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Un débrayage illégal de 800 syndiqués… ce n’est pas rien

Je ne sais pas si c’est la récente grève illégale des employés des postes qui avait motivé des syndiqués de Hawkesbury et la région, mais qu’elles qu’en soient les raisons, 800 syndiqués avaient décidé de déclencher une grève illégale dans quatre industries locales : Patchogue-Plymouth, Fiberworld, Texturon Yarns et Ivaco Rolling Mills. Le groupe réclamait une majoration salariale qui tiendrait compte du coût de la vie. Un vendredi soir, ils avaient marché dans les rues de la ville pendant plus de deux heures. Personne n’avait pu manquer leurs protestations. Heureusement, tout s’était déroulé dans l’ordre. Le débrayage illégal avait duré plus d’une semaine et il en est longuement question dans l’édition du 16 mai 1974 du journal Le Carillon. « Sommairement, écrit Claude Kingsbury, ce groupe d’environ 800 travailleurs syndiqués demande un rajustement des salaires en fonction de la hausse du coût de la vie, une sécurité à tous les niveaux dans les usines et, finalement, le respect des travailleurs. » Le candidat néo-démocrate Raymond DesRochers en avait profité pour se gagner des crédits politiques et affirmer que « si la grève est illégale les profits excessifs de trop de compagnies sont criminelles ». DesRochers avait expliqué qu’alors « que trop souvent on accuse les ouvriers de contribuer à l’inflation à cause des hausses de salaire, l’ensemble des compagnies ont augmenté leurs profits de 30 p. cent alors que la hausse du coût de la vie se situe à près de 10 p. cent. Le dollar de 1961 ne vaut plus de 62 cents aujourd’hui alors que les employés dans la même période n’ont touché que 8 p. cent de plus. » Les syndiqués « illégaux » étaient membres du Syndicat international des travailleurs du bois d’Amérique (Patchogue-Plymouth et Texturon Yarns), des Ouvriers unis des textiles d’Amérique (Fiberworld) et des Métallurgistes unis d’Amérique (Ivaco).

Le gérant général de l’usine Patchogue-Plymouth, Robert Pearson, avait d’ailleurs envoyé une lettre à tous les employés afin de leur expliquer que l’entreprise s’était montrée disposée à discuter de leurs doléances, mais pas dans le contexte d’une grève illégale. Cette lettre avait été publiée intégralement dans Le Carillon.

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Le barrage de Carillon avait maintenant dix ans et ses effets néfastes se faisaient sentir au lendemain de pluies diluviennes. « Le niveau d’eau le plus élevé de la rivière Outaouais depuis la construction du barrage hydroélectrique de Carillon, terminée en 1964, a déjà suscité des réactions de la part de propriétaires riverains qui assistent impuissants à l’érosion de leurs terrains par l’élément liquide. » Charles Burroughs signe un long reportage à cet effet dans l’édition du 16 mai 1974. En se référant à ces propriétaires riverains, Burroughs écrit qu’un « certain nombre d’entre eux s’est déjà groupé et a retenu les services d’un avocat afin d’obtenir des compensations monétaires pour les dommages considérables causés par la crue des eaux, mais sans grand succès jusqu’à date ». Le mécontentement des propriétaires riverains allait se prolonger pendant longtemps. Quant aux dégâts, ils étaient considérables et même le traversier de Lefaivre est touché par la crue; les billots s’amoncellent sur les piliers du pont Perley.

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Le premier ministre Bill Davis se déplace pour l’inauguration officielle du tout nouvel Hôpital pour enfants de l’Est de l’Ontario, plus connu maintenant sous son vocable de CHEO (Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario)… vocable bilingue. L’événement a lieu le 17 mai.

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Autre signe du temps. Dans l’édition du 16 mai 1974, on ne retrouve pas moins de cinq annonces pour des bingos : salle des Chevaliers de Colomb d’Alfred, aréna de Hawkesbury, centre récréatif d’Embrun, salle de l’église St-Dominique à Hawkesbury et salle des Chevaliers de Colomb d’Alfred.

