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Un peu de tout aujourd’hui…

Un autre journaliste nous quitte mais pas pour Le Droit cette fois. Claude Lamarche, qui était au journal depuis près de 18 mois, prend épouse le 17 juillet à Châteauguay et commence au journal L’Écho du Nord de St-Jérôme deux semaines plus tard. Il y restera jusqu’à son décès il y a quelques années. J’en parle dans ma chronique du 14 juillet 1976.

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Larry-Michel Demers a 22 ans et est de Hawkesbury. Le Carillon du 14 juillet 1976 rapporte qu’il « a été accepté à l’École nationale de théâtre à la suite du concours d’entrée qui s’est déroulé en mars et avril dernier dans les principales villes du pays ». Larry allait jouer plusieurs rôles au théâtre et à la télé (dont « Terre humaine ») au fil des années subséquentes et avait été joueur et instructeur dans La Ligue nationale d’improvisation. Il est décédé du sida le 24 décembre 1992. Il n’avait même pas 40 ans.

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Une nouvelle loi voit le jour en Ontario et ses avantages sont encore évidents de nos jours. La Loi sur les droits des aveugles est entrée en vigueur le 1er juillet 1976. Le ministère du Procureur général publie une annonce dans le journal du 14 juillet 1976.

« Aux termes de la nouvelle loi, un aveugle guidé par son chien jouit des mêmes droits et des mêmes avantages et est astreint aux mêmes obligations – dans les endroits publics – que qui ce soit. Il ne doit pas faire l’objet de mesures discriminatoires et l’on ne peut lui refuser le logement, les services ni l’accès aux locaux offerts généralement au public.

Il est important que les propriétaires de chiens d’aveugle connaissent leurs droits et que le public, et en particulier les employeurs et leur personnel, soient mis au courant des dispositions prévues par la loi et des responsabilités qui leur incombent en vertu de ladite loi. »

Voilà pour le progrès social. Quelque chose que l’on tient pour acquis de nos jours, mais qui n’a pas toujours été.

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À l’affiche du cinéma Régent de Hawkesbury en ce mi-juillet 1976, le film aux cinq Oscars du réalisateur Milos Forman et mettant en vedette Jack Nicholson et Louise Fletcher… « One Flew Over the Cuckoo’s Nest ». Un classique du cinéma du XXe siècle.

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Je l’observais depuis un bon bout de temps dans les estrades du Centre Mémorial lors des parties des Hawks de Hawkesbury. Il les couvrait pour le compte de l’hebdomadaire anglophone The Review de Vankleek Hill, un journal alors dirigé par un ancien du Carillon, Jean-Robert Danis, et ça me tapait sur les nerfs. Il était étudiant en journalisme au Collège Algonquin et je prévoyais créer une section sportive importante dans le journal. Un bon soir, je lui ai offert un poste. Yvon « Togo » Legault, qui était de Hawkesbury, accepte et joint les rangs de ma salle de nouvelles. Il sera encore là lorsque je quitterai en 1987 et c’est d’ailleurs lui qui prendra ma relève. Yvon, dont les articles se retrouvent régulièrement dans Le Droit à propos des Hawks justement et d’autres sports régionaux, est aujourd’hui au service des communications de l’Université d’Ottawa.

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Vous aurez remarqué, de par mes récents billets de blogue, que l’année 1976 a été particulièrement fertile en nouvelles dans la région desservie par Le Carillon. Il suffit de voir les deux énormes reliures des exemplaires de cette année pour l’apprécier.

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De longues grèves interminables

Les grèves duraient de plus en plus longtemps à Hawkesbury. Le Carillon du 23 juin 1976 rapporte que la grève des employés de Duplate Canada, qui perdure depuis 14 semaines, est enfin terminée. La grève était menée par les employés du secteur technique et opérationnel et les « 21 employés sont retournés au travail ». Selon un communiqué de l’employeur, « les employés ont reçu une hausse de salaire équitable, si on la compare à celle reçue par les employés des autres secteurs ». La grève n’avait pas stoppé la production. Entre temps, les employés d’Hydro-Hawkesbury poursuivent toujours leur grève depuis six mois et règleront finalement au début de juillet. Mais les relations du travail étaient bonnes ailleurs dans la région. Ainsi, dans l’édition du 7 juillet 1976, nous apprenons que « les quelque 500 employés de Canadian Refractories Ltd, à Marelan et Kilmar, viennent de renouveler leur convention collective de travail leur accordant une augmentation générale de 53 cents l’heure pour une période de deux ans » et ils n’avaient pas eu recours à la grève, seulement à la négociation depuis les quatre derniers mois.

