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Des documents électoraux tout en français : du nouveau en Ontario

C’était une étape importante dans la francisation ou la « bilinguisation » des services gouvernementaux en Ontario. Ainsi, « les municipalités ontariennes auront le droit, lors des prochaines élections municipales et scolaires du lundi 6 décembre, d’utiliser des formulaires en français pour le scrutin ». Le Carillon du 15 septembre 1976 explique que la loi ontarienne a été modifiée afin de permettre des formulaires en français. Il ne s’agissait pas uniquement des bulletins de vote, mais de tous les documents liés à une élection municipale, sans exception. « On sait que plusieurs municipalités franco-ontariennes avaient demandé au gouvernement ontarien d’adopter des formules françaises pour les élections. Dans le cas de Hawkesbury, les bulletins de vote sont bilingues depuis nombre d’années, mais les documents préparatoires, avis et serments ont toujours été en anglais, faute d’équivalents français. » Comme c’était un peu la norme en Ontario, l’utilisation des formules françaises était laissée à la discrétion de chaque municipalité. C’était quand même tout un pas en avant en Ontario.

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Et en éditorial de la même édition, je présente malheureusement un autre son de cloche. « Au cours des mois à venir, les Franco-Canadiens doivent se tenir les yeux ouverts et les oreilles aux aguets, parce que nos compatriotes anglophones semblent avoir été drôlement inspirés par les contrôleurs aériens. » C’est que les contrôleurs aériens venaient de revendiquer avec succès le droit de ne parler que l’anglais dans l’exercice de leurs fonctions en sol canadien. Je notais que c’était « une victoire qui semble avoir donné une sorte de ‘courage malsain’ à plusieurs éléments anglophones ».

« Ainsi, lors d’une récente joute de la Coupe Canada au Maple Leaf Gardens de Toronto, l’annonceur Claude Mouton a été copieusement hué. Lundi matin, deux stations radiophoniques de Toronto auraient, en éditorial, exhorté les spectateurs au premier match de la série Canada-Tchécoslovaquie à huer encore une fois les annonces en français par Claude Mouton et à huer les joueurs francophones d’Équipe-Canada. Ça, c’est le comble et il faut que les Franco-Canadiens, surtout les Franco-Ontariens, surveillent attentivement les événements des prochains mois. » J’avais décrit la situation comme « du racisme comme on ne peut en tolérer ». En me référant à des situations ailleurs dans le monde, j’avais conclu que « la majorité qui a peur d’une minorité peut montrer tout à coup un comportement étrange, qui peut devenir répressif ». Nous sommes tristement encore témoins de telles situations de nos jours. Quant aux réactions torontoises, heureusement, elles n’avaient été que passagères; même le puissant Globe and Mail les avait décriées comme étant inacceptables.

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À l’affiche du cinéma Laurentien de Grenville, la version française du film « The Texas Chainsaw Massacre », devenu un classique du genre; c’était avant les Halloween et Friday the 13th.

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Signe des temps j’imagine. Le Carillon du 22 septembre 1976 nous apprend que les propriétaires de taxis de Hawkesbury veulent installer des compteurs dans leurs véhicules, « afin de dispenser un service plus personnel et plus juste ». Plus juste pour eux, j’en conclus.

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Bonjour, madame la capitaine!

C’était plutôt une nouveauté à l’époque. Nicole Deschamps, qui était copropriétaire avec son mari Rhéal du traversier entre Lefaivre et Montebello, obtient « son permis de capitaine ». Le couple était propriétaire du traversier depuis le 27 juillet 1976. Monique Montpetit Castonguay (elle s’était mariée au cours de l’été et avait pris le nom de son mari) signe un article sur cette réussite de Mme Deschamps, qui avait jugé avoir « obtenu son permis par une coïncidence d’événements ». C’est que les permis de capitaine, apparemment, « n’étaient pas donnés aux dames ». Comme on peut le lire dans Le Carillon du 8 septembre 1976, « Mme Deschamps a enfin obtenu son permis lorsque revenant bredouille du bureau de permis d’Ottawa, elle a rencontré un inspecteur du ministère du Transport et Communications qui venait faire l’inspection du traversier. Ce dernier, M. Fenwick, a lui-même fait passer un examen pratique ainsi qu’un examen écrit, et le tour était joué ». La journaliste Monique M. Castonguay rappelle que Mme Deschamps avait souligné que la conduite d’un traversier n’avait rien de comparable à celle d’une automobile. « Plusieurs facteurs entrent en jeu, le vent et la condition de la température ont beaucoup d’influence sur le traversier. Le véhicule qui s’y rapproche le plus au point de vue conduite, c’est l’avion. » Un traversier volant, tiens, tiens!