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Transformer le Conseil des comtés unis… au tour de Georges Martin

L’ancien maire de Rockland, Georges Martin, en était maintenant son sous-préfet et, à ce titre, représentait sa ville au Conseil des comtés unis de Prescott et Russell. « Le temps est venu de changer le Conseil des comtés » avait-il affirmé selon un texte dans l’édition du 25 avril 1974 du journal Le Carillon. Martin n’était pas le premier à vouloir changer cet organisme régional. Martin avait « déploré les pertes de temps énormes qui existent à chaque réunion des comtés, situation qui pourrait être corrigée selon lui par la rédaction d’un ordre du jour, comme il en existe pour les conseils scolaires, les conseils municipaux et la plupart des organisations constituées ». Le sous-préfet de Rockland trouvait qu’il y avait « beaucoup trop de ‘tiraillage’ entre les représentants des différentes municipalités qui doivent utiliser toutes sortes de subterfuges s’ils veulent faire adopter une décision quelconque ». Martin avait proposé une série de mesures afin d’améliorer les procédures, mais sa résolution avait été reportée à une réunion subséquente. Ce qui ne l’a pas empêché d’ajouter « qu’il faudra (si ça continue) enlever le mot ‘unis’ du nom de l’organisme, car la situation est au point où l’unité est inexistante entre les représentants des différentes municipalités qui se ‘chamaillent’ continuellement pour obtenir quelque chose pour ‘leur’ municipalité ». D’autres après lui soulèveront souvent la même préoccupation. C’était la nature même de cette organisation régionale. J’y reviendrai.

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En Ontario, les retraités étaient contents. Comme l’explique un texte dans l’édition du 25 avril 1974, « l’Ontario va mettre sur pied en juillet un régime de supplément de revenu annuel garanti en faveur des 311,000 personnes à bas revenu, soit les personnes retraitées et les bénéficiaires de l’assistance sociale qui sont aveugles ou invalides, dont le revenu est inférieur au niveau garanti de $50 par semaine pour une personne seule et de $100 par semaine pour un couple marié. (…) Le revenu garanti sera de $216.67 par mois pour une personne seule et #433.33 pour un couple. » Ce programme existe toujours, mais les revenus sont plus importants bien sûr.

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Tiens, j’avais cru que cette possibilité existait depuis toujours. Comme nous l’apprend le journal dans son édition du 2 mai 1974, « les Télécommunications CN-CP sont désormais en mesure d’accepter des télégrammes en français d’où que ce soit au Canada ». La province de Québec et la ville d’Ottawa profitaient déjà des services de télégraphie bilingues, mais à partir de ce moment le service couvrirait « neuf provinces, les deux territoires et la Labrador ».

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Me Roch Lalande, de L’Orignal, est nommé juge de la Cour provinciale, division familiale, pour les comtés de Stormont, Dundas, Glengarry, Prescott et Russell. Il remplaçait le juge à la retraite Jean-Louis Cloutier, une personne qui avait été énormément respectée dans la région de Hawkesbury. Et comme le note l’article dans l’édition du 16 mai 1974, « il est la deuxième avocat de l’étude légale Woods, Lalande, Lapalme et Houle à obtenir un poste de juge provincial, l’autre est Me René Marin ». J’ai parlé de ce dernier à quelques reprises dans mon blogue.

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La grève postale « illégale » de 1974

Comme le rapporte le journal dans son édition du 25 avril 1974, Le Carillon est lui aussi victime de « la grève illégale qui paralyse depuis plusieurs jours le système postal canadien ». Je note que le ministre des Postes est alors André Ouellet, qui deviendra un jour mon président-directeur général à Postes Canada. Le journal avait dû mettre sur pied un service de distribution d’urgence afin d’assurer la livraison aux abonnés. Il fallait parcourir 350 milles « afin de livrer les copies du Carillon aux bureaux de poste, aux camelots et aux dépositaires réguliers ». Et comme le précise l’article, « les maisons d’affaires doivent compter sur le bon esprit de leurs banquiers pour assurer la continuité de leurs affaires, en attendant que les ‘comptes à recevoir’ puissent être perçus et la poste est la plupart du temps le seul moyen de les recevoir. D’autres touchés par le conflit sont les récipiendaires d’assistance sociale et les prestataires d’assurance-chômage, pour n’en nommer que deux groupes. »

