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L’utilisation croissante de la violence dans les communications

Je ne me souviens plus des résultats de cette Commission royale d’enquête sur la violence dans le secteur des communications. Cette commission ontarienne, présidée par l’honorable Judy LaMarsh, avait été créée par arrêté en conseil le 7 mai 1975, et son mandat était « d’étudier le danger possible, pour l’intérêt public, de l’utilisation croissante de la violence dans le secteur des communications ». Le gouvernement ontarien publie une annonce dans Le Carillon du 24 juillet 1975 afin de préciser ce mandat. « Les attributions de la Commission royale sont: (1) d’étudier les effets sur la société de la présentation croissante de la violence dans le secteur des communications; (2) de déterminer toute relation, cause et effet, entre ce phénomène et l’incidence des crimes commis avec violence dans la société; (3) de tenir des audiences publiques afin de permettre aux groupes, aux organismes, aux citoyens et aux différents représentants du secteur des communications d’exprimer leurs opinions sur ce sujet; (4) de faire les recommandations appropriés, le cas échéant, quant aux mesures qui devraient être prises par le Gouvernement de l’Ontario, par les autres échelons du Gouvernement, par le public en général et par le secteur des communications. » Si je ne me souviens plus des résultats, j’en conclus par contre qu’ils ont eu aucun effet. Il suffit de regarder les émissions de télévision d’aujourd’hui et d’avoir joué le moindrement avec quelques jeux vidéo pour comprendre que la violence vend bien et qu’elle est là pour rester… et croître encore!

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Dans le journal du 24 juillet, on apprend que « Brian Murray a été promu au poste de gérant-général de l’équipe des Nationals de Rockland de la Ligue de hockey centrale junior A ». Il y remplaçait Jean-Marc Lalonde. Il s’agit bien sûr du même Murray qui est présentement directeur-général des Sénateurs d’Ottawa de la Ligue nationale de hockey. « Il a été instructeur des Lumber Kings de Pembroke pour la saison 1973-74 et instructeur au collège McDonald de la Ligue interuniversitaire du Québec. Il a également dirigé des équipes dans les écoles secondaires durant quatre ans. »

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Une autre publicité intéressante du gouvernement de l’Ontario dans l’édition du 24 juillet 1975, qui fait penser aux démarches que le gouvernement fédéral et probablement chaque gouvernement provincial au Canada entreprennent en 2012, mais le public n’est pas consulté aussi ouvertement qu’à cette époque. « Le gouvernement de l’Ontario a entrepris une révision spéciale des programmes gouvernementaux afin d’étudier les voies et moyens de réduction des frais du gouvernement et des dépenses du secteur public. Le gouvernement invite donc le public à lui communiquer des suggestions sur diverses mesures qui pourraient être prises pour réduire les dépenses publiques. Tout individu, organisation ou association pouvant nous fournir des suggestions est invité à les mettre par écrit sous forme de mémoire, concernant les questions suivantes: (1) gestion plus efficace et plus économique des programmes gouvernementaux existants; (2) mode différent de prestations des services public afin de les améliorer tout en réduisant le coût; (3) réduction des services dont les avantages ne sont plus aussi importants qu’ils l’étaient autrefois; (4) suppression des programmes devenus inutiles. » La consultation publique à son meilleur… mais le public a-t-il été effectivement écouté?

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Patchogue… ils avaient osé demander une rencontre

Assurément, tout ne tournait pas rond dans cette entreprise. Comme le rapporte le journaliste Claude Tremblay dans Le Carillon du 3 juillet 1975, « les employés de Patchogue-Plymouth ont été mis à la porte et refusent, malgré les recommandations du syndicat, de retourner au travail ». Il semble que les syndiqués avaient demandé une rencontre avec la direction de l’usine « pour discuter de la hausse du coût de la vie ». De déclarer Émile Langevin, le président de la sous-section locale du Syndicat international des travailleurs du bois d’Amérique, « on nous a refusé cette rencontre et le partie patronale nous a donné cinq minutes pour retourner au travail ou on nous mettrait à la porte ». Le conflit allait perdurer quelques semaines. Ce n’est pas la dernière fois que les employés de cette usine connaîtraient des problèmes de la sorte.

