Les enseignants se disent les boucs émissaires

Quand je lis des articles récents sur le conflit qui oppose les enseignants ontariens au gouvernement libéral de Dalton McGuinty, c’est du déjà-vu. Dans Le Carillon du 6 octobre 1982, un texte commence de cette façon : « L’Association des enseignants franco-ontariens, tout en s’opposant avec véhémence au projet de loi de contrôle des salaires du gouvernement Davis, est d’avis que ce sont les enseignants, plus encore que les autres fonctionnaires de la province, qui sont les boucs émissaires dans toute cette affaire. Dénonçant le projet de loi qui selon lui annule le processus de négociation, l’exécutif de l’Unité de Prescott-Russell de l’AEFO blâme par surcroît le Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell qui profite de la situation pour faire traîner en longueur les négociations amorcées depuis le 1er janvier dernier en vue du renouvellement de la convention collective des enseignants, échue le 31 août dernier. » C’était à l’époque de la Commission de contrôle de l’inflation et ce sont les conservateurs qui étaient les « méchants » cette fois-là.

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Le Théâtre de la Vieille 17, basé à Rockland, laissait sa marque un peu partout. Dans le journal du 6 octobre 1982, on y apprend que ce théâtre « contribuera à deux reprises à la ‘saison parallèle’ du Théâtre français du Centre national des Arts » dans deux des quatre catégories. « Le premier projet s’inscrit dans le Théâtre jeunesse et le deuxième, dans le Théâtre-atelier. » La troupe avait présenté « Premier! Premier! », une création collective avec Robert Bellefeuille, Roch Castonguay et Viviane Rochon, et « Rock pour un faux bourdon », de Michel-Marc Bouchard, avec Robert Bellefeuille, Anne-Marie Cadieux, Roch Castonguay et Viviane Rochon. Les pièces avaient été présentées à L’Atelier du CNA, rue King Edward, qui allait devenir plus tard La Première Scène.

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Il faut que jeunesse se passe. À l’école secondaire d’Embrun, il y avait eu vente d’esclaves lors de la semaine d’initiation à la rentrée de septembre. Cette fois, ces mêmes étudiants avaient décrété un vendredi « la journée des mini-jupes » et « un très grand nombre de filles avaient répondu à l’invitation du Conseil des élèves ». C’était à une autre époque, bien sûr. « Pour ne pas trop se sentir à part, les garçons, eux, portaient la cravate ». Un entrefilet à cet effet dans le journal du 13 octobre 1982. Essayez d’organiser ça aujourd’hui!

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1982 marquait le 35e anniversaire du journal Le Carillon et à cette occasion, il fallait faire quelque chose de spécial. Jean Bélanger, de Hawkesbury, voulait que son nom soit inscrit dans le livre des records Guinness et le journal avait décidé de publier « la plus grosse grille de mots croisés jamais publiée au monde ». La grille « de 31 500 cases et de plus de 12 000 définitions sera publiée à raison de quelque 625 cases à la fois (plus au moins), sur une période de plus d’une année ». C’était toute une aventure. « La grille, une fois reliée et complétée, mesurera plus de trois pieds sur six pieds et quelques pouces. » Nous en avions profité pour mener une campagne d’abonnement, parce qu’une fois que le lecteur commencerait, il ne voudrait manquer aucune grille hebdomadaire. Comme je l’écrivais lors de la publication de la première grille, « à cause de la dimension du projet et malgré une vérification à plusieurs niveaux, il se peut qu’il s’y glisse des erreurs. Nous prions nos lecteurs de nous en excuser d’avance, même si les probabilités sont minces. » Je m’étais amusé à remplir les grilles hebdomadaires et, tristement, il y avait eu quelques erreurs de conception. Mais qu’importe, c’était « big » comme aurait dit E.G.

La recherche futile des alternatives

« Un comité spécial, qui répondra directement au ministre ontarien de l’Industrie et du Commerce, M. Gordon Walker, a été formé vendredi à Toronto pour tâche de trouver une solution capable de prolonger la vie de l’usine de Hawkesbury de la Compagnie internationale de papier. » La nouvelle est évidemment à la une du journal Le Carillon du 22 septembre 1982. Le rôle du comité était de « déterminer s’il existe une alternative à la fermeture de l’usine qui mettra à pied ses 440 employés le 1er décembre ». Le ministre Walker avait « précisé que toutes les alternatives seraient examinées avec soin, qu’il s’agisse de trouver de nouveaux clients pour l’usine, de dénicher des acheteurs intéressés à la faire fonctionner ou à convertir sa production, d’explorer les possibilités d’attirer de nouvelles industries à Hawkesbury pour absorber les travailleurs qui seront mis à pied. Il n’a pas écarté non plus la possibilité que la province verse des subventions directes si le besoin s’en fait sentir. » Évidemment, en rétrospective, le gouvernement n’avait pas d’autre choix à cause de l’impact de la fermeture. Rien de concret n’en ressortirait et l’usine serait bel et bien fermée et, plus tard, démolie. Il en reste encore les bassins de déversement qui devront être un jour asséchés et décontaminés.

