Réso-rural… du transport en commun régional

L’idée était intéressante, forcément. L’Association canadienne-française de l’Ontario avait envisagé un « projet de transport en commun, Réso-rural, qui devait officiellement prendre son essor lundi prochain ». Dans Le Carillon du 4 avril 1974, on apprend que Réso-rural « sera indéfiniment retardé, en raison de tracasseries administratives ». L’animateur chargé du projet, Lucien Cusson, de Rockland, avait imputé ce contretemps à la « petite bureaucratie gouvernementale ». Le permis temporaire qui avait été émis au projet était maintenant inutilisable puisque les autorités gouvernementales avaient décrété la tenue d’une audience publique en juin. « Réso-rural est un projet de transport en commun, mis sur pied par la régionale de Prescott-Russell de l’ACFO, et a pour but de fournir du transport aux gens isolés dans les petites municipalités et qui n’ont pas souvent les moyens de se déplacer vers les pôles d’attraction naturels. » Cusson était sûr que « s’il s’était agi d’une grosse compagnie, le permis aurait été octroyé depuis belle lurette. (…) Le plus malheureux dans toute cette histoire, c’est Aurèle Leroux, de Bourget. Ce dernier, qui devait s’occuper de transporter les gens dans la région, s’est en effet acheté un autobus à cette fin, et se demande maintenant comme le payer. »

L’histoire refera surface dans l’édition du 2 mai 1974 puisque les responsables avaient obtenu toutes les autorisations nécessaires et que Réso-rural pouvait enfin démarrer ses activités. « Le véhicule de 23 passagers fera des tournées quotidiennes pour offrir à la population un moyen de transport en commun à la fois commode et économique. »

Il aura fallu l’intervention du député provincial Albert Bélanger pour que les choses bougent. L’autobus sillonnera la ville de Rockland et les quatre villages du canton de Clarence (St-Pascal-Baylon, Bourget, Clarence Creek et Hammond) au cours de 24 tournées par semaine, « soit deux le dimanche, deux le lundi, quatre le mardi, deux le mercredi, quatre le jeudi et cinq les vendredis et samedis ». Le service ne devait pas durer très longtemps à cause du manque d’achalandage et des coûts exorbitants de le maintenir.

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J’en parle dans ma chronique du 21 mars 1974. Il s’agissait de « la petite étiquette » que l’on devait maintenant coller sur nos plaques d’immatriculation au lieu d’obtenir de nouvelles plaques chaque année. Je rassurais les lecteurs en leur disant que s’ils perdaient ou endommageaient cette étiquette, ils pouvaient la faire remplacer. « Vous n’aurez pas de problème si vous pouvez vous présenter au bureau avec au moins un ‘morceau’ de l’étiquette. Le remplacement est gratuit pour un échange pur et simple, mais il vous en coûtera $2 pour en obtenir une de perdue. »

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Tiens, tiens, ça ne remonte pas à si longtemps que ça. Il en est question dans Le Carillon du 7 mars 1974. « Depuis 65 ans le domaine exclusif des hommes de la province, la Sûreté provinciale de l’Ontario accueillera sous peu ses premiers agents féminins. » Le commissaire H.H. Graham avait en effet annoncé l’établissement d’un programme complet de recrutement et d’entraînement de femmes policières, en ajoutant que les femmes avaient un rôle important à jouer au sein de la SPO. « Les agents féminins de la SPO auront exactement les mêmes fonctions que leurs confrères masculins, et l’emploi des femmes dans des rôles traditionnellement réservés à l’homme dans un corps policier aussi important que la SPO est une innovation. » L’article rappelait que « les candidates devront mesurer au moins cinq pieds et quatre pouces – sans chaussures – et peser au moins 110 livres ». Et ce qui compte surtout, « les salaires et avantages sociaux des nouvelles recrues seront exactement les mêmes que ceux de leurs confrères masculins, de même que leurs fonctions et leur autorité ». Voilà pour le progrès social.

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Je remarque la photo et le nom de Marcel Bélanger dans une publicité de Bélisle Chevrolet-Oldsmobile, de Hawkesbury, dans les journaux de cette époque. Il y était vendeur et j’ai été un de ses clients. Marcel est évidemment celui qui a éventuellement établi sa propre concession automobile à Orléans et dont la réputation n’est plus à faire.

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