Des briquets au butane par avion… Stop!

J’avais toujours considéré que mon rôle de porte-parole de Postes Canada était de faire la promotion de mon entreprise, mais aussi, et surtout, de la défendre contre les « attaques » externes; de protéger sa réputation. Cela représentait des risques et je n’hésitais pas à réagir sur-le-champ au besoin. En communications, vous l’aurez entendu répéter maintes fois, tout est question de perception.

Allan Freeman était un journaliste bien connu du Globe and Mail et quand il m’appelle, le 15 juin 1992, je sais pertinemment qu’il a sans doute déjà toutes les réponses à ses questions. Selon lui, Postes Canada faisait acheminer des briquets au butane par avion. Ces briquets étaient des « cadeaux » dans le cadre d’une campagne promotionnelle du fabricant de cigarettes RJR MacDonald. Freeman savait que les briquets étaient postés dans des emballages à bulles et des enveloppes brunes. Il ne lui en fallait pas plus pour invoquer le spectre d’un envoi illégal de matières dangereuses.

Je lui avais répondu que si c’était le cas, nous cesserions immédiatement ces envois, mais que je me renseignerais sur la situation et que je lui retournerais son appel. Je m’étais empressé d’aviser notre centre national de contrôle que le Globe and Mail allait publier le lendemain (il n’y avait pas de site Web à ce moment-là). Immédiatement après, j’avais expliqué au vice-président Bill Kennedy que j’avais engagé la société dans la décision d’interrompre un service à un client et j’avais expliqué mon raisonnement : je ne pouvais affirmer à un journaliste du plus important quotidien canadien que Postes Canada continuerait à enfreindre la loi et de placer notre ministre responsable dans l’embarras. Il n’était pas content.

Les gens du centre de contrôle ont commencé leur enquête dès mon appel et les conseillers juridiques se sont eux aussi penchés sur la question à la demande de Kennedy. J’attendais leurs réponses pour fournir les explications les plus justes à Allan Freeman. J’avais ouvert une méchante boîte de Pandore.

Finalement, j’avais raison. L’enquête démontre qu’il avait été difficile d’assurer un transport sécuritaire par camion et que ni Transport Canada ni notre service de santé et sécurité professionnelles n’appuyaient la démarche. Quelque 50 000 emballages étaient toujours chez le client en attente d’expédition. L’expéditeur avait été avisé de ne pas le faire, mais avait ignoré notre avertissement.

Dans le Globe and Mail, Freeman avait rapporté la chose évidemment, mais Postes Canada était présentée comme ayant réagi rapidement pour stopper ce transport aérien illégal. J’avais pris la bonne décision. Et ce ne serait pas la première fois que je me retrouverais devant le ventilateur…

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