Et par l’après-CIP, il fallait bien que la vie continue!

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Tout ça pour rappeler que le contexte économique de l’époque était énormément difficile à tous les points de vue. Dans le journal du 22 septembre 1982, par exemple, on lit que « le copropriétaire de la scierie Albert Larocque Lumber de la route 34, Fernand Larocque, a évoqué le contexte économique difficile pour justifier une requête de diminution de salaires et d’augmentation de la semaine de travail auprès de ses employés ». Larocque avait « décrété des diminutions de salaire de l’ordre de 17 pour cent à ses employés et un accroissement de leur semaine de travail à 44 heures de 40 heures qu’elle était ». Les employés étaient non syndiqués et la décision de l’entreprise était conforme aux normes d’emploi courantes en Ontario. Mais au moins, comme l’avait souligné l’un d’entre eux, ils ne perdaient pas leur emploi. Larocque Lumber a fermé ses portes il y a deux ans, mais ses installations sont toujours là.

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Un reportage sur la célébration du 25e anniversaire de la paroisse L’Ascension de Hawkesbury dans le journal du 22 septembre. Cette paroisse n’existe plus maintenant, ayant été fusionnée avec les anciennes paroisses St-Alphonse-de-Liguori (la première) et St-Dominique pour en faire une seule qui occupe l’église St-Alphonse. Mon frère Réginald avait dessiné l’esquisse de l’église qui ornait la couverture du programme de la célébration.

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Je crois que c’est la seule fois que nous avions écrit un texte sur cette question et c’était dans le journal du 22 septembre 1982. « L’allocation prévue pour les funérailles des indigents de Prescott-Russell vient de passer à 800 $, et sera de 850 $ à compter de 1983. » Dans Ottawa-Carleton, à titre comparatif, la compensation était de 843 $. Et il y avait des montants supplémentaires pour « les cercueils extragrands » et les « cercueils scellés ». On publiait de tout dans le journal.

Une histoire indissociable de celle de Hawkesbury

Je reproduis le texte intégral de cet article publié dans l’édition du 15 septembre 1982 du journal Le Carillon. Je ne me souviens pas de la source de l’article, bien que cela puisse avoir accompagné le matériel de presse qu’on m’avait remis. Je pense que ce brin d’histoire intéressera mes lecteurs de la génération qui n’ont pas connu cette usine.

Depuis plus de 80 ans, l’usine de la Compagnie internationale de papier à Hawkesbury domine le paysage non seulement par sa présence physique, mais aussi par sa présence économique.

Pendant plus de trois quarts de siècle, un emploi à la « pulpe » a représenté, pour le travailleur de Hawkesbury, un poste rémunérateur et sûr, qui permettrait à quiconque était assez chanceux pour accéder à la liste de paye la sécurité matérielle et le prospect d’une retraite confortable.

Les volutes de fumée s’échappant de hautes cheminées, les convois de camions chargés de bois, le va-et-vient incessant sur la rue Principale à l’heure des changements de quart, tout ce branle-bas quotidien incessant fait partie des mœurs depuis longtemps.

Comme tant de villes à travers le monde, Hawkesbury a grandi et prospéré en même temps que la CIP, qui était jusqu’à ce jour un des plus gros employeurs et le plus contribuable de la ville.

Il faut remonter à 1898 pour retracer l’histoire de cette usine. D’abord conçue pour produire 68 tonnes métriques de pâte au bisulfite par jour, sa capacité était portée à 182 tonnes métriques dès 1918; en 1919, on lui ajoutait une section de blanchiment afin de produire une pâte au bisulfite blanchie destinée à la fabrication du papier filigrané de haute qualité.

