Avatar de Inconnu

Jack Young… une personnalité qui s’éteint

J’aimais beaucoup ce sympathique grand bonhomme moustachu et je pense que tout Hawkesbury le connaissait; ce qui ne surprenait guère puisqu’il avait été le directeur du personnel à l’usine locale de la Compagnie internationale de papier pendant longtemps. Dans l’édition du journal Le Carillon du 12 septembre 1984, nous annonçons son décès et nous retraçons sa contribution à la communauté.

« Celui qui fut directeur du personnel de l’usine de la CIP pendant près d’un quart de siècle est décédé, dimanche, à l’âge de 76 ans.

H.S. ‘Jack’ Young s’était fait connaître localement autrement que par cet important poste de directeur du personnel de ce qui était, à son époque, le plus important employeur de la ville.

Jack Young a laissé sa marque au sein du club Rotary, particulièrement comme président du comité pour les enfants infirmes. (Note du blogueur : C’était le mot utilisé à l’époque pour décrire les enfants handicapés.) Il s’est occupé de ce domaine bien spécial pendant 27 ans.

Dans certains cas, il fabriquait même de ses propres mains certains équipements nécessaires pour tel ou tel enfant infirme.

Son dévouement auprès des enfants infirmes et de leur famille était inlassable. Plusieurs de ces enfants ont grandi et ont intégré leur place dans la société, grâce à ses efforts constants et l’aide qu’il apportait aux familles.

Jack Young n’a pas œuvré dans ce seul domaine. Au club Rotary, dont il fut le président en 1955-1956, il a rédigé l’histoire de cet organisme, en 1976, et deux ans plus tard, on lui confiait l’organisation des célébrations du 50e anniversaire du club.

En 1981, le Rotary International lui a décerné la plaque Paul-Harris, en reconnaissance de cette contribution inlassable au service des relations amicales entre les individus et les nations.

Jack Young était également bien connu du Club de golf et de curling de Hawkesbury, dont il était un des fondateurs. Pendant des années, il fabriquait la glace du curling, d’abord à l’ancien club de la rue John puis au nouvel emplacement à l’est de la ville. Sa santé précaire l’a forcé à délaisser cette fonction il y a à peine quelques années.

Sa femme Helen a laissé entendre que son mari aurait préféré que les gens désireux de témoigner leurs sympathiques fassent des dons au comité d’aide aux enfants infirmes du club Rotary, au lieu d’envoyer des fleurs. »

Sa cause jusqu’à la fin.

* * *

Dans l’édition du 12 septembre 1984, un entrefilet annonce que « le secrétaire particulier de Denis Ethier à son bureau de la Colline parlementaire, Serge Madore, suivrait son ‘patron’ à son nouveau poste à la présidence de la Commission canadienne des provendes… Et André Tessier, de Hawkesbury, un des candidats défaits à la soirée de mise en nomination libérale du 31 juillet, devenu par le suite un des gérants de campagne du député Don Boudria, aurait été choisi par ce dernier pour mener son bureau. » Pour Tessier, c’était le début d’une longue carrière dans les coulisses libérales fédérales.

* * *

« Le mouvement des Filles d’Isabelle a été endeuillé jeudi par le mort de sa régente provinciale, Mme Claire Parisien. Mme Parisien est décédée à l’âge de 49 ans. Elle souffrait depuis trois mois du cancer. » L’article est dans le journal du 19 septembre 1984 et rappelle son implication dans plusieurs organismes de Hawkesbury, dont les Bonnes Samaritaines, le cercle de l’artisanat, les auxiliaires de l’Hôpital général de Hawkesbury et de la Résidence Prescott-Russell pour personnes âgées.

Avatar de Inconnu

Un règne qui ne faisait que commencer

Quand j’ai parlé de la sélection de Don Boudria comme candidat libéral aux élections fédérales du 4 septembre 1984, j’avais commenté qu’il se retrouverait dans l’Opposition officielle. C’est aussi le titre que j’avais choisi pour la manchette de l’édition du journal Le Carillon du lendemain dans laquelle il était question du « raz de marée conservateur » à l’échelle nationale. Le gérant de campagne de Boudria, André Tessier, avait déclaré que « même les pires sondages (pour les libéraux) ne nous avaient pas laissés entrevoir un désastre de cette envergure ». Mais en politique, l’essentiel est de se faire élire et Boudria avait réussi son pari dans Glengarry-Prescott-Russell, bien que sa majorité ait été réduite de près de 10 000 votes sur celle qu’avait obtenue Denis Ethier à l’élection précédente. Le candidat progressiste-conservateur John Stante avait quand même récolté 16 340 voix comparativement aux 26 243 de Boudria. La pauvre néodémocrate Annemarie Collard s’était contentée de 6 897 votes, un peu plus que les appuis traditionnels au NPD dans la circonscription. Certains partisans de John Stante avaient blâmé la presse pour l’échec de leur candidat qui pourtant avait considérablement augmenté ses appuis surtout dans les secteurs à majorité anglophone de l’ouest et du sud-est de la circonscription. Bien sûr, c’est Brian Mulroney et ses progressistes-conservateurs qui formeraient le nouveau gouvernement national. Cette influence grandissante des secteurs ouest et sud-est allait jouer un rôle prépondérant vingt ans plus tard pour donner la circonscription aux conservateurs… mais il faudra qu’ils attendent la fin du « règne » de Boudria qui ne faisait que commencer.