Marcel Desjardins, sous son pseudonyme de Paul Huneault, y va de son opinion dans son éditorial de cette semaine-là. « Dire que le ministre des Postes a sous-estimé la détermination des employés du service postal, c’est se montrer bien gentil pour M. André Ouellet. La veille de Pâques, le ministre des Postes s’est fâché devant les caméras de télé et il a affirmé que le malaise était attribuable à une poignée de fiers-à-bras opérant à Montréal. De deux choses l’une: ou le ministre ne savait pas de quoi il parlait, ou il mentait carrément à la population. Depuis une semaine, on sait que le conflit des Postes n’est pas seulement ‘une affaire de Montréal’ mais qu’il est bel et bien national. (…) Et pourtant nul mieux que M. Ouellet ne sait comment le ministère des Postes ne peut endurer de perdre une autre fois de la clientèle par suite d’un arrêt prolongé de travail. M. Ouellet devrait aussi savoir que les syndicats des postes, des pionniers de la négociation collective dans la Fonction publique fédérale, (les postiers et les facteurs négociaient et ‘grèvaient’ avant même que la loi sur les relations de travail ne soit adoptée) n’en sont pas à leur première confrontation. Ces syndicats sont bien organisés et maintiennent un contact quasi permanent avec leurs membres. » Cette influence syndicale à Postes Canada prévaut encore de nos jours.

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Le journal du 25 avril 1974 annonce aussi que les ateliers du Carillon seront dotés d’une « nouvelle presse de marque Cottrell à quatre unités, qui permettra l’impression d’un seul coup d’une section de 32 pages avec plusieurs couleurs ». Nous franchissions toute une étape de celle où le journal était imprimé quatre pages à la fois avec une seule couleur qui étaient ensuite « mariées » dans une seule publication. Le journal avait adopté le procédé d’impression « offset » dix ans auparavant. La nouvelle presse serait installée au début de l’été. Le propriétaire André Paquette avait obtenu du fabriquant, une société américaine de Rhode Island si ma mémoire est fidèle, que les plaquettes d’instruction sur les unités soient en français.

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C’est un nom que j’avais oublié et pourtant… « Un pionnier de la radio française est décédé » peut-on lire en titre dans l’édition du 25 avril 1974 du journal Le Carillon. Rolland Chevrier, de la station CFML, de Cornwall, n’avait que 58 ans. « À l’emploi de CFML depuis 1959, M. Chevrier a passé 32 ans de sa vie au service de la radiophonie française. Avant d’entrer au poste de Cornwall. M. Chevrier était à l’emploi du poste de St-Jérôme où il a organisé de nombreuses tournées de vaudeville dans la région de Montréal. Il a aussi longtemps travaillé pour le défunt journal francophone L’Étoile de Cornwall. « Le principal instigateur et animateur de l’émission Radio-Hawkesbury à la station radiophonique CFML de Cornwall, Rolland Chevrier était aussi très actif au sein de la communauté francophone de Cornwall. Il était membre du club Richelieu, de Couple et Famille et ancien président de la Semaine française. »

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« Une langue n’est vivante que par sa présence… »

J’avais parlé de la frousse provoquée par la popularité du Parti québécois de René Lévesque aux dernières élections québécoises. Robert Bourassa avait obtenu un mandat fort mais il avait forcément senti la soupe chaude. En ce printemps de 1974, il est question de faire du français la langue officielle du Québec. Marcel Desjardins, sous son pseudonyme de Paul Huneault, en parle dans son éditorial du 11 avril 1974 du journal Le Carillon. Il y reproche à Bourassa de trop tarder à prendre les mesures qui s’imposent, à ses nombreuses hésitations. « Une langue n’est vivante que par sa présence dans la vie quotidienne des individus. On aura beau donner tous les statuts à la langue française, seule langue officielle, langue de la majorité, langue nationale, etc. Mais si cette langue n’est toujours pas parlée de façon systématique dans tous les secteurs de l’activité québécoise, comme le travail entre autres, on aura légiféré à l’aide de phrases et de mots et de bonnes intentions qui ne changent rien à la réalité. »

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C’était son nom : sœur Marie-de-Ste-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, sœur Marie pour les intimes, et elle avait été une des fondatrices de l’hôpital St-Cœur-de-Marie et responsable du foyer d’accueil Maria pour les mères célibataires. Elle avait passé le tiers de sa vie à Hawkesbury, jusqu’à sa retraite en 1968. Comme on peut le lire dans l’édition du 18 avril 1974, « sœur Marie-de-Ste-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus est morte à l’âge de 86 ans après 64 années de vie religieuse avec les Servantes du Cœur Immaculé de Marie du Bon-Pasteur de Québec ».

