Les à-côtés du Château

Il s’en était passé des choses pendant ces trois mois au Château Laurier. Nous avions, par exemple, consommé à peu près tous les éléments du menu à plusieurs reprises, ce qui fait que nous allions de temps à autre aux restaurants du voisinage.

Je retiens un samedi midi au restaurant Santé. Certains samedis, ce restaurant offre des défilés de mode à ses clients. Mes collègues Ida et Deborah m’y avaient donc « traîné ». Je crois que j’étais le seul homme dans le restaurant ce midi-là. À un certain moment, le tissu du pantalon d’une mannequin avait retenu mon attention et j’avais posé des questions à Ida. Rien de plus simple pour savoir et elle appelle la jeune femme à notre table pour que je puisse moi-même « apprécier » le tissu en question. Je me revois, les yeux de la salle orientés en ma direction, en train de « tâter » le pantalon. Mais, comme je vous l’ai écrit, j’étais, après tout, « one of the girls », donc rien de plus normal.

Un autre midi, l’équipe de négociations (relations du travail et communications) se retrouve au Café du Centre national des Arts. Rien d’anormal, sauf que je revois, dans ma tête, la table… où « trônait » un téléphone cellulaire, celui du négociateur en chef Harold Dunstan. Il s’agissait, vous l’aurez deviné, des premiers modèles de cet outil aujourd’hui indispensable. Ils étaient gros comme une petite bouteille d’eau, carrés, avec un gros clavier intégré, une antenne quasiment aussi longue que le boîtier, et ils tenaient debout. Déjà, à la grève suivante, il y aurait un plus grand nombre de cellulaires et beaucoup plus petits, mais rien de semblable à aujourd’hui.

Une autre fois, j’aboutis au restaurant indien qui était aménagé dans l’édifice logeant depuis quelques années les studios de CHUM et CTV sur le Marché By. Je n’avais pas eu le choix parce que mes deux collègues m’y avaient amené, même si je leur avais clairement dit que je ne mangeais pas de mets indiens à cause de leurs épices. Disons que, ce midi-là, je me suis contenté de bières. Je n’aime toujours pas les mets indiens.

Un soir, tard après les audiences du comité des Communes qui étudiait le projet de loi de retour au travail, quelques-uns de Postes Canada (du Château et du siège social) nous nous rendons dans un restaurant du quartier italien sur Preston. J’en tais le nom parce qu’il existe encore et je tiens encore à la vie. Quoi qu’il en soit, vers 23 h 30, un type entre dans le resto, se rend à la caisse et y dépose de l’argent, geste répété par un autre un peu plus tard. Je croyais me retrouver dans un film de gangsters quelconque.

D’un point de vue des relations avec les médias, c’était l’exercice de mon métier à son plus intéressant. Il nous en fallait de l’adrénaline pour affronter les mêlées de presse ou les « scrums » pour reprendre l’expression commune. Dans la mesure du possible, je laissais cette tâche à mes collègues. J’ai rencontré des journalistes très professionnels…, la plupart en fait…, et cela m’a été fort utile pendant de nombreuses années par la suite.

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