* * *

« La nouvelle usine de 1 055 000 $ que Les Papiers Lapaco sont en train de construire sur la rue Cameron, dans le parc industriel de Hawkesbury, permettra à cette entreprise de créer 20 nouveaux emplois et d’augmenter son chiffre d’affaires de 3,2 millions de dollars d’ici trois ans. » Il en est question dans le journal du 5 septembre 1984. « L.P.C. fabriquera des produits spécialisés en papier : napperons, bonnets de cuisinier, serviettes et tapis de bain. (…) Aujourd’hui, la société fabrique environ 115 produits différents. Elle compte parmi ses clients hôtels, restaurants, hôpitaux et sociétés d’emballage. » Je ne suis pas sûr, mais je crois que cette usine est toujours là, mais qu’elle a changé de nom.

* * *

Entre les 9 et 20 septembre 1984, le pape Jean-Paul II est en visite au Canada et il s’arrête à Ottawa, notamment pour une messe sur les plaines Le Breton le 20. La veille, il aura effectué une promenade sur le canal Rideau, du lac Dow jusqu’au Centre des conférences. Le Carillon en avait évidemment parlé parce que toutes les paroisses de Prescott-Russell avaient organisé un événement spécial pour marquer cette visite historique.

* * *

J’avais mentionné que le préfet Lucien Berniquez était devenu maire à la suite de la nomination de Laurent Cayen comme shérif des comtés unis. Les membres du Conseil municipal avaient nommé Yves Drouin pour lui succéder comme préfet et avaient choisi l’homme d’affaires Gordon Johnson pour pourvoir au poste vacant de conseiller municipal jusqu’aux prochaines élections municipales de novembre 1985.

* * *

Je note, dans l’édition du 1er août 1984, qu’André Paquette, le fondateur du journal, reprend la barre. Il redevient président-éditeur du journal alors que son fils Michel, qu’il avait nommé à ce titre, fonde son entreprise « Michel Paquette et associés », qui devient consultante de la Compagnie d’édition André Paquette. Par la suite, j’ai poursuivi ma recherche d’un autre défi ailleurs parce que j’avais faussement cru que le « suivant », c’était moi comme on me l’avait laissé entendre.

Avatar de Inconnu

Le Manoir s’envole en flammes

« Un spectaculaire incendie qui a détruit de fond en comble l’hôtel Le Manoir de Grenville, mardi matin, serait l’œuvre d’un trio d’incendiaires. Trois suspects, dont la Sûreté du Québec a refusé de dévoiler l’identité, ont en effet été arrêtés au bar La Station de Calumet (l’ex-hôtel York) peu après que l’incendie eût commencé à faire ses ravages. (…) Selon nos sources, il n’y aurait qu’un ou deux clients attablés à l’intérieur au moment de l’incendie. Tous ont pu quitter les lieux sans ambages. Toutes les chambres de l’hôtel étaient vacantes. » La nouvelle est publiée dans l’édition du 8 août 1984 du journal Le Carillon. À une certaine époque, les escouades antidrogues aimaient bien y faire des visites impromptues.

* * *

C’était son nouveau titre, mais il ne fallait pas l’imaginer avec un révolver à la ceinture. Le maire Laurent Cayen, de Hawkesbury, venait d’être nommé « shérif des comtés unis de Prescott et Russell » un titre lié à l’administration de la justice, mais pas comme dans les films de cowboys. Il remplacerait Maurice Théorêt qui venait de prendre sa retraite. « De par ses fonctions de shérif des comtés, peut-on lire dans le journal du 22 août 1984, M. Cayen deviendra simultanément protonotaire de la Cour suprême de l’Ontario, greffier de la Cour de comté, registraire de la Cour des successions et des tutelles. » Laurent Cayen était en politique municipale depuis une douzaine d’années et maire depuis 1976. Sa nomination sous-entendait sa démission à la mairie. Il serait remplacé par le préfet Lucien Berniquez.