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Le concept de l’éducation permanente était relativement récent et le Conseil d’éducation de Prescott-Russell comptait utiliser davantage ses écoles secondaires à cette fin. « Il existe, dans les comtés de Prescott et Russell, un mouvement de plus en plus accentué vers l’éducation des adultes, a expliqué le directeur d’éducation du CEPR, M. Edgar Mageau, et il y a encore beaucoup à faire dans cette veine à l’intérieur des comtés. » Le CEPR offrait des programmes restreints en collaboration avec le Collège Algonquin, le Centre de main-d’œuvre du Canada et la division de l’extension de l’Université d’Ottawa, mais il voulait les développer davantage compte tenu de « la tendance provinciale de l’utilisation des locaux scolaires à l’année longue ». Un article à cet effet dans l’édition du 18 avril 1974.

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Contexte du temps

La Cie Câble Vision de Hawkesbury offrait à ses abonnés les canaux 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 et 12, en plus de signaux FM. Loin des centaines de postes offerts aujourd’hui par câble ou par satellite ou par Internet. – Une bicyclette pour hommes, 10 vitesses, cadrage 21 et 23 pouces, freins avant et arrière, vitesses manuelles, pneus 27 pouces pouvait être achetée pour 99,95 $. – Dairy Queen vous offrait un « bananes split » à 49 cents. – Pour 639,88 $, vous achetiez un tracteur-tondeuse de 10 c.v. à la Coopérative agricole d’Embrun. – Une bouteille de Listerine de 24 onces coûtait 1,16 $ au magasin LaSalle de Hawkesbury. – Le steak de ronde vous était offert à 1,59 $ la livre à l’épicerie Dominion.

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Le symbole de la conversion au système métrique

Nous y étions rendus et encore aujourd’hui, les gens de ma génération ne s’y sont pas entièrement adaptés. « Le symbole national de la conversion au système métrique vient d’être dévoilé. (…) Le nouveau symbole, un M distinctif et une feuille d’érable stylisée, apparaîtra bientôt sur les produits fabriqués selon les mesures métriques et marquera l’adhésion du Canada au Système International d’Unités, avec l’abréviation internationale SI. » C’était le commencement d’une longue démarche afin d’adopter le système métrique dans toutes les sphères de l’économie et de la culture canadiennes. « Le symbole était une création de Gottschalk + Ash Ltée, de Montréal et Toronto. » On en parle dans l’édition du 28 mars 1974 du journal Le Carillon.

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C’était rêver bien sûr. « D’ici trois ans, le gouvernement fédéral investira quelque $15 millions pour la construction d’un pont ‘tout neuf’ qui enjambera la rivière Outaouais à la hauteur de Hawkesbury. » Le pont Perley était évidemment dans un état lamentable et les problèmes étaient nombreux. « À cause des conditions du roc et du sol sous la rivière, le nouveau pont à quatre voies serait érigé au même emplacement que l’actuel pont interprovincial Perley. » Ce sont des représentants du gouvernement fédéral qui avaient confirmé cette nouvelle aux autorités municipales. « Entre temps, le ministère des Travaux publics entreprendra certaines négociations avec les gouvernements de l’Ontario et du Québec étant donné que ce pont est interprovincial. » C’était le « hic »! Hawkesbury devra attendre encore de nombreuses années avant que ce nouveau pont voie le jour. Il en est question dans Le Carillon du 4 avril 1974.

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CTVO était la nouvelle station de télévision de la Coopérative de télévision de l’Outaouais, dont les intentions étaient de desservir l’Outaouais québécois et ontarien. CTVO devait entrer en ondes le 1er octobre au canal 30 de la bande UHF. Mais dans le comté de Prescott, l’intérêt envers cette coopérative était plutôt limité et les responsables cherchaient à augmenter la participation financière des gens d’ici. Il faut dire que le concept d’une télé coopérative communautaire était très nouveau. CTVO rejoindrait 380 000 francophones dans un rayon de 50 milles d’Ottawa-Hull, le même auditoire que Radio-Canada. CTVO diffuserait une programmation locale originale, mais retransmettrait surtout la programmation de Télé-Métropole, le canal 10 de Montréal, et de certaines émissions émanant des Télédiffuseurs associés, précurseurs de TVA. Des émissions proviendraient aussi de TVOntario et de Radio-Québec. Le coordonnateur de CTVO était Pascal Barrette, un ancien copain séminariste, qui a ensuite travaillé à Radio-Canada. L’expérience CTVO n’a pas duré longtemps. J’imagine que j’y reviendrai en cours de blogue.