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L’administration municipale de Hawkesbury est dans l’eau chaude. Le Carillon du 10 juillet 1975 rapporte que « les membres du Conseil municipal de Hawkesbury, ceux qui sont là présentement et ceux qui y étaient en 1973 et 1974, seront sans doute obligés de rembourser toutes les sommes reçues pour leur participation à des congrès et délégations, qui compensaient pour du ‘temps perdu’. (…) cette mesure sera nécessaire par suite de ‘l’enquête’ que les vérificateurs de la firme Séguin, Préfontaine, Patenaude et Cie effectuent présentement à la requête même du Conseil municipal ». C’est l’ancien conseiller Claude Demers qui avait soulevé la situation auprès de la Sûreté provinciale de l’Ontario puis du ministère du Trésor, de l’Économie et des Affaires intergouvernementales. Le reste des démarches avait été tenu secret jusqu’à ce que Demers en prenne connaissance et rendre les résultats publics. Les membres du Conseil avaient décidé d’adopter le plus rapidement possible des nouvelles politiques sur le remboursement de leurs dépenses. Mais cela allait prendre du temps et coûter beaucoup d’argent en consultations professionnelles.

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C’était le samedi matin 19 juillet 1975, à 7 heures à peine, il effectuait sa promenade coutumière matinale, mais un chauffard allait lui enlever la vie. L’ancien député libéral fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, Viateur Éthier, avait 60 ans depuis le 27 juin, et il marchait à proximité de sa résidence à Hollywood, en Floride. Ethier avait été tué sur le coup. Depuis sa retraite de la politique en 1972, il séjournait la plupart du temps à son motel floridien, le Wonder Motel. Viateur Ethier avait été élu député le 18 juin 1962 et avait été réélu aux élections subséquentes jusqu’à sa retraite. Son frère Denis avait ensuite été élu député de la circonscription. Avant la politique, Viateur Ethier avait été propriétaire de la Boulangerie Dalkeith, qu’avait lancée son père et que son frère Denis avait ensuite dirigée. Ses funérailles avaient eu lieu le 23 juillet 1975. Le Carillon du 24 juillet 1975 y fait référence.

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Le droit de grève aux enseignants ontariens

C’était nouveau et on peut lire l’article l’annonçant dans l’édition du 5 juin 1975 du journal Le Carillon. « Le ministre de l’Éducation, Thomas Wells, annonçait récemment que la loi concernant les négociations entre les conseils scolaires et leurs enseignants, permettrait à ces derniers de faire la grève, et aux conseils scolaires de décréter un lock-out dans le cas où tous les autres moyens de pression auront été sans résultats. » Par contre, « une grève ne pourra être envisagée qu’après la fin du contrat de travail qui se situe le 31 août ». Le ministre Wells avait déclaré que « le refus de reconnaître le droit de grève n’est pas une approche réaliste; en tout cas, elle ne permet pas à des travailleurs de négocier une entente salariale satisfaisante… des lois aussi restrictives suscitent bien souvent plus de confrontations qu’elles permettent d’en éviter ». Les enseignants ontariens n’hésiteraient pas, au fil des ans, à recourir à ce droit de grève. Wells avait sans doute naïvement cru au contraire.

