Hawkesbury profitera davantage de Mirabel

L’aménagement du nouvel aéroport de Montréal à Ste-Scholastique profiterait-il davantage à Hawkesbury et son territoire immédiat qu’à la région de Lachute? J’en parle dans ma chronique de l’édition du 17 septembre 1970 du journal Le Carillon. « Un homme d’affaires du Québec a en effet expliqué que les financiers et les compagnies importantes ont les yeux tournés vers l’Est ontarien et particulièrement le secteur de Hawkesbury depuis l’annonce de la construction du future aéroport. C’est sans doute aussi une des raisons, en plus du chômage et du pourcentage élevé d’assistés sociaux, qui a incité la Société ontarienne de développement à inclure Prescott et Russell dans son programme d’aide à l’industrie. »

Et je poursuis : « Le même homme d’affaires, qui a demandé de taire son nom, a ajouté que le nouveau système routier qui sera construit dans le rayon de l’aéroport et l’élargissement probable du pont Perley, à Hawkesbury, contribueront aussi à encourager les entreprises à s’établir dans l’Est ontarien. Enfin, la même personne a avoué songer sérieusement à établir une filiale de son entreprise dans le secteur de Hawkesbury. » Bien sûr, les beaux espoirs de Mirabel ne se sont jamais matérialisés, ni l’élargissement du pont Perley. Éventuellement, il a tout simplement été démoli et remplacé parce qu’on avait attendu beaucoup trop longtemps pour le réparer. Quant à l’autoroute 50, son prolongement n’est pas encore terminé.

* * *

Une petite crise semblable n’était pas nouvelle. C’était connu que les Canadiens-français se mangent la laine sur le dos, pour ainsi dire. « Évidemment, écrit Paul Huneault (Marcel Desjardins) dans l’édition du journal Le Carillon du 24 septembre 1970, on ne peut exiger de quelqu’un qu’il continue d’embrasser une cause, s’il n’y croit plus. » Il se réfère à Armand Giroux, le président de la régionale Ottawa-Vanier de l’Association canadienne-française de l’Ontario. Giroux avait décidé de ne plus militer parce que « selon lui, l’effort n’en vaut pas la chandelle, la francophonie ontarienne, indifférente, étant déjà à moitié gagnée par le cancer de l’anglicisation ». Le quotidien Le Droit attribue sa décision au désespoir.

Huneault n’était pas d’accord. « Depuis trop longtemps, hélas, écrit Huneault, on a perdu l’habitude au sein de la francophonie ontarienne de remettre en cause les faits et gestes de ‘l’élite’ et des leaders. Très souvent d’ailleurs, ces derniers se sont crus éternels et inattaquables. Ils ont oublié de consulter ceux qu’ils disaient défendre. Ils ne se sont pas rendu compte que ces derniers leur échappaient. » Et d’ajouter Huneault : « Plus déprimant, peut-être, l’attitude des jeunes qui renoncent de plus en plus facilement à leur langue pour ne pas parler de la culture. Le noyau de jeunes qui, malgré tout, survit, se cherche désespérément. Il n’a même pas résolu ses propres querelles intestines. » Il faisait référence aux prochains congrès de deux organismes rivaux de jeunes Franco-Ontariens de l’époque (l’APMJOF et l’AJFO). L’APMJOF, c’est l’Assemblée provinciale des mouvements de jeunes de l’Ontario français, alors que l’AJFO est l’Association de la jeunesse franco-ontarienne. Le mois suivant, en octobre 1970, ces deux organismes se sont fusionnés pour devenir Direction-Jeunesse.

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