Le CEPR refuse d’appuyer la cause de Windsor

Le Conseil d’éducation de Prescott-Russell n’était pas reconnu pour être le plus ardent défenseur de la cause franco-ontarienne et ses membres l’ont démontré encore une fois en refusant d’appuyer les étudiants de Windsor, dans le sud-ouest de l’Ontario, qui réclamaient une école secondaire de langue française. Les étudiants de Prescott et Russell, quant à eux, avaient débrayé à Hawkesbury, Vankleek Hill et Plantagenet, tandis que ceux des écoles de Rockland, Casselman et Embrun avaient protesté par des lettres et des télégrammes afin d’appuyer à leur façon les étudiants de Windsor. Quant aux membres du CEPR, ils prétextaient « qu’ils étaient ignorants de la situation financière du conseil de Windsor et des raisons pour lesquelles on refuse une école française » et avaient refusé d’appuyer la cause. Comme le rapporte le journaliste Charles Burroughs dans Le Carillon du 18 mars 1976, « les conseillers Gaston Chevrier et Jim Baribault ont fait front commun pour signaler que le CEPR peut difficilement se mêler des choses qu’il ne connaît pas. La conseillère Roberta Histed a été plus loin, soulignant que le CEPR n’a pas le droit d’imposer sa volonté aux autorités scolaires de Windsor. » Il aurait sans doute fallu les installer dans un carré de sable pour qu’ils puissent s’y enfouir la tête! J’ajoute que le CEPR n’avait désigné qu’une seule école « reconnue officiellement française dans Prescott-Russell », soit celle de Plantagenet. Les étudiants de Windsor obtiendraient éventuellement gain de cause et leur école secondaire s’appellera « Essex ».

Dans le journal du 25 mars, un autre texte citait le président du CEPR, Léo Binette, qui avait affirmé que le CEPR n’avait « pas refusé d’appuyer moralement les francophones de la région de Windsor ». Binette avait même ajouté que « selon lui, il appartient à l’Association canadienne-française de l’Ontario et aux autres organismes de promotion de la francophonie de faire pression auprès des autorités scolaires de la région de Windsor ». Voilà, comme je disais, un carré de sable aurait été une nécessité.

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Les conseillers de Price Waterhouse avaient fortement recommandé aux autorités municipales de Hawkesbury de « nommer un administrateur en chef » afin de régler les nombreux problèmes de gestion municipale qui s’accumulaient depuis plusieurs années et qui donnaient lieu à des débats houleux et le mécontentement général parmi les fonctionnaires municipaux. Price Waterhouse recommandait également de « réduire substantiellement le nombre de comités existant », en plus d’enlever « les responsabilités administratives des comités et de les déléguer aux chefs des départements ou au personnel-cadre ». Il était même question d’abandonner les réunions du Conseil le jour et de les tenir plutôt en soirée, afin bien sûr que le personnel puisse travailler pendant la journée et être plus efficace. Le Conseil adopterait éventuellement une majorité des recommandations du groupe d’experts-conseils.

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Ils en avaient été la grande inspiration et les responsables de son succès et sa popularité. Dans l’édition du 25 mars 196, un article rapporte que « Léo-Paul Myre, Michel Bruneau et André Villeneuve ont laissé leurs postes au centre d’activités culturelles Le Chenail à Hawkesbury ». Ils avaient simplement laissé la place à de nouveaux-venus, Gilles Proulx, comme coordonnateur, et Claudette Boyer, secrétaire-administrative. (Je note en passant que j’ai toujours la magnifique peinture que Gilles nous avait offerte en cadeau de noces. Malheureusement, nous avons perdu de vue ce sympathique ami au fil des années. Quant à Claudette, elle était une amie d’enfance qui, heureusement, était aussi une amie de ma future femme. Disons simplement qu’elle m’a été d’une aide précieuse en cours de route!)