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« Quatre accusations ont été déposées par le ministère du Travail de l’Ontario contre la CIP et deux de ses surintendants concernant la mort accidentelle de trois travailleurs, survenue le 15 mars dernier. » Un article à cet effet est publié dans l’édition du 12 juin 1972 du journal Le Carillon. « Les quatre accusations ont été logées à la suite d’une enquête entreprise par le ministère du Travail (…) sous les sections 24 et 26 de la Loi sur la sécurité industrielle, qui détermine les responsabilités des compagnies et des surintendants. »

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Depuis l’inauguration du nouvel hôtel de ville de Hawkesbury, les membre du Conseil se réunissaient surtout dans la petite salle des comités et n’utilisaient la salle principale que pour écouter les délégations ou répondre aux questions. Mais immédiatement après, ils se retiraient dans la salle des comités pour poursuivre leurs discussions. Comme le rapporte le journal du 19 juin 1975, dorénavant, les membres du Conseil tiendront leurs délibérations dans la salle principale lors des réunions mensuelles publiques, en espérant que les contribuables y assisteront. En éditorial, j’appuie d’ailleurs cette démarche et j’invite les contribuables à être présents. « La première fois vous paraîtra ennuyeuse, mais par la suite… ». Ils ne sont pas venus!

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Jacqueline Pelletier et Gérard Lévesque n’auront pas été emprisonnés pour rien après avoir réclamé des contraventions en français. À la lumière de leurs gestes, le Conseil municipal de Russell avait décidé « d’adresser désormais toute correspondance destinée à des francophones dans leur langue maternelle, en plus de rédiger l’ordre du jour et les procès-verbaux de ses réunions dans les deux langues ». C’est le maire Gaston Patenaude qui en avait eu l’initiative. « Depuis le mandat du maire Ernest Burton, toutes les procédures et documents du conseil municipal de Russell étaient rédigés en anglais. »

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Le scandale de la viande avariée… peu de plaintes à Hawkesbury

En ce début de juin 1975, il y a « scandale concernant la viande avariée au Québec et maintenant en Ontario ». Le journaliste Claude Lamarche fait sa petite enquête pour Le Carillon du 5 juin 1975. Les deux corps policiers local et régional lui affirment qu’il n’y a pas eu de plaintes à cet effet à Hawkesbury et dans les environs. Il semble que « de la marchandise portant le sceau ‘Québec approuvé’ seulement n’est pas reconnue dans la province et par conséquent ne peut être achetée dans notre province ». André Filion, propriétaire de Filion Provisions Inc., avait déclaré à Lamarche que « presque tous les marchands offraient au public de la marchandise provenant du Québec sans avoir été inspectée par l’Ontario ou le fédéral, ce qui rendait la concurrence plus difficile puisque, selon lui, la viande en provenance du Québec était vendue à meilleur marché, permettant ainsi d’offrir au public de meilleurs prix ».

L’épicier de Hawkesbury et Grenville, Gilles Thériault, « avouait avoir acheté des produits reconnus par le Québec seulement. Un de ses distributeurs était la firme Gustave Paquin Ltée de St-Jérôme. » Thériault avait d’ailleurs expliqué que Paquin « aurait repris cette marchandise dès que l’enquête sur le crime organisé toucha le commerce de viande impropre à la consommation humaine ». Claude Lamarche avait d’ailleurs communiqué avec Gustave Paquin et ce dernier « avoua immédiatement avoir vendu de la viande ‘Québec approuvé’ seulement, à presque tous les marchands de la région », mais « déclarait cependant que cette viande était d’excellence qualité sinon, elle n’aurait jamais été livrée à ces marchands ». Voilà! La population de Hawkesbury et la région n’avaient pas eu à craindre d’avoir consommé de la viande avariée impropre à la consommation.

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Les autorités municipales attendaient encore que le gouvernement fédéral répare ou remplace le pont Perley. Dans l’édition du 5 juin 1975, le journaliste Claude Tremblay signe un texte sur une conférence du député fédéral Denis Éthier à la Chambre de commerce locale. « Selon M. Ethier, le pont Perley aide grandement à l’économie de Hawkesbury mais il date de 50 ans et est maintenant dangereux. ‘J’en ai peur moi-même lorsque je dois le traverser’, a-t-il dit. » Malheureusement, le problème du pont Perley ne serait pas réglé pendant le mandat de Denis Éthier.