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Elles avaient « qualifié d’intolérable le climat qui règne dans l’institution depuis bientôt deux ans ». Elles se disaient « victimes d’un climat de pressions, d’intimidation et de non-confiance qui règne entre elles et l’administration actuelle ». Par conséquent, « les Sœurs de la Charité, qui œuvrent au Foyer Prescott-Russell depuis 1910 (…) quittent les lieux aujourd’hui-même après 66 ans au service de la communauté ». On peut lire toute cette histoire dans Le Carillon du 30 juin 1976. Sœur Germaine Lafleur, la directrice du nursing à l’institution des comtés unis de Prescott-Russell, ne mâche pas ses mots : « la pétition qui circulait parmi les résidants et les employés pour empêcher les religieuses de quitter le Foyer aurait été étouffée par l’administration ».

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Une autre mesure pour améliorer la sécurité des motocyclistes. « À partir de demain, le 1er juillet, les motocyclistes en Ontario devront conduire leur véhicule avec les phares allumés, jour et nuit. » La nouvelle loi provinciale prévoyait également qu’à compter « du 1er septembre, les brigadiers scolaires auront l’autorité nécessaire pour arrêter la circulation avec une pancarte signalisatrice ». Et finalement, tant qu’à y être, « les automobilistes peuvent doubler un véhicule par la droite sur un épaulement asphalté, quand le véhicule à doubler est en train de négocier un virage à gauche ». Le progrès quoi!

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« Lorsque la flamme aura été relayée par les porteurs grecs d’Olympie à Athènes, un porteur introduira la flamme dans un senseur. Grâce à ce capteur qui relayera les particules ionisées de la flamme, celle-ci se transformera en une séquence d’impulsions codées qui seront transmises par satellite à Ottawa; ces particules de la flamme originelle actionneront un rayon laser lequel, grâce à un miroir parabolique placé au-dessus de la vasque, enflammera le combustible de cette vasque en place sur la Colline parlementaire. Le tout se produira en une fraction de seconde vers 15 heures, le 15 juillet. » Ce texte dans Le Carillon du 7 juillet 1976 se réfère bien sûr à la flamme olympique en vue des Jeux de Montréal et rappelait que la flamme s’arrêterait à Hawkesbury le 16 juillet après un passage dans plusieurs communautés de l’Ontario et du Québec. Au cours des prochaines semaines, les Jeux olympiques de Montréal seraient un des seuls sujets de conversation dans la région.

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Le OK à Saputo… mais il était trop tard

La nouvelle était attendue depuis plusieurs mois et avait été précédée de longues controverses. Le Carillon du 23 juin 1976 – six mois après la signature de l’offre d’achat – rapporte que « la direction de l’industrie laitière du ministère ontarien de l’Agriculture et de l’Alimentation a donné l’autorisation nécessaire à la firme Les Fromages Saputo Cheese Ltd., de Montréal, d’opérer une fabrique de fromages de spécialités dans la ville de Hawkesbury ». Mais il était trop tard…

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Une démarche de plus pour favoriser la construction d’un nouveau complexe sportif. « Quelque 129 contribuables de Hawkesbury se sont objectés officiellement, au moyen d’un document de 67 pages, au projet de la ville de Hawkesbury de dépenser $400,000 pour refaire la toiture du Centre Mémorial. » Les autorités municipales avaient décidé de réaliser une telle dépense afin de réagir à la « condamnation » de l’aréna.

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De telles excursions attiraient toujours les curieux. Comme le signale le journal du 23 juin 1976, « un groupe de 24 canotiers, tous originaires de la ville de Duluth au Minnesota, ont décidé de refaire le voyage qu’un certain Sieur Du Luth accomplissait au 17e siècle ». Les aventuriers étaient partis de Montréal et prévoyaient franchir 1 200 milles (1 931 kilomètres) entre Montréal et Duluth en sept semaines, à raison de 10 heures par jour « à une vitesse moyenne de cinq nœuds ».

