« L’Opération Mon pays » vise les immigrants illégaux

L’immigration illégale n’est pas un problème nouveau. Ainsi, dans l’édition du 4 octobre 1973 du journal Le Carillon, on apprend que l’unité mobile du ministère de la Main-d’œuvre et de l’Immigration, responsable de « l’Opération Mon pays », serait dans la région. L’opération cherchait « à retracer et à légaliser le statut des gens entrés illégalement au pays ». L’article expliquait que « le statut d’immigrant fournira à ces gens l’occasion de devenir des résidents canadiens permanents, pouvant jouir de tous les avantages qu’offre le pays, à l’exception du droit de vote et du passeport canadien. Ces deux privilèges sont accordés seulement aux citoyens canadiens. » Et pour rassurer tout le monde, j’imagine, le texte précise qu’un « candidat aura peu de difficultés à obtenir son statut d’immigrant s’il détient un emploi au Canada; s’il a tenté d’améliorer son sort depuis son entrée illégale au pays, comme ses conditions de travail ou l’apprentissage d’une des deux langues officielles; s’il exploite une entreprise financièrement stable ou qui a des chances de le devenir; ou encore si d’autres preuves démontrent qu’il est bel et bien établi au Canada ».

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Bernard Pelot, le maire du Canton de Russell, n’a pas la vie politique facile (j’en ai parlé dans mon billet de vendredi). Comme le rapporte Le Carillon du 18 octobre 1973, celui-ci « a essuyé un lamentable échec dans sa tentative de démocratiser les procédures du Conseil des comtés unis de Prescott-Russell ». Pelot avait présenté deux projets de résolutions qui visaient à rayer une règle de procédure du Conseil des comtés. « Les autres membres du Conseil se sont contentés d’ignorer tout bonnement les deux résolutions. » Lors d’une réunion du Conseil, le maire de L’Orignal, René Bertrand, « s’en est pris violemment, aux applaudissements des autres membres présents, aux insinuations récentes de M. Pelot dans les journaux ». Bertrand (qui allait démissionner de son poste à la mairie de L’Orignal parce qu’il avait décidé de s’installer en Floride) « a exigé des excuses et une rétractation de l’accusation portée contre le système d’administration des comtés qui permettait selon lui un mauvais usage des fonds ». Quant au maire Pelot, « demeuré silencieux tout au long de la déclaration de M. Bertrand, il a affirmé qu’il ne fera aucune rétractation quelle qu’elle soit et qu’il a été plus que satisfait des réactions à ses récentes déclarations ». Il avait simplement réclamé que Russell soit traitée sur un pied d’égalité avec les autres municipalités des comtés. « C’est parmi un silence général que M. Pelot a terminé son exposé. »

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C’est drôle comment le temps répare les choses. Quelques années auparavant, l’éditeur du journal Le Carillon avait publié une « lettre à son fils » dans laquelle il l’avertissait des risques de voter pour le Nouveau parti démocratique, dirigé justement par Stephen Lewis. Lewis avait décrit le journal comme un « journal socialiste ». En octobre 1973, Lewis effectue une visite dans la région et rencontre ce même éditeur. Dans l’édition du 18 octobre 1973, on retrouve une lettre surprenante adressée à « Monsieur André Paquette »; la voici :

« Je tiens à vous envoyer ces quelques lignes pour vous dire combien j’ai apprécié notre brève conversation et combien je suis heureux que nous ayons eu cette occasion de nous rencontrer. Ma courte carrière politique n’a certainement pas comporté jusqu’ici suffisamment de conversations avec des personnes telles que vous. Lorsqu’une telle occasion m’est donnée, je suis plus que jamais décidé à garder des contacts plus sérieux avec des gens qui, comme vous, représentent si bien la collectivité.

J’ai aussi pris très cœur notre conversation au sujet des nouvelles de Queen’s Park qui pourraient être publiées dans Le Carillon. Je pense que nous vous contacterons ici et là lorsque des sujets intéressant l’Est de l’Ontario ou particulièrement la collectivité francophone sont aux débats. (Je voudrais ajouter ici que votre compte-rendu de ma visite dans votre région est des plus généreux.)

Si je reviens à Hawkesbury, je ne manquerai pas de venir frapper à votre porte. Et si vous pensez qu’un politicien puisse vous être utile (ce dont on doute quelquefois!), n’hésitez pas à écrire. »

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