Le OK à Saputo… mais il était trop tard

La nouvelle était attendue depuis plusieurs mois et avait été précédée de longues controverses. Le Carillon du 23 juin 1976 – six mois après la signature de l’offre d’achat – rapporte que « la direction de l’industrie laitière du ministère ontarien de l’Agriculture et de l’Alimentation a donné l’autorisation nécessaire à la firme Les Fromages Saputo Cheese Ltd., de Montréal, d’opérer une fabrique de fromages de spécialités dans la ville de Hawkesbury ». Mais il était trop tard…

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Une démarche de plus pour favoriser la construction d’un nouveau complexe sportif. « Quelque 129 contribuables de Hawkesbury se sont objectés officiellement, au moyen d’un document de 67 pages, au projet de la ville de Hawkesbury de dépenser $400,000 pour refaire la toiture du Centre Mémorial. » Les autorités municipales avaient décidé de réaliser une telle dépense afin de réagir à la « condamnation » de l’aréna.

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De telles excursions attiraient toujours les curieux. Comme le signale le journal du 23 juin 1976, « un groupe de 24 canotiers, tous originaires de la ville de Duluth au Minnesota, ont décidé de refaire le voyage qu’un certain Sieur Du Luth accomplissait au 17e siècle ». Les aventuriers étaient partis de Montréal et prévoyaient franchir 1 200 milles (1 931 kilomètres) entre Montréal et Duluth en sept semaines, à raison de 10 heures par jour « à une vitesse moyenne de cinq nœuds ».

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Patrick Normand a connu un succès en 1998 avec Renée Martel avec une chanson intitulée « Mille après mille ». Elle a été reprise souvent à la radio et Normand l’interprète encore lors de diverses présences à la télé. Cette chanson était l’œuvre d’un gars de Hawkesbury, Gerry Joly, et elle avait déjà été popularisée par Willie Lamothe, le chanteur country québécois sans doute le mieux connu. Gerry Joly (Gérald de son vrai prénom) était de passage au journal Le Carillon pour mousser deux prochains microsillons et on en parle dans l’édition du 23 juin 1976. « Il y a de cela 25 ou 26 ans, vous souvenez-vous des danses dans la rue des familles du secteur ‘Trussell’ dans Hawkesbury? Déjà, les noms de Duperron, Lapensée, Laliberté, Myre et Joly vous viennent à l’esprit. » L’article note que Gerry Joly « est maintenant âgé de 41 ans et vit à Gatineau »; il fait carrière depuis bientôt 20 ans. « J’ai appris à gratter ma guitare en dessous du pont Perley. » Ce père de trois filles, qui « l’accompagnent à l’occasion », a quelque « 300 chansons à son répertoire et près de six monologues. (…) Il essaie de transmettre un message réaliste et humain à celui qui l’écoute. » En 1973, il avait d’ailleurs remporté « le certificat d’honneur accordé à la meilleure chanson francophone du Canada » grâce à sa composition « Milles après milles ». Ses derniers 45-tours ont été produits « à environ 10,000 copies. Le dernier s’intitule ‘Ma maman reviendra-t-elle?’ et ‘C’était beau’, Il a aussi enregistré ‘L’Outaouais’ et ‘C.I.P.’ » Dans mon blogue du 13 avril 2011, je parle de l’expérience d’une boîte-à-chansons à Hawkesbury, dont j’assumais la cogérance. Gerry Joly, que Jean-Marc Portelance et moi connaissions bien, avait été notre « vedette invitée » un certain vendredi soir. Gerry, qui souhaitait comme nous que l’expérience soit concluante, l’avait fait gratuitement.

Gerry est décédé le 29 décembre 2008 à l’âge de 74 ans. Le lendemain, dans le journal Le Droit, la journaliste Valérie Lessard écrivait :

« L’auteur, compositeur et interprète de l’immortelle Mille après mille, Gérald ‘Gerry’ Joly, est décédé, hier matin, à l’âge de 74 ans. Atteint de fibrose pulmonaire depuis huit ans, le musicien originaire de Hawkesbury s’est éteint à sa résidence de Gatineau, auprès de sa conjointe des 39 dernières années, Eleanor Joly.

‘Il avait largement dépassé le temps que ses médecins lui donnaient, puisque l’espérance de vie est de deux à quatre ans pour quelqu’un de son âge atteint de cette maladie mal connue, a souligné sa fille Nina Joly, hier. Il a pu célébrer un dernier Noël entouré de ses sept enfants, 19 petits-enfants et trois arrière-petits-enfants. Et maintenant, il ne souffre plus.’ »

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