Fallait bien qu’elles vivent elles aussi

Les grandes comédiennes québécoises devaient bien vivre elles aussi. Ainsi, Monique Mercure est « en vedette » dans deux cinémas du coin. À Lachute, elle joue dans « Viens, mon amour » … « Un voyage sensuel d’une génération à l’autre » comme le clame la publicité. Et au Laurentien de Grenville, elle est la covedette de « Deux femmes en or » avec Louise Turcot… ou comme le proclame l’annonce « Des ‘minounes’ comme ça y-ont jamais vu ça! ». Pendant ce temps, du côté plus prude ontarien, au théâtre Régent de Hawkesbury, c’est « 2001: A space odyssey » qui est à l’affiche. Dans un cas comme dans l’autre, le spectateur en aurait plein la vue! On apprend tout ça dans l’édition du 10 septembre du journal Le Carillon. Voilà, vous pouvez rire maintenant!

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Le conflit postal qui perdurait depuis quatre mois est réglé. Le caricaturiste Daniel McKale s’y réfère dans l’édition du 10 septembre. Le conflit se prolongeait par grèves tournantes et lock-out occasionnels depuis le début de mai. Tout ça avait commencé par le conflit des camionneurs à Montréal.

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« Un premier syndicat CSN s’implante à Hawkesbury » titre l’article en page 2 de l’édition du 17 septembre 1970 du journal Le Carillon. Et ce premier syndicat CSN s’installait justement au journal. Depuis quelques mois, Louis-Denis Lord et moi avions recruté l’adhésion de trois de nos collègues sur quatre dans trois des services concernés. La nouvelle avait été annoncée par le président de « la section LE CARILLON du Syndicat des journalistes de Montréal », moi-même. « La section locale du syndicat a pris naissance vendredi dernier, alors que le Conseil syndical du SJM, réuni en assemblée spéciale à Montréal, a fait parvenir à la Commission ontarienne des relations du travail, une requête en accréditation pour les travailleurs du CARILLON. » La veille, les syndiqués avaient tenu une première assemblée en présence du président général du syndicat, Maurice Giroux, de Montréal. Le journal Le Carillon devenait le troisième Hebdo A-1 (la crème des hebdos) à être doté d’un syndicat en moins de quatre mois, « ses deux prédécesseurs étant l’Écho du Nord, à St-Jérôme, et le Joliette-Journal, à Joliette ».

Les réunions au siège social de la CSN à Montréal se poursuivraient pendant plusieurs mois, y compris pendant la Crise d’octobre. Louis-Denis et moi y participions assidûment, même après que la totalité de nos collègues nous aient abandonnés. Les dirigeants du SJM et de la CSN avaient décidé de poursuivre les démarches, par principe. Notre démarche, par contre, n’avait pas été inutile. Elle avait donné lieu à la formation d’une association des employés qui ont quand même négocié de nouvelles conditions avec notre employeur. Nous n’avions pas droit de grève évidemment, mais les négociations mutuelles se sont quand même bien déroulées. Une fois, pour faire aboutir les négociations, ma salle des nouvelles et moi avions remis notre démission en bloc et nous étions sérieux. Ce n’est que le lendemain de notre démission – que nous avions retardée d’une journée – que nous avons obtenu gain de cause. En fait, comme dans toute négociation, nous nous étions fixés certains objectifs… et nous les avons tous dépassés… à notre grande surprise. Après, j’ai arrêté de me faire le porte-parole de mes collègues. Quelques années plus tard, notre employeur, toujours à l’avant-garde à certains points de vue, avait créé un régime de participation aux profits et même un régime d’actions. Quant à moi, je suis devenu éventuellement vice-président de la Société d’édition et secrétaire de la Société de gestion, jusqu’au moment de mon départ pour Postes Canada.

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