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Patrick Normand a connu un succès en 1998 avec Renée Martel avec une chanson intitulée « Mille après mille ». Elle a été reprise souvent à la radio et Normand l’interprète encore lors de diverses présences à la télé. Cette chanson était l’œuvre d’un gars de Hawkesbury, Gerry Joly, et elle avait déjà été popularisée par Willie Lamothe, le chanteur country québécois sans doute le mieux connu. Gerry Joly (Gérald de son vrai prénom) était de passage au journal Le Carillon pour mousser deux prochains microsillons et on en parle dans l’édition du 23 juin 1976. « Il y a de cela 25 ou 26 ans, vous souvenez-vous des danses dans la rue des familles du secteur ‘Trussell’ dans Hawkesbury? Déjà, les noms de Duperron, Lapensée, Laliberté, Myre et Joly vous viennent à l’esprit. » L’article note que Gerry Joly « est maintenant âgé de 41 ans et vit à Gatineau »; il fait carrière depuis bientôt 20 ans. « J’ai appris à gratter ma guitare en dessous du pont Perley. » Ce père de trois filles, qui « l’accompagnent à l’occasion », a quelque « 300 chansons à son répertoire et près de six monologues. (…) Il essaie de transmettre un message réaliste et humain à celui qui l’écoute. » En 1973, il avait d’ailleurs remporté « le certificat d’honneur accordé à la meilleure chanson francophone du Canada » grâce à sa composition « Milles après milles ». Ses derniers 45-tours ont été produits « à environ 10,000 copies. Le dernier s’intitule ‘Ma maman reviendra-t-elle?’ et ‘C’était beau’, Il a aussi enregistré ‘L’Outaouais’ et ‘C.I.P.’ » Dans mon blogue du 13 avril 2011, je parle de l’expérience d’une boîte-à-chansons à Hawkesbury, dont j’assumais la cogérance. Gerry Joly, que Jean-Marc Portelance et moi connaissions bien, avait été notre « vedette invitée » un certain vendredi soir. Gerry, qui souhaitait comme nous que l’expérience soit concluante, l’avait fait gratuitement.

Gerry est décédé le 29 décembre 2008 à l’âge de 74 ans. Le lendemain, dans le journal Le Droit, la journaliste Valérie Lessard écrivait :

« L’auteur, compositeur et interprète de l’immortelle Mille après mille, Gérald ‘Gerry’ Joly, est décédé, hier matin, à l’âge de 74 ans. Atteint de fibrose pulmonaire depuis huit ans, le musicien originaire de Hawkesbury s’est éteint à sa résidence de Gatineau, auprès de sa conjointe des 39 dernières années, Eleanor Joly.

‘Il avait largement dépassé le temps que ses médecins lui donnaient, puisque l’espérance de vie est de deux à quatre ans pour quelqu’un de son âge atteint de cette maladie mal connue, a souligné sa fille Nina Joly, hier. Il a pu célébrer un dernier Noël entouré de ses sept enfants, 19 petits-enfants et trois arrière-petits-enfants. Et maintenant, il ne souffre plus.’ »

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Hawkesbury officiellement bilingue… l’ACFO s’impatientait

C’était trop beau! Les autorités municipales de Hawkesbury avaient déjà décidé de proclamer leur ville « officiellement bilingue ». Mais la décision officielle tardait et l’Association canadienne-française de l’Ontario devenait impatiente. Dans Le Carillon du 16 juin 1976, on peut lire que « les membres du Conseil craignent que l’adoption d’un règlement donnant statut égal aux langues française et anglaise pourrait transformer tout ce qui se fait présentement et que l’anglais pourrait être beaucoup plus fréquemment utilisé à tous les niveaux. Leurs commentaires laissent entendre que ce sont les anglophones de Hawkesbury qui gagneraient d’un bilinguisme officiel et non les francophones, pour qui ces droits en français sont acquis de facto, même s’ils ne le sont pas de par la loi. » Des membres du Conseil avaient rappelé que toutes leurs activités se déroulaient publiquement en français, leurs délibérations en tout cas. Bernard Lajambe, l’animateur de l’ACFO, avait signalé que le gouvernement ontarien « établira une politique de bilinguisme, dès qu’un certain nombre de municipalités se seront déclarées bilingues ». En d’autres mots, l’ACFO souhaitait pouvoir utiliser l’exemple de Hawkesbury comme référence provinciale.