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Ce n’était pas définitif, mais avec des commentaires de la sorte, tout le monde avait raison d’espérer. Comme le rapporte le journaliste Yvon Legault dans le journal du 8 septembre 1976, « l’instructeur-chef des 67’s d’Ottawa, Brian Kilrea, est tout simplement emballé par la performance d’Yvan Joly au camp d’entraînement de son équipe ». Et Kilrea ajoutait que « Yvan m’épate au plus haut point. Il est tout simplement fantastique. Il travaille très fort et il ne manque pas d’ardeur au jeu. Il sera toute une attraction dans la ligue ». Voilà pour la bénédiction du pape Kilrea. Avec les 67’s cette année-là, il y avait entre autres Bobby Smith, John Wilson et Steve Marengère, qui allaient éventuellement évoluer dans la Ligue Nationale. Dans l’édition du 15 septembre, nous confirmions que Joly avait mérité un poste régulier au sein des 67’s. C’était une première pour un jeune hockeyeur de Hawkesbury. Il porterait le numéro 9 (tiens!). Lors d’un match hors concours contre le Junior de Montréal, Joly inscrit le but gagnant dans une victoire de 5-4 des 67’s. Après ce baptême au Forum, sa réputation était faite. J’y reviens forcément.

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Nous sommes aussi à l’époque d’un cahier de 24 pages du journal Le Carillon entièrement consacré aux sports locaux et régionaux. Nous étions assurément le seul hebdo de langue française à consacrer tant d’espace aux sports régionaux. Mais les sports, c’est aussi l’occasion d’utiliser beaucoup de noms… et les gens aimaient retrouver leur nom dans le journal… donc, ils l’achetaient.

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De chef divisionnaire de La Presse à Québec, Marcel Desjardins devient directeur de l’information au quotidien montréalais Montréal-Matin. Sa carrière fait du chemin pour cet ancien du Carillon.

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Les lettres auraient dû être publiques

J’en avais parlé précédemment de cette intervention du gouvernement ontarien dans le remboursement inapproprié de dépenses des membres du Conseil municipal de Hawkesbury. Ces situations irrégulières avaient été soulevées par l’ancien conseiller municipal Claude Demers et une enquête par les vérificateurs de la firme Patenaude, Préfontaine et Cie, avait mené à l’adoption de certaines mesures correctives. Mais le conseiller Demers n’était pas content. Il avait souhaité que les lettres envoyées au Conseil municipal par le ministre ontarien du Trésor, des Affaires économiques et intergouvernementales, Darcy McKeough, soient rendues publiques. Dans le journal Le Carillon du 8 septembre 1976, je rapporte le contenu de ces lettres que le ministre lui-même venait de transmettre à Claude Demers. « Le ministre McKeough soutient que ses lettres auraient dû être déposées lors d’une réunion publique parce qu’elles faisaient suite à une résolution du Conseil adoptée au cours d’une réunion publique de ce Conseil municipal de Hawkesbury. »

Dans ses lettres, en résumé, McKeough déplorait les irrégularités et se référait aux recommandations des vérificateurs, en plus de « se demander ce que la ville entendait faire de la recommandation des vérificateurs à l’effet que les sommes versées illégalement soient récupérées par la ville ». Le maire Philibert Proulx n’avait pas divulgué ces lettres parce qu’il soutenait qu’elles lui étaient adressées et qu’elles étaient donc personnelles. Proulx, comme toujours, ne comprenait pas que son rôle de maire était un rôle public et non personnel. Quant à Rendall Dick, alors sous-ministre du Trésor, des Affaires économiques et intergouvernementales, il avait lui aussi écrit une lettre au citoyen Demers dans laquelle il avait dit « apprécier l’intérêt (de M. Demers) dans un bon gouvernement local » et l’avait encouragé « à poursuivre ses efforts en ce sens ». Comme si Demers avait eu besoin d’encouragement de quiconque. Dick ne faisait que renforcer les convictions de ce fonceur populaire à Hawkesbury. Et finalement, Rendall Dick ajoutait que, « de plus, les citoyens peuvent continuer à rendre publics certains faits, en espérant que la ‘pression publicitaire’ encouragera le Conseil à améliorer ses opérations. D’autre part, les citoyens peuvent toujours entrer dans l’arène politique dans l’espoir de voir élire un Conseil plus responsable. » Voilà pour le message toujours d’actualité 36 ans plus tard… mais des fois, ça ne donne pas grand-chose pour les citoyens de Clarence-Rockland l’ont constaté depuis le dernier scrutin municipal.

