Postes Canada à l’international

Décidément, l’année 1992 était bourrée de rebondissements à Postes Canada après une fin d’année 1991 dont tout le monde aurait pu se passer. La nouvelle convention collective avec le Syndicat des postiers du Canada (son nom d’alors), l’aboutissement du conflit de l’automne 1991, ne serait signée qu’au début de juillet, mais elle assurait une certaine paix sociale jusqu’au 31 janvier 1995. Pendant ce temps, les coulisses du 9e étage de l’édifice Sir Alexander Campbell bourdonnaient d’activités, notamment autour d’une initiative très ambitieuse qui amènerait la société sur la scène internationale.

Les administrations postales du Canada, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Suède et de la France étaient insatisfaites de la qualité du service des messageries exprès internationales alors offert sous l’égide de l’Union postale universelle alors que la concurrence mondiale devenait de plus en plus pointue. Le groupe avait confié la direction de l’initiative conjointe à Postes Canada; c’était Don Lander, après tout, qui s’en était fait le champion. Mais, il leur fallait un partenaire de calibre mondial.

Le géant australien TNT ferait l’affaire, surtout que cette entreprise fondée en 1946 était devenue un puissant joueur européen des messageries. Il en résultera une coentreprise nommée GD Express Worldwide NV, détenue à parts égales entre GD Net BV (les cinq administrations postales que j’ai nommées) et TNT Ltd. Le service offert serait sous la marque Skypack de TNT Express Worldwide. C’est compliqué, mais pour le client commercial, ce serait simplement une meilleure méthode de livraison express entre entreprises. En tout cas, c’était l’intention. La cible concurrentielle était FedEx, rien de moins.

Au pays, Postes Canada était l’agent de GD Express Worldwide, comme le seraient les autres administrations dans leurs pays respectifs. La nouvelle entreprise deviendrait, souhaitait-on, le troisième joueur mondial après DHL et FedEx dans ce créneau de marché. J’ai oublié de vous faire remarquer que le United States Postal Service ne pouvait participer à de telles coentreprises parce que la loi américaine le lui interdisait.

De plus, il y avait une certaine inquiétude. Au fil des ans, TNT était devenu un de plus important joueur dans le marché controversé du repostage avec son service Mailfast. Cette technique avait une influence défavorable sur le volume des frais terminaux versés à l’administration postale d’un pays puisque le livreur contournait le processus habituel. C’est très technique et un peu compliqué à expliquer, mais disons que toutes les administrations postales détestaient une telle tactique. Mais le succès du nouveau service de messagerie express international revêtait une plus grande importance que le problème du repostage, que l’on tenterait de régler autrement un jour. Je pense que cela ne l’est toujours pas. De toute façon, le courrier est de moins en moins utilisé.

L’expérience de GD Express Worldwide se poursuivrait encore quelques années jusqu’à ce que la dérèglementation des administrations postales de la communauté européenne fasse son chemin. Deux des plus importants projets concerneraient d’ailleurs les postes allemandes et néerlandaises. En 1996, les postes néerlandaises se porteraient acquéreur de TNT pour en faire TNT Post. L’expérience était terminée.

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