À cette époque, l’usine était la propriété de la Riordon Company Limited qui fit faillite en 1921. L’administration de ses biens fut alors confiée à la Banque de Montréal jusqu’en 1925, année où la CIP, de formation récente, fit l’acquisition de l’usine de Hawkesbury. En 1937, l’usine était transformée afin de produire une pâte de résineux à usage chimique, un produit très pur dont le contenu en cellulose, excédant 90 %, sert entre autres à la fabrication de la rayonne et du cellophane.

À la fin des années quarante, il était devenu trop coûteux d’approvisionner l’usine en bois résineux; des travaux ont donc été entrepris en laboratoire afin de mettre au point une technologie permettant de produire une pâte à dissoudre en utilisant les bois francs communs dans la région même de Hawkesbury. Les travaux donnèrent des résultats positifs de telle sorte qu’au début des années cinquante, l’usine était transformée de façon à être alimentée à 50 % en bois franc. En 1962, on remplaçait la liqueur de cuisson à base de calcium par une liqueur de cuisson à base d’ammoniaque. Puis en 1965, la section de blanchiment était modernisée afin que les opérations puissent y effectuer de façon continue, plutôt que par lots.

Petit à petit, la proportion de bois franc dans la pâte est passée du 50 % initiale à un niveau d’environ 90 %. Actuellement, la capacité de l’usine est de 260 tonnes métriques par jour, soit 93 000 tonnes métriques par année.

Sous bien des aspects, l’usine de Hawkesbury est unique en son genre. Elle est la seule en Ontario à produire de la pâte à usage chimique, la seule au Canada à produire de la pâte au bisulfite à partir de bois francs et la plus petite usine en Amérique du Nord à produire de la pâte à usage chimique.

Difficultés

C’est un fait généralement admis dans Hawkesbury que la CIP locale avait déjà connu des jours meilleurs. La diminution de ses marchés, due en partie à la lenteur de l’économie et en partie à la substitution de produits à base de dérivés du pétrole, et plus récemment la fermeture de deux de ses plus importants clients, ont fait que l’usine n’opérait qu’à demi-capacité depuis plusieurs mois.

L’acquisition de la CIP du Canada, l’été dernier, par les Entreprises Canadien Pacifique au prix de 1,1 milliard $, n’aura pas non plus assuré la survie de l’usine.

Parallèlement à ses difficultés économiques, la CIP a plus d’une fois eu maille à partir avec le gouvernement de l’Ontario à cause de la pollution causée par des procédés manufacturiers. Le problème des particules en suspension dans ses effluents liquides a été pratiquement éliminé en 1962 par la construction d’un vaste bassin de décantation, mais la compagnie n’avait pas réussi à trouver une solution économique au problème de la réduction de la demande biochimique en oxygène.

En même temps, la conversion, en 1966 et 1969, des cinq chaudières de l’usine du charbon au mazout a amélioré la qualité de l’air, mais la CIP est toujours sous le coup d’une ordonnance de contrôle qui l’oblige à apporter d’autres modifications pour réduire les émissions de dioxyde de soufre.

À cause de la qualité supérieure de ses produits, l’usine rejette une plus grande quantité de déchets organiques que la plupart des autres usines de pâte de capacité égale. En outre, le traitement de ses effluents est plus coûteux du fait qu’il s’agit d’une usine de fabrication de pâte au bisulfite plutôt que de pâte au sulfate (kraft).

Un grand nombre de petites usines de pâte au bisulfite ont dû fermer leurs portes un peu partout dans le monde à cause du coût très élevé des installations exigées par les lois sur l’épuration des effluents, énonçait la direction de la CIP dans le cadre d’une réunion publique tenue à Hawkesbury en décembre 1980.

À cette époque également, la CIP avait déclaré que « L’usine de Hawkesbury ne pourra rester viable que si le marché le permet et si les exigences écologiques restent raisonnables ».

En passant, pas moins de 18 pages du journal du 15 septembre avaient été consacrées à la nouvelle de la fermeture de la CIP et aux nombreuses réactions des autorités locales et régionales, de même que de divers organismes. Tous avaient été touchés directement par cette décision.

L’effet d’une véritable bombe…

« La nouvelle de la fermeture a eu l’effet d’une véritable bombe, mercredi après-midi dernier, puisque tous les concernés croyaient fermement que la direction de l’entreprise cesserait ses opérations pour une période de six mois, le temps de procéder à d’importantes rénovations. » C’est ce qu’on pouvait lire, entre autres, dans l’édition du 15 septembre 1982 du journal Le Carillon.