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J’écris ceci dans ma chronique du 4 avril 1974 : « Ça s’est passé à Barcelone et Tarragona, Espagne, en cette année 1974 après Jésus-Christ, dans un pays dirigé par un dictateur catholique: nous parlons évidemment de l’exécution au garrot: le garrot cette méthode de mise à mort par strangulation lente. La victime est assise et solidement ligotée; on lui passe autour du cou un collier métallique et un bourreau tourne tranquillement une vis serrante jusqu’à ce que la mort s’ensuive. Incroyable. » Ça me rappelle une scène du film « The World is Not Enough » dans laquelle la vilaine Elektra King (Sophie Marceau) tente de tuer James Bond (Pierce Brosnan) avec un tel appareil.

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Réso-rural… du transport en commun régional

L’idée était intéressante, forcément. L’Association canadienne-française de l’Ontario avait envisagé un « projet de transport en commun, Réso-rural, qui devait officiellement prendre son essor lundi prochain ». Dans Le Carillon du 4 avril 1974, on apprend que Réso-rural « sera indéfiniment retardé, en raison de tracasseries administratives ». L’animateur chargé du projet, Lucien Cusson, de Rockland, avait imputé ce contretemps à la « petite bureaucratie gouvernementale ». Le permis temporaire qui avait été émis au projet était maintenant inutilisable puisque les autorités gouvernementales avaient décrété la tenue d’une audience publique en juin. « Réso-rural est un projet de transport en commun, mis sur pied par la régionale de Prescott-Russell de l’ACFO, et a pour but de fournir du transport aux gens isolés dans les petites municipalités et qui n’ont pas souvent les moyens de se déplacer vers les pôles d’attraction naturels. » Cusson était sûr que « s’il s’était agi d’une grosse compagnie, le permis aurait été octroyé depuis belle lurette. (…) Le plus malheureux dans toute cette histoire, c’est Aurèle Leroux, de Bourget. Ce dernier, qui devait s’occuper de transporter les gens dans la région, s’est en effet acheté un autobus à cette fin, et se demande maintenant comme le payer. »

L’histoire refera surface dans l’édition du 2 mai 1974 puisque les responsables avaient obtenu toutes les autorisations nécessaires et que Réso-rural pouvait enfin démarrer ses activités. « Le véhicule de 23 passagers fera des tournées quotidiennes pour offrir à la population un moyen de transport en commun à la fois commode et économique. »

Il aura fallu l’intervention du député provincial Albert Bélanger pour que les choses bougent. L’autobus sillonnera la ville de Rockland et les quatre villages du canton de Clarence (St-Pascal-Baylon, Bourget, Clarence Creek et Hammond) au cours de 24 tournées par semaine, « soit deux le dimanche, deux le lundi, quatre le mardi, deux le mercredi, quatre le jeudi et cinq les vendredis et samedis ». Le service ne devait pas durer très longtemps à cause du manque d’achalandage et des coûts exorbitants de le maintenir.

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J’en parle dans ma chronique du 21 mars 1974. Il s’agissait de « la petite étiquette » que l’on devait maintenant coller sur nos plaques d’immatriculation au lieu d’obtenir de nouvelles plaques chaque année. Je rassurais les lecteurs en leur disant que s’ils perdaient ou endommageaient cette étiquette, ils pouvaient la faire remplacer. « Vous n’aurez pas de problème si vous pouvez vous présenter au bureau avec au moins un ‘morceau’ de l’étiquette. Le remplacement est gratuit pour un échange pur et simple, mais il vous en coûtera $2 pour en obtenir une de perdue. »

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Tiens, tiens, ça ne remonte pas à si longtemps que ça. Il en est question dans Le Carillon du 7 mars 1974. « Depuis 65 ans le domaine exclusif des hommes de la province, la Sûreté provinciale de l’Ontario accueillera sous peu ses premiers agents féminins. » Le commissaire H.H. Graham avait en effet annoncé l’établissement d’un programme complet de recrutement et d’entraînement de femmes policières, en ajoutant que les femmes avaient un rôle important à jouer au sein de la SPO. « Les agents féminins de la SPO auront exactement les mêmes fonctions que leurs confrères masculins, et l’emploi des femmes dans des rôles traditionnellement réservés à l’homme dans un corps policier aussi important que la SPO est une innovation. » L’article rappelait que « les candidates devront mesurer au moins cinq pieds et quatre pouces – sans chaussures – et peser au moins 110 livres ». Et ce qui compte surtout, « les salaires et avantages sociaux des nouvelles recrues seront exactement les mêmes que ceux de leurs confrères masculins, de même que leurs fonctions et leur autorité ». Voilà pour le progrès social.