* * *

Denis Ethier avait été frappé par une terrible tragédie au moment même où il entreprenait une nouvelle carrière après de longues années en politique fédérale. Comme nous l’apprenait le journal du 29 août 1984, « la jeune Sonia Ethier, âgée de 15 ans, fille de l’ex-député de Glengarry-Prescott-Russell, Denis Ethier, a perdu la vie mardi soir dernier dans un tragique accident de la circulation. La jeune fille circulait à bicyclette sur une route près de Coteau-du-Lac, près de Valleyfield, lorsqu’elle a été happée par une automobile. (…) On se souviendra que M. Ethier avait perdu son frère Viateur, son prédécesseur à la Chambre des communes, dans des circonstances semblables, il y a quelques années. Il déambulait sur le trottoir près de sa résidence de Hollywood, en Floride, lorsqu’il a été tué sur le coup par un automobiliste. » Triste!

* * *

« L’âge d’or, la retraite, la vieillesse, le troisième âge… toutes des expressions pour décrire ce qui représente, depuis quelques années, une industrie en pleine croissance pour les comtés unis de Prescott et Russell. Les clubs d’âge d’or sont présents dans toutes les communautés de la région et ce ne sont pas les activités qui manquent dans ce domaine. (…) Dans bien des cas, ces clubs d’âge d’or sont même devenus des centres de prédilection pour l’organisation de voyages de groupe. Ces voyages permettent à cette nouvelle génération de retraités et de citoyens âgés de profiter pleinement des occasions qui leur sont offertes. » Et l’article du 29 août 1984 poursuivait avec l’énumération des nombreuses résidences spécialisées pour le troisième âge dans les comtés unis de Prescott et Russell. Ça n’a pas changé.

Avatar de Inconnu

Un rassemblement politique unique

L’événement avait été unique, sans précédent et, à ce que je sache, n’a jamais été répété. « C’est dans une atmosphère de cirque que les 5 300 électeurs inscrits se sont massés dans l’enceinte du complexe sportif de Hawkesbury. Ballons, macarons, pancartes de toutes sortes, chapeaux, banderoles, rubans… il ne manquait pas grand-chose pour que l’on puisse se penser à un congrès de leadership quelconque. Ce n’est qu’à 3 heures ce matin, les yeux pleins de fumée, l’estomac rempli de quelques boissons, l’esprit souhaitant le sommeil que le président Pierre Aubry annonçait les résultats tant attendus, mais pas avant que les partisans du député provincial Don Boudria eurent appris et fait circuler la grande nouvelle : Boudria devenait, à toutes fins utiles, le successeur de Denis Ethier aux Communes. » Je présente cette analyse dans le journal Le Carillon du 1er août 1984. Au journal, nous avions tout mis en branle pour produire le journal du mercredi avec toute l’information sur le congrès de la veille… Mon équipe et celle de l’imprimerie n’avaient presque pas dormi cette nuit-là. Nous n’avions pas eu le choix, sinon tous les quotidiens auraient eu la nouvelle une semaine avant nos lecteurs. Boudria avait été préféré à des candidats de taille : Jean-Marc Lalonde (dont ce serait le tour quelques années plus tard, mais au provincial), Jean-Paul Touchette, Gerry Lalonde, André Tessier et Philibert Proulx. Ces deux derniers avaient été éliminés dès le premier tour. Au milieu de la nuit, Boudria avait remporté la course avec 1613 votes, seulement 17 de plus qu’au premier tour, alors que Lalonde en avait récolté 1540, 614 de plus qu’au premier tour. C’est donc Lalonde qui avait rallié le plus de votes des autres candidats. Boudria l’avait échappé belle, mais sa pluralité de 73 votes suffisait.

* * *

Jean-Marc Lalonde n’aura pas apprécié sa défaite pour autant. Dans le journal de la semaine suivante, celui du 8 août 1984, les lecteurs apprennent que Lalonde, pendant quelques instants, avait décidé de poser sa candidature comme candidat indépendant. Il avait d’ailleurs déposé officiellement sa candidature auprès du directeur des élections dans Glengarry-Prescott-Russell, mais l’avait retiré quasiment aussitôt. Il avait voulu sans doute effrayer les libéraux un peu. En fin de compte, l’élection du 4 septembre se ferait entre Don Boudria, le progressiste-conservateur John Stante et la néo-démocrate Annemarie Collard.

