Le Franco-Ontarien doit d’abord accepter ses racines québécoises

Il semble que la survie des francophones ait été impossible hors du Québec selon un aspirant historien de l’époque. Il en est question dans Le Carillon du 5 mai 1976. Le Dr Michel Emard, de Rockland, avait publié à frais d’auteur un Inventaire sommaire des sources manuscrites et imprimées concernant Prescott-Russell. « Il faut abandonner l’illusion de vouloir survivre en-dehors d’un Québec libre et indépendant. » Retenons que le Québec n’a pas encore élu son premier gouvernement indépendantiste. « L’Inventaire sommaire est aussi un plaidoyer en faveur de la sécession des comtés unis de Prescott-Russell de l’Ontario et de son rapprochement avec la province de Québec. » Emard soulignait que « le premier geste vraiment créateur pour le Franco-Ontarien serait d’accepter des racines québécoises, autrement, il restera toujours un schizophrène paranoïaque enragé, qui s’assimila doucement, et dans les plus brefs délais. » Emard tenait beaucoup à un tel rapprochement et préconisait que la population s’y prépare à l’instant. « Il est illusoire et même dangereusement naïf de penser que notre survivance nationale en Ontario peut être laissée au gouvernement de Toronto ou à celui d’Ottawa. (…) Dans les comtés vit une partie de l’âme du peuple québécois, mais celle-ci est constamment humiliée: toute l’administration est dans une langue étrangère à ses habitants. (…) Les écoles françaises sont constamment menacées d’unilingues anglais, les services publics essentiels sont presque exclusivement en anglais. »

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Tiens, tiens, je l’avais oubliée celle-là. La nouvelle est dans le journal du 19 mai 1976 et elle rapporte que « les employés de l’Imprimerie Prescott-Russell Ltée de Hawkesbury ont rejeté par un vote serré de 13-12 leur affiliation au local 102 de l’Union typographique d’Ottawa. Les 27 employés syndiquables de l’entreprise se sont prononcés lors d’un vote décrété par la Commission des relations ouvrières de l’Ontario. (…) Les employés avaient à déterminer quel groupe les représenterait dans leurs relations avec la compagnie: l’Union typographique d’Ottawa local 102 – qui a soumis une demande d’accréditation syndicale à la fin de mars – ou l’Association des employés de l’Imprimerie Prescott et Russell Ltée (1973) – qui détient un contrat de travail avec la compagnie depuis février 1973. » Une autre tentative de syndicalisation, que je parrainais, avait échouée en 1970. Je n’étais pas impliqué dans cette demande de 1976.

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Astro Industries s’était installée à Hawkesbury en 1968 dans le cadre du programme fédéral d’aide aux régions défavorisées du ministère de l’Expansion économique régionale. « Au plus fort de ses opérations, vers 1971, Astro fournissait de l’emploi à 42 employés sur trois quarts de travail. » Dans Le Carillon du 26 mai 1976, on apprend que l’entreprise ferma ses portes à la mi-juin « victime, entre autres, de l’instabilité du marché mondial des textiles ». Il ne restait plus de 15 employés.

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