Un artisan de la première heure quitte après 28 ans

Bernard Danis était au service du journal Le Carillon depuis 28 ans. Il y était arrivé en 1950, à peine trois ans après la fondation du journal par André Paquette. Un fidèle artisan de la première heure donc. À ses 25 ans de service, il avait eu droit à une pleine page de publicité hommage dans le journal. Après en avoir été le directeur général, il était devenu adjoint au président-éditeur. Il cherchait ailleurs depuis quelque temps. Dans ma chronique du 31 mai 1978, j’écris que Bernard quitte le journal pour « occuper le poste de directeur de la publicité à l’hebdomadaire spécialisé ‘La Terre de Chez-nous’, le plus gros hebdo agricole en Amérique du Nord. Ce journal existe depuis maintenant 50 ans et Bernard en sera le troisième directeur de publicité. » Il y a restera pendant quelques années, avant de décéder. Je rencontre de temps en temps sa femme Murielle. Bernard était le frère de Jean-Robert, un autre ancien du Carillon et du journal Le Droit et fondateur du journal L’Express de Hawkesbury, acquis plus tard par les Éditions André-Paquette. Bernard était le beau-frère de Marcel Desjardins, un ancien du Carillon qui était alors au quotidien montréalais La Presse.

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J’en avais parlé dans un billet précédent. Le directeur des loisirs William Jermyn avait remis sa démission et fait ses adieux au début de juin. En relisant son entrevue reproduite dans Le Carillon du 7 juin 1978, il est clair qu’il n’avait rien compris. « Son incapacité à parler le français n’a pas été un problème majeur durant son stage de près de deux ans au poste de directeur du Services des loisirs de Hawkesbury. Selon lui, ce léger inconvénient a été un problème majeur pour ceux qui l’ont voulu. » Même après avoir constaté que son travail devenait impossible, il ne reconnaissant toujours pas l’absurdité d’avoir un directeur de loisirs unilingue dans une communauté à très fort dominance francophone.

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Le Conseil d’éducation de Prescott-Russell n’était jamais le premier à appuyer les questions des droits des francophones ou de tout ce qui s’éloignait de leur sacro-saint principe du bilinguisme à tout prix. Ainsi, comme on peut le lire dans l’édition du 21 juin 1978, le CEPR « composé en majorité de francophones a rejeté mercredi soir le principe d’un conseil scolaire homogène de langue française pour la région d’Ottawa-Carleton ». Ce projet de conseil était le plus récent cheval de bataille de Franco-Ontariens dans la région de la capitale et qui avait forcément des répercussions dans les comtés voisins de Prescott et Russell. Paul Vivarais, qui était président du Comité consultatif de langue française de Prescott-Russell, et en réaction à la décision du premier ministre Bill Davis de retirer un projet de loi sur les services en français dans la province, avait « traité les membres du CEPR de ‘mitaines’ et cette déclaration, reproduite dans les journaux, a certainement influencé le vote », était en colère après la décision des conseillers scolaires. « Ils veulent la guerre, eh bien! ils vont l’avoir, a-t-il déclaré en coulisse à l’issue de la réunion. Selon lui, des conseillers francophones, en plus d’être indifférents à la question de l’enseignement en langue française, sont intimidés par la présence de leurs six collègues anglophones à la table du conseil. » Je pense qu’il avait raison.

Pourtant, lors de cette même réunion, les membres du CEPR avaient été unanimes dans leur condamnation de Bill Davis et de sa décision de ne pas donner suite au projet de loi privé du député Albert Roy, qui avait reçu l’appui unanime des députés ontariens en deuxième lecture. Il n’en fallait pas plus pour déclencher un long débat aux quatre coins de la province.

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