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Le journal du 8 septembre 1976 annonce l’arrivée d’un nouveau directeur des loisirs à Hawkesbury, William D. Jermyn, « un unilingue anglophone », décision pas trop intelligente du Conseil de l’époque. Quant à Jermyn, il avait opiné, en se faisant demander s’il trouvait logique d’être unilingue dans une ville à majorité dominante francophone, « que cela dépendrait, en majeure partie, de l’attitude des citoyens envers lui. Je peux lire le français et je le comprends assez bien. D’ailleurs, je suis en train de me perfectionner dans la langue française parlée. Je ne crois pas que ce sera un handicap, si les gens de la ville veulent me donner une chance. Si les citoyens sont avec moi, plutôt que contre moi, tout ira bien. » En 2012, Stephen Harper n’aurait pu dire mieux!

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Le commissaire à la restructuration des comtés unis, Goldyn Sunderland, n’avait pas eu que de bonnes idées. Comme on peut le lire dans le journal du 8 septembre 1976, il avait formulé l’opinion que « l’administration scolaire devrait relever du Conseil des comtés unis et non pas conseils scolaires régionaux ». Sunderland reconnaît la difficulté de concrétiser une telle idée à cause des négociations qui devraient avoir lieu avec le gouvernement provincial, mais il avait estimé que, « étant donné la taxation indirecte telle qu’elle existe actuellement, ce serait une meilleure solution. (…) Il serait nécessaire de créer un Comité d’éducation au sein du Conseil des comtés unis et un chef de service serait responsable de l’administration scolaire au président de ce comité et, conséquemment, au Conseil de comté ». À l’époque, quelques années à peine après le regroupement des conseils scolaires en Ontario de 1969, les élus municipaux se plaignaient continuellement de devoir justifier les hausses de taxes scolaires à leurs contribuables puisque ces taxes scolaires étaient incluses dans la facture d’impôts fonciers municipaux et que les citoyens en blâmaient donc les élus municipaux. Bien sûr, l’idée de Sunderland n’a pas été plus loin que son rapport et cet article dans Le Carillon.

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Sunderland avait eu raison en fin de compte… ou presque

Deux centres urbains et cinq cantons, voilà ce que devraient comprendre les comtés unis de Prescott et Russell. Le commissaire à la restructuration des comtés, Goldyn Sunderland, venait de déposer son Rapport et son concept de ce que devrait être la structure du territoire. Il en est question dans trois pleines pages de l’édition du journal Le Carillon du 1er septembre 1976, dont la une entière. C’était viser haut et il n’était pas sûr que les 18 municipalités allaient accepter de se saborder ainsi. Les recommandations de Sunderland n’aboutiraient à rien dans les deux décennies suivantes, mais aujourd’hui, les comtés unis de Prescott-Russell comportent deux centres urbains (Hawkesbury et Clarence-Rockland), le village de Casselman et cinq regroupements régionaux (Russell, La Nation, Champlain, Alfred-Plantagenet, Hawkesbury-Est). Seule Casselman résiste toujours! Sunderland avait eu raison en fin de compte.

Comme on peut le lire dans mon reportage de l’époque, « le commissaire Goldyn Sunderland signale par ailleurs que les recommandations ne devraient pas être réalisées à la hâte, ‘car le besoin d’une période de discussion entre les municipalités demeure, jusqu’à ce qu’on soit sûr que les changements apportés ont été bien compris et que la majorité des gens les appuient. (…) Or, il existe des différences profondes de mode de vie entre les urbains et les ruraux, et il faut qu’elles soient protégées par des représentants élus bien informés et bien disposés envers ces problèmes. » Au cours des mois suivants, j’allais devenir un ardent défenseur des recommandations de Sunderland; j’avais prononcé des conférences un peu partout dans les comtés et même à un rassemblement de l’ACFO à Plantagenet. À la fin des années 90, ce ne sont pas les élus régionaux qui ont finalement accepté le regroupement; le gouvernement provincial l’a imposé en même temps que la fusion de plusieurs grandes municipalités à l’échelle de l’Ontario. C’était devenu inévitable.