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On aurait dû le prévoir. « Après plus de cinq ans d’existence, le ‘Carillon Provincial Park’ ne s’est toujours pas transformé en parc bilingue pour desservir sa clientèle franco-ontarienne et québécoise. » Je signe un reportage photographique à cet effet dans l’édition du 5 juin 1975. Après avoir donné de très nombreux exemples, je conclus que « l’habitué au parc peut espérer que les autorités de Queen’s Park se décideront bientôt à rendre au Parc Carillon l’image bilingue de la région la plus bilingue de l’Ontario ». Le problème serait réglé éventuellement.

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Un projet élaboré dans le plus grand secret

Un appel « anonyme » (d’un conseiller scolaire en fait) nous laisse entendre que « le Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell a l’intention d’ériger un centre administratif de $600,000 dans un avenir rapproché ». Il en est question dans l’édition du journal Le Carillon du 15 mai 1975. « Le projet, élaboré dans le plus grand secret jusqu’à maintenant, a été soumis aux conseillers scolaires, lors d’une réunion plénière tenue à l’école de Russell, mercredi dernier, et à laquelle les journalistes n’avaient pas été conviés. » Le président du conseil, Yvan Séguin, avait confirmé une telle intention, mais avait expliqué qu’il y avait trop de désaccords autour de la table du conseil. Il avait d’ailleurs ajouté que « la réunion de Russell s’était déroulée dans un chaos presque total ». Ce projet d’irait pas plus loin pour le moment, mais il refera surface plus tard dans une version encore plus imposante. J’y reviendrai.

Dans la même édition du 15 mai, j’avais écrit un éditorial afin de dénoncer cette dépense inutile et en qualifiant le projet de tout à fait « inacceptable » pour les contribuables. J’avais même affirmé qu’en « concevant dans le plus grand secret son projet d’un centre administratif de $600,000 – à Plantagenet ou ailleurs, cela n’a pas d’importance – le Conseil des écoles catholiques fait preuve d’immaturité et d’insouciance vis-à-vis le contribuable ». Cet éditorial avait provoqué une vive réaction d’enseignants qui s’étaient sentis visés pas certains de mes propos. Une lettre signée par 31 enseignants m’attaquait d’ailleurs de manière très personnelle… mais j’avais quand même publié leur lettre, conformément à notre politique éditoriale de laisser les lecteurs s’exprimer… même de manière malhonnête. Une autre lettre de 21 enseignants, d’Alfred cette fois, dont mon beau-frère, suivrait sur le même thème. Il n’y a pas eu d’autres réactions subséquentes. De toute façon, ce ne sont pas des attaques personnelles (il y en a eu de nombreuses au fil des ans) qui m’empêcheraient d’écrire ce que je pensais et que je jugeais nécessaire dans l’exercice de mon rôle d’éditorialiste.

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« La noyée de Casselman. Son identité demeure entourée de mystère. » C’était le titre d’un article dans l’édition du 22 mai 1975 du journal Le Carillon. Le corps de cette femme avait été trouvé au début de mai « dans les eaux de la rivière Nation-Sud, à un mille au sud-ouest de Casselman ». À sa découverte, « le corps nu, pieds et poings liés, avait séjourné dans l’eau de deux à trois semaines ». Il s’agissait « d’une jeune fille, âgée entre 20 à 35 ans, (…) pesait environ 100 livres, mesurait cinq pieds, trois pouces et avait vraisemblablement les yeux bleus. Ses cheveux bruns foncés avaient été teints en blond. » Ce mystère, 37 ans plus tard, n’a jamais été élucidé.

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Arthur Maloney… c’est le nom du premier ombudsman de l’Ontario et il vient d’être nommé par le premier ministre Bill Davis. Il en est question dans l’édition du 29 mai 1975. Dans le cadre de son mandat, l’ombudsman « pourra procéder à des enquêtes pour évaluer les décisions, les recommandations, de même que les lois adoptées par le gouvernement de l’Ontario à la suite de plaintes de citoyens ou encore de sa propre initiative ». Fait intéressant, l’ombudsman actuel de l’Ontario, André Marin, est né à Hawkesbury le 12 janvier 1965. C’est donc son anniversaire aujourd’hui!