* * *

C’est un nom que j’avais oublié, mais le journal y consacre deux pages dans son édition du 15 août 1984. « C’est un vibrant message d’espoir que Stephen Fonyo, le jeune unijambiste qui a entrepris de traverser le Canada sur les traces de Terry Fox, laisse partout sur son passage. Le jeune homme de 19 ans, qui a perdu sa jambe gauche au cancer à l’âge de 12 ans, a entrepris sa ‘marche de la vie’ il y a de cela plusieurs mois, pour justement démontrer que le cancer est une maladie qui peut être vaincue et, de cette victoire, il est la preuve incontestable ». Son arrivée en Ontario par la 417, à la hauteur de Pointe-Fortune, avait créé un embouteillage. J’avoue ne pas me souvenir de cette campagne du jeune Fonyo.

* * *

Un entrefilet dans ma chronique du 15 août 1984 : « Si vous vous rendez au Centre d’Emploi Canada vous risquez de rencontrer de drôles d’emplois ou tout au moins de drôles de traduction. Récemment, selon ‘Le Rempart’ de Windsor, on notait une offre d’emploi pour un ‘nettoyeur d’aveugles de Venise’ et pour une ‘piscine de secrétaire’. Vous aurez deviné qu’il s’agit d’un ‘Venetian blind cleaner’ et d’un ‘secretarial pool’… pas tout à fait la même chose. »

Avatar de Inconnu

Le monsieur n’est pas content

Je ne suis pas le seul à être mécontent. Le conseiller Claude Drouin, de Hawkesbury, et organisateur libéral émérite dans Prescott-Russell, n’est pas content lui non plus. « La province n’est pas un club ferme pour le fédéral » déclare-t-il en remettant sa démission comme président de l’Association libérale provinciale de Prescott-Russell. La nouvelle fait la une du journal Le Carillon du 18 juillet 1984. Drouin réagissait à la « décision du député provincial Don Boudria de viser la relève du député fédéral Denis Ethier ». Drouin avait été aussi insulté d’avoir appris la nouvelle par la presse au lieu de Boudria lui-même. Claude Drouin était aussi coordonnateur de la campagne fédérale dans Glengarry-Prescott-Russell.

En éditorial, je pose la question : « La dernière campagne électorale provinciale aura-t-elle été, en fin de compte, qu’un succès passager, le temps de permettre à ‘monsieur’ Boudria de s’en servir comme tremplin pour le fédéral? » J’ajoute que « ce qui compte, trois ans et demi plus tard, c’est que le député Boudria s’est taillé une solide réputation à Queen’s Park et le fait qu’il ait été dans l’opposition y a largement contribué. Dans un parti au pouvoir, Boudria aurait été un simple député d’arrière-ban, sans éclat. Ce qu’il risque d’ailleurs de devenir si jamais il était élu au fédéral et qu’il faisait partie du cabinet d’un John Turner. Il ne faut pas se créer d’illusions, le député Boudria ne serait qu’un ‘backbencher’, ni plus, ni moins. »

Après avoir rappelé les grandes lignes de la justification que faisait Boudria de sa décision controversée, je concluais qu’il « est difficile d’imaginer des partisans libéraux convaincus choisir pour le fédéral un député qui, finalement, les aura abandonnés au provincial, là où il les représentait si glorieusement. Sans oublier que M. Boudria était rapidement devenu un porte-parole de taille pour la communauté francophone de tout l’Ontario et non seulement de Prescott-Russell. M. Boudria aura du mal à se le faire pardonner. » Boudria avait senti qu’il perdait mon appui et m’avait invité à un tête-à-tête au restaurant Le Vieux Château afin de me convaincre du bien-fondé de sa décision. Je n’avais pas été convaincu pleinement, mais disons que j’avais mieux compris. Quoi qu’il en soit, et j’y reviendrai, de l’Opposition à Queen’s Park, il aboutira dans l’Opposition aux Communes. Je crois, encore aujourd’hui, que c’est à Queen’s Park qu’il nous a fait le meilleur travail.

* * *

Le Conseil des comtés unis de Prescott-Russell était même prêt à céder un terrain dans la Forêt Larose pour que le projet se concrétise. Il s’agissait de l’établissement d’un « parc zoologique similaire à celui d’Hemmingford, au Québec, à la condition d’obtenir du terrain à bon compte, et avec la garantie qu’il n’y aurait pas d’autre installation semblable dans la région de la Capitale nationale ». Il en est question dans le journal du 25 juillet 1984. L’idée avait déjà été proposée, mais avait été abandonnée à cause de diverses circonstances, dont « un rapport démontrant la non-rentabilité du Rang du fermier ».