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Les Hawks de Hawkesbury sont acceptés dans la Ligue centrale junior « A » et il leur fallait un instructeur capable d’évoluer à ce niveau. La direction opte pour Jean Payette, un joueur des Nordiques de Québec de l’Association Mondiale en 1970-1971. Le journal du 1er septembre 1976 raconte tout ça. Né à Cornwall, « Payette est devenu professionnel en 1964, lorsqu’il gradua avec le club-ferme des Maple Leafs de Toronto, les Oilers de Tulsa de la Ligue Américaine. Le nouvel instructeur-gérant des Hawks a décroché le championnat des compteurs à sa deuxième saison dans cette ligue. » Payette avait même évolué avec les Panthères d’Embrun, équipe qu’il avait aidée à remporter le championnat intermédiaire canadien en 1975.

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À ne surtout pas confondre. Un resto Rôtisserie St-Albert Bar-B-Q ouvre ses portes à Hawkesbury. Rien à voir avec les fromages du même nom et risque de confondre avec les Rôtisseries St-Hubert, dont la publicité était omniprésente à la télévision. Je ne me souviens pas de ce resto St-Albert.

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Une bagarre générale sans précédent

Heureusement, personne n’avait été tué, mais l’incident avait fait jaser. On en parle dans Le Carillon du 18 août 1976. « La bande de motards, les ‘Popeyes’ de Montréal, a fait une sortie en règle à l’Hôtel Des Vieux Pins de St-André-Avellin, dans la nuit de samedi à dimanche, et a tout saccagé l’hôtel, causant des dommages d’approximativement $10,000. Les ‘Popeyes’, qui étaient au nombre d’une cinquantaine, ont siégé dans l’hôtel une bonne partie de la journée de samedi, et se sont mis à boire de la bière sans payer. Les motards ont séquestré l’épouse du propriétaire de l’hôtel, Mme Vital Myre, et ses deux filles, tout en menaçant le personnel et les résidants de l’hôtel. Un détachement de 55 policiers anti-émeute de Papineauville, Buckingham, Hull et Montréal sont intervenus sur les lieux à 1 h 45 dimanche matin. Une bagarre générale sans précédent a alors éclaté entre les motards, les citoyens et les agents de la paix. Plusieurs coups de feu ont été tirés, mais personne n’a été tué. Certains individus ont toutefois été blessés. » C’était très inhabituel… les motards en si grand nombre… pas les bagarres!

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Mieux vaut prévenir que guérir. Aujourd’hui, nous savons que cela se traduit par des campagnes de vaccination annuelle ou des vaccinations spéciales (H1N1, grippe aviaire). En 1976, c’était une toute autre campagne de vaccination qui avait été organisée par l’Unité sanitaire de l’Est ontarien… contre la grippe porcine. Il en est question dans le journal du 25 août 1976. Le Dr Rudolph Peters, le patron de l’Unité sanitaire, avait expliqué que cette campagne s’inscrivait dans des efforts à l’échelle du continent nord-américain pour contrer cette grippe porcine. Il fallait éviter une répétition de l’épidémie qui avait tué plus de 20 millions de personnes en 1918-1919. « Les citoyens entre 50 et 65 ans sont exempts du programme parce que leur exposition à la grippe de 1927 leur a donné suffisamment d’anticorps pour combattre la grippe porcine. » Les vaccins arriveraient en septembre et la campagne se déroulerait en octobre partout dans le territoire de l’Est ontarien.

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C’en était assez pour soulever la colère de nombreux représentants des Franco-Ontariens. Le Conseil des régents des collèges des arts appliqués et de technologie de l’Ontario avait émis une nouvelle politique à l’effet « que l’on donne à l’étudiant franco-ontarien une éducation bilingue au lieu d’une éducation totalement ou partiellement en langue française. On doit non seulement lui enseigner les deux langues mais on doit utiliser les deux langues comme langue d’enseignement dans les divers cours de sa spécialisation, afin que, ses années terminées, l’étudiant puisse travailler n’importe où dans la province. » Le vieil argument des opposants aux écoles secondaires françaises. Le Conseil consultatif des affaires franco-ontariennes et son président Omer Deslauriers ont vivement réagi. Le ministre des Collèges et des Universités, H.C. Parrot, avait pourtant déclaré que « les faits ne prouvent pas cet avancé. Le gouvernement de l’Ontario a continué de donner son appui à l’éducation post-secondaire en langue française ». C’était avant Le Cité collégiale.