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Le caricaturiste empêche la livraison du courrier à Hawkesbury

Je revois la scène dans mes souvenirs et j’en ris encore. Dans l’édition du 24 avril 1975 du journal Le Carillon, l’excellent Daniel McKale réalise une caricature dans laquelle on voit des parents à la table, en train de manger, alors que leur fils dort. La mère dit au père « Je crois qu’on va en faire un postier ». Le journal est publié un jeudi. La caricature devait coïncider avec le déclenchement d’une grève tournante par les facteurs. Ce jeudi matin, quand j’arrive au bureau, je suis attendu par tous les facteurs qui n’avaient « pas du tout digéré ‘l’insulte’ et tout simplement décidé de débrayer ». Les facteurs avaient refusé de livrer Le Carillon ce jour-là, « mais les autorités d’Ottawa ont été claires et précises: on distribue tout le courrier ou rien du tout ». Comme je l’écrivais dans l’édition de la semaine suivante : « Croyez-le ou non! Notre caricaturiste Daniel McKale a empêché la distribution du courrier dans la ville de Hawkesbury, jeudi dernier. » J’avais expliqué aux facteurs que McKale n’avait que décrit ce que pensaient les citoyens à l’échelle du pays. Et pour calmer les esprits à l’avenir, j’affirmais qu’à « Hawkesbury, on connaît l’efficacité des postiers, mais on ne se pose de sérieuses questions sur leurs confrères dans d’autres régions ». Fallait être un peu « téteux », non? Qui aurait prévu que j’aboutirais un jour aux communications de Postes Canada.

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Le nom d’André Deguire, un prêtre de St-Albert, commence à apparaître de plus en plus souvent dans les pages du journal. Deguire allait beaucoup faire parler de lui au fil des années et j’y reviendrai plus tard. Quasiment un saint aux yeux de certains.

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Tiens, tiens! « Le petit nombre et la mauvaise qualité des services sur l’autoroute 417 incitent les automobilistes à emprunter de nouveau la route transcanadienne. » C’est ce qu’on peut lire dans l’édition du 1er mai 1975. Il s’agissait d’une affirmation du Comité de la route 17, formé à la suite de l’ouverture de la 417. Semble que plusieurs camionneurs trouvaient la 417 « la route la plus ennuyeuse au Canada » et qu’ils préféraient souvent passer par la 17. Avec le temps, les camionneurs ont compris que la 417 était la meilleure voie et de meilleurs services s’y sont installés.

Dans l’édition du 8 mai, nous apprendrons que « le ministère des Transports et des Communications est en train d’installer des plus grands panneaux de signalisation à la jonction de la nouvelle route 417 et de la route 17 pour prévenir les conducteurs que la route 17 est un itinéraire possible pour se rendre à Ottawa ». Et les stands à frites ont refait fureur.

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Ce serait intéressant de voir comment se portent ces arbres en 2012. Dans le journal du 8 mai 1975, on peut y lire que « quelque 25,000 Scouts du Canada (anglophones) planteront un million d’arbres dans la province d’Ontario, tout au cours du mois de mai ». Cela s’inscrivait dans le cadre d’un projet national destiné à planter deux millions d’arbres au pays. L’article précisait que « les Scouts de la ville de Hawkesbury ne participeront pas à ce projet ». Pourtant, dans une ville dont l’usine principale transformait des arbres, ç’aurait été approprié!

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Immergés dans l’atmosphère francophone… pas bon!

Forest Park est une petite subdivision résidentielle aménagée à l’est d’Embrun et qui comptait à l’époque environ 70 familles. L’édition du journal Le Carillon du 3 avril 1975 rapporte qu’un groupe de parents de ce secteur préféreraient que leurs enfants fréquentent l’école secondaire Osgoode, à Metcalfe, plutôt que l’école secondaire de Plantagenet, plus éloignée il va sans dire. L’Association des contribuables de Forest Park East craint « pour le bien-être de leurs enfants, immergés dans l’atmosphère à majorité francophone de l’école de Plantagenet. (…) La transition de la huitième à la neuvième année est déjà assez compliquée sans y ajouter la complication des langues ». Des parents se sont sentis obligés d’expliquer leur raisonnement, mais de toute façon le Conseil d’éducation n’avait pas donné suite à cette requête.