« CIP Inc., de Montréal, achetée il y a à peine plus d’un an par les Entreprises Canadien Pacifique, de Calgary, avait annoncé son intention au gouvernement ontarien samedi (le 4) et, au retour après la fête du Travail, soit mardi, c’est la direction de l’usine locale qui était avisée. Mercredi après-midi, des représentants du siège social arrivaient à Hawkesbury, déjà prêts avec les dossiers des employés et les lettres communiquant la mauvaise nouvelle. La nouvelle était aussitôt relayée aux surintendants, qui la communiquaient aux contremaîtres, qui, à leur tour, se rendaient chacun dans leurs services, annoncer la fermeture. En même temps, des lettres recommandées étaient postées au bureau de poste de Hawkesbury afin que chacun des employés les reçoive dès le lendemain. » Simultanément ou presque, les autorités municipales puis la presse locale étaient mises au courant. Voilà pour la mécanique de l’annonce.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. « Un comité spécial, baptisé ‘Comité de la continuité’, tentera de tout mettre en œuvre pour assurer la continuité des opérations de l’usine de la CIP, malgré la fermeture décrétée pour le 1er décembre prochain. » Les autorités municipales emboîtaient le pas, de même que les députés. Par exemple, le Conseil municipal nommait l’administrateur Pierre Tessier au poste de commissaire industriel pour que ce dernier multiple « ses démarches pour accélérer la venue de nouvelles industries dans la région ». Quant à la CIP, elle avait confirmé qu’il n’y avait pas de solution de son côté; le marché n’étant plus là et des clients importants les ayant abandonnés (par ex. Dupont de Shawinigan et Transparent Papier Lining d’Angleterre).

La réaction du « local 28 du Syndicat canadien des travailleurs du papier » avait été amère et virulente. « Ils reprochent également aux grosses banques de n’avoir que des présidents de compagnie à leurs conseils d’administration et aucun représentant des travailleurs. » Le syndicat s’inquiétait bien sûr de l’avenir de ses membres locaux. « La plupart des employés (343) avaient une fiche de service de plus de vingt ans auprès de la compagnie. » En fait, selon les statistiques obtenues alors par Le Carillon, la CIP comptait un employé de 45 années de service continu, alors que neuf autres avaient 40 années et plus. « Pas moins de 77 possèdent une expérience de plus de 35 années avec la CIP et 111 offrent un record de plus de 30 ans. Par ailleurs, un total de 145 employés sont dans la catégorie des plus de 20 ans de service. » En d’autres mots, la très forte majorité n’avait jamais travaillé ailleurs qu’à la CIP. Une trentaine d’employés avaient pu profiter d’une retraite prématurée sans réduction. Quant à la CIP, elle avait mis sur pied un centre d’information pour aider les employés à se trouver un autre travail le plus rapidement possible et pour les renseigner sur les aspects financiers et autres. En d’autres mots, les employés avaient été bien traités… mais ils se retrouveraient quand même sans emploi le 1er décembre. Et les producteurs de bois de la région perdraient des millions de dollars au fil des années.

En éditorial, j’avais écrit, entre autres, qu’il « était pratiquement impossible de décrire la consternation qui a secoué Hawkesbury – et pas seulement les employés de la CIP – alors que la nouvelle se répandait comme un feu de poudre aux quatre coins de la ville ». De ma longue carrière au journal, cela avait été assurément la nouvelle la plus difficile à couvrir et commenter.

La CIP… personne n’avait osé y croire

C’était dans Le Carillon du 15 septembre 1982 et je vous y fais référence depuis plusieurs semaines.

« C’est vers 15h40, mercredi dernier, que M. Roger Allard, directeur des communications pour la CIP Inc., remettait le communiqué de presse au rédacteur en chef du Carillon. M. Allard, le visage sérieux et très silencieux, vêtu d’un habit gris, venait tout juste de quitter l’hôtel de ville. Voici le texte intégral de ce communiqué bref:

HAWKESBURY (ONTARIO), le 8 septembre 1982. CIP Inc. a annoncé aujourd’hui la fin de ses opérations à son usine de pâtes à Hawkesbury en Ontario, de même qu’à sa division forestière de Grenville au Québec, à compter du 1er décembre 1982.