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Eh, citoyen! As-tu le droit de te mêler de tes affaires?

J’avais intitulé mon éditorial du 4 août 1976 du journal Le Carillon « Sauvegarder la démocratie » et je me demande sérieusement si mon texte de l’époque n’est pas encore pertinent aujourd’hui. Ma première phrase : « La démocratie est une doctrine politique selon laquelle la souveraineté doit appartenir à l’ensemble des citoyens. » Aujourd’hui, j’ai l’impression que cela ne vaut que pour la journée d’une élection (fédérale, provinciale ou municipale). J’ajoutais aussitôt que « cette doctrine sous-entend que le citoyen a le droit de s’ingérer dans les affaires qui le concernent et, nécessairement, le droit de s’opposer à toute décision de ses dirigeants élus par lui-même ». Pour paraphraser le slogan de la radio de Radio-Canada… « Essayer… pour voir! »

Je faisais référence aux récentes audiences publiques de la Commission des affaires municipales de l’Ontario et à la frustration des élus de voir des citoyens y formuler des objections. « En d’autres mots, ils mettent en doute le droit du citoyen de se mêler de ses affaires. » Je n’étais pas le seul à souligner cette situation. L’éditorialiste Gérard Desroches, du quotidien Le Droit, avait noté la même réticence des élus dans Nepean où le maire Andrew Haydon ne digérait pas l’intention des citoyens de la CAMO. Dans son cas, il s’agissait de nouveaux quartiers généraux pour la Sûreté municipale, alors qu’à Hawkesbury, il était question d’un nouveau toit pour le Centre Mémorial. Le maire Philibert Proulx avait même proposé une résolution à l’Association des municipalités de l’Ontario « demandant à la Commission municipale de créer des mesures d’urgence pour autoriser des dépenses, sans passer par ce droit fondamental que sont les audiences publiques ». Le même maire, je vous le rappelle, qui avait dit que ce n’était pas des affaires des citoyens la manière qu’il dirigeait la municipalité.

« La pensée de MM. Haydon et Proulx – qui semble être celle de la majorité des politiciens municipaux dans ce monde d’aujourd’hui – est simple: pourquoi le citoyen aurait-il le droit de mettre en jeu la réalisation des beaux projets qu’eux ont jugé utiles et nécessaires; pourquoi ne seraient-ils pas rois et maîtres pendant leur mandat, quitte à se débrouiller ensuite devant l’électorat? Malheureusement, c’est ce même électorat qui est la cause du problème. Son apathie et son désintéressement au fil des dernières années ont convaincu en quelque sorte les politiciens municipaux qu’ils pouvaient faire à leur tête. Habitués à délibérer devant des salles vides, les politiciens municipaux sont surpris d’apprendre, tout à coup, que des citoyens s’opposent à leurs projets, informés comme il se doit par ces ‘maudits journalistes’ de la presse libre démocratique. »

J’ajoute que la Commission des affaires municipales avait rejeté le projet de la ville de Hawkesbury de construire un nouveau toit sur le Centre Mémorial. Les opposants étaient évidemment les partisans d’un nouveau complexe sportif plus durable.

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Josée Leclerc-Boissy avait mérité une contravention pour excès de vitesse sur l’autoroute 417. Cette contravention n’était qu’en anglais et la dame avait refusé de la payer. Elle espérait, comme d’autres avant elle, contester publiquement et se faire condamner à la prison pour devenir ensuite une sorte de « martyre de la cause ». Mais voilà, le juge Marcel Houle, de la Cour provinciale à Rockland, la condamne simplement à une sentence suspendue. Ce qui n’a pas empêché la dame de faire campagne dans les médias pour condamner l’unilinguisme des contraventions en Ontario. Son erreur? Elle avait plaidé coupable. On en parle dans le journal du 18 août 1976.