* * *

Alain Boucher, qui avait obtenu plus de 1800 votes à la dernière élection municipale, est choisi pour remplacer le conseiller démissionnaire Claude Demers à la table du Conseil municipal de Hawkesbury. « M. Boucher avait été choisi pour remplacer le conseiller démissionnaire Claude Demers parce qu’il a démontré de l’intérêt dans le poste. (Le maire Laurent) Cayen a précisé que le nouveau conseiller avait par deux fois posé sa candidature à des élections municipales et qu’il avait répondu, par écrit, à un appel du conseil municipal afin de dénicher un remplaçant ». Un peu plus tard, je siégerai au Conseil en même temps qu’Alain, un type que j’aimais bien.

Avatar de Inconnu

Une petite récompense pour Denis Ethier

Avant de partir, Pierre Elliott Trudeau avait pris la décision, mais il n’avait pas voulu contribuer à réduire le nombre de députés sur qui son successeur pourrait compter aux Communes. C’est donc son successeur, John Turner, qui confirmerait la nouvelle. Le député libéral fédéral de Glengarry-Prescott-Russell depuis octobre 1972, Denis Ethier, était nommé président de l’Office canadien des provendes et son poste ne serait en vigueur qu’après « le déclenchement de prochaines élections fédérales ». La nouvelle faisait évidemment la une du journal Le Carillon du 4 juillet 1984. Et quel est cet office? « L’Office est une société d’État établie en vertu de la Loi sur l’aide à l’alimentation des animaux de ferme. L’Office vise à assurer la disponibilité des approvisionnements et l’emmagasinage suffisant des céréales de provende pour répondre aux besoins des éleveurs d’animaux de ferme, ainsi qu’une stabilité raisonnable et une péréquation équitable du prix des provendes dans l’est du Canada et en Colombie-Britannique. » C’était donc dire que la course à qui le remplacerait comme candidat libéral était lancée et ce n’était pas les intéressés qui manquaient. Les rumeurs, encore une fois, d’une candidature éventuelle de Torrance J. Wylie, originaire de Chute-à-Blondeau, avaient été rapidement niées parce que John Turner « l’aurait encouragé à demeurer au sein de son équipe ». Les élections fédérales auraient lieu le 4 septembre. J’y reviens bien sûr.

* * *

Nous sommes au début de l’été de 1984 et une nouvelle signature de journaliste apparaît dans les pages du journal, celle de Dianne Paquette. Elle est alors étudiante en communications et elle viendra nous rejoindre les étés jusqu’à ce qu’elle devienne journaliste permanente. Plus tard, elle sera à l’emploi du journal Le Droit pendant plusieurs années.

* * *

Ça aussi c’est un vieux débat toujours non réglé. Dans le journal du 4 juillet 1984, nous lisons que « le député provincial de Prescott-Russell a réclamé des améliorations majeures pour le tronçon de la route transcanadienne 17, entre Rockland et Orléans ». Tous les députés subséquents ont abordé la question et la situation demeure inchangée.

* * *

Qui n’a pas entendu parler du récent mouvement « Idle no more ». En 1984, c’est un autre mouvement et qui avait été baptisé « Ne plus se taire » et il avait été amorcé par l’Union culturelle des Franco-Ontariennes de Russell-Stormont-Glengarry. L’UCFO avait entrepris « une campagne de sensibilisation sur les effets de la pornographie (…) au nom de ses 1026 membres ». Dans son feuillet qu’elle avait distribué à 13 000 exemplaires, l’UCFO définissait « la pornographie comme étant tout matériel oral, écrit ou visuel, ou tout spectacle qui présente un comportement sexuel dégradant ou abusif ». C’était une dizaine d’années avant l’avènement du Web et sa pornographie à outrance.

Avatar de Inconnu

Un aménagement de la rue Bon Pasteur à la rue John

L’idée avait été suggérée plusieurs années auparavant et elle refaisait surface, cette fois grâce à la Chambre de commerce de Hawkesbury, dont le président était alors René Berthiaume, l’actuel maire de Hawkesbury. « Le ministère du Tourisme et des Loisirs à Ottawa est maintenant au courant de l’existence d’un comité d’aménagement des berges à Hawkesbury », peut-on lire dans Le Carillon du 6 juin 1984. « Selon le plan soumis au ministère, les abords du ruisseau Hawkesbury, qui traverse l’ouest de Hawkesbury du sud au nord, ainsi qu’une partie de la rive de l’Outaouais feraient l’objet de travaux d’aménagement. La zone aménagée s’étendrait de la rue Bon Pasteur à la rue John. Elle débuterait par un stationnement pour les automobiles, un poste d’observation et un poste de location de canot et de pédalo, à la hauteur de la rue Bon Pasteur. Le ruisseau serait longé d’un sentier et de zones de repos et de pique-nique. Quant à la berge de l’Outaouais, elle comporterait une plage, un quai d’accostage et une parcelle de terrain réservée à l’exploitation commerciale. Ce terrain serait préservé en fonction de l’établissement éventuel d’un hôtel ou de restaurants. (…) La réalisation d’un tel projet pourrait nécessiter dix ans de travail. » Un autre beau projet qui n’aura jamais été réalisé.