Dans sa communication aux employés, M. F. D’Arcy Quinn, vice-président et directeur général, Emballages, souligne la détérioration croissante du marché de la pâte au bisulfite utilisée dans la fabrication de la cellophane et de la rayonne, et ce, en raison de leur remplacement par des produits dérivés du pétrole. Il évoque la récente perte de deux clients importants qui ont fermé de façon permanente leurs usines qui s’approvisionnaient à même l’usine de Hawkesbury pour la majorité de leurs besoins. ‘Dans cette conjoncture, l’usine a subi d’importantes pertes et tout indique qu’elle aurait continué de le faire’ a déclaré M. Quinn.

‘La décision de fermer cette vieille usine de 84 ans fait suite à une analyse des débouchés à court terme et à long terme pour les produits de l’usine. L’usine n’est pas économiquement viable et ne le serait pas même si la Compagnie était exemptée d’y faire les investissements nécessaires au respect des normes relatives à la protection de l’environnement’ d’ajouter M. Quinn.

M. Quinn a informé les 440 employés des deux établissements que la Compagnie a mis sur pied un programme d’aide dans le but de faciliter leur recherche d’un nouvel emploi ou l’élaboration d’un plan de retraite tout en fournissant à chacun d’entre eux une description de leurs avantages sociaux et options. »

Je vous reviens avec les réactions à cette nouvelle insupportable à ce moment-là.

Quant à ce Roger Allard, je l’ai retrouvé plusieurs années plus tard. Il m’avait été présenté, à moi de même qu’à mes collègues des Communications à Postes Canada, comme notre nouveau directeur général. Je n’avais pas mis de temps à lui rappeler notre face à face du 8 septembre 1982. Lui aussi s’en souvenait.

Le pire, c’est que dans Le Carillon du 8 septembre justement, j’avais invité les citoyens, en éditorial, à ne pas paniquer devant les rumeurs qui galopaient en ville. Que ce n’était pas la première fois que les rumeurs de fermeture circulaient. La surprise avait été de taille!

Le chanoine Hébert… je l’avais bien connu

Un entrefilet dans Le Carillon du 18 août 1982. « Le fondateur de la colonie de vacances St-Louis à St-Michel-de-Wentworth en 1937 et du camp Dominique-Savio à Mayo en 1960, le chanoine Arsène Hébert est décédé dans sa paroisse natale à Montebello, le 5 août à l’âge de 78 ans. » St-Michel, c’était un nord de Brownsburg et pas tellement loin de Hawkesbury. C’était aussi la patrie de Tex Lecor. J’ai été moniteur à ce Camp St-Louis quand j’étais séminariste. En fait, la majorité des moniteurs étaient des séminaristes et des couventines. Je raconte encore, parfois, cette randonnée avec le chanoine Arsène qui me ramenait chez mes parents à Hawkesbury. Je m’occupais trop, selon lui, des monitrices! Au retour au séminaire le septembre suivant, le supérieur Charles-Auguste Demers m’en avait même taquiné, en me disant, en riant, qu’il avait entendu parler de mes aventures au camp St-Louis. Il fallait bien que jeunesse se passe!! L’article mentionnait que « la colonie de vacances avait été fondée par le prêtre en 1937, et il en resté directeur jusqu’en 1962 ». J’y avais passé une grande partie de l’été de 1961. J’ai dû le décourager!

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Il venait tout juste de terminer d’importantes rénovations à son poste d’essence de la rue McGill. Le journal du 18 août 1982 rapporte le décès de Jean-Charles Castonguay, à 52 ans. « Il était propriétaire du Libre-Service Castonguay depuis plus de 20 ans. » Il était issu d’une famille de cinq garçons et sept filles, dont la plupart étaient avantageusement connus à Hawkesbury. Son plus jeune fils, Bertrand, est aujourd’hui propriétaire de la Compagnie d’édition André-Paquette, éditeur du journal Le Carillon parmi tant d’autres.

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La livraison du courrier dans les zones urbaines le samedi avait été éliminée en 1972. Cette fois, le journal du 25 août 1982 annonçait la décision de la Société canadienne des postes d’éliminer le service de livraison le samedi en milieu rural à compter du 1er octobre suivant. La société d’État espérait économiser ainsi plus de 4 millions de dollars par année. « La livraison de cinq jours est la norme dans toutes les villes du pays. » Seule l’Île-du-Prince-Édouard échapperait à la règle à cause de son caractère essentiellement rural. « En Ontario, cela signifie que 1695 routes rurales seront écourtées d’une journée », dont un très grand nombre dans Glengarry-Prescott-Russell évidemment très rural. La direction du journal avait anticipé cette annonce fédérale et avait partiellement justifié sa décision de cesser la publication de son édition du samedi, qui n’aurait été livrée qu’en début de semaine dans son secteur rural.