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Je note dans ma chronique du 10 avril 1975 que « Claude Tremblay, un étudiant en journalisme au collège Algonquin, effectue un stage de deux semaines au Carillon ». Un de ses profs me l’avait décrit comme le meilleur parmi leurs étudiants. Il m’avait impressionné par ses talents et il allait devenir un membre permanent de ma salle des nouvelles un peu plus tard. Claude, comme plusieurs avant lui et après lui, aboutirait éventuellement au journal Le Droit. Il y a connu une longue carrière et c’est de là qu’il a éventuellement pris sa retraite. À un certain moment, alors que j’étais aux communications avec les employés à Postes Canada, il avait postulé pour un poste et j’avais fait l’erreur de ne pas l’embaucher. Je devais répéter la même erreur beaucoup plus tard, avec un autre de mes anciens journalistes, mais cette fois alors que je dirigeais les services linguistiques. Errare humanum est m’aurait répété mon prof de latin. Deux grands regrets.

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Le fait qu’un couple de Hawkesbury ait récemment remporté 50 millions de dollars à la LottoMax attire mon attention sur un court texte dans l’édition du 17 avril 1975 du journal Le Carillon. On y annonce que les premiers billets de la nouvelle loterie ontarienne Wintario « seront en vente aujourd’hui ». « Le premier tirage aura lieu le 15 mai prochain, et les tirages subséquents auront lieu à tous les deux jeudis. À chaque occasion, un grand prix de $100,000 sera décerné, en plus d’un certain nombre de prix en argent. » Les autorités provinciales prévoyaient vendre 1 350 000 billets, mais en ont finalement imprimés 1 890 000, qui ont tous été vendus. Le concept a évidemment fait boule de neige d’un bout à l’autre du pays. Nous étions loin de la LottoMax et autres loteries multimillionnaires d’aujourd’hui.

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Les Galeries Lachute seront construites dans cette ville et seront voisines du Club de golf de Lachute. Il s’agit d’un projet de 6,5 millions de dollars. Le Carillon du 24 avril 1975 rappelle que ce centre regroupera le marché d’alimentation Steinberg et un grand magasin Zeller’s, ainsi que plusieurs autres boutiques… une cinquantaine en tout. Les Galeries sont toujours là, victimes bien sûr du Walmart (comme cette marque s’écrit aujourd’hui) aménagé de l’autre côté de la rue.

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Les dortoirs des garçons ressemblaient à un chenil

Je ne sais pas si cela existe encore de nos jours parce que nous n’en entendons jamais parler. Quoi qu’il en soit, en 1975, « le Grand Jury des assises d’hiver de la Cour suprême de l’Ontario, siégeant à L’Orignal, a déploré certaines situations à la prison de L’Orignal, à l’annexe B de l’Hôpital général de Hawkesbury et à l’école Champlain d’Alfred ». Il en était question dans l’édition du 3 avril 1975 du journal Le Carillon. Le Grand Jury était composé de citoyens ordinaires de la région et son rôle consistait à visiter et à inspecter les « institutions de la région qui bénéficient d’assistance financière du gouvernement ontarien ». C’était avant l’avènement de l’ombudsman de la province. Ces citoyens préparaient un rapport qui était alors rendu public. Ce sont leurs recommandations qui retenaient l’attention bien évidemment. Cette fois-là, le Grand Jury avait visité trois résidences particulières, la maison de convalescence Pleasant Rest à L’Orignal, le Foyer La Marquette, aussi à L’Orignal et le Casselman Nursing Home, à Casselman bien sûr. Dans les trois cas, le Grand Jury n’a rien trouvé d’anormal. Quant à l’annexe B de l’Hôpital général, l’ancien hôpital Notre-Dame, les membres du Grand Jury avaient conclu « que l’édifice n’est pas du tout adéquat pour le soin des malades ». Cette situation serait corrigée par l’ouverture du nouvel hôpital et Notre-Dame a fermé ses portes depuis belle lurette, comme la prison de L’Orignal d’ailleurs. Quant à l’école Champlain d’Alfred, que l’on connaissait sous le nom d’école de réforme, « les membres ont trouvé que les nouveaux dortoirs des garçons ressemblaient à un chenil, les garçons ne profitant pas d’intimité ». Le rapport précisait que « les futurs quartiers des filles sont adéquats, avec des chambres individuelles pour chacune ». Cette ancienne école Champlain loge aujourd’hui le campus du Collège d’Alfred de l’Université de Guelph.