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Ça c’était une proposition avant-garde et le Conseil municipal y avait accordé son autorisation en principe. C’est que les conseillers n’étaient pas sûrs que la loi provinciale le permette. Quoi qu’il en soit, comme on l’apprend dans le journal du 16 juin 1976, « les contribuables de Hawkesbury ne seront pas obligés de se déplacer jusqu’à l’hôtel de ville pour payer leurs taxes municipales, si la ville donne suite à une offre présentée par la Caisse populaire de Hawkesbury ». C’était un peu le précurseur des paiements de taxes préautorisés qui ont été adoptés par toutes les municipalités au fil du temps. « La Caisse populaire, en établissant son nouveau service, se pliera à toutes les exigences imposées par le percepteur municipal et qu’un chèque quotidien sera remis à la ville, avec les factures payées. » Le règlement municipal allait prévoir « la même chose pour les banques, parce que le Conseil s’attend à recevoir conséquemment des demandes identiques des cinq succursales bancaires en opération à Hawkesbury ». Hawkesbury n’était sûrement par la première, la Caisse a dû s’inspirer de ce qui commençait à devenir populaire ailleurs au pays.

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Un petit entrefilet banal dans le journal du 16 juin 1976. « Le cercle de Hawkesbury de l’Association des fermières de l’Ontario est revenu enchanté de sa visite des installations des Fromageries Saputo, à St-Michel, jeudi dernier. » Elles s’intéressaient évidemment à cette entreprise soucieuse de s’installer à Hawkesbury. Elles avaient été reçues comme des reines.

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Décidemment, les scouts faisaient parler d’eux dans la région. Après une plantation d’arbres par des scouts-éclaireurs de Hawkesbury, voilà que c’est au tour de 24 scouts et louveteaux de L’Orignal se mobilisent pour nettoyer les alentours de l’usine d’Ivaco dans le canton voisin de Longueuil. « Sous la direction du chef éclaireur, Charles Burroughs, assisté du trésorier du 46e groupe, Gaétan Millette, les jeunes comprenant six louveteaux de la 46e meute, ont ramassé des clous, morceaux d’acier, papiers et pièces de bois qui jonchaient le terrain aux alentours de l’usine. » Tous ces efforts leur ont valu un don de 250 $ d’Ivaco Rolling Mills. Espérons qu’ils n’avaient pas arraché les pousses d’arbres plantées par des scouts de Hawkesbury peu de temps auparavant.

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La Loi sur le dimanche… faut l’abroger

Tiens, tiens! Les choses ont changé il n’y a pas si longtemps que ça en fin de compte. Comme nous l’apprend Le Carillon du 2 juin 1976, le ministre fédéral de la Justice, Ron Basford, a déposé un rapport sur la Loi sur le dimanche, que plusieurs voulaient abroger. « Bien que le but premier de cette loi ait été la protection de la religion et l’amélioration de la condition des travailleurs, elle ne sert plus ces fins en pratique. Son application se limite, à toutes fins utiles, aux activités laïques et aux conditions de travail, domaines désormais régis par les codes du travail du gouvernement fédéral et des provinces. (…) La Commission de réforme du droit du Canada estime qu’il revient aux provinces d’assumer leurs responsabilités législatives en ce domaine. » De toute façon, en ce qui a trait à la protection de la religion, les autorités religieuses avaient déjà décidé que le dimanche pouvait commencer le samedi soir (voir blogue du 16 septembre 2011).

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La lutte anti-inflation se poursuit en Ontario comme partout au Canada et le projet d’un nouvel hôpital général à Hawkesbury en subit les contrecoups. Le Carillon du 9 juin 1976 rapporte que « le gouvernement ontarien n’a pas l’intention de fournir de l’argent pour le nouvel hôpital avant la fin de l’année 1978 et peut-être pas avant 1979 ou 1980 et que tous les autres projets de construction à l’échelle de la province seraient également retardés à cause des restrictions budgétaires gouvernementales ». Pourtant, le projet avait reçu toutes les autorisations nécessaires et la campagne de souscription battait son plein. Les gouverneurs de l’hôpital devaient donc exercer des pressions et souhaiter un renversement de la décision gouvernementale. Ce n’était pas fini.

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Le maire Philibert Proulx faisait tellement parler de lui et de Hawkesbury que la station de télévision anglophone CBOT d’Ottawa décide d’en faire une émission spéciale d’affaires publiques diffusée le 9 juin 1976 dans le cadre de « This Week ». Le maire Proulx y était interviewé, de même que « son plus ardent adversaire, l’ancien conseiller municipal Claude Demers ». J’avais également été interviewé à titre de directeur de l’information du journal Le Carillon. Malheureusement, je ne me souviens plus du tout de cette émission et de son contenu. Eh bien!