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L’ancien conseiller municipal Claude Demers annonce un retour en politique et qu’il sera candidat au scrutin municipal de novembre. Dans le journal du 1er septembre 1982, Demers n’hésite pas à manifester son inquiétude quant à la survie à long terme de la CIP et craint que le sort réservé à l’usine de Témiscamingue dix ans auparavant ne soit aussi réservé à l’usine de Hawkesbury. Demers souhaitait justement se faire réélire pour qu’il puisse s’impliquer dans la cause si jamais la CIP prenait une telle décision.

Un PPP bien avant son temps

Un vrai partenariat public-privé en somme. « La firme de consultants de gestion médicale Hyatt du Canada verra à rentabiliser l’Hôpital général de Hawkesbury et la région afin d’y tirer ses honoraires et le remboursement des sommes qu’elle aura à investir dans la nouvelle construction. C’est une première au Canada. » Le Carillon en parle évidemment à la une de son édition du 14 juillet 1982. Le ministère ontarien de la Santé était entièrement d’accord forcément. « L’appel à un investisseur privé a été rendu nécessaire par le ralentissement de la population locale à contribuer la part du tiers du coût de construction prévu pour le nouvel hôpital, soit 4,5 millions $; le montant total doit être en mains avant que le ministère ontarien de la Santé ne verse sa part de deux tiers du coût de construction. » Hyatt toucherait 30 % des profits la première année, 60 % la deuxième et 100 % la troisième et le directeur général de l’hôpital avait admis que « ça supposait que l’hôpital soit administré à profit ». L’article de Monique Castonguay expliquait d’autres détails sur l’entente. « Hyatt Medical Management Consultants Ltd, au Canada, est une filiale de l’American Medical International Inc. aux États-Unis, ayant la gérance directe ou indirecte de près de 115 institutions en soins hospitaliers au monde, soit en Angleterre, en Australie, en Arabie Saoudite, en Belgique, en Espagne, en Suisse et aux États-Unis. »

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Jeanne Sauvé, qui était alors présidente de la Chambre des communes, avait laissé la cloche convoquant les députés à un vote sonner pendant plus de 15 minutes, contrairement aux règles parlementaires. Le vote du 8 juillet était à propos du budget du ministre des Finances, Allan MacEachern. Denis Ethier, le député de Glengarry-Prescott-Russell, vice-président des comités pléniers et donc orateur suppléant des Communes, était intervenu et avait rappelé Mme Sauvé à l’ordre… ce qui ne se fait pas habituellement… et avait reproché aux députés conservateurs retardataires de ne pas être de « véritables représentants du peuple ». Après son intervention, Ethier avait démissionné de ses tâches additionnelles, mais Jeanne Sauvé ne voulait pas accepter sa démission. Par contre, Joe Clark lui-même avait clairement indiqué qu’Ethier avait perdu la confiance de lui et de ses députés. En conséquence, Denis Ethier avait décidé de maintenir sa démission. Il demeurait député, bien sûr.

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La mousse d’urée-formol devait être la solution isolante miracle pour remplacer l’amiante et les vendeurs itinérants convainquaient plusieurs de sa valeur et l’installaient dans les maisons. Jusqu’à ce que les dangers de cette MIUF, comme on l’appelait, se fassent connaître. Le gouvernement avait mis des programmes incitatifs pour encourager les gens à faire remplacer leur MIUF par des produits moins dangereux. Il en était souvent question dans les éditions estivales de 1982.

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La nouvelle nationale avait fait les manchettes évidemment. Dans le journal du 4 août 1982, on peut lire que « policiers et gardiens de prison de la région étaient parmi des centaines de leurs confrères qui assistaient, jeudi dernier, aux funérailles nationales des trois gardiens de l’Institut fédéral Archambault, qui ont péri le 26 juillet aux mains de détenus dans le cadre d’une tentative avortée d’évasion. (…) Deux détenus ont également perdu dans la vie dans la tentative, qui se sont suicidés à l’aide de capsules de cyanure. »