* * *

Elle s’appelait Réjeanne et elle avait une belle peau tachetée noir et blanc. Elle vivait à la ferme de Paul et Bruno Lauzon, dans le canton de Hawkesbury-Ouest, et elle avait été extraordinaire. Comme le rapporte le journal du 13 juin 1984, Réjeanne l’Holstein avait donné naissance à des triplets, un phénomène plutôt rare, « tous trois bel et bien vivants ». Le cultivateur avait expliqué que « deux des veaux pèsent environ 50 livres, le troisième une soixantaine. Ils sont donc plus chétifs que les veaux d’une naissance unique qui pèsent ordinairement environ 100 livres. » Évidemment, Réjeanne a abouti à la une du journal avec ses trois veaux et ses deux propriétaires… tous trois avec un certain air de fierté!

* * *

Aujourd’hui, en Ontario, ce sont des crédits d’impôt sur le revenu qui compensent, mais en 1984, le gouvernement ontarien avait créé « une nouvelle exemption d’impôt foncier pour aider les personnes âgées ou invalides à vivre chez elles ». Le programme est expliqué dans une publicité gouvernementale publiée dans le journal du 13 juin 1984. « De nombreuses personnes âgées ou handicapées désirent demeurer dans leur famille. Toutefois, dans certains cas, pour leur procurer un toit il faut effectuer de grandes rénovations domiciliaires qui entraînent une hausse des impôts fonciers. Nous devons encourager et non pas pénaliser les familles qui font des efforts pour leur assurer un toit et des soins. C’est pourquoi j’annonce aujourd’hui que les propriétaires faisant des transformations ou des additions à leur maison spécifiquement pour garder une personne âgée ou invalide chez elle et dans la communauté seront exemptés de l’augmentation de l’évaluation foncière qui en résulterait normalement. » La citation était du Trésorier de l’Ontario, Larry Grossman. Contrairement au crédit d’impôt sur le revenu d’aujourd’hui, qui ne s’applique qu’une seule fois, « les propriétaires bénéficieront d’une réduction des impôts fonciers chaque année ».

Avatar de Inconnu

OK… alors, visons de petites industries

Hawkesbury éprouvait des difficultés à attirer de nouvelles industries au lendemain de la fermeture du plus gros employeur, la CIP. Comme on peut le lire dans l’édition du 20 juin 1984 du journal Le Carillon, « la ville de Hawkesbury réorientera sa stratégie afin d’attirer des industries qui répondent mieux aux besoins du marché local et de la main-d’œuvre disponible ». Le maire Laurent Cayen avait affirmé « que la ville doit se rendre à l’évidence qu’elle est incapable d’attirer de grosses industries du type de Bell Helicopter, qui a choisi Mirabel, et de Honda, qui a opté pour Brampton. La ville bénéficiera d’aide financière provinciale pour une telle réorientation, qui sera conçue en fonction des problèmes actuels de logements, d’égouts et d’absence de main-d’œuvre spécialisée. » Quant au préfet Lucien Berniquez, il avait ajouté « que la ville cherchera dorénavant des types d’industries qui puissent s’accommoder au marché local et qu’elle cherchera surtout à développer les ressources utilisables localement ». Cayen et Berniquez avait conclu « que la ville pourrait chercher à attirer de petites industries (une quarantaine ou cinquantaine d’employés), de sorte que la fermeture éventuelle de l’une n’aurait pas des effets néfastes comme celle de la CIP. La réserve d’eau et les services locaux suffisent à une telle demande. » Au fil des années, Hawkesbury a réussi à attirer de telles petites industries et de grands entrepôts, dont ceux des Biscuits Leclerc, des Pharmacies Jean-Coutu et de Bentley.

* * *

Dans ma chronique du 20 juin 1984, je note que « Don Boudria a maintenant 6 680 signatures à sa pétition pour la vente de vins et de bières dans les petites épiceries ». Il avait évidemment perdu son temps. Ce débat se poursuit encore aujourd’hui… toujours sans succès.