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Je remarque la photo et le nom de Marcel Bélanger dans une publicité de Bélisle Chevrolet-Oldsmobile, de Hawkesbury, dans les journaux de cette époque. Il y était vendeur et j’ai été un de ses clients. Marcel est évidemment celui qui a éventuellement établi sa propre concession automobile à Orléans et dont la réputation n’est plus à faire.

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Des crédits en études canadiennes… c’est quoi ça?

Je ne sais pas pendant combien de temps a duré cette initiative du ministère de l’Éducation de l’Ontario. Dans l’édition du 7 mars 1974 du journal Le Carillon, on mentionne que « les étudiants qui s’inscriront pour la première fois dans une école secondaire cet automne devront, dans le but d’obtenir un certificat, compléter quatre crédits en études de l’anglais, de même que deux crédits en études canadiennes ». Qu’est-ce que tout ça veut dire? « L’étude de l’anglais suppose les cours traditionnels d’Anglais ou d’English, de même que les cours en langue anglaise de rédaction, journalisme, correspondance d’affaires, rédaction scientifique ou de critique dramatique. » D’autre part, « les études canadiennes sont définies comme étant un cours qui a pour but principal l’étude de certains aspects de la société canadienne, telles l’histoire, l’environnement, la culture, l’économie politique, la géographie ou la sociologie ». Je m’interroge sur la référence au « journalisme » dans le cadre des cours d’anglais.

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Je parle souvent de lui parce que j’admirais énormément son travail et son esprit créatif. J’écris dans ma chronique du 28 février 1974 que « Daniel McKale, de Pointe-aux-Chênes, vient d’ajouter une autre plume à son chapeau. Depuis la semaine dernière, il est à l’emploi du quotidien montréalais Montréal-Matin et dans quelques semaines, il remplacera Jean-Pierre Coallier comme caricaturiste ‘officiel’ de ce journal ». Et j’ajoute… « De plus, Daniel collabore, avec d’autres caricaturistes montréalais, à la publication d’un volume illustré traitant de l’humour noire. »

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C’était nouveau et avait été conçu par le Collège des arts appliqués et de technologie Algonquin après deux années et demie de préparation. « Le système d’apprentissage sur cassettes est une méthode d’enseignement au rythme de l’étudiant qui convient à tous les âges. Il comprend une série de rubans sonores sur cassettes à deux pistes, accompagnés de feuilles de renseignements pertinents. (…) Chaque cassette contient un cours bien préparé qui équivaut à ce qu’un professeur émérite donnerait en classe; il faut de une à trois heures pour l’étudier. La cassette explique, illustre, pose des questions, donne des sujets de discussion, souligne les expériences en laboratoire et résume le sujet traité. La feuille qui l’accompagne, et que l’étudiant conserve, complète la présentation sonore au moyen de documentation écrite et visuelle. (…) Toutes les cassettes seront un jour disponibles en anglais et en français au Bibliocentre de Toronto, à la bibliothèque du collège Algonquin et, peut-être, aux bibliothèques d’écoles secondaires et de collèges dans tout le Canada. » Bien sûr, c’était bien avant l’arrivée des cédéroms interactifs et du Web. On en parle dans l’édition du 14 mars 1974.

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La décision était prévisible. J’y avais fait référence dans mon billet du 27 octobre. Ainsi, dans l’édition du 14 mars 1974, on apprend que « les édiles municipaux du canton de Russell ont fait volte-face lundi et ont décidé après tout de ne pas regrouper comme prévu les deux services d’incendies des villages d’Embrun et de Russell. (…) Le maire Bernard Pelot, le principal instigateur du regroupement, n’a pas prisé la décision prise par l’ensemble de son conseil, et l’a amèrement critiquée ».

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Victor Bruneau meurt en arrivant au travail à la CIP

« Son départ sera regretté » écris-je dans ma chronique du 7 février 1974. Pourtant, à peine deux mois auparavant, il était revenu à ses anciennes amours lorsque la population lui redonnait son titre de maire. Victor Bruneau allait réaliser son grand rêve de devenir, par la force de se retraite de la CIP, un maire « permanent ». Le sort en déciderait autrement. Le 1er février, à 7 h 50, en rentrant au travail, il est terrassé par une crise cardiaque. Un peu passé 8 heures, il était mort. Il avait 62 ans. Il aurait pris sa retraite dans un mois. La nouvelle se propage comme un feu de poudre dans tout Hawkesbury. La consternation, il va sans dire.

