Bon! Impossible de reculer maintenant

L’autorisation de principe avait déjà été communiquée, mais les autorités municipales attendaient la confirmation définitive. Comme le rapporte Le Carillon du 14 décembre 1977, « la Commission municipale de l’Ontario a confirmé officiellement son approbation du projet de complexe sportif » pour la ville de Hawkesbury. C.G. Ebers, un des deux commissaires chargés du dossier, avait affirmé « qu’il n’y a aucun doute possible que le besoin d’un nouveau complexe sportif existe et qu’aucune preuve du contraire n’a été soumise à l’audience. La Commission juge que la ville peut se permettre cette dette, puisque sa position financière est plus qu’acceptable. (…) M. Ebers note également que le projet a été tellement entouré de publicité à Hawkesbury, que tous les citoyens ont eu la chance de faire valoir leurs points de vue. Il signale d’ailleurs la logique utilisée par les objecteurs pour la présentation de leur alternative, mais tire la conclusion qu’un nouveau projet, comparé à la rénovation du Centre Mémorial, ne représenterait que $2.50 de plus par année pour les contribuables en taxes payables. » Le commissaire Ebers avait noté « que les besoins et les capacités de payer de la ville sont tellement évidents et non contredisables que la Commission n’a d’autres choix qu’être d’accord avec la position du Conseil municipal. » En d’autres mots… « It’s a go! »

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L’animateur communautaire du Collège Algonquin à Hawkesbury et dans la région, Richard Hudon, fait son travail. Il n’y a pas une semaine qu’il n’écrit pas une lettre au rédacteur dans laquelle il commente une situation quelconque dans la région. Sa présence est de plus en plus remarquée partout. Il brasse…

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À ne pas confondre avec le « registre » sur la même question. La loi fédérale qui entrerait en vigueur le 1er janvier 1978 était la Loi sur le contrôle des armes à feu et comme le rapportait Le Carillon du 14 décembre 1977, « les chasseurs craignent une loi répressive ». Le texte cite Jean-Marc Roy, le président du Vankleek Hill Gun Club. Le projet de loi « représente de nombreux dangers pour la liberté de l’individu et le privilège de porter des armes qui a été conféré aux Canadiens depuis le temps de la colonisation. » Roy disait « craindre que la loi pourrait éventuellement s’étendre à une prohibition totale des armes à feu, comme ce fut le cas en Grande-Bretagne ». En résumé, la loi prévoyait qu’un Canadien qui voulait acheter une arme devait d’abord obtenir un certificat d’acquisition « valide pour une période de cinq ans et permettra à son détenteur d’acheter un nombre indéterminé d’armes à feu ». Ce sont des commissaires locaux des armes à feu qui émettront ces certificats qui « vérifieront les antécédents du demandeur » avant de lui en accorder un. Dans le cadre de la nouvelle loi, plusieurs armes deviendront des « armes à autorisation restreinte » et d’autres seront carrément interdites de possession au Canada. Bill Peters, un expert sur cette loi, avait même précisé qu’il « ne s’agit pas d’un système d’enregistrement d’armes à feu ». Ça ce sera une autre histoire pour une autre période. Et les arguments des opposants seront alors passablement semblables.