La pollution nuit au tourisme

À cause de la pollution, l’Est ontarien perd des millions de dollars en revenus touristiques. C’était une conclusion du Conseil de développement de l’Est ontarien et il en est longuement question dans l’édition du 1er avril 1971 du journal Le Carillon. (Note du blogueur : « eau » « 1er avril »… pure coïncidence.) Les délégués se référaient précisément à la pollution des cours d’eau, dont la rivière Outaouais. La question était au centre de plusieurs débats politiques à l’époque. La Commission des ressources hydrauliques de l’Ontario venait tout juste d’obliger la ville de Hawkesbury, en quelque sorte, de se doter d’une usine d’épuration, ce à quoi les autorités municipales avaient consenti bien malgré elles. Les villages d’Embrun et de Russell devaient se doter d’un système d’égouts central, et ainsi de suite. Le préfet de Hawkesbury, Philibert Proulx, avait affirmé que « les gouvernements devraient absorber entièrement les coûts de construction d’usines d’épuration ou autres moyens pour enrager la pollution ». Il faut aussi ajouter que l’usine de la CIP de Hawkesbury, qui était en exploitation ces années-là, étaient aussi soupçonnée de contribuer grandement à la pollution de la rivière Outaouais… et conséquemment, à la mort des poissons!

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Il ne faut pas se surprendre que le gouvernement ontarien n’ait pas encore décidé de permettre la vente des boissons alcooliques dans les épiceries de la province. Par exemple, le député de Prescott-Russell, Albert Bélanger, voulait en avoir le cœur un peu plus net, lui qui avait soulevé le point à plusieurs reprises à Queen’s Park. Selon un texte dans l’édition du 8 avril 1971, Bélanger a envoyé un questionnaire à 9 000 foyers de sa circonscription afin de sonder le pouls de ses électeurs. À peine 3,5 p. cent des gens ont répondu, mais il s’agissait d’un pourcentage raisonnable pour une telle opération « marketing ». Ainsi, seulement 43,5 p. cent des contribuables « se sont prononcés en faveur de la vente de spiritueux et de bière dans les épiceries de l’Ontario ». L’article poursuit en disant que 15 p. cent « ont soutenu que ces boissons ne devraient être que dans les hôtels tandis que 17 p. cent sont favorables à la vente de ces boissons tant dans les épiceries que dans les hôtels ». Tant qu’à faire un sondage, aussi bien poser une autre question. « Par ailleurs, l’enquête a démontré que 51,5 des personnes qui ont répondu au questionnaire sont opposées à ce que le droit de vote soit accordé aux jeunes de 18 ans; 44,4 p. cent étaient en faveur, tandis que 4,1 p. cent n’ont pas répondu à cette partie du questionnaire. » À ce moment-là, il fallait avoir 21 ans pour voter.

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Elle était âgée de 98 ans. « Une descendante directe de Louis Hébert, le premier colon français à venir s’établir en Nouvelle-France, en 1617, est décédée la semaine dernière à Lancaster. » Lancaster est à une trentaine de minutes au sud de Hawkesbury. Elizabeth Rioux, madame Frank Love comme on le lit dans l’article du 8 avril 1971, était bien connue comme couturière dans ce petit village ontarien et elle était une artiste dont les peintures étaient appréciées. Elle était née à Trois-Pistoles et elle avait déjà trois enfants quand elle et son époux se sont installés à Lancaster. « Son ancêtre, Louis Hébert, a été célèbre à plus d’un titre, puisqu’il a été non seulement le premier fermier à s’établir dans la colonie, mais il en a également été le premier apothicaire et le premier avocat. Son épouse était pour sa part, dans les premières années, la seule institutrice de Nouvelle-France. » Voilà pour le petit cours d’histoire. L’article ne précise pas comment Elizabeth Rioux était descendante de Louis Hébert.