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CZ20… VE3 EYV à l’écoute

« Depuis samedi, Réginald Filion est le détenteur de son propre record olympique. » C’est le premier paragraphe d’un texte d’une page (ou presque) dans Le Carillon du 4 août 1976. Réginald est mon frère aîné et il est décédé il y a quelques années. C’est Charles Burroughs qui signe l’article.

« Il est en effet l’un des rares ‘chanceux’ à avoir reçu une confirmation officielle de la station de radio amateur CZ20, installée temporairement sur le site olympique pour la durée des compétitions. La valeur de cette carte QSL (carte postale établissant la validité d’une communication) est d’autant plus grande que la station CZ20 quittera les ondes dès la fin des compétitions. » Mon frère était un maniaque de radio amateur et sa réputation dans le domaine débordait largement les frontières de Hawkesbury. Il était d’ailleurs accrédité par le ministère fédéral des Transports pour faire subir les examens nécessaires à l’obtention d’un permis d’exploitation d’une base de radio amateur. L’indicatif de mon frère était VE3 EYV. N’oublions pas que c’était avant l’avènement d’Internet et des communications universelles que l’on connaît de nos jours. La radio amateur permettait de franchir les frontières.

« Pour Réginald Filion, le contact avec CZ20 prend une importance toute particulière puisqu’elle complète une collection d’autres perles rares. Il possède déjà une carte de la station VE2 XPO, la station officielle d’Expo 67, une autre de VE3 RCMP, en ondes durant l’année qui a célébré le centenaire du la Gendarmerie royale canadienne; une troisième de VE3 RCC-3 utilisée par les Canotiers du Centenaire, un groupe de militaires du 1st Canadian Signal Regiment de Melton Barracks, à Kingston, qui se sont arrêtés à Hawkesbury pendant l’année du centenaire de la Confédération. (…) Depuis 1962, Réginald Filion, VE3 EYV, a homologué plus de 6,000 contacts couvrant 35 pays autour du monde. » Quand j’allais voir mon frère, il était habituellement au sous-sol en train justement de communiquer (habituellement par code Morse, qu’il maîtrisait parfaitement) par radio amateur… et à réaliser ses peintures en même temps. Je tiens pour acquis que ses trois enfants ont conservé ses cartes postales QSL historiques.

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Le Canada n’a peut-être pas remporté de médailles d’or aux Jeux Olympiques de Montréal, mais il a quand même augmenté sa récolte de médailles. Comme on peut le lire dans le journal du 4 août 1976, le Canada « a remporté 11 médailles aux Jeux de Montréal, cinq d’argent et six de bronze, tandis qu’à Munich, il n’avait décroché que seulement cinq médailles ». D’une 29e place à Munich, il s’était classé au 13e rang à Montréal; une nette amélioration. Ce qui avait fait dire au ministre fédéral de la Santé et du Bien-être, Marc Lalonde, « que le gouvernement envisageait fortement la possibilité d’augmenter sa contribution annuelle au sport amateur canadien ». Bonne nouvelle et attendons les Jeux de Londres avec espoir.

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Ault insatisfait de la décision à propos de Saputo

Hawkesbury et les partisans de la venue de Saputo s’étaient réjouis de la récente décision gouvernementale d’accorder les autorisations nécessaires à cette fromagerie montréalaise pour qu’elle s’installe dans le parc industriel de Hawkesbury. C’était trop beau. Comme le rapporte Le Carillon du 28 juillet 1976, cette décision de la Direction de l’industrie laitière du ministère ontarien de l’Agriculture et de l’Alimentation n’a pas plu à tout le monde. La compagnie Ault Foods, de Winchester, « a logé un appel auprès du gouvernement ontarien de la décision de M. Krauter ». Toute cette histoire ne faisait qu’écœurer davantage la famille Saputo et bien d’autres. Le député provincial Albert Bélanger gardait étrangement le silence.

(Note du blogueur : J’en parle souvent de cette affaire Saputo parce que j’estime que c’est sans doute la plus grande occasion manquée de l’histoire de l’expansion économique de Hawkesbury et la région.)

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Postes Canada utilise maintenant des machines performantes pour trier les lettres et les enveloppes non scellées ou aux petites fenêtres rectangulaires créent des problèmes majeurs et ralentissement l’efficacité des machines. À compter du 1er juillet 1976, ces enveloppes seront donc interdites. La journaliste Monique Montpetit explique tout ça dans l’édition du 28 juillet 1976. Depuis, les petites fenêtres des enveloppes sont protégées par du plastique transparent. Même les enveloppes des cartes de souhaits (Noël, St-Valentin ou autres) devaient être scellées.

