Le Seigniory Club frappé par une grève

L’hôtel n’est pas encore connu comme le Château Montebello, c’est le Seigniory Club et
Le Carillon du 25 avril 1968 nous apprend que les employés de cette institution sont en grève. La direction de l’hôtel, propriété du Canadien Pacifique, avait d’abord décrété un « lock-out », mais les employés ont répliqué en déclenchant la grève.

Les 175 grévistes sont membres de l’unité de Montebello de la Fraternité des employés du transport ferroviaire. Une trentaine d’employés de bureau, des agents de sécurité, des guides, le maître d’hôtel et le chef cuisinier ne sont pas syndiqués. Les employés demandaient une hausse salariale de 50 cents l’heure sur un an alors que l’employeur n’offrait que 12 cents l’heure sur trois ans. « Une quarantaine de syndiqués, qui habitaient les locaux réservés aux employés sur le domaine de l’hôtel, ont été obligés de se trouver un nouvel endroit pour loger depuis le début de la grève. » Le Seigniory Club était un club privé, surtout pour de riches Américains.

La grève, qui s’annonçait très longue, attire beaucoup d’attention. Dans l’édition du 9 mai, par exemple, on apprend que les grévistes demanderont l’intervention du ministre du Travail du Québec. Les grands médias déferlent sur Montebello et une photo montre d’ailleurs un reporter de la télévision de Radio-Canada, un « jeune » Bernard Derome, en train d’interviewer les grévistes. Dans l’édition du 27 juin, on lira sur l’intervention du chef du tout nouveau Mouvement souveraineté-association, René Lévesque, qui s’était rendu à Montebello afin d’appuyer les grévistes et de déplorer « les offres ridicules du C.P. ». Le ministre du Travail, Maurice Bellemare, n’avait pas mâché ses mots pour s’en prendre à l’intervention de René Lévesque. Il faut ajouter qu’en même temps qu’il y avait grève à Montebello, il y avait une situation identique à l’usine de la CIP de Gatineau. Deux mois après le début de la grève au Seigniory Club, des actes de vandalisme se produisaient de temps à autre. C’est dans l’édition du 4 juillet que l’on apprendra que la grève est terminée, mais que de nombreux employés, surtout les garçons de table, sont très mécontents. Un triste chapitre dans l’histoire de Montebello. Quelques années plus tard, le Seigniory Club fermerait ses portes et le Château Montebello allait naître à sa place… mais toujours dans le même décor enchanteur.

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Le progrès industriel se poursuit à un rythme régulier. Cette fois, selon l’édition du 25 avril 1968 du journal Le Carillon, c’est Northcraft Industries Ltd, un fabricant de bateaux de plaisance en fibre de verre, qui annonce son arrivée. Une vingtaine d’emplois seront créés.

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