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Une deuxième porte s’ouvre pour la joueur vedette Yvan « Puce » Joly. Après les Hawks, « le favori des partisans la saison dernière », Joly avait été « le premier choix des 67’s d’Ottawa à la séance de repêchage midget de la Ligue junior majeure de l’Ontario samedi à Toronto ». Joly était le favori pour de très bonnes raisons. « Le jeune joueur de 15 ans a connu une excellente saison avec l’alignement des Hawks, terminant la saison régulière avec une fiche de 86 points dont 45 francs buts en 35 matchs. » J’y reviendrai.

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Saputo… toujours en attente. « Le Conseil municipal a accepté de prolonger jusqu’au 15 décembre 1976 l’offre d’achat d’un terrain du parc industriel par les Fromageries Saputo Ltée. » Comme le rapporte Le Carillon du 16 juin 1976, l’offre d’achat avait été signée le 23 décembre 1975, mais Saputo attendait toujours la décision de la Régie ontarienne de mise en marché du lait. Ça s’en venait.

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« Topless, bottomless, frontless ou backless »

Aujourd’hui, la télévision (parfois ou souvent) et Internet (souvent et partout) présentent du matériel qui, en cette fin de printemps 1976, aurait soulevé de nombreuses interrogations. Certains éléments soulevés dans ce texte de Charles Burroughs, publié dans l’édition du 2 juin 1976 du journal Le Carillon, sont facilement accessibles aujourd’hui. On peut les trouver en « googlant ». Mais dans le contexte de l’époque, le texte de Charles est intéressant mais n’aurait pas été écrit de la même façon de nos jours. Charles, par exemple, n’aurait pu prévoir l’avènement des téléréalités du XXIe siècle.

« Le cinéma, la télévision, les revues, et même les journaux respectables nous ont habitués, à petites doses, à prendre à la légère les découvertes artistiques présentées dans les bars, les cabarets et les salles de spectacles des grandes villes ou d’ailleurs.

La large part d’espace ou de temps d’antenne accordées aux spectacles qui mettent en évidence les danseuses topless, bottomless, frontless ou backless, les spectacles d’homosexuels ou les simulacres de sexe, ont à tel point émoussé notre sens de l’honneur et du bon goût, que rien ne saurait plus soulever notre indignation.

La station de télévision CFVO, de Hull, en présentent des films de fesses dans le cadre de son émission Cinérotique, démontre bien jusqu’à quel point peut aller l’engouement populaire pour le violent, le bizarre et le simple mauvais goût. Quelques voix seulement, la majorité provenant de religieux, se sont élevées contre cette émission, qui jouit d’une cote d’écoute qui fracasse tous les records.

Mais voilà qu’un cabaret montréalais, voyant sans doute ses affaires prendre une tournure pour le pire, vient d’abattre un autre tabou, en présentant ‘La Mama’ qui, comme son nom le laisse supposer, est une femme enceinte.

Les clients de ce cabaret, lassés des trémoussements de Babette Bardot (46 pouces de poitrine bien en évidence), de Baby Papillon (350 livres de graisse bien en évidence) et d’autres artistes du dévoilement, pourront donc voir évoluer cette future maman, qui, si on en croit la publicité, est presque à son terme.

Qui sait, peut-être pourront-ils bientôt assister, moyennant argent sonnant, à l’accouchement d’un beau gros bébé, ou si la demande est suffisante, à un bel avortement, si évidemment on peut recruter un avorter professionnel pour l’opération.

La plus belle aventure humaine, la maternité, vient d’être foulée aux pieds de l’appât du gain. »

Espérons que TVA ou V ne s’inspire pas de ce texte pour une nouvelle téléréalité!

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J’avais parlé d’un projet de plantation d’arbres auxquels les scouts de Hawkesbury n’avaient pas participé. Cette fois, selon un article du 2 juin 1976, « un groupe de 22 jeunes de la 9e génération des Éclaireurs scouts du Canada, de Hawkesbury, a envahi le site de Eastern Steelcasting pour y planter plus de 8,000 arbres sur les quelques 240 acres de terrain qui composent le complexe Eastern-Ivaco de L’Orignal ». Le groupe est parvenu « à compléter ce projet sans précédent dans la même journée ». Je me demande si ces 8 000 arbres ont bien pris et, le cas échéant, s’ils sont toujours là. À moins qu’ils n’aient été tués par la pollution des deux usines.

