Pas d’écuries dans la cour du voisin

Je dois vous avouer que ce texte dans l’édition du 11 mars 1971 du journal Le Carillon m’a laissé un peu perplexe. Il y est question de Hawkesbury, une ville de plusieurs milliers d’habitants, et si c’est vrai que c’était il y a 40 ans, je ne me souviens pas de l’utilité d’une telle discussion autour de la table du Conseil municipal. Le conseiller Jean-Louis Montreuil avait même reproché la sévérité du règlement municipal à l’étude qu’il jugeait « trop sévère considérant que certaines personnes gagnent leur vie en utilisant des chevaux ». Parce que ce règlement prévoyait régir l’hébergement des chevaux dans les limites de la ville; en d’autres mots, la construction d’écuries… en ville. Le règlement, essentiellement, « interdira en quelque sorte l’hébergement des chevaux, ânes, mulets, mules et poneys dans la ville ». Le règlement prévoyait de nombreuses conditions entourant la construction d’écuries et les autorisations qu’il fallait obtenir. « Le règlement, s’il est adopté tel quel, ne s’appliquer pas aux écuries déjà existantes, sauf qu’elles devront être dotées d’eau courante et d’égouts, et le plancher devra au moins être en gravier. » Je ne me souviens absolument pas d’avoir vu une écurie à Hawkesbury en 1971.

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La rumeur voulait que le député de Stormont, Fernand Guindon, devienne le premier ministre de l’Éducation francophone de l’Ontario après l’élection de William Davis comme leader du Parti conservateur ontarien et, donc, nouveau premier ministre. Guindon, après tout, avait solidement appuyé la candidature de Davis et lui avait obtenu de nombreux appuis parmi les délégués. Lors de la formation de son premier cabinet, comme le rapporte le journal du 4 mars 1971, Guindon hérite du ministère du Tourisme, un rôle très secondaire… une claque en pleine face en d’autres mots. Notons que Davis s’était quand même entouré de trois ministres franco-ontariens, Guindon, René Brunelle et Léo Bernier, deux députés du nord de l’Ontario. Par contre, Davis l’a quand même nommé comme l’un des ministres dans son Conseil du trésor… une marque de confiance évidente malgré tout.

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L’idée n’était pas bête. L’Auberge Bourgetel, de Bourget évidemment, organise son cinquième « Muethon » annuel en cette mi-mars 1971. Il s’agissait de voir pendant combien de temps un participant réussirait à garder le silence le plus complet. Le premier « champion » avait réussi à ne pas dire un mot pendant 37 heures et 51 minutes en 1967 et en 1970, René Ménard, de Bourget, l’avait réussi en 57 heures et 57 minutes. Il répète son exploit en 1971, mais avec « seulement » un silence de 52 heures. Le silence est peut-être d’or, mais Ménard n’avait remporté que 200 $… quand même une somme intéressante à l’époque… quasiment une semaine de salaire moyen.

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Contexte du temps

Yvon Deschamps présente un spectacle à guichet fermé à l’école Paul VI de Hawkesbury. – Les Platters sont à l’Auberge Bourgetel qui accueillera aussi Les Jérolas. – Les Baronets (avec un certain René Angélil) sont au Century Inn de Grenville. – « Pile ou face » est à l’affiche du Cinéma Lachute, un film avec Jean Coutu (le vrai… pas celui des pharmacies!!!) et Nathalie Naubert. Si ma mémoire est fidèle, ce film avait été éventuellement interdit par la censure sous pression des autorités religieuses québécoises.

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