* * *

John Turner est préféré à Jean Chrétien et Allan MacEachern pour remplacer Pierre Elliott Trudeau à la tête du Parti libéral du Canada. « John Turner fera sûrement un bon chef de l’Opposition, à moins qu’il réussisse à nous convaincre, d’ici le prochain scrutin général, qu’il peut nous être un bon premier ministre. Notre niveau personnel de confiance est plutôt bas. (…) Nous n’avons tout simplement pas confiance, dans le moment présent, dans un homme qui a préféré abandonner, il y a neuf ans, au lieu de rester et de lutter pour ses convictions. (…) Turner doit une fière chandelle aux médias nationaux qui l’ont élu bien avant que la campagne au leadership commence réellement. » C’était dans mon éditorial du 20 juin 1984.

* * *

Tiens, une petite anecdote. Qui avait été le premier bébé né au tout nouvel Hôpital général de Hawkesbury? Il s’appelait Julien, pesait 3,220 kg et mesurait 49 cm. Ses parents étaient Marie et Luc Thibodeau, de Hawkesbury. Il était né le 29 mai 1984. « Les Thibodeau ont aussi inauguré la ‘chambre de naissances’, nouveau service offert dans la région. » C’est dans cette chambre que le couple et leur bébé avaient été photographiés pour l’édition du 6 juin 1984 du journal.

Avatar de Inconnu

Démolira ou ne démolira pas… rapidement

Les installations de la Compagnie internationale de papier à Hawkesbury n’étaient plus utilisées depuis le 1er décembre 1982 et il était inévitable qu’un jour elles soient démolies. Dans Le Carillon du 27 juin 1984, il en est justement question. « Les autorités municipales de Hawkesbury et celles de la CIP Inc. sont maintenant en confrontation concernant la démolition des installations locales de cette compagnie. » La CIP avait adjugé un contrat de 150 000 $ à la compagnie Démolition Laval Inc., de Montréal, « et aurait obtenu le consentement du ministère ontarien de l’Environnement pour utiliser le bassin du réservoir d’eau pour y jeter les débris ». La CIP voulait démolir pendant l’été pour que tout soit terminé à l’automne. Mais les autorités municipales ne l’entendaient pas de la même façon. Ils avaient même demandé au député provincial Don Boudria d’intervenir afin d’ordonner « à la CIP de démolir dans un délai d’un an (…) en stipulant que les bassins de stabilisation devront être enlevés avant la démolition ». Quant à la CIP, elle voulait « hâter la démolition parce qu’elle doit payer des taxes annuelles de quelque 149 568 $, tandis que les autorités municipales insistent pour retarder la démolition précisément pour la même raison et aussi pour protéger l’environnement ». Les installations seront éventuellement démolies, mais les bassins de stabilisation sont toujours là à ce que je sache.

* * *

J’y avais fait référence dans mon billet d’hier. Dans le journal du 27 juin 1984, nous lisons que « le Conseil municipal de Hawkesbury a accepté, lundi soir, la démission du conseiller Claude Demers ». Demers avait été embauché, parmi une trentaine de candidats, au « poste de concierge à temps partiel au complexe sportif ». L’administrateur Allen Mainville avait expliqué que « M. Demers a l’avantage d’être connu pour ses capacités de travail, étant donné son rôle dans divers travaux reliés la municipalité, et des recommandations excellentes ont été reçues ». Évidemment, pour les membres du Conseil, leur principal trouble-fête venait de se taire… mais non sans envoyer une dernière lettre au rédacteur pour résumer sa « carrière » de chien de garde. (Note du blogueur : Claude Demers est décédé le mardi 30 septembre 2008, à l’âge de 74 ans. Après son départ du Service des loisirs, il avait repris sa plume critique et manquait rarement une réunion du Conseil municipal. Même à la fin, il avait été membre actif de l’Association des citoyens de Hawkesbury. Je ne l’avais pas revu après 1988 soit après la fin de mon mandat de conseiller municipal et mon départ de Hawkesbury.)

* * *

Grâce à une subvention dans le cadre du programme Wintario, le nouvel aréna de Casselman-Cambridge pourra être construit. L’article du journal du 27 juin 1984 explique que le projet de 1 471 268 $ comprend « la récupération de la surface de glace et de l’équipement de réfrigération avec la surfaceuse de l’ancien édifice ». Le vieil aréna avait été condamné deux ans auparavant. On s’attendait à ce que le nouvel aréna soit prêt pour la fin de 1984 ou le début de l’année suivante.

