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