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J’en ris… Dans le journal du 28 juillet 1976, une publicité du Théâtre Laurentien de Grenville qui met à l’affiche un film suédois intitulé « Le Voyeur », lauréat d’un « Phallus d’or au Festival de Copenhague ». Le deuxième film à l’affiche – parce qu’il y avait toujours un programme de deux films dans les cinémas à l’époque – était « C’est bon pour la santé ». Compte tenu du premier, on peut facilement imaginer qu’est-ce qui était si bon! L’information nutritionnelle n’était pas publiée dans l’annonce!

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L’église St-Andrews de L’Orignal aurait 140 ans en septembre 1976 (elle en a donc plus de 175 ans aujourd’hui) et le journal du 28 juillet 1976 en parle longuement.

« En septembre 1968, la Commission des sites historiques et archéologiques de l’Ontario érigeait une plaque commémorative près de l’église qui sert toujours aux fins du culte. Cette plaque se lit comme suit:

‘L’Église St. Andrews 1832. La congrégation presbytérienne de L’Orignal fut établie en 1822 par le Révérend John McLaurin, ministre de L’Église Écossaise pour le pastorat de Lochiel. En 1832, McLaurin devint instituteur à l’école régionale d’Ottawa à L’Orignal et présida aux services religieux à l’école ou au Palais de Justice. On lui confia officiellement, en 1832, la charge des congrégations de L’Orignal et de Hawkesbury. C’est au cours de cette année que commença sous sa direction la construction de l’église actuelle, qui ne fut terminée qu’en 1836 à cause d’une pénurie de fonds. L’emplacement de l’église et du presbytère était un don de Charles Platt Treadwell, seigneur de Pointe à L’Orignal. En 1825, la congrégation s’est jointe à l’Église-Unie du Canada. »

Un petit brin d’histoire ancienne du coin.

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Une autre corde à l’arc de Jean-Marc

Ces 10 000 personnes venaient de 131 pays et parlaient cinq langues, dont le russe et l’arabe. Elles avaient participé à la conférence Habitat de l’Organisation des Nations Unies tenue à Vancouver du 31 mai au 11 juin. Bien sûr, il fallait informer tout ce beau monde et produire des documents imprimés en conséquence. Nous sommes en 1976 et Internet n’existe pas… ni pour le Web ni pour le courriel. Comme le rapporte Le Carillon du 21 juillet 1976, Jean-Marc Lalonde, de Rockland (oui, celui-là!), est de l’Imprimerie nationale du Canada lorsqu’il ne s’occupe pas de hockey mineur de haut niveau (il n’est pas encore maire de sa municipalité et encore moins député provincial de sa circonscription… ça viendra plus tard) et on lui accorde un budget de 20 millions de dollars pour réussir un tel pari. À titre de coordonnateur de l’impression, « il était responsable de la publication de 15 à 20 bottins par jour, en cinq langues, soit l’anglais, le français, l’espagnol, le russe et l’arabe, dans l’ordre d’importance. En tout, l’équipe de 52 employés a réalisé un total de 8,470,000 impressions, en travaillant d’arrache-pied 24 heures par jour. (…) Le plan initial prévoyait environ 500,000 impressions, avec un personnel de trois hommes. » Le budget de huit millions est rapidement passé à 20 millions. Une autre corde à l’arc de Jean-Marc.

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Après un quatrième débat sur la question au cours des dix années précédentes, le Parlement canadien réglait la question une fois pour toutes. Le « projet de loi C-84, abolissant la peine capitale pour la remplacer par des peines d’emprisonnement » était adopté par les Communes. Mais comme le rapporte le journal du 21 juillet 1976, « c’est par un vote de 131 contre 124 que la loi a finalement été adoptée » et le député Denis Éthier était des 131. Une décision serrée. « Dorénavant, les personnes qui seront reconnues coupables de meurtre au premier degré devront purger une peine de 25 années de pénitencier avant d’être admissibles à une libération conditionnelle. La loi C-84 considère qu’un meurtre au premier degré comprend: le meurtre planifié et délibéré ainsi que le meurtre contractuel; le meurtre d’un agent de police ou d’un employé de prison ou de pénitencier, dans l’exercice de leurs fonctions; le meurtre survenant au cours d’un détournement d’avion, d’un enlèvement et de certains délits sexuels, y compris le viol et la tentative de viol. » N’en déplaise à certains conservateurs, espérons que ce débat ne revienne jamais aux Communes.