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Les Oblats n’avaient pas le pouvoir d’empêcher ces déviations

Un autre petit détail que j’avais oublié. Cette fois, c’est une lettre de Mgr Joseph-Aurèle Plourde, archevêque d’Ottawa, dans l’édition du 26 mai 1976. Plourde commente la récente décision de la Communauté des Oblats de Marie-Immaculée de se départir de ses actions dans le journal Le Droit d’Ottawa, dont elle était le principal actionnaire.

« Permettez-moi d’abord de vous dire ma reconnaissance pour le rôle qu’a joué votre Communauté dans l’histoire de ce journal depuis plus de soixante ans. Il est vrai que quand on sait dans quel climat social Le Droit a été fondé en 1913; quand on sait l’urgence qu’il y avait alors de défendre les droits culturels et religieux des Franco-Ontariens; quand on sait les convictions religieuses et patriotiques des fondateurs, on n’est pas surpris de trouver des Oblats parmi eux, à côté de laïcs et de prêtres diocésains de forte trempe. Soyez-en remerciés.

Et maintenant vous voulez non pas quitter, mais partager avec d’autres la responsabilité d’assurer la survie de notre quotidien. J’estime que vous avez raison. Vous avez raison d’abord parce que Le Droit ne poursuit plus, d’une façon aussi claire et nette qu’autrefois, les objectifs du début alors que, pour un grand nombre de ses lecteurs, ils sont aussi valables aujourd’hui qu’alors. Comme principal actionnaire, vous portiez aux yeux du public la responsabilité de ces déviations alors qu’en fait, vous n’aviez pas le pouvoir de les empêcher. Vous avez raison aussi parce que de nos jours aucune communauté ne saurait porter presque seule le fardeau de la concurrence et des problèmes qui se posent dans le domaine des médias d’information.

(…) Que votre décision soit pour tous les Franco-Ontariens l’occasion d’une prise de conscience radicale de l’importance d’un quotidien pour la défense des droits et la promotion des devoirs d’une minorité comme la nôtre. Comment ce souhait se réalisera-t-il? En vendant le journal à une grande chaîne de journaux? Certainement pas, à moins d’avoir l’assurance que la défense de nos droits culturels et religieux aura la priorité sur les gros profits. »

Le vœu de Mgr Plourde ne serait pas exhaussé, les Oblats ayant éventuellement vendu leurs actions à une grande chaîne (Unimédia, je crois), ce qui était leur seule option en réalité. La formule coopérative souhaitée par l’archevêque n’avait pas été concluante du tout dans le cas de la Coopérative de télévision de l’Outaouais, comme je me s’y suis référé dans mon blogue du 3 février dernier.

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« Le gouvernement canadien, qui permet toujours les importations de textiles étrangers, est le principal responsable de la fermeture de notre usine. » Aurèle Nadeau, le gérant-général d’Astro Industries à Hawkesbury, ne pouvait être plus clair. Nadeau commentait au journaliste Charles Burroughs la décision de la société-mère US Industries de fermer son usine de Hawkesbury. Il en est question dans Le Carillon du 26 mai 1976. Astro se spécialisait dans le fil texturisé et l’entreprise se disait « victime, entre autres, de l’instabilité du marché mondial des textiles ». Astro ne serait pas la seule usine de textiles de Hawkesbury à souffrir de la même situation. Astro n’avait pas du tout blâmé son syndicat, rappelant plutôt que « la situation est imputable au manque de planification du gouvernement canadien, qui permet toujours les importations à meilleur compte des textiles en provenance de Taiwan et de Corée ». Versatile Knitting, de Cornwall, avait elle aussi fermé ses portes pour les mêmes raisons. Versatile avait limogé 150 employés, alors que dans le cas d’Astro, il s’agissait plutôt de 15 employés. Cinq ans plus tôt, au plus fort de ses opérations, Astro « fournissait de l’emploi à 42 employés ». Signe de l’époque, « le salaire moyen des employés, regroupés au sein de l’Union internationale des travailleurs du vêtement pour dames, est actuellement de $3.65 l’heure, pour une semaine de 40 heures ».