Il avait été élu pour la première fois au Conseil municipal de Hawkesbury en 1946 (l’année de ma naissance, tiens!) et avait été réélu maintes fois par la suite jusqu’en 1961 quand il tenta sa chance à la mairie. (À la même époque, son frère Raymond, était le député libéral fédéral de la circonscription aux Communes. Lui aussi était décédé relativement jeune.) Le peuple avait préféré Albert Cadieux. Mais il revient à la charge en 1963 et est élu. Il sera défait en 1970 par Yvon Montpetit, mais reviendra encore à la charge en 1973 et gagnera. Il n’aura pas savouré sa victoire longtemps, mais il aura laissé sa marque sur la ville : un parc industriel, un nouvel hôtel de ville, une école prématernelle. Un homme à la stature imposante. Il était partout. Presque toujours accompagné de sa femme, Olive. Ses funérailles avaient rempli la petite église St-Dominique.

Le préfet Philibert Proulx est choisi par ses collègues pour combler le poste de maire jusqu’à la fin du mandat de 1973. J’y reviendrai.

Notons que son nom a été immortalisé dans la Place Victor-Bruneau, un complexe de 40 habitations pour personnes aînées dans le secteur ouest de Hawkesbury.

(Note du blogueur : J’ai souvent fait référence au maire Bruneau au cours de mes billets précédents. Taper « Victor Bruneau » dans la fenêtre de recherche dans le coin supérieur droit et vous les retrouverez tous.)

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Je vous en avais parlé. Cette fois, les lecteurs réagissent, un an plus tard, à la publication de « la fille des Petites annonces ». Un prêtre, Jean-Paul Amiot, ne les aime pas du tout et sollicite l’opinion d’autres lecteurs. La réaction était prévisible. J’écris le 21 février 1974 (l’édition du jour de mon anniversaire) que j’arrête la publication des photos en question. L’expérience, qui faisait jaser, aura duré une année.

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C’est le Jour du Souvenir. Une petite pensée pour tous les soldats canadiens morts au combat.

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L’épuration des eaux à Hawkesbury

Les autorités municipales de Hawkesbury n’avaient pas tellement de choix, mais l’opposition de 133 contribuables signataires d’une pétition les obligeait à tenir une rencontre publique afin d’expliquer tous les aboutissants. Ainsi, « l’usine d’épuration de la ville de Hawkesbury coûtera 79.3 p. cent de plus, en 1974, qu’elle aurait coûté lors du début du projet de construction en 1971 alors que le prix s’élevait à $815,800 ». Le nouveau prix? Quelque 1 463 000 $. Mais les autorités devaient prendre une décision parce que la croissance du niveau de la rivière Outaouais au lendemain de la construction du barrage hydroélectrique de Carillon avait rendu une telle usine d’épuration des eaux vannes nécessaire, surtout compte tenu du plus grand nombre d’industries depuis la deuxième moitié des années 60. Tout ça est longuement expliqué dans l’édition du 10 janvier 1974 du journal Le Carillon. L’usine serait évidemment construite et aujourd’hui, en 2011, d’autres travaux sont en cours pour la remplacer et l’agrandir.

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Personne à Embrun ne m’avait rappelé la présence de cette attraction dans le village. Le Carillon du 17 janvier 1974 laisse savoir qu’à « l’instar de la capitale nationale, le village d’Embrun a lui aussi sa patinoire à ciel ouvert sur un cours d’eau ». Il semble en effet qu’un « groupe composé de pompiers volontaires d’Embrun, en collaboration avec des citoyens intéressés et avec l’assentiment des commissaires du village, a aménagé une patinoire sur la rivière Castor sur une distance de trois quarts de mille, entre les rues Ste-Marie et St-Jacques. Les pompiers se sont chargés d’arroser et de niveler la surface glacée, pendant que le village, pour sa part, a procédé à l’installation de lumières le long de la rivière. »

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Je me souviens vaguement de lui. Un court article du 24 janvier 1974 rappelle que « le chansonnier Jean-Pierre Jalbert passera en première partie du spectacle offert par Georges D’Or qui sera présenté à la boîte à chansons Le Vieux Clocher d’Ottawa. Jean-Pierre Jalbert est originaire de Hawkesbury et il a participé à plusieurs spectacles dont le Festival de Granby, le Festival populaire des arts dans Prescott et Russell, en plus d’avoir donné des récitals dans plusieurs boîtes à chansons. »

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Voilà, ça commence! « La conversion au système métrique du réseau routier national approche du point de départ. En effet, un plan portant sur la métrisation des voies publiques, dressé sous la direction de l’Association des routes et transports du Canada, a récemment recueilli l’approbation initiale de la Commission fédérale du système métrique. » Cette commission avait été établie en 1971. J’y reviendrai forcément.