Chacun peut changer d’idée

Le diacre Jean Leroux, je vous en avais parlé dans un billet précédent, devait être ordonné le 25 juin. Il s’occupait de pastorale aux écoles secondaires de Hawkesbury et de Vankleek Hill et était très populaire auprès des jeunes étudiants. Dans le journal Le Carillon du 23 juin 1982, la journaliste Monique Castonguay raconte que Leroux « s’accorde maintenant un moment de réflexion avant de s’engager définitivement dans la prêtrise ». Elle ajoute qu’il « devait être ordonné vendredi, à Hawkesbury; il est plutôt parti, lundi, presque sans bruit, pour occuper un poste de chef de service au campus de Cornwall du collège St-Laurent, chargé entre autres des admissions ». Toute une vie remise en question, mais surtout, toute une vague. Il s’était vidé le cœur dans une longue lettre envoyée à l’évêque auxiliaire en charge des vocations, Mgr Gilles Bélisle, surtout en ce qui a trait au rôle réservé aux laïcs dans le diocèse. Il s’était de toute évidence passé beaucoup de choses dans les coulisses diocésaines qui n’avaient pas plu à Leroux. Un prêtre de moins. La publication du long reportage nous avait valu de nombreuses critiques de la part de prêtres et j’avais eu droit à un appel téléphonique de l’archevêque (Mgr Joseph-Aurèle Plourde) plutôt mécontent il va sans dire. Sachant que j’étais un ancien séminariste, il comprenait d’autant plus mal. Mgr Plourde est décédé, à 97 ans, le 7 janvier dernier.

La dernière fois que j’ai rencontré Jean, c’était à un souper du Rassemblement des gens d’affaires à Ottawa au cours duquel mon ami Michel Malboeuf allait être reconnu pour son magazine « Le Lien économique », auquel je collaborais. Jean faisait alors partie de l’organisation politique de Madeleine Meilleur. Ses talents servaient toujours

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Le règlement municipal 39-82 n’était pas grand-chose en réalité; un simple règlement pour amender le règlement de zonage afin de faciliter une transaction immobilière, et le règlement 45-82 prévoyait la signature d’une entente avec Sun Wheels Ltd. Mais ces deux règlements avaient une valeur historique pour la ville. Comme le rapporte le journal du 30 juin 1982, il s’agissait des deux premiers règlements municipaux « rédigés dans la langue française ». Des demandes en ce sens fusaient depuis quelques années et surtout depuis quelques mois. Les règlements avaient été rédigés en anglais aussi, évidemment.

« L’adoption de règlements en français était d’autant plus remarquée que le Conseil, au début de la soirée, avait eu une requête inhabituelle: soit de délibérer en anglais. Deux citoyens, MM. Mike Ahmed et Kim Reasbeck, ont en effet demandé aux membres du Conseil de parler en anglais afin qu’ils puissent comprendre ce qui se passait et intervenir s’il y avait lieu. Le conseiller Edward Mullin, éprouvant des difficultés à garder son calme, a répliqué qu’il n’était pas question d’interrompre le Conseil pendant la réunion. » Le maire Laurent Cayen, après leur avoir expliqué qu’ils pourraient poser des questions en anglais lors de la période réservée à cet effet, avait « rappelé que le français était utilisé à la table du Conseil parce qu’il s’agit de la langue de la majorité à Hawkesbury et qu’il serait surpris que le Conseil municipal de Toronto, par exemple, se mette à délibérer en français parce qu’un francophone en fait la demande ». J’avais été assez fier du Conseil municipal ce soir-là.

Ivaco rêve d’une autre grande aciérie

« Le quotidien Le Devoir, dans son édition du 25 mai, rapporte que la société Ivaco ‘songe à construire une aciérie utilisant des fours électriques selon une méthode révolutionnaire actuellement mise au point par la firme Boliden, en Suède’. (…) Le procédé ‘Inred’ serait particulièrement économique et permettrait à la compagnie d’augmenter la capacité de ses trois aciéries de L’Orignal et de Georgie, aux États-Unis. » Le Carillon en parlait dans son édition du 2 juin 1982 et précisait que la société Ivaco n’avait pas encore déterminé où elle construirait cette nouvelle aciérie. Le président Paul Ivanier n’aurait pas caché que « l’emplacement serait déterminé par les subventions offertes par les différents gouvernements ». En fin de compte, ce ne serait assurément pas L’Orignal.

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Le terrain se prépare. Comme le rapporte le journal du 16 juin 1982, « l’usine de la Compagnie internationale du papier à Hawkesbury a fermé ses portes vendredi pour un peu plus de trois semaines, soit 24 jours, en raison de la faible demande pour ses produits sur le marché. Il s’agit du quatrième arrêt temporaire des activités depuis le début de l’année et touche environ 410 des 440 travailleurs. » Et comme le précisait le directeur de l’usine, Wally Williamson, « aucun salaire ou compensation n’est versée durant ces mises à pied temporaires ». Ça sent la guillotine!