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Le Franco-Ontarien doit d’abord accepter ses racines québécoises

Il semble que la survie des francophones ait été impossible hors du Québec selon un aspirant historien de l’époque. Il en est question dans Le Carillon du 5 mai 1976. Le Dr Michel Emard, de Rockland, avait publié à frais d’auteur un Inventaire sommaire des sources manuscrites et imprimées concernant Prescott-Russell. « Il faut abandonner l’illusion de vouloir survivre en-dehors d’un Québec libre et indépendant. » Retenons que le Québec n’a pas encore élu son premier gouvernement indépendantiste. « L’Inventaire sommaire est aussi un plaidoyer en faveur de la sécession des comtés unis de Prescott-Russell de l’Ontario et de son rapprochement avec la province de Québec. » Emard soulignait que « le premier geste vraiment créateur pour le Franco-Ontarien serait d’accepter des racines québécoises, autrement, il restera toujours un schizophrène paranoïaque enragé, qui s’assimila doucement, et dans les plus brefs délais. » Emard tenait beaucoup à un tel rapprochement et préconisait que la population s’y prépare à l’instant. « Il est illusoire et même dangereusement naïf de penser que notre survivance nationale en Ontario peut être laissée au gouvernement de Toronto ou à celui d’Ottawa. (…) Dans les comtés vit une partie de l’âme du peuple québécois, mais celle-ci est constamment humiliée: toute l’administration est dans une langue étrangère à ses habitants. (…) Les écoles françaises sont constamment menacées d’unilingues anglais, les services publics essentiels sont presque exclusivement en anglais. »

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Tiens, tiens, je l’avais oubliée celle-là. La nouvelle est dans le journal du 19 mai 1976 et elle rapporte que « les employés de l’Imprimerie Prescott-Russell Ltée de Hawkesbury ont rejeté par un vote serré de 13-12 leur affiliation au local 102 de l’Union typographique d’Ottawa. Les 27 employés syndiquables de l’entreprise se sont prononcés lors d’un vote décrété par la Commission des relations ouvrières de l’Ontario. (…) Les employés avaient à déterminer quel groupe les représenterait dans leurs relations avec la compagnie: l’Union typographique d’Ottawa local 102 – qui a soumis une demande d’accréditation syndicale à la fin de mars – ou l’Association des employés de l’Imprimerie Prescott et Russell Ltée (1973) – qui détient un contrat de travail avec la compagnie depuis février 1973. » Une autre tentative de syndicalisation, que je parrainais, avait échouée en 1970. Je n’étais pas impliqué dans cette demande de 1976.

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Astro Industries s’était installée à Hawkesbury en 1968 dans le cadre du programme fédéral d’aide aux régions défavorisées du ministère de l’Expansion économique régionale. « Au plus fort de ses opérations, vers 1971, Astro fournissait de l’emploi à 42 employés sur trois quarts de travail. » Dans Le Carillon du 26 mai 1976, on apprend que l’entreprise ferma ses portes à la mi-juin « victime, entre autres, de l’instabilité du marché mondial des textiles ». Il ne restait plus de 15 employés.

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Une nouvelle zone de croissance potentielle

Le maire de L’Orignal, André Landriault, avait proposé une fusion de son village et du canton voisin de Longueuil. Le commissaire à la restructuration des comtés unis, Goldyn Sunderland, propose une meilleure idée, selon lui, la fusion de Hawkesbury, Vankleek Hill et de L’Orignal. Sunderland avait publié un rapport d’analyse, de synthèse et d’hypothèses dans le cadre de son mandat. Comme la rapporte Le Carillon du 28 avril 1976, « la zone de L’Orignal-Hawkesbury-Vankleek Hill devrait être considérée comme une zone de croissance potentielle qui bénéficierait d’être vue en tant qu’une entité. Le développement de chacune de ces trois municipalités peut et doit compléter les autres, ce pourquoi la plus étroite intégration devrait être encouragée. » C’était le début et la fin de cette idée. De toute façon, nous étions encore loi de son rapport définitif.

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Dans le journal du 5 mai 1976, le lecteur peut voir une esquisse de ce que pourrait être le nouveau siège administratif du Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell, un édifice rond 13 056 pieds carrés et de 848 640 $, que le directeur général Jean Léveillé mousse depuis quasiment son arrivée à la direction de l’organisme. Ce n’est qu’un avant-goût en fait. J’y reviendrai.

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Le journal du 5 mai 1976 annonce que « la compagnie Toyota du Japon vient de signer une entente avec la compagnie Duplate Canada Ltée pour la fabrication de pare-brise pour le modèle Toyota Corolla. (…) C’est la première fois qu’un manufacturier d’automobile japonais (le troisième plus gros au monde pour le cas présent) place une commande d’une telle importance à un fournisseur outre-mer ». L’usine de Hawkesbury produirait 1 440 pare-brise d’ici la mi-mai et continuerait par la suite.