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La « crise du pétrole »… ce n’est pas d’aujourd’hui

La « crise du pétrole » n’est pas seulement d’aujourd’hui. Marcel Desjardins, dans son éditorial du 3 janvier 1974, fait référence à celle qui s’était amorcée en 1973 et qui se prolongerait pendant un certain temps. En fait, je pense que nous nous n’en sommes jamais totalement remis. « S’il faut en croire les manchettes des grands quotidiens du pays, l’année qui débute s’annonce très mal pour les consommateurs canadiens. (…) Si 1973 fut marquée par la montée en flèche du prix des aliments, il semble qu’en 1974 ce sont les autres produits qui attireront l’attention. » Après avoir énuméré une longue liste de produits qui seraient touchés par la flambée des prix, Desjardins (sous son pseudonyme de Paul Huneault) ajoute que « les hausses viennent de toute part et plus grosses que jamais. C’est le système de la libre entreprise avec tous ses profits et ses intermédiaires multiples qui subit un test quasiment historique sinon crucial. C’est la société de l’opulence qui est du jour au lendemain menacée pour ne pas dire dépassée. » Et ce paragraphe que Desjardins aurait pu tout aussi bien écrire cette semaine : « Changer le style de vie n’est subitement plus, depuis la crise de l’énergie, une question de préférence idéologique, c’est une nécessité. C’est peut-être une des leçons que notre société de consommation nous réserve cette année. » Voilà pour la petite leçon d’histoire.

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Le chef libéral ontarien Robert Nixon est de passage dans la région afin de participer notamment à l’assemblée générale annuelle de l’Association libérale de Prescott-Russell. On en parle dans l’édition du 13 décembre 1973 du journal Le Carillon. Nixon lance l’idée d’une loterie ontarienne, inspirée de celle de Loto-Québec, qui rapporterait chaque année au moins 55 millions de dollars au trésor provincial. De toute façon, il faisait remarquer que de nombreux Ontariens achetaient des billets de Loto-Québec, bien qu’il soit illégal de le faire. Pour Nixon, une loterie « permettrait au gouvernement de mieux traiter les retraités de la province ». L’article ne précise pas que ce que Nixon laissait entendre par là.

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Signe des temps et sécurité oblige, n’entre pas qui veut dans les écoles de l’Ontario ni d’ailleurs sûrement. Mais selon un article du 27 décembre 1973, à cette époque, la nouvelle Loi de l’éducation consolidée, ouvrait grandes les portes des écoles aux parents des enfants qui y étaient inscrits ainsi qu’aux commissaires d’école. « Sous la nouvelle loi, les parents et commissaires d’écoles seront désignés comme visiteurs et auront le privilège de visiter l’école de leur choix en tout temps. Le privilège était auparavant réservé aux ecclésiastiques et aux membres de l’Assemblée législative. »

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S’il était de St-Eugène, je dois avoir des liens de parenté. Je me réfère à un texte dans l’édition du 3 janvier 1974 et reproduit du périodique Ontario Milk Producer, la revue des producteurs laitiers de l’Ontario. Elphège Lefebvre représentait les producteurs laitiers de Glengarry, Prescott, Russell et Stormont au sein de la Régie du lait de l’Ontario (l’Ontario Milk Marketing Board). Il avait été conseiller, sous-préfet et maire du Canton de Hawkesbury-Est, dont faisait partie St-Eugène; en 1964, il avait présidé le Conseil des comtés unis de Prescott-Russell. Le long article retrace sa vie, surtout celle de producteur laitier. Un paragraphe retient mon attention par contre : « La famille Lefebvre est fière de retracer ses origines au Canada depuis 1668, lors de l’établissement de leurs ancêtres en Nouvelle-France. Au début de 1800, la famille déménage au Haut-Canada et peut prétendre aujourd’hui avoir pris racine dans le sol du comté de Prescott, près de St-Eugène, au-delà de six générations. » Ma mère était une Lefebvre et elle venait de St-Eugène.