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Ceux qui ont suivi la récente émission « Un air de famille » à Radio-Canada se souviendront d’elle et de sa famille. Quand Le Carillon parle d’elle dans son édition du 16 juin 1982, c’est pour annoncer qu’à 16 ans, Roxane Potvin, « la fille de Dollard et Carmen Potvin de Hawkesbury, s’est classée première parmi cinq finalistes plus âgées qu’elle » lors du premier Concours de la chanson du poste CJRC d’Ottawa tenu à la Maison du Citoyen à Hull. Roxane espérait maintenant participer au Festival de Granby et à l’émission Tremplin de Télé-Métropole.

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Le journal du 16 juin 1982 consacre une pleine page à la retraite de Jean-Roch Vachon, un enseignant de longue date de l’École secondaire régionale de Hawkesbury et bien connu de la communauté. Il n’a alors que 58 ans, mais il termine une carrière de 36 années dans l’enseignement, dont 24 à l’ESRH. Après sa retraite, Jean-Roch, qui était déjà bien actif au sein de la Société historique de Prescott, avait eu l’idée de publier une chronique sur la généalogie de familles d’ici. Il m’en avait proposé l’idée et je lui avais dit que s’il commençait, il devrait continuer parce que nos lecteurs en prendraient l’habitude. En 2012, trente ans plus tard, sa chronique généalogique est toujours publiée dans un journal local.

Les écoles pour tous les enfants… sans exception

La Loi 82 transformerait l’éducation en Ontario. Le gouvernement avait réagi aux longues pressions des parents d’enfants en difficulté. Le gouvernement conservateur de Bill Davis savait que les écoles avaient besoin d’une longue période de temps pour s’y préparer. Comme on peut le lire dans Le Carillon du 12 mai 1982, « la Loi 82, en 1985, forcera les conseils scolaires de la province à offrir des services localement, dans leur langue maternelle, à tous les enfants affichant des anomalies de comportement, ou d’intellect, ainsi que les handicapés physiques et les déficients légers ou moyens ». Cela donnerait lieu à la création de classes dites spéciales et à l’embauche d’aides-enseignants dans les classes. Quant à ces « anomalies », elles avaient été définies comme comprenant « les enfants perturbés, les mésadaptés sociaux, les enfants souffrant d’anomalies de communication (autisme, surdité, troubles de langage et de parole, difficultés d’apprentissage), les déficients mentaux légers ou moyens, les surdoués, les handicapés physiques et les enfants souffrant de troubles orthopédiques ». En d’autres mots, à partir de septembre 1985, les écoles devaient offrir des services à tout le monde sans exception.

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Depuis son ouverture en 1979, le complexe sportif de Hawkesbury offrait toujours une école de hockey estivale. Dans le journal du 12 mai 1982, les sportifs apprennent l’arrivée « d’une toute nouvelle école », une qui sera « sous la direction de Jacques Martin, entraîneur-chef des Braves de Brockville de la Ligue centrale l’an dernier, dépisteur pour le compte des Petes de Peterborough de la Ligue de hockey de l’Ontario et technicien de hockey bien connu de la région ». Martin sera épaulé entre autres d’Yvan « Puce » Joly, des Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, un club-école des Canadiens de Montréal. Un total de 120 jeunes hockeyeurs pourraient s’y inscrire.

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Il ne fallait donc pas se surprendre de lire dans les éditions du 26 mai et du 9 juin 1982 que Jacques Martin allait devenir le nouvel entraîneur des Hawks de Hawkesbury dès la saison suivante. Quant à Mac MacLean, qu’il remplaçait, lui s’en allait succéder à Martin chez les Braves de Brockville. Entre temps, à cause des problèmes chez les Hawks, cette organisation avait été prise en mains par l’Association du hockey mineur de Hawkesbury. L’AHMH reprenait simplement ce qu’elle avait relégué en 1974. La gestion des Hawks n’a jamais été chose facile à Hawkesbury.

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À l’affiche du cinéma Laurentien de Grenville en ce mois de mai 1982, le film de Claude Lelouch, « Les uns et les autres », un film que j’avais vu à Ste-Agathe et que je considère toujours comme sûrement le meilleur long métrage que j’ai vu. J’ai d’ailleurs la version DVD.