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Charles Castonguay était un personnage bien connu à Hawkesbury et il a 74 ans lors de son décès le 15 juillet 1976. Il avait douze enfants, tous aussi connus les uns que les autres à Hawkesbury : Jean-Charles, Jacques, Louis, Paul et Hubert, Michelle, Huguette (une religieuse), Louise, Marie-France, Yolande, Réjane et Murielle. J’ai revu Murielle aux récentes funérailles d’un grand ami; elle avait été la femme de feu Bernard Danis, le directeur du journal Le Carillon quand j’ai commencé à y travailler et avec qui j’ai collaboré pendant de nombreuses années. Quant à Jean-Charles, il était le père de Bertrand Castonguay, depuis quelques années président-propriétaire des Éditions André-Paquette, la société qui publie Le Carillon. Une affaire de famille, quoi!

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« Quand quatre athlètes rament à l’unisson »

L’engouement était national, sinon universel, et Le Carillon ne pouvait y échapper. Dans l’édition du 21 juillet 1976, j’écris en éditorial :

« Nadia Comaneci, 15 ans, de Roumanie. Il suffit d’admirer cette jeune fille à la télévision, pendant les présents Jeux Olympiques de Montréal, pour comprendre ce que le baron Pierre de Coubertin avait dans la tête quand il a ressuscité les jeux olympiques modernes. (…) Quand un athlète se balance sur une barre horizontale, sur les barres parallèles ou sur les anneaux, il nous faut admirer. Quand un individu se déplace dans l’eau avec grâce et rapidité, c’est une autre raison de s’émerveiller. Quand quatre athlètes rament à l’unisson, l’importance de la coordination est constatée.

Nadia Comaneci, Ludmila Tourischeva, Olga Korbut, Kornella Ender, Mike Bruner, John Naber, SHirley Babashoff, Rolland Matthes : leur nationalité n’a aucune importance. Quand on admire ces athlètes à l’écran, dans leur discipline respective, il faut reconnaître les années d’entraînement et de conditionnement consacrées par chacun à son épanouissement personnel, à son habilité et à accroître ses capacités. »

S’il y a quelque chose qui n’a pas changé depuis cette époque, c’est bien cela. À garder en tête lors des Jeux de Londres de l’été prochain.

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Tout le monde connaissait l’usine de la CIL à Brownsburg; des gens de Hawkesbury y travaillaient depuis toujours. Dans l’édition du 21 juillet 1976, on peut y lire que « l’usine de Brownsburg de la Canadian Industries Ltd, qui se spécialise dans la fabrication de munitions de sport, vient d’être acquise par Valcartier Industries ». Par contre, CIL poursuivrait la fabrication de détonateurs et de produits connexes à Brownsburg, dans la division des produits explosifs commerciaux destinés à l’industrie minière. « Valcartier Industries, située près de la ville de Québec, est le principal fournisseur de munitions des Forces armées canadiennes. Elle fabrique également des munitions militaires et sportives destinées au marché d’exportation. (…) L’entente avec la CIL prévoit l’embauche des 365 employés de la division des munitions de la CIL à Brownsburg. »

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Les Hawks de Hawkesbury, une équipe de calibre junior « B », a un nouveau président, Marcel Bélanger, et il a de plus grandes ambitions. Il veut que ses Hawks évoluent dans la Ligue centrale junior « A » de l’Ontario. Le « hic », le Centre Mémorial avait été condamné et il fallait un nouvel aréna. Une histoire à suivre. Les Hawks sont encore aujourd’hui dans la Ligue centrale et Marcel Bélanger est passé du vendeur d’automobiles à l’époque à propriétaire d’un important concessionnaire qui porte encore son nom à Orléans (Ottawa). J’ai arrêté de compter depuis longtemps le nombre de véhicules que je croise portant sa marque de commerce. En passant, cet article sur les Hawks était le premier portant la signature (« byline ») de mon nouveau rédacteur sportif, Yvon Legault.