* * *

Je vous avais parlé des frictions entre anglophones et francophones par suite de la fusion de l’Hôpital général de Hawkesbury et de la Clinique Smith. Dans le journal du 27 juin 1984, en référence à l’assemblée générale annuelle du conseil d’administration de l’hôpital, nous apprenons que « les employés unilingues de l’Hôpital général de Hawkesbury, qu’ils soient francophones ou anglophones, devront se soumettre à des tests linguistiques ». Le président du conseil d’administration, Raymond Lacroix, avait été catégorique : « Tous les employés unilingues devront être capables de réussir ces examens ou ils seront remerciés de leurs services. » Lacroix avait expliqué que « la politique officielle de l’hôpital en était une de bilinguisme et que si on n’avait pas constaté de problèmes majeurs du côté linguistique, on avait tout de même décelé certaines frictions entre des groupes d’employés. » Quant au personnel-cadre, Lacroix avait « révélé que des tests linguistiques seraient imposés afin de s’assurer que le personnel possède une connaissance au moins rudimentaire d’une langue seconde ». Je n’ai jamais entendu parler d’un congédiement d’un employé unilingue à l’hôpital. Je tiens pour acquis qu’en 2013 de tels problèmes n’existent plus à l’HGH.

Avatar de Inconnu

« J’ai besoin de vivre, je veux travailler »

Je revois la scène au Conseil municipal de Hawkesbury ce soir du 28 mai 1984 et à laquelle je me réfère deux jours plus tard dans mon éditorial du journal Le Carillon. « Ce sont des cris de désespoir qu’a lancés le conseiller Claude Demers à la table du Conseil, mais il ne faisait que servir d’écho à un large secteur de la population locale, victime plus que d’autres de la fermeture de la CIP en décembre 1982. » Comme je l’explique, « le climat était pathétique » lorsque Demers avait lancé : « J’ai besoin de vivre, je veux travailler. » Et il sollicitait un emploi auprès de la ville de Hawkesbury. « Personne n’ose parler; on n’écrase pas un homme étendu par terre. » Mais je ne pouvais m’empêcher de rappeler qui il était, ou plutôt qui il avait été quand tout allait bien, « il est difficile de demeurer impassible devant cet homme bien particulier, lui qui n’a jamais hésité à écraser, à critiquer, à réprimander, à vilipender. Lui qui a intenté des poursuites pour conflit d’intérêts et qui n’hésite pas aujourd’hui, devant la nécessité de vivre, l’obligation de survivre, à se placer dans des situations, qui sans être illégales, frisent l’immoralité politique. (…) Personne, parmi ses confrères, n’a tenté de profiter de la situation. Au contraire. Les membres du Conseil risquent gros, en ces temps de rareté d’emploi, à accepter que le choix d’employés, ne serait-ce qu’à temps partiel, se fasse sans passer par des offres publiques. » Je rappelais qu’un « seul poste de concierge au Conseil des comtés unis, par exemple, vient d’obtenir 84 candidatures ». Demers n’était pas le seul à avoir besoin de vivre. Il ne faut pas oublier que ça passait dans le contexte de l’après-CIP, très difficile à Hawkesbury et la région moins de deux ans plus tard. Je note aussi que personne n’avait réagi, par lettre, à mon éditorial un peu sévère à l’endroit de Demers.

* * *

Le député fédéral Denis Ethier s’était empressé de souligner l’événement historique, comme Le Carillon y faisait référence dans l’édition du 16 mai 1984. Il s’agissait de « l’intronisation du 23e gouverneur général, Madame Jeanne Sauvé. C’était là un moment d’autant plus exceptionnel puisque c’est la première fois qu’une femme fait son entrée à Rideau Hall. » Ce ne serait pas la dernière puisqu’il y aurait Adrienne Clarkson et Michaëlle Jean après elle. Jeanne Sauvé, une ex-journaliste née en Saskatchewan, avait été élue députée de Laval-des-Rapides en 1972. Elle avait été titulaire de quelques ministères avant de devenir la présidente de la Chambre des communes en 1980.

* * *

Le conseil d’administration de l’Hôpital général de Hawkesbury aurait pu se passer de cette nouvelle à quelques jours du déménagement dans ses nouveaux locaux modernes. « Le directeur général de l’Hôpital général de Hawkesbury et la région depuis janvier 1983, M. John McLaughlin, a remis sa démission au conseil d’administration de l’hôpital mercredi soir, à cinq jours du grand déménagement. » La nouvelle était publiée dans le journal du 30 mai 1984 en même temps que celle racontait le déménagement « sans problème, sans anicroche ». McLaughlin avait accepté un « poste de vice-président dans une firme touchant les soins médicaux à Toronto ».

* * *

L’église St-Joseph d’Orléans était bondée en ce samedi 26 mai 1984. C’est que le diacre Michel Pommainville, un gars de Limoges, était ordonné prêtre par Mgr Joseph-Aurèle Plourde. Le nouveau prêtre célébrait sa première messe dominicale en l’église de Limoges le lendemain. Michel Pommainville était le fils de Raymond Pommainville et de Florence Gibeault et était né à Limoges le 23 avril 1953. L’article était dans le journal du 30 mai 1984.