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Le Conseil d’éducation de Prescott-Russell et son Comité consultatif de langue française ne s’étaient jamais bien entendus et en cette veille de printemps de 1975, « le dialogue est rompu ». C’est que le Conseil d’éducation avait décidé qu’il n’accorderait aucune étiquette linguistique aux écoles sous sa juridiction, ni française, ni anglaise. Comme le rapporte Le Carillon du 3 avril 1975, la délégation du CCLF s’était même fait refuser le droit de parole lors de la plus récente réunion du CEPR. Seule la réforme des conseils scolaires, beaucoup plus tard, viendrait régler ces problèmes. Le journal consacrait une pleine page à ce conflit et je dois avouer que la lecture des divers articles ne m’a pas permis de brosser un portrait juste de toute la situation et de la résumer adéquatement. Disons que fondamentalement, cela se résumait à la réticence habituelle de plusieurs de reconnaître de manière officielle la réalité du français dans notre coin. Cette réticence ne provenait pas de concitoyens anglophones, mais bien de francophones qui avaient toujours peur d’offenser la minorité du coin. Parce qu’à l’époque, les anglophones étaient une minorité dans la région.

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En 1975, les gens déploraient la situation économique, comme on le fait de nos jours, surtout dans les médias. Le Carillon du 3 avril 1975 reproduisait un texte qu’avait publié le Bureau d’éthique commercial de Montréal dans son récent bulletin et qui voulait démontrer « le ridicule de la présente situation ». J’aime encore ce texte, que je trouve pertinent 37 ans plus tard (et rien à voir avec les stands à ‘hot dogs’ d’Alfred), et le voici :

« Il y avait une fois un bonhomme demeurant le long de la route et dont le commerce était de vendre des ‘hot dogs’…

Il était dur d’oreille, donc il n’écoutait pas la radio. Il avait la vue faible, donc il ne lisait pas les journaux. Mais il vendait d’excellents ‘hots dogs’. Il avait même installé des affiches sur la route pour vanter la qualité de son produit. Il s’installa même sur le bord de la route pour crier: ‘Monsieur, achetez et mangez un bon hot dog!’ Tout le monde l’encourageait. Il dut augmenter ses achats de viande et de pain, ce qui l’amena à acheter un plus gros poêle pour agrandir son commerce.

Finalement, il se décida à faire venir son fils du collège pour donner un coup de main au commerce.

Tout allait pour le mieux quand tout à coup quelque chose de terrible survint. Son fils lui dit: ‘Papa, avez-vous écouté la radio ou avez-vous lu les journaux? Il règne présentement une forte dépression économique et la situation est encore pire en Europe. Tout s’en va chez le diable!’ C’est alors que le père se fit la réflexion suivante: ‘Mon fils doit avoir raison lui qui a été au collège, qui lit les journaux et écoute la radio’. Alors le papa se décida à diminuer ses commandes de viande et de pain, enleva ses annonces devant la porte et ne se soucia plus d’offrir ses ‘hot dogs’ le long de la route.

Le résultat: ses ventes de ‘hot dogs’ déclinèrent à un point mort du jour au lendemain tant et si bien que le père dit à son fils: ‘Tu as raison, nous sommes en effet en pleine période de dépression économique’. »