La nouvelle est annoncée alors que les employés « du secteur technique et opérationnel (…) maintiennent toujours la grève à la compagnie Duplate de Hawkesbury, Ils en sont à leur neuvième semaine de piquetage, et prévoient que ça durera encore longtemps ».

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Je n’ai aucun souvenir d’elle. Dans le journal du 5 mai 1976, il est question de Joanne Des Forges, 23 ans, et dont les parents avaient été propriétaires d’un magasin à Grenville (le magasin Gaétan Desforges) pendant longtemps. « De retour d’une carrière de quatre années aux États-Unis, Johanne Des Forges a décidé de travailler maintenant au Canada et particulièrement au Québec. » Cette chanteuse de blues « est sous contrat avec les disques Trans-Canada pour trois ans et vient d’endisquer son premier 45-tours intitulé ‘Quelle température de feu’ et doit en enregistrer un autre sous peu ».

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Les Franco-Ontariens victimes d’une attitude colonialiste

L’accusation n’était pas anodine. Alain Poirier était le coordonnateur des activités culturelles auprès de l’Association canadienne-française de l’Ontario et il affirmait que « les minorités francophones hors Québec font face à une attitude colonialiste de la part d’imprésarios et d’artistes québécois ». Poirier se référait à la décision d’annuler la tournée de Claude Léveillé en Ontario à la toute dernière minute. Léveillé devait donner des spectacles à Kapuskasing, Hearst, Sudbury, Penetanguishene, Casselman, Toronto, Hamilton, Sturgeon Falls et New Liskeard. À la dernière minute, l’imprésario de Léveillé, Guy Roy, avait demandé 2 000 $ de plus aux organisateurs pour effectuer la tournée. « Je n’hésite pas à dire que les artistes québécois entretiennent une attitude colonialiste envers les Franco-Ontariens. Ils n’hésitent pas à venir en Ontario lorsqu’il y a une piastre à faire et qu’ils peuvent compter sur l’ACFO pour faire tout le travail de promotion et éponger un déficit éventuel. Nous avons eu les mêmes problèmes dans le passé, avec Renée Claude et Yvon Deschamps. » Tous les intervenants de l’ACFO dans les neuf villes devant être visitées avaient perdu leur temps. On retrouve l’article dans l’édition du 14 avril 1976 du journal Le Carillon.

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Sans autre commentaire, j’écris ceci dans ma chronique du 21 avril 1976 : « La firme Ault Foods de Winchester, celle qui s’oppose à la venue de Saputo dans la région de Hawkesbury, a acheté récemment la Crèmerie Eganville grâce à un prêt de $1 million de la Société de développement de l’Est ontarien. Ault a fermé la crèmerie d’Eganville et a remercié les 34 employés. »

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Le maire du village de L’Orignal, André Landriault, s’était plaint de la pollution (qualité de l’air et bruits) causée par les usines d’Ivaco dans la municipalité voisine, à toute fin utile collée sur le village. Dans le journal du 21 avril 1975, le syndicat de l’entreprise se porte à la défense de son employeur et la compagnie explique toutes les démarches qu’elle effectue afin de corriger les problèmes de pollution de l’air Selon ces deux parties, tout va pour le mieux et les systèmes antipollution seront réparés. En 2012, Ivaco à L’Orignal n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était à cette époque.

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Une nouvelle signature apparaît dans les pages du journal, celle de Monique Montpetit, de Casselman, une diplômée en journalisme du collège Algonquin. Monique, qui deviendra Monique Castonguay en cours de route, est demeurée une dizaine d’années dans la salle des nouvelles. Monique est toujours active dans le monde des communications, cette fois avec le ministère de l’Agriculture à Ottawa. Elle habite toujours à Casselman. Pendant ce temps, un autre de mes anciens journalistes, Claude Kingsbury, qui était au journal Le Droit, passe à l’emploi du poste CFML de Cornwall.

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Justement, le Conseil de la radio-télévision canadienne accorde à CFML Radio (Cornwall) Ltée, la permission d’exploiter une station de radio en langue française à Hawkesbury. Comme l’explique un texte dans le journal du 28 avril 1976, le permis d’exploitation expirera le 31 mars 1981. Au début, la station de Hawkesbury sera une répétitrice de la station de Cornwall. La diffusion se fera au 1110 au cadran.